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attention aux erreurs sur les panneaux d'information à Ventadorn

Il y a deux ou trois ans nous avons été consultés par un créateur de panneaux d'information de Limoges missionné par les gestionnaires de Ventadour (communauté de communes) qui désiraient refaire les indications historiques sur des affichages mieux adaptés. Nous avons constitué un groupe de 3 responsables et passé un après-midi avec lui pour transmettre toutes nos connaissances utiles et lui donner en référence notre site Internet. Il semblait que nous n'avions pas été indiqués comme partenaires pour sa démarche, ce qui ne étonna pas. Mais il ne tint pas compte de cette errance. Nous-nous transpotâmes même afin de lui montrer notre découverte du fronton de Jean le Baptiste probablement démonté de la porte de la chapelle. Il posa des questions et se montra de fort bonne compagnie. Nous notâmes que plusieurs reproductions dont celle du dessin de la forteresse nous appartenant n'avait aucune mention de copyright, ne serait-ce de pure courtoisie, personne n'ayant eu l'obligeance de nous le demander. Nous lui transmirent plusieurs exemples de façades semblables datatnt de 1450. Nous insistâmes sur quelques points qui nous semblaient essentiels. Nous devions nous revoir avant leur pose mais cela n'eut pas lieu. 

Depuis lors, un certain nombre de visiteurs nous alertent de points en contradiction avec nos colonnes, plusieurs étant hautement importants. Omissions, mauvaise information, volonté délibérée ? Nous ne savons que penser. 

Il serait fastidieux de tout noter même si cela serait absolument nécessaire. 

Exemple parmi d'autres :

Le dernier Duc de Ventadour indiqué n'est pas le bon ! Pourtant la liste fut donnée avec les portraits et la vie de ces personnages. Alors amis de Ventadour et assistants du patrimoine de la com-com, lisez notre étude...

Louis V Joseph de Bourbon-Condé (1736-1818), prince de Condé, se maria le 3 mai 1753 à Versailles avec la princesse Charlotte de Rohan Soubise au château de Versailles. Elle est la fille de Charles de Rohan-Soubise, prince de Soubise et Duc de Ventadour, ami intime du roi Louis XV, et de Anne-Marie-Louise de La Tour d'Auvergne. Elle apporte à son époux le titre de Duc de Ventadour. Elle décède en 1760.

Durant la guerre de Sept Ans, le prince sert avec une certaine distinction aux côtés de son beau-père, le maréchal de France et prince de Soubise. Il est alors nommé lieutenant général des armées du roi en 1758 et remporte quelques-unes des rares victoires françaises, notamment les batailles de Grünberg et Nauheim. À la suite de cela, il se consacre surtout à l'administration de la Bourgogne. Il est également intéressé par le bâtiment et fait ainsi embellir ses propriétés grâce à l'important legs de sa tante paternelle Élisabeth-Alexandrine de Bourbon-Condé, qu'elle avait elle-même hérité de sa cou​​​​​​​sine, Lo​​​​​​​uise-Françoise de Bourbon, en 1765. La même année, il achète au roi Louis XV le palais Bourbon, autrefois propriété de la grand-mère du prince, afin d'en faire un palais monumental dans un nouveau style néo-clas​​​​​​​sique..​​​​​​​

Portrait de Louis-Joseph de Bourbon en uniforme de colonel général de l'infanterie, avec le cor​​​​​​​d​​​​​​​on du​​​​​​​ Saint-Esprit par peintr​​​​​​​e anonyme, après 1762.

Il achète également l'hôtel de Lass​​​​​​​ay voisin en 1768 dans le but de faire les deux bâtiments se rejoindre. Cependant, le palais ne fut achevé qu'à la fin des années 1780, alors à la veille de la Révolution française. Le prin​​​​​​​ce entreprit également de quitter l'hôtel de Condé, qui l'avait alors vu naître, pour le vendre au roi Louis XV, en 1770. Il est démoli au profit du théâtre de l'Odéon. Au ch​​​​​​​âteau de Chantilly, la demeure ancestrale de la maison de Bourbon-Condé, le prince fait également de nombreux travaux d'embellissement. Il fait ainsi construire le château d'Enghien afin de loger ses invités dès 1772, les travaux confiés à Jean-François Leroy. Il fait également aménager un parc à l'anglaise, puis un hameau. Ce dernier inspirera le hameau de la Reine. Il s'oppose au doublement des Eats Généraux en 1789 et quitte le royaume pour monter l'armée des princes chargée de libérer Louis XVI avec son fils Louis VI et son petit-fils le duc d'Enghien. Il retourne en France en 1814 et fait rebâtir Chantilly totalement ruiné. Louis-Joseph de Bourbon-Condé meurt le 13 mai 1818 au palais Bourbon. Il est alors âgé de quatre-vingt-un ans. Il est inhumée en la nécropole royale de la basilique de Saint-Denis. Ce fut le dernier Duc de Ventadour en titre d'avant 1789.

Louis VI Henri Joseph de Bourbon Condé : 

Il épousa le 24 avril 1770 à Versailles,  Bathilde d'Orléans (1750-1822), fille de Louis Philippe d'Orléans (1725-1785), duc d'Orléans (et donc arrière-petite-fille du Régent), et de Louise Henriette de Bourbon (1726-1759). Le mariage fut fait en présence du roi de France, de Louis Auguste de France, dauphin de France, de Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence, de Charles Philippe de France, comte d'Artois, de Marie Adélaïde Clotilde Xavière de France, Marie Adélaïde de France, Victoire Louise Marie Thérèse de France et Sophie Philippine Elisabeth Justine de France, des pères des époux et de l'aïeule de l'épouse, Louise Elisabeth de Bourbon-Conti. Âgé seulement de quinze ans au moment de cette union, le prince était jugé trop jeune pour consommer le mariage. Sa femme retourna donc dans un couvent sitôt la cérémonie terminée mais il l'enleva rapidement.

Portrait par Henri-Pierre Danloux en 1797. Musée Condé, Chantilly.

Dès le 17 juillet 1789, le duc de Bourbon émigre avec son père et son fils. Lors de la campagne de 1792, il part aux Pays-Bas pour lever sa propre armée, avance sur Namur, mais doit se replier sans avoir combattu après la bataille de Jemmapes. Il combat ensuite dans l'armée de son père où il est blessé d'un coup de sabre à la main droite lors de la bataille de Berstheim le 2 décembre 1793. En 1795, il prépare l'expédition avortée du comte d'Artois en Vendée. En 1801, il s'installe à Londres avec son père.

La Restauration : en 1814, il rentra en France ; durant les Cents Jours, il chercha à organiser la résistance royaliste en Anjou avant de fuir en Espagne. Sous la Seconde Restauration, il fut nommé Grand Maître du Royaume et reprit le titre de Duc de Ventadour, régulièrement effacé par son titre princier. Il fut celui d'après 1814 jusqu'en 1830.

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Le prince de Condé​​​​​​​ à la gauche du duc d'Orléans lors du sacre du roi Charles X.

À la Res​​​​​​​taur​​​​​​​​​​​​​​ation, une ​​​​​​​maîtres​​​​​​​se s​​​​​​​emi prostituée le suivit en France et​​​​​​​, après avoir envisagé de s'en séparer, le prince lui fi​​​​​​​t épouser le baron de Feuchères. En 1829, il signa un testament lui léguant 2 millions de francs ainsi​​​​​​​ que ses châteaux et propriétés de Saint-Leu, Taverny, Enghien, Montmorency, et Mortefontaine, un pavillon au palais Bourbon, et le château d'Écouen à la condition d'en faire un orphelinat pour les enfants des soldats des armées de Condé et de Vendée, tandis que le ​​​​​​​reste de sa fortune colossale — dont le château de Chantilly et tous ses autres biens, représentant la somme considérable de 66 millions de francs — allait à son petit-neveu et filleul le duc d'Aumale, dernier fils de Louis-Philippe d'Orléans, futur roi des Français.

 

 

 

Découverte du corps du prince. Gravure extraite de l'Histoire de Louis-Philippe Ier roi des Français, 1847.

 

Les circonstances de sa mort : l'énigme de Saint-Leu. Au matin du 27 août 1830, peu après l'avènement de la monarchie de Juillet, le prince de Condé fut retrouvé « pendu » par le cou par un double mouchoir noué par un nœud de tisserand... mais les pieds touchant le sol, à l'espagnolette de la fenêtre de sa chambre du château de Saint-Leu, qu'il avait acquis en 1816. Rien, dans la vie du prince, qui s'était couché normalement la veille, ne pouvait laisser penser à une tentative suicidaire. Aussitôt, les légitimistes firent circuler la rumeur de l'assassinat, et accusèrent Louis-Philippe et la reine Marie-Amélie d'en être les commanditaires pour permettre à leur dernier fils de capter l'immense héritage du prince. La thèse de l'assassinat affirmait sans preuve que le prince, bouleversé par les Trois Glorieuses et demeuré fidèle à la monarchie légitime, aurait décidé de révoquer son testament en faveur du jeune duc d'Aumale, de partir en exil et de léguer sa fortune au duc de Bordeaux. Averti de ces intentions, Louis-Philippe l'aurait fait étrangler par la baronne de Feuchères et le frère de celle-ci, qui auraient maquillé le crime en suicide. Face à ces accusations, les orléanistes ont cherché à démontrer que le prince s'était rallié au nouveau régime : il avait pris et fait prendre à ses gens la cocarde tricolore ; il avait envoyé 10 000 francs pour les blessés des Trois Glorieuses ; il aurait reconnu implicitement Louis-Philippe en le priant d'excuser son absence à la cérémonie d'intronisation du 9 août 1830.

Mais si ces faits sont certains, la sincérité de ce ralliement n'est pas établie ; il semble que le vieux prince était inquiet et qu'une partie de son entourage le poussait à émigrer par précaution. La reine Marie-Amélie était d'ailleurs venue à Saint-Leu le 20 août pour le rassurer. Le confesseur du prince, l'abbé Pellier de Lacroix, déclara publiquement que le prince de Condé était « innocent de sa mort », c'est-à-dire qu'il ne s'était pas suicidé. À la suite de la parution de deux libelles en septembre 1830, Jules-Armand-Louis de Rohan demande un supplément d'enquête au tribunal qui nomme le juge d'instruction de la Huproie. Après quatre mois d'enquête, ce juge partisan des Ultras et qui instruit à charge conclut à un crime maquillé en suicide et soupçonne la baronne de Feuchères avec la complicité d'un prétendu amant gendarme d'en être l'instigatrice. La baronne étant rentrée en grâce du nouveau couple royal par l'entremise de Talleyrand, le juge est mis à la retraite d'office le 4 juin 1831, en échange de la nomination de son gendre comme juge titulaire au tribunal de la Seine. Le 21 juin, la Cour royale de Paris qui a dessaisi le tribunal de Pontoise conclut à un suicide et qu'il n'y a donc pas lieu de poursuivre.

On tient aujourd'hui pour le plus probable que le prince avait recours à la strangulation comme stimulant sexuel. La baronne de Feuchères l'aurait tenu sous sa coupe par son habileté dans cette pratique particulière. Le prince aurait succombé à une séance plus poussée qu'à l'habitude, soit accident, soit assassinat. La baronne aurait ensuite monté, avec l'aide de son frère, la mise en scène du suicide. Les milieux légitimistes, via Le Figaro, firent circuler ce bon mot : « Mme de Feuchères est une petite baronne anglaise qui ressemble fort à une espagnolette »

Louis-Antoine de Bourbon-Condé, fils unique de Louis VI, connu dans l'histoire sous son titre de duc d'Enghien, né le 2 août 1772 à Chantilly et mort fusillé le 21 mars 1804 à Vincennes, est un prince du sang français qui aurait du être Duc de Ventadour. Il est le 10e et dernier duc d'Enghien, et l'ultime descendant de la maison de Condé. Le duc d'Enghien a suivi son père et son grand père en exil en 1789. Il n'a que 17 ans. Il rejoint également l'Armée des émigrés qui se forme outre-Rhin sous le commandement de son grand-père, le prince de Condé, et de son père, le duc de Bourbon. Leur but est de marcher sur Paris pour restituer à Louis XVI les pouvoirs que lui a arrachés l'Assemblée nationale constituante. En 1792, le duc d'Enghien prend la tête de l'« Armée royale française ». Cette dernière s'engage en août aux côtés des corps autrichiens et prussiens réunis sous le commandement du duc Charles-Guillaume Ferdinand de Brunswick, expédition qui échoue en septembre lors de la bataille de Valmy. Malgré cela, Enghien se taille une réputation de chef de guerre : les soldats le surnomment le duc « Va de bon cœur », et, le 2 février 1794, il reçoit des mains du comte de Provence la croix de Saint-Louis pour son comportement valeureux.

Cependant, avec les années, le duc perd espoir :

« Je ne crois plus à la contre-révolution ; je vois avec chagrin que d'avoir fait toute la guerre dans l'armée de Condé sera avoir perdu mon temps. »

De retour à Ettenheim à quelques lieues de la frontière française, sans ressources autres qu'une modique pension du gouvernement britannique, il s'y établit dans une simple maison, entouré de quelques fidèles. 

Ses projets de mariage avec la princesse Caroline de Bade ayant été contrariés par le margrave Charles-Frédéric, il vit ouvertement avec la femme de sa vie, Charlotte de Rohan-Rochefort. Tout projet de mariage paraît impossible, dans la mesure où la jeune femme, si elle est issue d'une des plus prestigieuses familles de France, n'est pas de sang royal. Qui plus est, elle est la nièce du cardinal de Rohan Soubise, autrefois compromis dans l'affaire du collier de la Reine. Selon Charles Lefeuve (1818-1882), historien de la ville de Paris, Charlotte aurait toutefois, en 1794, à la suite de sa liaison avec le duc d'Enghien, accouché de deux filles jumelles, dans l'ancien hôtel Rohan-Rochefort au 19, rue Bonaparte, par le docteur Moulin. 

En mai 1803, alors que la paix d'Amiens est rompue, Georges Cadoudal, ancien général en chef de l'armée catholique et royale de Bretagne, accompagné du général Pichegru et du général Moreau, fomente un projet d'attentat contre Bonaparte, alors Premier Consul, pour restaurer la royauté. Dès mars 1804, à la suite d'une perquisition chez Armand de Chateaubriand (le cousin du mémorialiste), Napoléon Bonaparte découvre l'existence du complot et fait arrêter la plupart des conjurés. Cadoudal, arrêté le 9 mars, reconnaît que le complot attend pour son exécution le retour d'un prince de sang royal, qui doit se mettre à sa tête et qui pourrait, une fois revenu en France, se proclamer lieutenant général du royaume et préparer la restauration des Bourbons. Le futur Louis XVIII séjourne alors en Pologne avec son neveu le duc d'Angoulême, le comte d'Artois est en Angleterre avec son fils cadet le duc de Berry, et les soupçons se portent donc très vite sur le duc d'Enghien, seul à demeurer près de la frontière française. La police consulaire sait par ailleurs qu'Enghien est en relation avec les ennemis du régime, émigrés et royalistes de l'intérieur. Elle croit par ailleurs savoir, mais se trompe, que Charles François Dumouriez lui a rendu visite. Le préfet du Rhin, enfin, signale, en partie à tort, d'importants rassemblements d'émigrés autour d'Ettenheim. La correspondance de l'ambassadeur anglais Sir Francis Drake, qui est portée à la connaissance du Premier Consul vers la même époque, achève de le convaincre : elle fait également état de l'arrivée clandestine d'un Bourbon sur le sol de la République. 

Description de cette image, également commentée ci-après​​Dans la nuit du 15 au 16 mars 1804, le duc est enlevé dans la principauté de Bade par un groupe de soldats conduits par le général Ordener. Avant même son arrivée à Paris, un procès expéditif est préparé.

Le 20 mars, peu avant minuit, le duc fait face à un premier interrogatoire au château de Vincennes ; à une heure du matin le 21 mars, il est traduit devant un conseil de guerre présidé par Pierre-Augustin Hulin. Ce conseil a pour ordre de juger rapidement de la cause, et la condamnation à mort est déjà prévue dans l'arrêté pris par Bonaparte. Tout en se déclarant l'ennemi du gouvernement, il rejette les accusations de participation au complot royaliste en cours. Par contre, il précise qu'il attendait à Bade les instructions du gouvernement britannique qui devait sous peu faire appel à ses services dans cette région. En présence de Savary, envoyé par le Premier Consul, le conseil délibère rapidement : à deux heures du matin, le duc est condamné à mort à l'unanimité ; il est fusillé peu après, dans les fossés du château. Il n'avait que 31 ans. Son corps est jeté dans une tombe supposée creusée à l'avance au pied du pavillon de la Reine. Les soldats du peloton s'abstiennent de dépouiller le cadavre de ses vêtements et de ses objets de valeur, comme le règlement les y autorise. Après la chute de l'Empire, on retrouvera dans la sépulture des pièces et une montre en or.

Avant de mourir, le prince a eu le temps de confier à un gendarme une enveloppe à l'attention de sa fiancée, Charlotte de Rohan-Rochefort, dans laquelle il a glissé une mèche de ses cheveux et un mot. L'enveloppe ne sera jamais transmise à sa destinataire. Celle-ci, inconsolable, portera le deuil pendant 30 ans, jusqu'à sa mort. Il aurait dû devenir Duc de Ventadour mais ne le sera jamais, étant décédé quatorze ans avant son père.

Voir la page à son sujet avec l'iconographie dans la liste des ducs de Ventadour.

appel à tous : parcourez sur place, photographiez, comparez et expédiez-nous photos et remarques. Nous dresserons la liste de ces "erreurs" commises sur place, certainement involontaires.

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remettre en état l'environnement

Mont Ventadour a beaucoup changé depuis l'origine de la construction au XIIe siècle. On devine qu'il était à l'origine plus pointu et probablement empli de végétation misérable à base de genêts et de ronces qui se plaisent tant en notre pays avec un taillis de feuillus. Certainement y avait-il des chênes tordus et des épinettes sur ces rochers ingrats et rien de bien précis sur les parties arides. Le premier travail du jeune comtor Ebles de Comborn fut certainement de rénover la modeste fortification s'il en existait déjà une, ce qui est probable. Sinon, il fit araser un plateau, tirer la pierre et, n'en doutons pas, nettoyer les précipices afin d'éviter toute dissimulation d'un ennemi potentiel. Il fallait maîtriser les ravins en dessous et en face. Ce travail d'entretien resta parfaitement visible jusqu'à la fin du XIXe siècle. Sous les remparts et le logis la vue était dégagée, des hommes nettoyaient les repousses que les chèvres et les vaches ou les chevaux ne parvenaient pas à éliminer. Plus avant, poussaient les sarements de vigne qui donnèrent leur nom au torrent en contrebas. Notre excellent fondateur le chanoine Billet se souvenait d'en avoir vu les vestiges après la grande épidémie de phyloxéra. Aujourd'hui des arbres morts et des buissons ont remplacé le vignoble des chevaliers. Puis insidieusement, après la première guerre mondiale, la déprise commença, la végétation revint d'abord modestement puis de plus en plus arrogante. Il me souvient des derniers animaux qui arpentaient les espaces encore préservés dans les années 1970. Un modeste troupeau de chêvres à lait se promenaient dans les ruines et sur les areines rocheuses en dessous. Il y avait également quelques vaches sur les dernières pâtures de la petite Chanselve. Elles paissaient sans gêne entre les vestiges des chaumières dont l'une avait dû voir naître Bernartz lo trobair sans se douter que ces lieux avait abrité l'enfance du plus célèbre des troubadours.

Monte Ventadorn (collection SHAV)

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le fronton de la chapelle n'était pas loin...

Depuis plusieurs années, décennies même, nous passions devant un fronton de porte médiévale noyée dans une pauvre grange malmenée par le temps et les hommes qui crurent bon de la "moderniser" à leur façon. Dans les années 1980, nous allâmes avec Léon Billet admirer ce vestige, chaque fois sous un ciel chargé ou pluvieux. Il pensait qu'il s'agissait d'une des portes intérieures du logis du château ou d'une tour d'accés d'escalier. Il me semblait que cette possibilité devait être complétée, sans réellement savoir par quoi ni comment. C'est en y revenant il y a peu, accompagné par Alain Pons et Alban Brégal que cet ancien antiquaire nota immédiatement ce qui ne nous avait pas sauté aux yeux ni visiblement à personne d'autre depuis un siècle.

"C'est l'agneau de Saint Jean Baptiste" s'écria-t-il. Comme chaque chrétien un minimum éduqué le sait, Jean-Baptiste désigne Jésus comme « l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » lorsqu’il le voit venir pour être baptisé au Jourdain (Jean 1:29-34). L’agneau fait référence aux sacrifices de l’Ancien Testament, notamment l’agneau pascal, et symbolise le sacrifice rédempteur que Jésus accomplira pour le pardon des péchés. Il faut bien avouer que le temps a fait son effet et que le pauvre petit animal est moins reconnaissable que lors de la création de la chapelle probablement au XIIe s. On sait qu'elle fut agrandie et modifiée sur les bases anciennes au XVe. Cependant, il est encore reconnaissable positionné horizontalement de droite à gauche sur le tympan. La Croix qui le surmonte en dessous du triangle du fronton est également visible même si elle est plus dégradée. On peut regretter que les pierres d'encadrement de la porte aient disparu mais on ne voit pas où aurait bien pu se situer ce symbole chrétien fort si ce n'est à l'entrée de ce que l'on appelle un peu rapidement la chapelle Saint Georges, possiblement en confusion avec la tour Saint Gorges en face. Ne devrait-on pas parler de la chapelle Saint Jean Baptiste plutôt, tant il paraît étonnant que le symbole d'accés n'ait pas de relation avec la consécration du lieu au Saint. A méditer.

Denis Faugeras

Notre Société Historique une fois encore écartée de Ventadour.

  • Par
  • Le 11/03/2018

Le journal local "la Montagne" a publié le 11 mars 2018 un long article sur la énième relance de la politique touristique à Ventadour. Dire qu'il faut relancer est avouer que la situation qui prévaut depuis que nous avons initiés, négociés et organisés la donation du Rossignolsite, est un échec en terme de fréquentation et de dynamique sur la promotion de l'histoire de Ventadour et de son duché. Les sommes conséquentes, les embauches coûteuses et les différentes autorités institutionnelles impliquées avec des associations soigneusement triées et dont nous n'avons jamais fait partie, ne servent pas à grand chose depuis 3 décennies. La comparaison avec d'autres sites médiévaux est douloureuse. Nous ne cessons de le dire depuis 30 ans et tout le monde nous assurait du contraire.

Pourtant les deux idées fondamentales qui ont prévalues lors de la réflexion avant la transmission étaient 1° l'ouverture gratuite du site au public, toute l'année, après des fouilles conséquentes et une restauration ambitieuse. Le principe était d'éviter les frais de personnel et l'explosion du budget de fonctionnement (comme toujours dans les structures publiques), d'éviter l'asséchement de la fréquentation par effet payant et de conserver le lien direct entre Ventadour et les habitants du pays, les enfants en particulier. Avant 1792, Ventadour était un lieu de pouvoir, de force, de richesse, de phantasmes qui impressionnait et constituait une armature sociale déterminante. Après, depuis plus de deux siècles, Ventadour a servi de scène pour l'imaginaire chevaleresque, de lieu de contemplation et de réveries poétiques, de sortie dominicale en famille, d'escalade sportive de ses ravins, de lieu inspiré pour déclarer un amour dans la tradition des troubadours. Ventadour est un lien indéfectible à la constitution d'une identité humaine régionale.        enluseg : El rossignols do Ventadorn 

L'autre idée était 2° une promotion attentive de l'histoire de Ventadour et de son Duché, respectant passé et culture. Ventadour est signe de force et de raffinement. C'est un nom prestigieux. Le passé de Ventadour est triple : une puissance féodale qui s'est hissée au coeur du pouvoir royal pour atteindre le statut princier, une forteresse éminente établie sur un lieu étonnant, un site inspiré ayant donné à la langue limousine raffinement et réputation. 

Visiblement, nous sommes loins de l'affaire.

Côté entrée gratuite, elle est devenue payante ; de lourds investissements de 66 000 € sont même en cours, selon nos informations, pour construire un nouveau pavillon de billeterie, deux décennies après l'achat très onéreux d'une maison voisine ayant appartenue à la secrétaire de François Mitterrand, justement pour accueillir le public. Limiter son accés à un tiquet qu'il faut payer, disponible quelques semaines par an, est une absurdité qui ruine l'affectif civilisationnel local en coupant le lien direct. C'est le genre de mesure politique qui sectionnne la relation au nom d'une démarche touristique problématique. Gratuit et libre d'accés, Ventadour séduirait dix fois plus et verrait s'établir un flux permanent d'admirateurs extérieurs en supplément de celui des résidents qui est désormais tari. La gestion du site ne coûterait ainsi quasiment rien.

Côté promotion historique, on parle surtout de manifestations d'animation grand public, de jeux, d'attraction, de concerts sur place etc... Cela est très loin d'une ambition. Quelques expériences discutables ont été tentées sur le site même il y a quelques années, à notre grande désolation, et montrent que les paroles n'ont pas été entendues, non plus que les écrits n'ont été bien lus. Un label et quelques fonctionnaires ne sont pas suffisants pour préserver une âme et promouvoir efficacement une culture (nous imaginons déjà les Sicophantes commentant ce propos). A ce sujet, rappelons qu'aucune autorité ni aucun des nombreux employés en charge des dossiers sur et pour Ventadorn n'ont jamais désirer établir un contact relationnel avec nous, ce qui est pour le moins bizarre. Ventadour est en plus victime d'une inflation patronymique qui nous navre. L'abus de l'usage du nom pour une série de marques, de produits de plus ou moins bonne qualité, de labels ou de logos ronflants est navrant. Le galvauder est inconvenant et ruine son prestige. Bien entendu nul n'est plus "propriétaire de la marque" mais le bon sens perdu, chacun se croit autorisé à la récupérer. Là où l'appelation devrait être rare et de qualité, le médiocre et le sans rapport prospèrent. La récupération "publique" pour qualifier une institution locale comme la communauté de commune est une erreur supplémentaire à nos yeux, sans aucun esprit polémique. Cet établissement public regroupe ainsi certaines paroisses (communes) qui ne faisaient pas partie du duché de Ventadour mais rendaient hommage pour l'essentiel à Turenne (Lapleau, Laval etc) ! L'erreur est regrettable. Mais plus encore, car nous supposons que cela part bien entendu d'un bon sentiment, une telle utilisation réduit le rayonnement territorial moderne à un espace limité très insuffisant qui affaiblit la notoriété et la prise de conscience de la réalité ancienne, du limes, de l'apanage. La communauté de commune de haute Corrèze à Ussel, est elle aussi en très grande partie issue des territoires ducaux, tout comme celles de Tulle ou de Val de Dordogne. Le nom de Ventadour y était autant "légitime", mais ne peut être utilisé par effet d'appropriation réductive. Il ne faut pas que Ventadour se réduise à un seul canton, même amélioré, tout comme la région "Occitanie" ne représente qu'une partie de l'ancienne terre historique des langues d'Oc.

Enfin, au moment exact où notre lenga lemosina finit de disparaître, nous envisagions que Ventadour pouvait être un lieu de reprise, de reappropriation culturelle de notre langue, un symbole évocateur parce que Ventadour, troubadours et langue limousine sont synonymes. Pas un des ces temples qui, au nom de l'occitanisme politiquement militant, culturellement centralisateur et unificateur (malgré les principes annoncés), effacent les différences des langues d'Oc, à commencer par la limousine, la nôtre, au profit de celles numériquement plus puissantes, de Toulouse et Montpellier, dont personne ici ne comprend les tournures sifflantes et certains mots incompréhensibles. L'échec désastreux de l'enseignement de l'occitan dans notre pays de Ventadour le prouve. Notre position est claire : notre langue n'est ni un patois, ni de l'occitan unifié, c'est le limousin, certainement la plus belle des langues d'oc. Et pas un dialecte non plus, selon l'expression condescendante. Par et grace à Ventadorn, pourrait être initié un espace serein de "limousitée" tranquille et ouverte, neutre et bienveillante, moderne et sereine, française et régionale. Rien, hormis quelques agitations limitées ne fut vraiment entrepris dans ce sens. Notre tentative d'initier une escola lemosina pour l'apprentissage linguistique des enfants fut coupée net dès la présentation du projet. La pire crainte en forme de cauchemard, enfin, serait de voir Ventadour devenir à terme un bastion des agitations militantes subreptices ou déclarées de la cause nationaliste occitaniste, comme le sont devenus quelques sites médiévaux en France ou en Espagne catalane. Des amorces de ce type existent sur la toile !

Soyons francs et sincères, selon notre habitude : dès le début de la mise en place de la structure créée lors de la donation, et inscrite dans l'acte notarié, nous avons compris que nous étions de trop et que d'autres étaient nettement privilégiés au titre de partenaire associatif souhaité. Nous avions eu la politesse (certains parlent d'imprudence) de les inscrire avec d'autres Sociétés savantes (dont la SHRBL) dans notre contrat par esprit d'ouverture. Ils n'eurent pas la même délicatesse ni prévenance lorsqu'ils furent seuls en place. Malgré les avertissements publics faits par Me Clarissou et nous-mêmes en pleine 1ère réunion de préparation du conseil d'administration - non conforme à la convention - organisée très en retard en 1990, nos avis furent ignorés. Des motivations extérieures à Ventadour avaient prévalues. Les critères ne nous ont jamais été communiqués, même s'ils semblaient évidents à nos yeux, mais nous fûmes ensuite soigneusement tenus à distance malgré nos vives protestations et les clauses écrites et signées. On osa nous demander sur qu'elle base nous nous fondions (nous avons le courrier), comme si l'acte notarié n'était qu'un chiffon de papier sans valeur, ce qu'il devint pour certains aspects d'ailleurs. Tout au plus fûmes-nous, plus tard et pour  toute réponse, placés devant le fait accompli d'une nouvelle organisation non prévue à laquelle nul ne nous avait demandé notre avis, un strapontin nous étant possiblement conservé dans un vaste aéropage où notre voix deviendrait de facto inaudible. Nous-nous sommes tus pendant des années et avons laissé faire les compétences proclamées, nous consacrant à nos travaux. Cela n'était pas suffisant. La chasse aux sorcières continua et ensuite nos publications furent déclarées non souhaitées dans la maison dite 'du Moyen Age" à Egletons. Nous dûmes les remballer sans plus d'explication, ni des gestionnaires de l'époque, ni municipale. Cette censure d'autorité publique ne reçut non plus aucune explication face à notre demande écrite faîte à la municipalité. Une sorte d'inquisition molle était mise en place, de la part de personnes qui certainement professent la dénonciation des horreurs du Moyen Age et doivent se poser en donneurs de leçons urbi et orbi. Elle continue toujours même si des élus en place depuis plus de vingt ans font toujours mine de n'avoir rien su.

Même notre minuscule subvention municipale fut enlevée sans explication, et plus aucun courrier expédié comme aux autres associations locales ! Il est impossible de ne pas comprendre la volonté d'effacement, d'étranglement peut on dire. 

Comme l'écrivait si bien le majoral du félibrige au sujet de Ventadour, déjà en 1986 : "a vengut lo temp daus idèiarts, plens d'erguelh, tals los lausengiers del temps daus Trobadors o los Sicofantes d'Athinai" - "le temps est venu des gents de mauvaises idées, pleins d'orgueuil, tels les flatteurs du temps des troubadours et les Sicophantes délateurs d'Athènes" in Lemouzi n°101..

30 ans après, cela recommence, sans plus de motivation sérieuse ni guère d'élégance. Plus exactement cela continue.

Au janvier dernier, lors d'un demande comptable écrite, une institution de Tourisme nous répondit au téléphone, contre toute évidence et preuves, qu'aucun de nos livres n'avaient jamais été mis en place dans cet estimable établissement, que l'on ne nous connaîssait pas et qu'il était partenaire d'une autre association avec laquelle il travaillait. Bien entendu, la même. Nous fûmes ébahis devant une telle reconnaissance spontanée et abrupte d'un état de fait réel. (nb nous n'avons toujours pas été payés depuis...). Quelques jours plus tard, un éminent responsable nous assura, à la sortie de la messe, a divinis et ab imo pectore (hors des choses divines et la main sur le coeur) que tout cela était inexact et qu'il fallait au contraire que nous travaillons ensemble. Quelques semaines plus tard, mal malus mala mala dat, (faisant ce que l'arbre sait faire), l'article cité publié à vaste échelle dans le quotidien régional reprend des propos qui annoncent clairement le désir de travailler avec le même partenaire qu'au début de la gestion publique, sur un supposé critère de connaissance scientifique et de rassemblement des forces locales. Cela revient à nous classer éternellement dans la catégorie des utilités dispensables. L'image n'est pas fameuse vis à vis de nos concitoyens et adhérents; cela semble même être fait pour cela. 

https://www.lamontagne.fr/tulle/economie/tourisme/2018/03/11/la-comcom-et-lot-souhaitent-doubler-la-frequentation-au-chateau-de-ventadour_12768258.html 

Curieusement, l'argument effleuré est le même qu'en 1986, auquel Robert Joudoux avait répondu aux deux noms de la Société Historique et Régionaliste du bas Limousin et de la Société Historique des Amis de Ventadour dans le n° 101 de la revue Lemouzi : "Selon le Populaire du Centre du 14 octobre 1986 (nb déjà 32 ans !), l'amateurisme a été une tarre archéologique de la Corrèze. La réalité est toute autre : si des archéologues peuvent, aujourd'hui, à tort ou à raison, se parer avantageusement du label d'officiels... ils doivent leurs positions aux archéologues amateurs qui, dès Joseph Dechelette, aux abbés Bouyssonie et Breuil, à Eusèbe Bombal ou à Lucas Shadwell, à Jean Baptistes Brunie, à Marius Vazeilles (nb auxquels on peut ajouter les historiens Jean Baptiste Poulbrière, Joseph Nouaillac, Léon Billet etc.) ont fait l'archéologie française et les recherches les plus notables. Au reste, chacun sait que seuls ceux qui ne font rien ne se trompent pas. En cette occcurrence, l'adage se vérifie une fois de plus ! Quant au reproche de ne pas être universitaire, dans les mêmes articles de presse locale, c'est la bouteille à l'encre : qui est universitaire ? Le critère comporte-t-il une nuance de sectarisme méprisant et snob ? (nb voire parfois bien peu légitime). Ainsi, ceux qui le sont ne le seraient plus, et vice versa ! Pour (notre) part,... j'admets volontiers, dans ces conditions, que je n'en suis pas, car l'Université est avant tout, ouverture d'esprit, recherche désintéressée et absence d'exclusive, même dans les différents scientifiques ! C'est pourquoi je préfère, au lieu de me targuer de mon (nos) titres de Docteur(s) de l'Université, répondre à ces bons Messieurs, en simple pieds terreux des fouilles... A l'instar de Socrate qui aimait mieux se dire philosophe que sage, quelle outrecuidance de se prétendre sage ou savant ! Cultivons l'amateurisme , à défaut de la science que nous laissont aux sophistes et à leurs émules modernes !" Perfidia plus quam Punica, Tite-Live, livre XXI, chapitre V,9 : Portrait d'Hannibal.

Nous n'avons rien à ajouter, 32 ans après, face aux mêmes arguments spécieux, et conservons pour nous nos études, publications, titres et diplômes face à de telles sommités de la science ! Acta est fabula... " La pièce est jouée", selon les dernières paroles d’Auguste. C’est ainsi que, dans le théâtre antique, on annonçait la fin de la représentation. « la farce est jouée », dit aussi Rabelais sur son lit de mort.

Simplement, nous-nous questionnerons toujours sur cette volonté d'exclusion et de non-explication. Si notre Société historique avait commis quelques actes néfastes, illégaux ou condamnables, quelques gestes scandaleux, quelques démarches malhonnêtes, quelques prises de positions politiciennes, électoralistes ou extrémistes, cela pourrait se comprendre, même si cela ne serait pas démocratique. Mais là, faute de ces errements, nous ignorons les causes d'une telle mise en quarantaine.  Sans subvention car aucune dotation ne nous est plus versée par notre ville depuis longtemps, si bien que nous ne demandons plus rien ; sans soutien public local, en particulier d'un microcosme politique qui a toujours oublié de respecter la parole donnée ou de répondre à nos multiples dossiers, projets et motions aimablement présentés; contre tout principe naturel et cordial de simple reconnaissance de notre action depuis l'origine, l'objectif est évidemment de nous tenir éloignés, ou bien nous n'avons pas bien compris la signification de ces comportements... Mystère du pourquoi ! Serions nous illégitimes, acteurs non invités d'un jeu très fermé, pas intronisés par l'une des chapelles occitaniste ou cultureuse officieuses, pas militants d'une idéologie souhaitée (droitière, marchiste, post-marxiste) ou simplement victimes collatérales d'une ambiance locale tristement sectaire et clanique ? Notre indifférence aux jeux de pouvoir local, aux ambitions électorales, aux soutiens des partis, aux ragots et turpitudes, nous désigne certainement comme incontrôlables, donc à éviter, proscrire et éloigner. Sommes-nous infondés à nous étonner avec nos questionnements, vox clamantis in deserto, la voix clamant dans le désert  ?

Peut-être vaut-il mieux l'exclusion : nous continuerons ainsi à rester libres et à laisser dans l'entre-soi les côteries et officines largement décridibilisées aux yeux de nos concitoyens. Nous avons donc pris acte et abandonné tout espoir de cogestion selon les termes de la donation, toute espérance en une expression de sentiment de reconnaissance pour nos efforts et nos actes, de simple urbanité et amitié citoyenne. Nous pouvons donc dire, haut et fort, l'âme sereine et le coeur pur : 

Gens qui nous tiennent à l'écart, écoutez-nous bien et comprenez-nous : ne venez plus ensuite nous raconter vos salades en tout genre comme depuis 30 ans, faire des promesses sur l'avenir, parler d'influences politiques locales à gérer, dont nous n'avons que faire, et vous excuser d'oublis, de méconnaissance du dossier, de responsabilités des prédécesseurs ou d'incompréhensions regrettables, dire du mal de ceux que vous privilégiez. Passez votre chemin en nous épargnant vos compliments hypocrites et vaines assurances. Sachez que nous savons que vous ne nous voulez point ! Nous avons compris et vous laissons entre-vous.

Quant à nous, transformons le "tant-pis" en "tant-mieux". Tenons bon et n'abandonnons point notre droit à promouvoir Ventadour, étudier et communiquer, parler avec d'autres personnes, comme il est possiblement attendu que nous fassions pour libérer la place aux éternels "maîstres en brigandines de tout genre", comme fut qualifié un feudataire local au XVème siècle. 

Heureusement, loin de ces problèmes déprimants et limités à quelques individualités peu courtoises, un autre public, plus nombreux et sympathique, nous soutient par ses questions, sa lecture et son intérêt pour la fulgurance millénaire de Ventadour. L'évocation des temps anciens de la chevalerie et de la fin'amor nous apporte la sérénité et nous mène au calme de la relativité historique.

Aux lecteurs de ce site de juger de l'intérêt et de la qualité de nos études. Est ce un ramassis d'inepties ou une publication apportant une garantie de recherche et de sérieux ? A vous de le dire...

Allez, Amis de Ventadour, puisqu'il reste des gentils-hommes, retrouvons-nous et partageons aequo animo, avec équanimité, l'âme sereine.

Auzor Ventadorn... 

Denis Faugeras, Président de la SHAV

Pourquoi là-bas à Meyras Ventadour et pas ici à Ventadour ?

  • Par
  • Le 11/03/2018

Tribune : La découverte de la splendide reconstruction de la forteresse de Meyras-Ventadour par son Ventad copiepropriétaire, que nous présentons largement dans ce site, nous laisse bien songeurs sur l'absence de véritable projet et de réflexion ambitieuse faite ici, pour ne serait-ce qu'envisager un minimum de rénovation, en dehors de la "vitrification" à grand frais et, selon nous, très limitée de ce qui était le plus solide. Jamais il ne fut, hélas, question de remonter quoi que ce soit d'envergure ! Les crédits pour lesquels nous-nous sommes tant battus furent après obtention (et pas mal de péripéties) assez mal utilisés (c'est notre opinion) pour bien peu de résultats. Si ces sommes très significatives et renouvelées avaient été gérées autrement et avec plus d'économie dynamique, dans un esprit d'investissement productif, le résultat eut été bien plus appréciable selon notre analyse. Nous aurions proposé que ces sommes soient remises à nos petites équipes de maçons traditionnels sachant maçonner, sans toutes les lourdeurs et excès des administrations. Ces travers très bien connus d'une grande partie des rénovateurs privés, les conduisent toujours à gérer différemment leurs fonds, dans le respect bien entendu des réglementations. Madame Grosso, célèbre rénovatrice de Beynac en Dordogne, qu'elle reconstruisit avec son époux pendant des décennies, se plaisait à dire que si l'Etat s'était occupé du château rien n'aurait été fait, les crédits ayant servis aux salaires de nombreux fonctionnaires en charge de la gestion de ruines en l'état. (cf JT.TF1)

Que serait devenu Meyras-Ventadour avec les mêmes méthodes utilisées à "notre" Ventadour ? Des ruines restées des ruines... vaguement "vitrifiées" pour un court temps car cela ne dure guère. Ce terme technocratique de vitrification n'est qu'un cache misère derrière l'argument pseudo scientifique. Si ce principe de non reconstitution avait été appliqué partout, Viollet le Duc eut été inconnu, Carcassonne laissé en ruine et Beynac aussi, tout comme le Haut Koniegsbourg en Alsace (mais ceci fut initié grace à l'Empereur Guillaume II...!). En revanche, si les efforts consentis par l'extraordinaire Pierre Pottier à Meyras avaient été mis en oeuvre ici, certainement Ventadour eut été reconstruit, remonté, rénové comme à l'origine et peut-être pour bien moins cher... ! Hélas nos propositions de créer des chantiers de jeunes européens, de faire programmer des tranches régulières de réhabilitation étalées sur plusieurs années, ou même plusieurs décennies, après des fouilles complètes et ambitieuses, de chercher des mécènes puissants comme nous avions commencé auprès de certaines entreprises, en somme de faire ce qui a été fait à Meyras et ailleurs en France en bien des endroits, n'ont jamais été ni écoutées ni retenues par ceux qui ont voulu gérer le dossier seuls et souverains. Un silence certainement voulu méprisant nous fut opposé. Un "politique" élu sur ces malheureuses terres isolées, ne nous déclara-t-il pas un jour, peu après la donation par nous portée, que Ventadour n'avait de toute façon qu'un "intérêt médiocre en terme architectural". C'était certainement pour nous faire comprendre l'insignifiance à ses yeux de notre action. Même le site merveilleux bien qu'abandonné ne semblait pas l'émouvoir. Avant même d'avoir commencé il avait déjà abdiqué toute volonté d'action significative. Savait-il pourtant combien de générations d'enfants d'Egletons y révêrent depuis des siècles, depuis Bernard notre troubadour ? N'avait-il jamais vu des sites médiévaux restaurés ? Pourquoi diantre voulait-il alors s'occuper d'un site médiocre, lui qui se sentait tellement un esprit supérieur ? Désormais on nous suggère que son passé n'est pas si digne d'intérêt que l'on dit et que les Ventadour n'y auraient peut-être pas résidé plus d'un siècle, contre toute évidence...

De quoi presque regretter notre geste... Mais il faut toujours rester optimiste dans les hommes et leurs idées.

Peut être, certainement même, un jour Ventadour aura-t-il la chance de recevoir l'attention de gens de bien et passionnés, qui voudront s'investir totalement pour sa véritable renaissance.

Auzor Ventadorn !