les vicomtes, comtes et Ducs ventadoriens

attention : page sujette à des études et reprises généalogiques

En matière de généalogie quelques dictionnaires anciens existent comme ceux de Baluze, Moreti, Nadaud. Le problème est que les estimables auteurs de ces ouvrages irremplaçables commettent également des erreurs. Par ailleurs la multiplication des recherches publiées sur Internet aboutit à des variantes parfois extrêmement contradictoires. Loin d'améliorer la vision des choses, elle la rendent plus complexe encore !

Par moment et sur quelques points la confusion règne.

En conséquence, nul ne pouvant être parfait, merci pour votre lecture et vos signalements de corrections ou discussions d'hypothèses - pour cela cliquez sur "contact" et écrivez-nous !

les dates entre parenthèses sont (Naissance-Elévation-Décés),​ ca signifie vers, ~ à peu près, < avant et > après.

Ventadour cpc 8

Ventadorn en couleur vers 1930

la maison de Comborn , berceau des Ventadour

Blason comborn

ARCHAMBAUT 1er de COMBORN (ca 934 -<962 - †996)

Le site de Comborn était occupé depuis l'Antiquité comme cela a été révélé par des fouilles en 2002. Il se transforma au IXème siècle en un castrum, berceau de la vicomtéAvant l'an mille, le château en bois, dont quelques vestiges ont été retrouvés, va subir une profonde reconstruction qui établira un donjon de quatre niveaux sans cesse remodelé à partir du XIème siècle.

Archambaut 1er serait fils d'Archambaut père (ca 900-ca 960), peut-être élevé vicomte en 958, qui épousa en premières noces vers 933 Hildegarde, puis Rothilde en deuxièmes noces vers 950/957. Il aurait été le petit-fils de Foucher de Ségur, un descendant des vicomtes de Limoges, et de Dina dChanac (de Tulle ?), et peut-être, encore avant, de Childebrand Duc d'Austrasie (†752).

Cette filiation est à peu près communément admise mais une variante minoritaire et singulièrement différente exista : Archambaut père aurait été fils d'Aimar ou Adhémar de Bourbon (ca 880 - † >921) et d'Ermengarde de Comborn (ca 885) fille d'Archambaut de Comborn, d'où serait l'origine du nom. Elle ne semble plus guère adoptée.

pour compléter votre information il est possible de consulter le site suivant : http://thierryhelene.bianco.free.fr/drupal/?q=node/151

Archambaut 1er aurait véritablement fondé la vicomté issue du démembrement de celle de Limoges par voie de partage familial et se serait installé à la suite de ses parents sur un piton dominant la Vézère.

Archambaut Ier paraît être un guerrier redoutable et fait grands carnages. Il aurait combattu aux côtés du duc de Normandie contre l'empereur Othon 1er du Saint- Empire, ce qui expliquerait le mariage de son fils Ebles avec la fille du duc, Béatrix. Il assiège la motte féodale de Turenne qui lui revient des comtes du Quercy par sa femme, Sulpicie de Turenne, fille de Bernard 1er, vicomte de Turenne, et de Deda de la Marche. Bernard (v.915-981), fils d'Adhémar de Turenne (899-945), vicomte des Échelles et abbé laïque de Tulle, avait été le premier à se présenter comme vicecomes de Torena (984). Archambaut en hérite après la mort de son beau père puis de son beau-frère contre qui il se bat et où il se fait prendre le pied dans la porte lors d'un siège. Il était surnommé "le boucher" puis devint "gamba potrida" après sa blessure. Peut-être est-ce lui qui déplace l'ancien château mérovingien de Torena sur son emplacement actuel. Le premier aurait été implanté au lieu appelé "Vieille Turenne" (montem qui vocatur Vetula Torena), qui se trouve à 1,5 km au nord-est de l'actuel, au-dessus du village de Gondres.

marié (ca 951) à Sulpicie (Alice) de Turenne (934 - 987)

dont

Ebles - Archambaut ?

EBLES 1er  (ca 953 - 999 ~†1034)  fils

 Il épouse la fille de Richard 1er dit « sans Peur »duc de Normandie. Il partage sa vicomté entre ses fils : le castrum de Turenne (Torena) nouvellement élevé pour Guillem et celui de Comborn pour Archambaut.

-marié 1° vers 1000 à Béatrix de Normandie (ca 980 - div 1015 - retirée 1035 - †ca 1065)

dont

 Archambaut II de Comborn - Guillem 1er de Turenne (ca 995 - †1037)

-marié 2° vers 1015 à Pétronille (ca 1000 - ?)

dont

Ebles - Robert - Giraut

puis

ARCHAMBAUT 2ème (ca 1000 -1030 - †<1059)  fils

Il meurt au combat vers 1088. Sa veuve arrange ses fils, Ebles étant mineur. Archambaut reçoit Comborn, Ebles part à Ventadorn probablement en qualité de "comtor" plus que de vicomte. Bernart aurait été doté de domaines par ses frères et on le retrouve ensuite marié puis vicomte usurpateur de Comborn après l'assassinat de son neveu qu'il commandite.

marié vers 1035 à Rotbergue de Rochechouart (ca 1020 - †>1088)

dont

Archambaut III de Comborn - (ca<1040 - 1059 - †1086) - Ebles de Ventadorn - Bernart 1er  (>1041 - 1090 - †>1124) - Unia (+Rigaud de Carbonnières) - Agnès (+Peire de Bré)

la maison de Ventadour 1er lignage

Blason ventadourEBLES 1er de VENTADORN (ca 1041 - 1059 - †ca 1096)  fils

vicomte en 1090

C'est l'héritier de Ventadorn remis en partage par sa mère après la mort de son père. Son frère Archambaut III conserve Comborn. Ebles se qualifie-t'il de vicomte (vicecomes) de suite en 1059 ? Il semble que non. On peut penser selon notre hypothèse qu'il n'est à son départ que comtor, encore vassal de Comborn. Ce titre semble parfaitement correspondre à Ebles partant à Ventadorn. L'unité de Comborn est théoriquement préservée ainsi que la primauté d'Archambaut. Le titre honorifique de comtor marque la différence entre l'aîné et le second de lignée. Sinon, pourquoi sa mère lui aurait-elle transmis l'essentiel de l'espace géographique naissant de la vicomté, du limes ? Rien n'explique cet avantage peu coutumier, sauf à penser que Ventadour était déjà constitué en vicomté rattachée à Comborn comme Torena le fut. Cela n'était très probablement pas le cas, même si un ancien limes avait peut-être pu lui être attribué plus anciennement. Aucune preuve n'existe cependant. L'hypothèse de la comtoirie reste la plus envisageable.

Anciennement orthographié comtor (dans les documents en latin), et écrit aussi comtour, ce titre désignait les plus puissants barons. Quelques grands fiefs en Auvergne, LimousinRouergueVelay, et plus avant en Catalogne et Roussillon, donnaient le titre de comtor comme celui de Terrasson (Bas-Limousin & Périgord). Ce titre, utilisé localement, tomba en désuétude au plus tard au XVème siècle pour les derniers cas. Il signifiait le pouvoir sur un territoire désigné sous le nom de comptoirie ou comtoirie. Selon une hypothèse développée par Jacques Céron dans son livre "1095, le clair-obscur", en Auvergne les comptoiries seraient des subdivisions issues du comté de Nonette (comptours d'Apchon, réputé le plus puissant, de Saignesd'Escorailles etc.), lui-même issu de la division du comté d'Auvergne en quatre comtés (Brioude, Talendes, Nonette et Turluron) et une vicomté (Clermont). Le titre de comptour ou comtour se serait ensuite transmis en perdant son sens originel. Selon les Mémoires des antiquaires de France, le titre de comtor est apparu à l'époque carolingienne, et désignait un subordonné du comte, qui assistait le comte, et dont le rang était inférieur à celui de vicomte et supérieur à celui de vavasseur. Des comtors existèrent dès le XIème siècle en Auvergne, en Limousin, en Rouergue, en Velay ainsi qu'en Roussillon et Catalogne (tels que les comtors de Caboet et les comtors de Lavansa dans le comté d'Urgell). Peu à peu ce titre a été abandonné car sa signification était perdue, mais tant qu'il a été utilisé, il était perçu comme supérieur à celui d'un baron ordinaire.  Étymologiquement, comte dérive du latin comes, et comtor du latin comitor qui signifient tous deux "compagnon", mais le second désignant un compagnon d'un niveau inférieur. Ce compagnon du roi, duc, ou ici, comte, était désigné par ce dernier et l'assistait en son conseil. Appliquée à Ventadour à l'occasion du partage, cette solution expliquerait une répartition qui voulait éviter bien des conflits familiaux. Cependant, pour Ventadorn cette époque ne dura pas longtemps.

Des heurts, des mésententes, semblent rapidement exister entre les frères. Le 3 février 1085 Archambaud, vicomte, fait don de l'église de Maismac (Meymac) à l'abbaye d'Uzerche, avec le consentement de sa mère Rotberga, d'Ermengarde sa femme, de son frère Bernard et son fils Ebles mais il exclut son frère Ebles qui refuse son accord. L'affaire étant importante, elle montre une division familiale assez grave. Bernard profite ensuite de la mort prématurée de son frère Archambaut, très peu de temps après, pour s'approprier le titre de vicomte et le transmettre à son propre fils. Sur son lit de mort, Archambaud III avait pourtant confié son fils et héritier Ebles II, à son frère Bernard et pas à son frère Ebles de Ventadour, autre signe potentiel de défiance entre les demis-frères. Mais, à la majorité du neveu, les relations entre l'oncle tuteur et le futur vicomte se dégradent très vite. Une véritable guerre de succession se déclare entre les Comborn. D’après Geoffroy de Vigeois, le jeune Ebles, furieux de se voir refuser le titre de vicomte par son oncle, viole publiquement sa tante Garcille, épouse de son tuteur, après avoir reconquis Comborn de force. Il pense qu’en la déshonorant devant ses compagnons, il déstabiliserait suffisamment l’usurpateur pour l’éliminer, mais il se trompe. Bernard venge son honneur et celui de sa femme en se débarrassant purement et simplement de son neveu qu'il fait assassiner alors qu'il est saoul, par un de ses feudataires devant l'église d'Estivaux par blessure au sexe et lente hémorragie. Il semblerait que cet épisode a eu lieu au basculement de la première décennie du XIIe siècle, en 1111.  

Dès 1090 Ebles est appelé vicomte de Ventadorn; c'est avant la mort violente de son neveu Ebles de Comborn mais juste après celle de son frère Archambaut de Comborn. Il s'est alors émancipé de Comborn et devient purement Ventadorn. Peut-être Ebles espère t'il récupérer rapidement l'apanage ou le titre de Comborn tombé aux mains de son frère félon. Des combats violents ont lieu à travers les campagnes de la vicomté jusque là peut être encore officiellement unie. Mais cela ne change rien. Ebles de Ventadour aurait-il aggrandi son espace à cette occasion ? Cela se serait su et Geoffroy de Vigeois en aurait certainement parlé. L'hypothèse de la comptoirie semble légitime.

Il édifia en quelques décennies un castrum renouvelé et géra son apanage de façon complètement autonome. Arrivé à la fin du siècle, il se retira au monastère Saint Martin de Tulle et y fit donation lorsqu'il se sentit affaibli. Il avait une cinquantaine d'années. Il mourut vers 1096, au moment où s'élançait la 1ère croisade pour reconquérir le tombeau du Christ pris par les musulmans et détruit depuis 1009.

- marié 1° vers 1060? à Marie de Limoges​ (1042 - ?) sans enfants connus

- marié 2° > 1061? (ou 1084 ?) à Almodie de Montbron

dont

Archambaut - Ebles 

puis

ARCHAMBAUT 1er (ca<1086 - 1096 - † ca 1101)  fils 

damoiseau - peut-être chevalier - ni femme ni enfants connus

Il bataille avec son frère Ebles contre l'oncle usurpateur Bernart de Comborn, dans plusieurs tentative infructueuses pour récupérer la vicomté mère - Il est noté dans un acte de donation avec son père - Il n'apparaît plus après la mort de Ebles 1er. Il parait être mort assez jeune, vers l'âge de 20 ans, peut-être en croisade dans l'été 1101 lors des terribles combats de la rivière Erégli où tombèrent 60 000 chevaliers et pélerins selon une hypothèse développée par Alain Pons.  Cela nous semble probable; son père n'ayant pu partir, la maison de Ventadour ne pouvait rester absente de l'appel du Pape lancé à Clermont et Limoges et il était en âge de chevalerie. Ebles, plus jeune, serait resté à Ventadorn étant mineur et lui aurait succédé. Il est toujours oublié ou confondu dans les analyses sur Ventadorn, qui passent souvent directement de Ebles Ier à Ebles II.

puis

EBLES 2ème (ca > 1086 - ca 1101 - †<1155)  frère

C'est le plus célèbre des vicomtes troubadours de Ventadorn. C'est d'abord un guerrier fougueux et redoutable qui n'hésite pas enlever de puissants voisins comme en 1135 Aymard III, vicomte de Limoges, qui passait sur ses terres de retour de pélerinage au Puy en Velay. Il le garda prisonnier deux ans durant, le vicomte prisonnnier gardant sa barbe le temps de sa captivité. Il avait été formé par son père aux combats contre l'oncle Bernart de Comborn et à faire respecter ses domaines et son apanage. Peu après son accession au titre viscomtal, il dut agir sur ces terres d'Auvergne dont on sait si peu sinon qu'elles allaient de Madic à la rivière d'Auze, au sud de Mauriac. Vers 1105, un de ses vassaux, Pierre Aymar ou Adémar, seigneur de Miremont, se disputait avec l'abbé Arnaud de Sens au sujet de la nomination à l'abbatiale de Mauriac. Il le fit capturer lors de son départ sur un chemin par ses soldats appelés les Robertins. Sachant que cela allait lui valoir des problèmes, Aymar préféra demander l'accueil de son prisonnier à son suzerain Ebles II. Arnaud fut alors conduit à Ventadour. Il sera libéré peu après le siège de Miremont par l'évêque de Clermont. Ebles dut certainement transiger et négocier pour son vassal. Ebles entretient également des relations avec son propre suzerain.

Ami de Guillem VII de Poitiers, duc d'Aquitaine, Ebles le visite et le reçoit, établit une joute poétique avec lui, parfois une rivalité amicale, se moquant du service d'un repas trop long et pas très copieux servi à Poitiers ou faisant le fanfaron à Ventadorn avec ses futs de miel livrés avec éclat par le paysan de Maumont devant le même comte de Poitiers arrivé à l'improviste. Geoffroy de Vigeois raconte l'histoire et précise que le paysan fut élevé chevalier et doté, créant ainsi une puissante famille noble. Il fait surtout oeuvre de trobar et invente certainement la notion de fin'amor inconnue chez le comte et chez Jaufre Rudel par exemple. Une cour poétique se développe à Ventadorn et va durer plusieurs dizaines d'années. On l'appelle Eblon lo chantador. Est-il seulement le bienfaiteur du jeune Bernart, fils de servants habitant sous le château, ou bien son père naturel ? En tout cas, il éduque comme un fils celui qui est né entre 1130 et 1135. Une légende voulut qu'il ait chanté sous les remparts de Damas après 1147, lors de sa croisade qu'il aurait accompli avec son fils. Il serait mort au retour. Ceci est probablement faux car il devait avoir au moins 63 ans, âge trop avancé pour partir en Terre Sainte. Il mourut vers 1154, âgé approximativement de 68 ans. Son troisième fils, nommé Guillem, certainement en hommage à Guillem de Poitiers, reçut la co-seigneurie d'Ussel et fonda la branche des Ventadour Ussel.

- marié à Agnès (Alice) de Montluçon (1085 - ?)

dont

Ebles - Archambaut - Guillem (seigneur d'Ussel) - Pierre - Aimes

puis

EBLES 3ème (ca 1115 - >1149 - †1169)  fils

Encore un peu troubadour car il maintient l'escola, mais surtout guerrier. Il part à la seconde croisade en 1147, a la chance d'en revenir vivant et se marie avec Margareta de Torena en 1149. C'est certainement lui qui chanta en Palestine, ou même en Syrie. Il répudie Marguerite dès 1151, après la naissance de Matabruna qui épousera un Chabanais et s'installera à Charlus Pailloux pour fonder un lignage prestigieux toujours existant. Bernartz lo trobador est-il responsable de cette séparation par excès d'amour courtois ? C'est une version trop souvent reprise par facilité liée à la lecture de la vida écrite par Ucz de Saint Circ, troubadour de la première moitié du XIIIème siècle dont les informations sont parfois bien douteuses. La très jeune et jolie Adelaisa est ensuite prise pour épouse par Ebles et semble plutôt responsable des émois, peut-être plus, de Bernartz ; ils n'ont tous deux qu'une quinzaine d'années... Les relations sont compliquées, Bernartz s'en va rejoindre Aliénor d'Aquitaine, certainement plus ou moins chassé par le vicomte, part à Londres vers 1155, revient de temps en temps, entre 1157 où il semble être en Ile de France et 1158 où il repart de Ventadour pour retourner à la cour anglaise. Un fils nait en 1158 et on l'appelle Bernart (en hommage au troubadour devenu célèbre ?), mais le couple seigneurial devient religieux sous l'influence de Saint Etienne d'Obazine dont le décès en 1159 semble marquer une nouvelle époque consacrée à la spiritualité parfois assez excessive en ces temps de lèpre et de mal des ardents. Cinq fils sont issus du mariage. Alaïs a fait entrer Guy, âgé d'environ sept ans, dans l'abbaye de Maguelone, située à quelques kilomètres de Montpellier, peut-être à l'occasion du passage du Pape Alexandre III de retour pour Rome qui passe là pour embarquer le 10 septembre 1165. Cette même année, le vicomte édicte l'acte de libération des derniers serfs de sa vicomté, mais ils ne devaient plus être très nombreux. Ebles III repart en Terre sainte vers 1168.  Est-ce en croisade à l'appel d'Amaury 1er, Roi de Jérusalem, dans sa désastreuse opération égyptienne dont l'échec conduisit nombre de chevalier à rentrer précocément ? ou bien en simple pélerin ? En tout cas il meurt à son retour en juillet/août 1169, au monastère du Monte Cassino dans le Latium où il trouve refuge en état d'extrême faiblesse et rend l'âme. Il avait 55 ans probablement.

- marié 1° vers 1149 à Marguerite de Turenne (1117 - 1202)

dont

Matabruna (+Régnaud le lépreux, v d'Aubusson - +Eschivat de Chabanais > Charlus le Pailloux inférieur)

- marié 2° en 1151 à Alix (Adélaïs) de Montpellier (ca 1135 - † >1174)

dont

Archambaut Ebles - Guy (chanoine de Maguelonne) - Raymond (moine à Tulle puis chanoine à Limoges) - Bernart - Hélie (chanoine de Limoges) 

puis

EBLES 4ème (> 1151 -1169 - †>1184)  fils

Devenu vicomte jeune en 1169 (à moins de 18 ans) Archambaut aurait changé de prénom pour ne conserver que celui de Ebles, car on l'aura noté, chez les Ventadour le chef de lignée est plus un Ebles qu'un Archambaut (mauvais souvenir lié aux Comborn ?). Il est fougueux et participe à de nombreux combats contre les anglais et aurait lutté contre le célèbre fils d'Aliènore, Richard, venu tenter de soumettre Ventadour à son duché. Il est parfois plus que téméraire car il organise des expéditions dans sa vicomté ou dans ses borderies (ses limites) pour imposer son influence et soumettre ses vassaux quand ce ne sont pas ceux de ses voisins. Parfois il agit par chevaliers interposés, masquant mal l'origine de la manoeuvre. La chronique du prieur Geoffroy de Vigeois le montre cherchant querelle à ses voisins. En 1175 il est obligé de céder pour 1500 sous à l'abbé d'Obazine Robert, trois manses (domaines) en dédommagements pour les dégats causés par son armée dans la grange cistercienne de Croisy à Argentat. Cette armée de mercenaires basques peu recommandables est renvoyée par le vicomte mais expédiée à Gilbert de Malemort pour ravager les terres du vicomte de Comborn son cousin. En 1181 Saint-Angel est attaqué par la bande d'un "Lobar", sur son instigation. En représailles Gérald de Mirabel le capture et le laisse prisonnier du 25  septembre 1181 jusqu'au 22 janvier 1182. Ebles doit payer une rançon de 17 sous. En juillet 1182, il pousse Pierre de Tulle à attaquer avec des soldats le château de la Roche. Il veut lui faire prendre le castel par la ruse. La petite garnison résiste et tue le seigneur de Tulle ainsi que le frère félon du seigneur de la Roche. Ebles de Ventadour est informé de l'échec de son plan et se retire honteux.

Vers 1174 il obtient ou reçoit Sybilla, cousine d'Aliénor d'Aquitaine. Elle est la fille de Raoul de Châtellerault, seigneur de la Faye-la-Vineuse qui est un des hommes de confiance d'Aliénor. Veut-on le faire tenir tranquille ? C'est une erreur car il va participer à la conjuration des barons du limousin avec ceux de Limoges, Turenne et Comborn soutenant le jeune Roi Henri III Plantagenêt contre son père Henri II et son frère Richard, duc d'Aquitaine jugé trop pressant et encombrant.

En janvier 1183, une tentative de réconciliation est faite par Henri II entre ses fils en dispute avérée, mais Richard refuse de faire hommage à son frère aîné Henri pour l'Aquitaine. Le jeune Henri le suit dans son duché, non pas comme il le fait croire pour tenter une réconciliation, mais pour y soutenir les barons rebelles qui préfèrent un suzerain lointain plutôt que Richard toujours présent et autoritaire. Il est accueilli en sauveur à Limoges. Mais en avril 1183, il y est assiégé par son père et son frère, avec tous les barons locaux dont celui de Ventadour. Il fait chercher des troupes de mercenaires qu'il paye avec le butin du sac de la ville et du sanctuaire de saint Martial. Le roi Philippe Auguste décide alors de lui prêter main-forte, accompagné de Hugues IIIduc de Bourgogne et de Raymond Vcomte de Toulouse. Il doit fuir dans le sud du duché, il pille le monastère de Grandmont et les sanctuaires de Rocamadour. Il tombe gravement malade à Martel, et essaie de se réconcilier avec son père. Mais celui-ci, croyant à une énième ruse de son fils, l'ignore. Henri le jeune roi meurt le 11 juin 1183 de la dysenterie. Sa disparition met fin provisoirement à la rébellion en Aquitaine, et au conflit qui se préparait entre les rois d'Angleterre et de France. Ebles IV retourne piteusement à Ventadour. On ne sait s'il était encore en vie lorsque Mercadier vint quinze ans après assiéger Ventadour fin 1198 ou début 1199. Le Roi Richard serait venu lui-même lever le siège pour partir à Chalut où il perdit la vie. Ebles fut il victime des trois semaines d'entourage (ou trois mois) ou bien était il déjà décédé ?

Sa relation avec les artistes de la Cour des troubadours à Ventadour n'a pas été un modèle. Bernartz n'y vit plus et Ventadour perd vite sa réputation mais cela ne doit guère gêner le vicomte guerrier. Pourtant une opportunité de taille se présente à lui.  Girautz de Borneill, après la mort de son ami Raimbautz d'Aurenga, lui envoie vers 1173 son chant "Alegrar me volgr'en chantan", "Part los Glotos", par-delà Égletons à Ventadour. Ebles IV semble ignorer cet appel au mécène. Les autres chants iront ensuite vers un autre protecteur, Aymar V vicomte de Limoges, et à "Mo Seignor", qui est certainement le vicomte de Turenne. Plus aucun autre troubadour ne chantera à Ventadour avant Maria de Turenne en 1195, nouvelle épouse de Ebles V. Il est aisé d'en déduire qu'Ebles IV fut peu intéressé et laissa filer des artistes sans intérêt à ses yeux. Sybilla meurt en 1182 et Ebles après 1185 et avant 1200 car on entend plus parler de lui. Il avait moins de 42 ans.

marié à Sybille de la Faye de Châtellerault (1150 - 1182),

dont

Ebles - Bernard (Abbé de Tulle) - Ebles (abbé de Figeac) - Raymond - Aymon (moine prévôt de Maguelonne) - Ebles (chevalier) - Marguerite (+ Jaubert de Saint Flour)

puis

EBLES 5ème (ca 1175 -<1202 - retiré 1221 - † >1236fils

C'est un grand vicomte de Ventadour, profondément épris de ses épouses, qui décida au bout d'une vingtaine d'années viscomtales (terme limousin pour vicomtale) de rentrer dans les ordres en devenant moine grand-montain vers l'âge de 46 ans. Un acte fut passé à la Pentecôte 1221 en présence de ses amis et parents Raymon de Turenne, Bertrand de Monceau, Guillaume de Maumont. Il dota (et pour certains fonda, ce qui est bien plus douteux) le prieuré de Bonneval de Soudeilles. Peu après son décès, survenu avant 1240 certainement, un remarquable gisant sculpté fut édifié dans une chapelle de l'église de Soudeilles pour abriter sa dépouille, celles de ses épouses et d'un enfant (Raymon, mort jeune?).

Sa première épouse Marie de Limoges décéda peu après son mariage, sans enfants connus, peut-être en couche. 

Sa seconde épouse Maria fut une des rares femmes pratiquant le trobar et entretint une correspondance poétique avec Guy d'Ussel et Gaucelm Faidit entre autres. Elle est parfois appelée Marguarita ce qui risque d'induire une confusion avec l'épouse de Ebles III. Ils sont selon toute probabilité enterrés tous les quatre dans le gisant de Soudeilles avec le jeune Raymon décédé en enfance (voir l'étude de Léon Billet et la page "la Vicomté IV" sur ce site). La cour des troubadours ventadoriens s'acheva avec elle.

- marié 1° à Marie de Limoges ( ? - † >1205)  sans enfants ? (Dauphine + Guillem de Mercoeur ?)

- marié 2° vers 1195 à Maria Marguerita de Torena (Turenne) (ca 1175 -  1223)

dont

Raymon  - Ebles - Bernard (évêque du Puy) - Bernard ( archidiacre de Nontron) - Elie (prévôt de Tulle) - Alix (+Robert 1er dauphin d'Auvergne)

puis

RAYMON 1er  (ca < 1210 ~ † ca 1230)  fils

il apparaît lors de la prise d'habit de son père en 1221 (il aurait eu entre 10 et 20 ans) puis en 1226 dans un texte.

Il meurt assez jeune sans enfants ni épouse connus.

puis

EBLES 6ème (ca <1210 - >1230 - †<1260)  frère

Probablement le 1er vicomte de Ventadour à prêter hommage en personne au Roi Louis IX. Il participe à la croisade entre 1248 et 1254 avec Alphonse, comte de Poitiers. Il disparaît vers l'âge de 40 ans, peut être en croisade avec Saint Louis en février 1250 lors de la bataille de Mansourah. Il avait été uni avec une descendante des la Tour. Cette union "diplomatique" renforça le lien avec l'Auvergne proche puis avec les Rogiers de Beaufort (Turenne) qui s'allieront également avec les la Tour plus tard.

marié <1245 à Dauphine (Delphine) de la Tour (d'Auvergne) (1220 - † 1299)

dont 

Ebles - Bernard (chanoine archidiacre à Limoges) - Marie (morte jeune) - Isabeau (+Faucon de Montgascon - + Robert de Montberon)

puis

EBLES 7ème (>1245 - <1260 - †<1301)  fils

Il octroie les franchises de la ville dos Glotons en 1270, renouvelées en 1274, en 1280 et 1283. Il promet son hommage au roi d'Angleterre, selon la dispense donnée par Saint Louis à son père. Ebles VII suit justement le roi anglais Edouard en croisade en terre sainte, puis à Tunis. Il va à Londres vers 1277. Très malade au retour de Palestine, Edouard demande au Pape qu'il soit déchargé du service pour une autre croisade vu l'état de son vassal ventadorien. Ebles qui a au moins huit enfants avec Blanche pratique une vaste politique d'ouverture d'alliance; il donne sa 1ère fille, Marguerite, en mariage à Louis Roger de Beaufort seigneur de Montferrand, puis Delphine avec Guillem de Mercoeur seigneur de Gerzat, puis enfin Marie avec Jean Salin, seigneur de Châteauneuf (près Mauriac ou de Randon Séverac ?) et scelle l'alliance des deux puissantes familles de la vicomté, sa mère étant une La Tour. Il meurt approximativement vers l'âge de 55 ans. 

marié ca 1263 à  Blanche de Châteauneuf de Randon (1245 - † <1295) (et non de Châteauneuf la Forêt)

dont

Ebles Hélie dit Hélie - Hélie (doyen du Puy - évêque de Tournai) - Hélie  - Ebles (chanoine de Reims) - Guillem (doyen de Carennac - évêque de Tournai) - Marguerite (+Louis de Beaufort de Montferrand) - Dauphine (+ Guillaume de Mercoeur de Gerzat) - Ebles Gaubert dit Ebles VIII de Ventadour Donzenac seigneur de Boussac, Ussel et Malemort (+ 1290 Galienne de Malemort) - Marie (+Jean Salin de Châteauneuf) - x

puis

HELIE 1er ou Ebles VIII ​(1264? - <1303 - 1297 à 1323 - † <1329)  fils

ce qui était parfois compliqué et peu clair devient une énigme avec Hélie car personne n'est d'accord sur les prénoms, les mariages et les filiations, d'autant qu'il apparaît sous deux prénoms.

selon généanet base collaborative Pierfit, Hélie serait en fait Ebles X de VENTADOURvicomte de Ventadour, né en 1264, décédé en 1339 à l’âge de 75 ans (Parents : H Ebles VIII Hélie de VENTADOUR, vicomte de Ventadour ca 1240-/1297 &  F Blanche de CHATEAUNEUF-La FORET ca 1240-1292/).

il était, selon cette généalogie, 

frère de Ebles IX, vicomte de Ventadourseigneur de Boussac et d'Ussel, né vers 1263, décédé en 1321, à l’âge de peut-être 58 ans, Sénéchal du Périgord (en 1304). Il aurait été fils de Ebles VIII Hélie de VENTADOUR, vicomte de Ventadour né vers 1240 - décédé en 1297 et de Blanche de CHATEAUNEUF la FORET  née vers 1240 et décédée en 1292 - et marié avant 1290 avec Galienne de MALEMORThéritière de Donzenacdame de Donzenac, née vers 1250, décédée en 1310 à l’âge de peut-être 60 ans. 

Nous lisons plusieurs erreurs selon nous : par exemple Blanche était de la maison de Châteauneuf de Randon en Gévaudan et pas la Forêt en Limousin, elle était mariée avec Ebles VII et non avec Ebles VIII (son fils !) qui devint seigneur de Donzenac après s'être marié avec Galienne de Malemort en 1290.

D'autres études énoncent d'autres éléments. En vérité nous apprécierions une étude claire et une opinion étayée. A l'aide Montjoie si nous nous trompons !  

Il est certain que Ventadorn n'eut jamais d'Ebles X ! Ebles-Hélie, pour nous et l'instant, reste le vicomte et ne se confond pas avec Ebles-Gaubert de Donzenac son frère cadet; il devint seigneur de Ventadour et chef de la maison. L'émancipation de son fils aîné Ebles est curieuse... La raison de cette levée de minorité est inconnue mais on peut imaginer qu'elle est liée à son mariage avec la jeune Mathe de Comborn deux ans après. Hélie choisit également d'unir sa fille Blanche avec un Comborn, le souvenir de la maison mère était toujours présent, puis une autre, Anna, avec Joubert (Gaubert) de Malemort. Une troisième fille nommée également Blanche devint abbesse de Bonnesaigne. Son mariage avec Marguerite de Beaujeu de Montpensier ouvrait en revanche, une fois encore, des relations avec la haute Auvergne, symptomatique des liens unissant Ventadour et châtellenies de l'Est. Cette axe de relations en forme d'alliances infra-familiales reste une exception dans le lien distandu des vicomtés limousines et auvergnates (voir l'étude de l'Université de Clermont citée en page la vicomté 1). Elle offrit aux Ventadour une belle seigneurie en Auvergne.

marié en 1290 à Marguerite de Beaujeu de Montpensier (1270 - ?)

fille de Louis de Beaujeu (1230 † 26 septembre 1280 - Tunisie), seigneur de Montferrand

dont

Ebles émancipé en janvier 1312 (+ Mathe de Comborn le 20 11 1314) - Bernart vicomte- Blanche (+Guichard de Comborn) - Hélie (doyen du Puy et chanoine de Reims) - Guy (évêque de Cambrai et Vabres) - Blanche (+Guichard de Comborn Treignac) - Blanche (abbesse de Bonnesaigne) - Anna (+Joubert de Malemort) 

puis

EBLES 9ème ( ca <1293 - >1323 - † ca 1328) fils

La cause de l'émancipation de l'aîné des frères, Ebles, n'est pas connue. Son mariage avec Mathe célébré à Chaumeil semble être à l'origine même s'il n'intervient que deux ans après...  Il est mort sans enfants connus vers l'âge de 35 ans, et n'est vicomte que peu de temps. A la fin de sa vie, son épouse Mathe témoignera qu'elle fut épouse du vicomte de Ventadour. Il est assez méconnu et parfois oublié ou confondu avec son oncle. Avec lui s'achève la longue série des Ebles établie depuis trois siècles. La raison est inconnue mais possiblement liée à la personnalité d'Ebles IX car il est tentant d'établir un lien entre son émancipation et la fin dynastique du prénom, sans pouvoir aller plus loin cependant. 

marié le 20 novembre 1314 avec Mathe de Comborn ( ca 1296 - † ca 1367)

puis

BERNARD 1er (ca 1293 - 1329 - † ca 1390) frère

élevé comte de Ventadour et de Montpensier en 1350

Il succède à son frère après le mort de ce dernier ; en 1329 il apparaît comme vicomte. Il est plongé dans la tourmente des guerres contre les anglais et leurs "routiers". Parti combattre avec Philippe VI de Valois dans les Flandres, il est fait prisonnier à Cassel le 23 août 1328. En 1338 le roi lui demande de fournir 10 hommes d'armes pour lutter contre les anglais en Gascogne. Entre 1338 et 1350 les anglais attaquent la vicomté à Tulle, Egletons, Meymac et Ussel. Le 2 avril 1350 le Roi Philippe l'élève comte, ce qui ne peut que l'attacher aux français en plus d'être une légitime récompense. Perclu de dettes il vend la châtellenie de Charlus Champagnac avec ses droits et justices jusqu'à la limite de la rivière d'Auze après Mauriac au vicomte de Turenne son cousin. En 1356 Bernard est appelé par le Roi Jean le Bon à la bataille de Nouaillé près de Poitiers. Tous les deux sont capturés et Bernard amené à Bordeaux puis à Londres. Le traité de Brétigny le délivre en mai 1360. En 1368 Ussel est assiégée par le chevalier du Guesclin et finalement libérée des bandes anglaises du capitaine Lebret dit "Devereux". A Aigueperse la rébellion gronde depuis 1360, le comte et son fils Robert partent en 1373 soumettre la ville et conforter Montpensier. Regrettable initiative car Montpensier aurait été ensuite confisqué par le Roi Charles pour son frère Jean de Berry ou sinon cédé par force. Pourtant la citadelle auvergnate sert de refuge à toute la famille viscomtale à partir de 1379 pendant 10 ans, lors de la prise de Ventadour par Geoffroy Tête Noire (voir page spéciale). Après 1390, peut être même dès 1374, la châtellenie de Montpensier appartient au Duc de Berry. L'argent va servir à rénover et moderniser Ventadour. Le comte Bernard meurt peu après 1390, vers l'âge de 97 ans. 

marié le 17 mai 1338 à Marguerite de Beaumont (1313 - ? )

et non Marguerite de Brienne (nom de son père) comme dit par erreur dans notre ouvrage Ventadour lo chastel ! Errare...

dont

Robert - Guillaume (archidiacre de Rouen) - Marie (+Jean d'Antigny - +Miles de Noyer comte de Joigny) - Marie (+Jean de Beuil) - Aude (+Jaubert de Malemort) - Jeanne (+Jean 1er de Pompadour) - Agnès (+Jean d'Apchier s. d'Arzance)

puis

ROBERT 1er (ca 1339 - 1390 - †1406)  fils

Il devient comte tardivement vers l'âge de 50 ans. Il ne se marie que trois ans plus tard avec Isabeau, dame de Beauregard, de Lourdy & d'Escollette, autre famille auvergnate, de Bellerive et des environs de Vichy. Une fois encore les Ventadorn cherchent alliance vers les terres de l'Est. Ses enfants sont encore mineurs lorsqu'il meurt à 67 ans. Isabeau disparaîtra peu après à moins de 40 ans.

marié en 1393 à Isabeau de Vendat de Beauregard (ca 1375->1413)

dont

Jacques - Charles - Marguerite

puis

JACQUES 1er (ca 1395 -1413 - †1424)  fils

Il est présent à Azincourt en 1415 où il est fait prisonnier et conduit à Londres comme son grand père. Il est revenu dans la comté en 1418. Il est présent à Angers en 1421. Il participe avec l'armée franco-écossaise à la bataille de Baugé en mars 1421. Il tue en duel l'huissier d'armes du Régent et est condamné à mort, il reçoit lettre de rémission et doit se présenter devant le Parlement en 1422. A Cravant il est défait avec ses compagnons face aux anglais et pert un oeil le 1er juillet 1423. Il meurt à la bataille de Verneuil le 17 août 1424 à 29 ans (~) sans héritier mâle. Ce fut un des plus vaillant chevalier du royaume de France, même si nul ne l'honore plus de nos jours.

marié à Jeanne de Torsay (ca 1405 -†1459, remariée 3 autres fois après 1424)

fille de Jean de Torsay, seigneur de La Mothe-Saint-Héray (Deux-Sèvres), seigneur de La Roche-Ruffin, échanson, chambellan de Charles VI et du duc de Berry, sénéchal du Poitou, grand-maître des arbalétriers de France

dont

Marguerite de VENTADOUR †/1439 (+ Jean III de MELLO, sgr de Saint-Parize-le-Châtel) - Antoinette ( † 1468) ​

puis

CHARLES 1er (1424 - †1486)  frère

second fils de Robert, il succède à son frère défunt. Signe de l'entrée des Ventadour dans les proches du Roi, c'est Charles VI et Isabeau de Bavière qui le tiennent sur les fonts baptismaux. Sa mère reçut 600 livres de dot et le dauphin le fit connétable. Il fut plus tard grand chambellan du Roi. Il est chargé en mai 1442 avec les autres vicomtes limousins de chasser les anglais du Périgord. Il continue en 1450/1455 l'amélioration du logis seigneurial et le rend de plus bel apparence, il rénove le donjon carré à côté en ouvrant de larges fenêtres et installant de belles cheminées. Il meurt le 20 décembre 1486.

marié le 1er juin 1427 à Marie de Châteauneuf-Pierre  Buffière (ca 1410 -  ca 1451)

dont 

Louis - Pierre - Marguerite - Henriette - Antonie (Antoinette) (+Charles de la Queille) - Jean - Anne (+Jean d'Apchier)

puis

LOUIS 1er (ca 1430 - 1486 - †1500)  fils

Il rejoint l'armée royale qui  se dirige vers l'Anjou et le Maine en 1468, plus tard part vers Saintes et Poitiers, il participe plus tard aux combats de Bretagne sous les ordres de Louis de la Trémouille en 1488. En 1489 il fonde avec son épouse le couvent de Saint Projet sur Dordogne, paroisse de Neuvic. Il avait épousé sa cousine Catherine, fille du vicomte de Turenne Pierre de Beaufort. Elle lui rapporta Charlus Champagnac et Granges. Ils passaient de longs séjours au Peyrou de Liginiac, à Granges et surtout à Charlus Champagnac où il mourut le 8 décembre 1500 vers l'âge de 70 ans. Son coeur resta à Bassignac (Cantal) et son corps au Moustier de Ventadour. Catherine s'éteignit 5 ans plus tard, le 7 novembre 1505 au Peyrou. Elle fut enterrée mi Liginiac (on y trouva en 1900 un coffret en pierre devant l'autel avec ses cendres) et certainement mi Moustier avec Louis. Leur fille unique Blanche de Ventadour était décédée vers l'âge de 27 ans en 1482. Avec elle s'éteignait la noble maison de Ventadour de 1ère race qui existait depuis plus de 400 ans. Louis avait pris soin par testament d'instituer héritier son petit fils Gilbert de Lévis, à charge de substituer ses noms et armes pour lui et au profit des enfants mâles à naître. Louis se préoccupait de la permanence de la lignée transmise aux Lévis, simple vicomtes certes moins titrés et glorieux. Bien entendu les Lévis n'en tinrent guère compte....

marié le 23 septembre 1445 à Catherine Roger de Beaufort (ca 1430 -†1505)

dont

BLANCHE de VENTADOUR (ca 1455 - †1482) fille

mariée le 12 juillet 1472 à LOUIS de LEVIS (<1455 - 1500 - †1521) consort

Elle s'éteînt à l'âge de 27 ans, laissant quatre enfants dont certains en bas âge.

Ventadour cpc 10

la maison de Lévis Ventadour


C'est du fief de Lévis (de Saint-Nom-de-Lévy, le pays fut appelé Lévy-Saint-Nom, pour prendre l'appellation actuelle de Lévis-Saint-Nom - localité située entre Rambouillet et Versailles, en Yvelines) que cette famille tire son nom. Mais, comme à cause de "son ardent et constant attachement à la religion et à la monarchie, les deux grandes institutions dans lesquelles se personnifiait autrefois la patrie, son chef avait mérité le titre de maréchal de la foi, qui fut si longtemps porté dans la branche aînée"; la ferveur populaire n'hésita pas à la rattacher à la tribu sacrée de Lévy et à faire des Lévis les propres cousins de la Sainte Vierge… dit l'hagiographie. En fait, le premier seigneur de Lévis attesté avec certitude est sous le règne de Philippe Auguste, Philippe 1er (v. 1150-1204), seigneur de Lévis (Saint-Nom), et père de Guy 1er de Lévis, seigneur de Mirepoix. Ses ancêtres ne sont pas connus. L'hypothèse la plus probable est que la maison de Lévis soit une branche apanagée de la terre de ce nom, issue d'une famille considérable. En effet, on n'en trouve pas la trace avant l'année 1179, mais, dès cette époque, cette maison s'illustre avec des caractères laissant supposer le lustre et l'antiquité de son origine. Or, la terre de Lévis étant située dans le ressort de la ville et châtellenie de Chevreuse, on peut penser qu'elle n'en a été qu'un démembrement donné à un cadet. La terre de Chevreuse étant elle-même un arrière-fief du comté de Montfort-l'Amaury, il y a probablement parenté entre Amaury II de Montfort, vivant en 1028, et Milon de Chevreuse, vivant en 1029. On remarque d'ailleurs dans ces trois maisons de Montfort-l'Amaury, de Chevreuse, et de Lévis, l'adoption contemporaine et suivie des prénoms Gui, Simon et Philippe

Son fils Gui 1er fit à Notre-Dame de la Roche la première donation qui permit l'édification de l'Abbaye (1190). Gui 1er s'engagea dans la croisade contre les Albigeois, auprès de Simon de Montfort. En récompense des services assez "expéditifs" vis à vis des cathares accomplis pour le Roi, il recevra un fief composé de terres comprenant la seigneurie de Mirepoix et le pays environnant (l'Ariège actuel) et Florensac dans l'Hérault, ainsi que les titres de Maréchal d'Albigeois, de seigneur de Mirepoix et de Montségur. Il épouse Guiburge fille de Simon de Montfort.

La terre du maréchal, qui échut aux Lévis, fut gardée par la famille pendant 563 ans. Leur capitale était la cité de Mirepoix (actuel département de l'Ariège), qu’ils firent ériger en évêché par le pape Jean XXIIen 1317Les seigneurs de Mirepoix devinrent rapidement les personnages les plus importants du domaine royal languedocien ; leur terre fut érigée en marquisat au XVIIème siècle. Ils furent sénéchaux de Carcassonne de père en fils durant deux siècles (XVIIème et XVIIIème siècles). Un proverbe du Languedoc disait, mais toutefois sans preuves à ce jour de sa véracité historique, ceci :

« Les Hunauds, les Lévis et les Rigaud
Ont chassé les Visigots ;
Les Lévis, les Rigaud, les Voisins
Ont chassé les Sarrazins
4. »

Jusqu'au XIVème siècle la seigneurie est partagée également à chaque génération. De là, outre la branche aînée aujourd'hui éteinte, un grand nombre de branches collatérales. Parmi ces 10 branches, les vicomtes de Lautrec, d'où sont issus les barons de La Voulte, devenus plus tard ducs de Ventadour. Le mariage de 1472 avec Blanche de Ventadour leur ouvre en effet l'accès à un famille plus puissante, allièe au Beaufort et très en cours. L'élévation ducale arrivera un siècle après.

Blason de la famille levis ventadour svgLOUIS de LEVIS VENTADOUR (1500 - †1521) consort

marié le 12 juillet 1472 à BLANCHE de VENTADOUR (†19 novembre 1482)  fille

Blason: "Ecartelé, au 1er bandé, d'or et de gueules de six pièces qui est Thouars-Villars; au 2ème, d'or à trois chevrons de sable qui est Lévis; au 3ème, de gueules aux trois étoiles d'or qui est Anduze; au 4ème, d'argent au lion de gueules qui est Layre; sur le tout échiqueté d'or et de gueules qui est Ventadour.

dont

Gilbert - Jean - François - Charles -  Catherine 

puis

GILBERT 1er  (1521 - †1529)  fils

marié le 22 septembre 1498 à Jacqueline du Mas (ca1480 - †1566)

dont

Gilbert II de Lévis - Péronnelle de Lévis (ca 1505-1525)

puis

GILBERT 2ème (1529 - †1547)  fils

marié à Suzanne de Layre

dont

Gilbert - Blanche - Françoise Jacqueline

puis

GILBERT 3ème (1547 - †1591)  fils

élevé duc en 1578 et pair en 1589

marié le 25 juin 1553 à Catherine de Montmorency (1532 - †1624)

 

Gilbert III de Lévis, mort en 1591 à La Voulte-sur-Rhône1, est comte, puis premier duc de Ventadour et pair de France.

Il était le fils de Gilbert II de Lévis, enfant d'honneur de François Ier en 1524 et son panetier en 1531, et de Suzanne de Layre (et non Delaire).

Il épousa Catherine de Montmorency (fille d'Anne de Montmorency et de Madeleine de Savoie), dont il eut plusieurs enfants, entre lesquels Anne de Lévis (1569-1622).

Gilbert de LV mariage

illustration : mariage de Gilbert de Lévis Ventadour avec Catherine de Montmorency 

Gentilhomme de la chambre du roi depuis 1555, il devint gouverneur du Limousin. En 1575, durant les guerres de Religion, alors chef des protestants, il entre en conflit avec Louis de Pompadour, baron de Treignac et chef de la Ligue catholique.

Il fut fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit par le roi Henri III lors de la première promotion, en 1578, mais ne fut pas reçu. La même année il devenait gouverneur du LyonnaisForez et Beaujolais et sa terre de Ventadour était érigée en duché, puis, en 1589, en duché-pairie.

La pairie de France est composée des grands officiers, vassaux directs de la couronne de France, ayant le titre de pair de France. Ils représentent les électeurs primitifs à la royauté à l'époque où la primogéniture n'est pas de règle, et assurent la dévolution de la couronne selon les lois fondamentales du royaume, ainsi que le choix de la régence en cas de minorité. Le nombre de pairs de France est un temps fixé à douze : six pairs ecclésiastiques et six pairs laïcs. Depuis 1180, on les voit chargés d'assurer la succession et être associés à la cérémonie du sacre où ils représentent chacun une fonction symbolique de l'investiture.

À partir de la fin du XIIIème siècle, les six pairies laïques, dont les terres sont revenues à la couronne, sont des apanages princiers, et les nouveaux pairs qui sont créés ne jouent qu'un rôle cérémoniel.

La pairie, qui est un office de la couronne et non un titre de noblesse, devient un moyen pour les rois de distinguer et de s'attacher les nobles les plus importants du royaume. Le mouvement s'accélère au xvie siècle : le roi nomme alors de simples gentilshommes à la pairie, les hissant au sommet de la pyramide des dignités en France. Il faut, pour être pair, jouir d'un fief auquel est attaché une pairie et descendre de la première personne à qui avait été attribué l'office. Le rôle des pairs de France, à l'époque de l'Ancien Régime, à la différence des pairs britanniques, est seulement honorifique. Les pairs modernes conservent des privilèges d'ordre honorifique, comme celui de siéger au Parlement de Paris et de ne pouvoir être jugés que par une cour spéciale composée d'autres pairs.

Bien que les pairs soient en principe tous égaux, leur dignité est fonction de l'ancienneté de leur création. 

dont

Anne Louis - Gilbert (†1584)

puis

ANNE LOUIS (ca 1569 - 1591 - †1622)  fils

marié le 13 juin 1593 à Marguerite de Montmorency (1572 -†1660)

Anne de Lévis, comte de La Voulte, puis duc de VENTADOUR et pair de France, baron de Donzenac, de La Roche-en-Régnier et d'Annonay, Chevalier Anne de levisdu Saint-Esprit est né vers 1569 et mort le 8 décembre 1622. Il est le deuxième fils de Gilbert III de Lévis, comte puis duc de Ventadour, baron de Cornillon et pair de France, et de Catherine de Montmorency. Lorsqu'il succéda à son père Gilbert III en 1591, comme gouverneur du Limousin, Anne de Lévis s'était déjà illustré en Flandres en 1581 auprès du duc d'Alençon. Anne de Lévis était un ardent partisan d'Henri IV : il écrasa les forces de la Ligue à Limoges et, en 1591, défit entièrement les ligueurs, près de Souillac en Quercy. Il fut également comte de La Voultepair et lieutenant-général pour le roi Henri IV en Languedoc. Il fut fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit lors de la promotion du 2 janvier 1599.

Il épousa le 13 juin 1593, à Alès, Marguerite de Montmorency (1572-1660), sa cousine germaine, fille d'Henri Ier de Montmorencyconnétable de France, et d'Antoinette de La Marck, fille de Robert IV de La Marck qui lui donne

  • Henri 1596-1680, troisième duc de Ventadour
  • Charlotte 1597-1619
  • Charles 1600-1649 évêque de Lodève, quatrième duc de Ventadour, père du cinquième duc Louis-Charles
  • François († 1625) évêque de Lodève
  • François Christophe ca 1603-1661
  • Anne de Lévis de Ventadour († 1662) évêque de Lodève puis archevêque de Bourges

    Destiné à une carrière ecclésiastique il étudie ses humanités au collège de Clermont et à l'université de Paris notamment la théologie à la Sorbonne mais il obtient son titre de docteur in utroque jure à Orléans. Il est pourvu en commende de l'abbaye Saint-André de Meymac dans le diocèse de Tulle (et non Limoges) et de celle de Ruricourt dans le diocèse de Beauvais. Il est également administrateur de l'évêché de Lodève à la suite de ses frères François et Charles jusqu'en 1625Prieur de Rompon en 1638, Anne de Lévis devient ensuite comme dom d'Aubrac (1649). Il est également conseiller d'État, et trésorier de la Sainte-Chapelle à Paris. Désigné comme archevêque de Bourges le 11 novembre 1649, il est nommé en février 1651 et consacré en avril suivant. Anne de Lévis n'est pas hostile aux jansénistes et se prononce contre les jésuites, leurs adversaires.

  • Louis Hercule († 1679) Louis-Hercule de Lévis de Ventadour, membre de la Compagnie de Jésus, est nommé évêque de Mirepoix en 1655, « tant pour sa bonne et sainte vie, exempte de faste et d’envie », « tant pour son antique Maison… » Il succède ici à Jean Louis de Nogaret de La Valette, qui, lassé d’affrLouis hercule de levis ventadouronter les flèches de Louise de Roquelaure, veuve d’Alexandre de Lévis, seigneur de Mirepoix, a sollicité l’épiscopat de Carcassonne. 

    Fort du lien de parenté qu’il entretient avec la famille de Lévis Mirepoix, Monseigneur de Lévis Ventadour saura ménager une relation plus souple avec cette dernière, et traiter de façon à la fois ferme et prudente le cas embarrassant de Jean de Lomagne, fils de Jean VI de Lévis Mirepoix, qui mène une vie hors norme au château de Terride. En 1661, Monseigneur de Lévis Ventadour fait construire le séminaire diocésain, rue des Pénitents Blancs, à Mirepoix. Il fonde à cette occasion la chapelle des Pénitents Blancs. Instruit par l’exemple d’Anne de Lévis Ventadour, son père, qui a, dans le cadre des guerres de religion, mené bataille toute sa vie durant contre les ligueurs, Monseigneur de Lévis Ventadour souhaitait assurément fournir à la défense de la vraie foi les moyens de s’exercer autrement, sur un autre terrain. En 1672, Louis Hercule de Lévis Ventadour tente d’obtenir au nom de Gaston Jean Baptiste de Lévis, nouveau seigneur de Mirepoix, l’hommage de François de Béon, vieil ennemi de Jean de Lomagne, vassal récalcitrant de la maison de Lévis Mirepoix. Monseigneur Lévis Ventadour meurt en 1679. Les archives de Mirepoix en portent témoignange.

    En 1679, alors qu’il revenait de l’assemblée des Etats du Languedoc à Montpellier, Louis Hercule de Lévis-Ventadour tombe malade. Dès 1666, certains membres de l’assemblée des Etats, lassés de devoir se rendre à Toulouse, avaient sollicité la délocalisation de la session à Montpellier. Charles François d’Anglure de Bourlemont avait refusé, probablement par confort personnel, donnant toutefois des raisons officielles à son refus: il alla jusqu’à écrire que Montpellier était une ville trop éloignée de Toulouse, et dont la vie dissolue distrairait les députés de leurs travaux …. Il finit par accepter un transfert des Etats à Pézenas. Toujours est-il que les Etats se réunirent à Montpellier en 1679. Louis Hercule de Lévis-Ventadour meurt au château de Pouzols, le 6 janvier, la nouvelle de son décès n’arrivant que le 9 à Mirepoix.

    Le château de Pouzols n’existe plus, mais il se trouvait là à l’emplacement de l’actuel château, construit au XVIIIe siècle, sur les hauteurs du village de Pouzols, dans le Minervois. Un autre illustre visiteur avait dormi une nuit dans ce même château, dix-neuf ans plus tôt : il s’agit de Louis XIV, accompagné de sa mère, de sa cousine, de Mazarin et d’une nombreuse cour. Cette halte à Pouzols fut l’une des nombreuses étapes du grand périple entrepris par Louis XIV en Languedoc, dans l’attente de ses noces prévues à Saint-Jean de Luz avec Marie-Thérèse d’Autriche. Le registre des B.M.S. de Mirepoix pour cette période contient un très long compte-rendu de la sépulture de Louis Hercule de Lévis-Ventadour. La précision dans l’ordonnancement de la cérémonie, le faste accordé à ce qu’il convient d’appeler des funérailles, le nombre impressionnant de participants officiels, tout indique que Louis-Hercule de Lévis-Ventadour, tant comme évêque que comme membre de la famille seigneuriale, cristallisait sur sa personne la révérence alors accordée aux grands personnages du Grand Siècle. Il a pour successeur Pierre de La Brouë.

Faits et gestes d'Anne de Lévis

Anne de Lévis, duc de Ventadour est né vers 1569, il est le deuxième fils de Gilbert III de Lévis, comte puis duc de Ventadour, baron de Cornillon et Pair de France, et de Catherine de Montmorency (la fille de Henri Ier duc de Montmorency et d'Antoinette de Lamarck).

Lorsqu'il succéda à son père Gilbert III en 1591, comme gouverneur du Limousin, Anne de Lévis s'était déjà illustré en Flandres en 1581 auprès du duc d'Alençon.

Anne de Lévis était, comme son oncle, le connétable de Montmorency, un ardent partisan d'Henri IV, et à ce titre, il écrasa les forces de la Ligue à Limoges et en 1591, défit entièrement les ligueurs, près de Souillac en Quercy. Le chanoine de Banne rapporte dans ses mémoires qu'il échappa à un complot fomenter par l'évêque de Limoges :

Mais les ligueurs furent déçus de leur résolution…il se rendit à la maison de ville, fit fermer les portes d'icelle, et dans deux paroles, il changea le cœur des soldats qui s'estoient donnés aux traîtres et les remit au service du Roy, fit braquer les canons et les tirer contre l'église Saint Martial, où les ligueurs avoient fait dessein de se fortifier. Les ligueurs effrayés, aulcuns sautèrent des murailles, entre lesquels fut l'Évesque qui se rompit une cuisse; les autres furent tous pris, les gentilshommes eurent la tête coupée, les officiers de justice pendus et estranglés avec leur robe, avec plusieurs soldats. La ville continua au service du Roy, par la sage conduite de ce jeune seigneur, n'estant alors que le comte de La Voulte, d'autant que son père, messire Gilbert de Lévy, vivoit encore…

Il fut comte de La Voulte et duc de Ventadour, pair et lieutenant-général pour le roi en Languedoc.

Le mariage d'Anne de Lévis

Anne de Lévis épousa le 13 juin 1593, à Alès, petite ville de la province de Languedoc, Marguerite de Montmorency (née en 1572, † 1660), sa cousine germaine, fille d'Henri de Montmorency , Connétable de France et d'Antoinette de Lamark. Elle participa largement par sa bonté aux largesses de son époux, ce qui lui valut le surnom de “Bonne Duchesse". Issue d'une des plus anciennes familles du royaume, la famille de Montmorency fut mêlée aux événements les plus importants de la monarchie. Marguerite fût l'objet de l'empressement et de l'adoration des seigneurs les plus riches et les plus hauts placés dans la faveur du roi. Un seul, Anne de Lévis de Ventadour, son cousin-germain l'obtint.

Le contrat de mariage stipulait pour la future une dot de 150.000 écus payables après la mort de son père. La mère d'Anne lui donnait tous ses biens, en se réservant l'usufruit. Anne faisait donation du duché de Ventadour, à l'un des enfants mâles qui naîtront du mariage. Il donna à sa future pour 10.000 écus de bagues et joyaux et diverses rentes.

Son entrée à La Voulte fût marquée par un événement qui impressionna vivement Marguerite et éveilla en elle un sentiment de reconnaissance et d'affection pour la population de La Voulte accourue de toutes parts pour la voir et la saluer.

Aux portes de la ville, la jument qu'elle montait s'abattît. La population improvisa un siège de branches et de fleurs et conduisit Marguerite ainsi jusqu'à la demeure seigneuriale. Émue, elle ne put répondre que par des larmes aux cris de joie et de bonheur que poussait la foule. De ce jour, elle décida de se consacrer toute entière à ce peuple qui venait de lui administrer des preuves touchantes d'affection et de respect. Elle devint l'intermédiaire bienveillante entre le seigneur et ses vassaux. Jamais le pauvre ne vint lui adresser une inutile prière.

La légende du miracle des roses

On raconte qu'un soir d'hiver, on vint apprendre à la duchesse Marguerite que deux familles du Portalet et du Mirail se mouraient de faim et de froid. Sans hésiter elle se rendit à l'office, prît quelques provisions et s'en alla les porter aux pauvres. Elle descendit l'escalier, et au moment de franchir la porte de la tour par où Marguerite sortait sans être vue pour distribuer elle-même aux malheureux ses aumônes, un obstacle imprévu se dressa devant elle. Le duc de Ventadour, était là, debout, devant elle. L'intendant du château l'avait prévenu contre la duchesse qui, disait-il, "menaçait d'une ruine prochaine la fortune du duc par la prodigalité irréfléchie de ses aumônes."

" Quelle raison si puissante a pu vous engager à sortir à une pareille heure, et que portez-vous là, caché dans le fond de cette corbeille ?…"
" - Grâce, monseigneur!…répondit-elle en se jetant à ses pieds, ils sont si pauvres et si malheureux !…
"
Ce faisant, elle enleva le linge qui recouvrait le panier et laissa apercevoir au fond, au lieu des provisions qu'elle y avait déposées, une magnifique gerbe de roses fraîches, vermeilles. Le miracle était évident, on était alors dans les jours les plus rigoureux du mois de janvier, et seul le mois de mai eût pu produire d'aussi belles fleurs. 
La protection toute spéciale dont le ciel entourait Marguerite, venait de se montrer avec éclat. Anne ne songea plus à méconnaître plus longtemps sa vertu et dès lors encouragea l'ardente charité de la "bonne duchesse". 
Le peuple n'hésitait pas parfois à s'adresser directement à la Duchesse. Un manuscrit du Presbytère protestant d'Annonay, sur parchemin, daté du 28 septembre 1593, est une requête des habitants d'Annonay appartenant à la religion réformée adressée à “Très Illustre et très puissante dame, Madame la Duchesse de Ventadour, comtesse de La Voulte et Dame d'Annonay…” tendant à obtenir le libre exercice de leur religion. Ce document est signé par Achille Gamon, catholique devenu protestant en 1560.

Anne de Lévy se rendit aux États du Languedoc pour complimenter le roi et lui remettre les doléances de la paroisse, après la conversion d'Henri IV au catholicisme le 25 juillet 1593.

Sacre et couronnement d'Henri IV

Le 27 février 1594 Anne de Lévis assista, à Chartres, à la cérémonie du sacre et du couronnement d'Henri IV. Il eut “l'insigne honneur de représenter l'un des six anciens pairs de France, le Comte de Champagne, qui portait la bannière royale et avec les cinq autres, soutenait la couronne sur la tête du roi".

Transaction avec les Augustins

En août 1594 il confirma une transaction passée avec son père et les Augustins de La Voulte. L'acte précise que les Augustins de la Voulte seront au nombre de trois prêtres et deux novices et qu'ils feront le service de l'église de La Voulte. “Comme il n'est aucune chose en ce monde si requise et si nécessaire à l'homme pour son salut que de servir Dieu, y avoir des temples pour s'y assembler et servir Dieu par prières et oraisons… Pendant les guerres civiles, sous couvert de religion… Les églises, couvents, monastères et habitations des gens destinés au service divin ayant estés desmolis, abbatus et ruinés…” le duc de Ventadour prit sous sa protection les personnes et les biens des Frères Augustins et leur donna les chapelles de Sainte Croix en l'église paroissiale et de Sainte Catherine dans l'enceinte du château.

Pacification du Vivarais, Trève en Languedoc

En 1595 il obtient la lieutenance générale du Languedoc. Le 23 septembre 1595, Henri IV signa avec le duc de Mayenne une trève générale qui fut étendue au Languedoc, et c'est le duc de Ventadour, gendre de Montmorency depuis deux ans, qui fut chargé de l'exécuter en Vivarais.

Il présida en personne à plusieurs reprises l'assemblée des États du Vivarais. Le 28 juillet 1595 à Viviers fut signé l'accord définitif avec Monsieur de Montréal. En 1604 il délégua son bailli Giraud de Bézangier pour présider à sa place l'assemblée qui se réunît à La Voulte “dans la grande salle du logis neuf". 
A l'action libérale et tolérante de son père, Anne opposa une action dure et sans faiblesse, comme celle qu'il avait montrée en Limousin contre les activités de la Ligue alors qu'il n'était que comte de La Voulte.

Croix de l esprit saintLe 2 janvier 1599 il est reçu Chevalier du Saint-Esprit.

En 1610 il achète la baronnie de Herment en Auvergne qui possède un vaste territoire aux limites du duché de Ventadour et conforte son influence outre Dordogne.

En 1609, un arrêt du conseil des États ordonna que le duc de Ventadour jouirait des péages de La Voulte, de Rochemaure et de Montélimar. Un autre arrêt de la même année ordonna de ne rien percevoir sur les denrées ou marchandises appartenant au duc de Ventadour, provenant de son comté de la Voulte ou de ses autres maisons du Vivarais et passant au Pouzin.

En 1610, le jeune roi Louis XIII annonça, à “son cousin” le duc de Ventadour, l'assassinat de son père Henri IV. La même année, les États du Vivarais se réunirent à nouveau à La Voulte, le compte-rendu mentionne que les États ont alloué une somme de 6 livres pour une école tenue par des sœurs Clarisses.
Le 7 novembre 1612, aux États généraux du Languedoc il y eut un service solennel à la mémoire d'Henri IV. Le duc de Ventadour y assistait comme lieutenant général pour le roi en Languedoc; il marchait seul dans le cortège, vêtu d'un grand manteau de deuil sur lequel brillaient les insignes du Grand Ordre du Saint-Esprit, dont il était chevalier depuis 1599. Le grand drap royal de satin bleu parsemé de fleurs de lys était tenus par les barons de l'assemblée. 
Le 16 novembre suivant au cours de la séance des États Généraux, le duc commanda aux États de “se prêter assistance et de faire respecter les Édits interdisants le port des armes et de rétablir l'ordre publique là où des esprits brouillons fomentent et répandent de faux bruits pour alarmer les villes”.

Le duc recommanda aux catholiques, là où ils sont plus forts de protéger les protestants, et aux protestants là où ils sont les plus forts, de protéger les catholiques.

En 1614 il y eut une Assiette à La Voulte dans la grande salle du château. Louis XIII envoya le duc en mission auprès du prince de Condé, “pour traiter avec lui et faire cesser les troubles qui se préparent”.

Anne de Lévis au lit de mort de sa fille

C'est le premier jour de l'année 1619 que le duc eut la douleur d'assister à la mort de sa fille la comtesse de Tournon âgée seulement de 21 ans qui laissait un fils, le dernier descendant de la branche aînée de Tournon qui fut tué plus tard, en 1644, à Philipsbourg. Voici le témoignage qu'a laissé le chanoine de Banne de cet évènement :

" Le 1er jour de l'an 1619, environ les deux heures du matin, décéda très haute et très vertueuse dame, Madame Charlotte-Catherine de Lévis, comtesse de Tournon, âgée de 21 ans. Sa fin fut chrétienne, aussi avoit-elle vécu en la crainte de Dieu. Elle estoit fort dévote, charitable envers les pâuvres et affligés; très douce et familière à l'endroit de ses sujets, les allant visiter dans leurs maisons; d'une humeur douce et grave qui se ressentoit du lieu où elle estoit issue. Elle estoit belle dame, de bon esprit et de riche taille… Mgr de Ventadour se trouva à sa mort, lequel elle pria de lui donner sa bénédiction; ce qu'il fit en ces mesmes paroles : "Ma chère fille, vous ne m'avez jamais désobéi; je suis extrêmement affligé de votre mal, mais puisque c'est la volonté de Dieu; il faut que je prenne mon affliction en patience, comme vous devez prendre votre mal… Pour lors ceste bonne dame baissa la teste, et mondit seigneur le duc son père lui donna sa bénédiction en lui disant: "Ma bonne et très chère fille, la toute puissante main de Dieu te bénisse par la mienne", et la baisa.…"

Troubles de Privas

La fin de l'année 1619 fut marquée par des troubles à Privas. Les protestants de cette ville refusant un seigneur catholique tentèrent par une prise d'arme d'empêcher leur dame, Paule de Chambaud, d'épouser le vicomte de Lestrange. Il fallut l'intervention d'une armée venue du Languedoc avec à sa tête Montmorency pour les mettre à la raison. Mais l'agitation persistait. Le duc de Ventadour annonça son intention de faire raser le Donjon de Jaujac afin d'éviter son occupation par les réformés perturbateurs. Un peu plus tard le duc de Ventadour rassemblait des troupes à Chomérac pour coopérer avec l'armée de Montmorency.

A la réunion des États du Vivarais qui suivit ces événements, le 13 mai 1621, Anne de Lévis ouvrit la session par “une très belle remontrance sur l'état présent et calamités des affaires du pays” le lendemain l'assemblée jura de “demeurer et se maintenir en bonne union et sous l'obéissance du Roy.

Aggression des huguenots contre le Cheylard

Les protestants effectuaient des travaux de fortifications à Chomérac et à Barry.

Le 6 juillet 1621 un incident se produisit au Cheylard. Les huguenots du Vivarais et du Dauphiné conduits par Blacons tentèrent de forcer le château occupé par 50 hommes sous les ordres du sieur du Bourg du Largier. Rendus furieux par leur échec les huguenots pillèrent et profanèrent les objets du culte de l'église et saccagèrent les maisons des catholiques de l'endroit. Le duc rendit compte de ces événements et ordonna “le rasement des murailles et fortifications du Cheylard".
En janvier 1622 le duc se rendit en Velay pour s'y approvisionner en munitions de bouche (blé) et de guerre ( poudre, plomb et mèche) que nécessitaient les circonstances
Le duc de Ventadour se trouvait au Cheylard le 16 avril 1622 où “il ordonne qu'il ne soit faict aucune ruine ni dégâts aux maisons, meubles, vignes et possessions des uns et des autres (catholiques et protestants), comme il pourroit arriver en haine de guerre

La paix de Montpellier

La paix fut conclue à Montpellier en octobre 1622. L'envoyé du roi, le maréchal de Bassompierre, reçu la soumission des députés de Privas dans la ville du Pouzin et se rendit avec dix compagnies de gardes coucher à La Voulte. Le lendemain, les villes de Beauchastel, Charmes, Soyons et Cornas se rendirent. Il remit ces villes aux paysans voisins, leur promettant de retirer ses troupes, dès qu'ils auraient rasé tous ces petits forts, "ce qu'ils firent avec une telle diligence qu'à quatre heures du soir il n'y en demeura aucun vestige".

Discours d'Anne de Lévis aux Etats Généraux

Sur l'ordre de Louis XIII, le duc de Ventadour fit tenir les États Généraux du Vivarais à Beaucaire. Il y prononça, le 8 novembre 1622, le discours d'ouverture dans lequel il parla de son attachement à la personne du roi et déclara son vif désir de soulager les charges des populations et de mettre fin aux abus dont elles souffrent : 
" cette province ayant servi depuis 22 mois de théâtre, où se sont jouées les plus sanglantes tragédies de toute la France…Vous estes aussi obligés de vous despuiller et despartir de toutes passions et affections particulières, afin que le bien public marche toujours le premier et soit préféré à toutes choses."

Le chanoine de Banne a témoigné que “pendant la tenue des États généraux à Beaucaire monseigneur fut atteint d'une "fièvre continue et pourprée qui le réduisit à l'extrémité" dont il mourut le 8 décembre 1622 à l'âge de 53 ans.

La mort ne le prit pas dépourvu des choses qui sont nécessaires à un bon chrétien… genoux nus sur le pavé, il reçut son Sauveur et son Dieu en grande humilité et dévotion. Madame de Ventadour son épouse ne l'abandonna jamais, le servant avec grands soins… quoique selon les médecins cette maladie fust venimeuse… pestilentielle et communicable.”
Un service solennel fut célébré en l'église de Beaucaire en présence d'une foule considérable. Le lendemain le convoi funèbre se mit en route pour La Voulte. La duchesse dans une voiture de deuil en tête du cortège, les serviteurs du duc vêtus de noir encadraient le cercueil. Puis venait une suite assez nombreuse de seigneurs qui avaient tenus à donner ce dernier témoignage de reconnaissance à celui qui avait été leur ami fidèle et dévoué. Dans toutes les paroisses où passait le cortège, on sortait pour saluer le char funèbre. Arrivé sur le territoire de La Voulte le cercueil fut porté en procession par le clergé et les habitants du lieu jusqu'en l'église Saint Vincent, il fut déposé dans une chapelle ardente élevée au milieu de la nef de l'église où il resta pendant plus de deux mois.

Cependant son fils aîné Henri de Lévis, son héritier, devait épouser début avril 1623 la princesse Marie-Liesse de Luxembourg au château de La Voulte. Afin que la vue du cercueil ne trouble pas la cérémonie, on le descendit dans le caveau de famille situé à côté du chœur de l'église paroissiale après une cérémonie funéraire grandiose, dont le service était assuré par l'évêque de Valence, assisté d'un grand nombres de prêtres et de religieux. “L'église étant toute tapissée de drap de velours noir sur lequel étaient posées les armoiries du duc en broderies d'or et d'argent … la chapelle ardente couverte de velours noir avec double courtine tout autour frangé de soie noire, blanche et filet d'argent, avec des bandes de toile d'argent. Le soubassement estoit de mesme. Le chevalet en représentation qu'estoit au milieu, estoit couvert d'un grand drap de velours noir brodé d'hermine tout autour, qui descendoit dudit chevalet, qu'estoit de la hauteur de quatre pieds et de cinq pieds de longueur, couvroit tout le pavé, la chapelle ardente et l'église estoient garnies de longs et gros cierges de cire blanche.”
Durant une année et plus, ces ornements durèrent tendus et les cierges allumés pendant le service divin qui se faisoit pour l'âme dudit seigneur défunt… La grande salle du château, les chambres de Madame et messieurs furent tapissées de serge noire…

Le chanoine de Banne, chroniqueur Voultain qui l'avait bien connu, en fit un portrait élogieux:

"Ce seigneur estoit de moyenne taille, doux et humain, d'un visage, regard et gestes agréables, grave et d'un maintien majestueux, éloquent et disert au possible, ami des pauvres, grand et fidèle à Dieu et à son roi, de très bon conseil et rare sagesse, plein de prud'hommie et prudence, digne d'être très bien servi, car il payoit parfaitement bien ses serviteurs, et ne se trouve point aucun de ceux qui lui ont rendu service qui n'aye pas été payé…
"Il aimoit les arts libéraux et particulièrement la musique, il était également ami des lettres et de l'instruction des chrétiens. Il se plaisoit particulièrement à faire bastir tant ses maisons que des maisons de piété, églises, couvents et hôpitaux… et fit bâtir le monastère des Augustins dans sa ville de La Voulte qu'estoit autrefois hors la ville à Saint Michel, lieu très agréable et bien bâti, que les huguenots abattirent aux premiers troubles. Il fit embellir l'église de peintures et riches ornements. Il y fit faire des orgues qui brûlèrent depuis par accident. Il fit refaire la chapelle où est son tombeau et celui de ses père et mère.
Plus loin le chanoine De Banne s'étend sur la charité d'Anne de Lévis: “Il estoit fort dévot, charitable envers les pauvres, en outre… il faisait distribuer du blé et de l'argent outre les aumônes quotidiennes que son aumônier faisoit en argent, et ses officiers à la porte de ses châteaux, en pain et vin. Ce bon seigneur était un des rares esprits de son temps aussi éloquent, qu'homme de France, ami du peuple et de la paix.
"

De l'union d'Anne de Lévis avec Marguerite de Montmorency naquirent 12 ou 15 enfants dont bon nombre moururent en bas âge, nous leur connaissons: 
- Diane décédée à l'âge de 18 ans à Paris; 
- Charlotte-Catherine mariée en 1616 à Just-Henry de Tournon, morte en 1619 à 21 ans; 
- Felice-Marguerite mourut en 1619 à l'âge de 7 ans.

A son décès le duc de VENTADOUR laissa dans l'ordre : 
- Henri de Lévis (né en 1596, mort le 14/12/1680), son fils aîné, lieutenant du roi après son père, duc de Ventadour et prince de Maubuisson et comte de La Voute, pair de France; épouse: Marie princesse de Tingry fille d'Henri duc de Piney-Luxembourg.
- Charles de Lévis (mort le 19/05/1649), comte de Vauvert, marquis d'Annonay puis devient duc de Ventadour, pair de France; épouse le 26/03/1634: Susanne fille d'Antoine de Lauzières marquis de Thémines puis épouse en secondes noces le 08/02/1645 Marie fille de Jean-François de La Guiche de Saint-Géran
- François de Lévis, évêque de Lodève puis ayant repris l'habit séculier fut tué en 1625 dans un combat naval contre les Rochellois; 
- François-Christophe de Lévis, comte de Brion mourut le 9 septembre 1661 peu après sa mère;
- Anne de Lévis, l'archevêque de Bourges, ancien prieur de Rompon en 1638, décéda le 17 mars 1662.
- Louis-Hercule de Lévis, évêque de Mirepoix, il passa à La Voulte en 1661 et mourut en 1679.
- et une seule fille, Françoise-Marie de Lévis (morte en 1630), qui fut religieuse et abbesse d'Avenay puis de Saint Pierre de Lyon.

Dans son testament daté du 23 juin 1617 et dicté à Jean Roffi, Anne de Lévis instituait pour son héritier universel son fils aîné Henri de Lévis qu'il exhorte " d'avoir toujours la crainte de Dieu devant les yeux, de vivre et de mourir dans la religion catholique et d'être toujours bon et fidèle sujet et serviteur du Roy…"

Il léguait 200.000 livres à chacun de ses autres fils; 10.000 livres à sa fille Catherine, outre ce qu'elle avait reçu en dot; et 7.000 livres à Marie la religieuse; quant à sa femme, il voulut qu'elle ait pour sa demeure et douaire de La Voulte, 12.000 livres de rente. Il donna son cœur aux Capucins de Beaucaire qui le conservèrent dans un vase de cristal richement ciselé.

Marguerite de Montmorency, son épouse, quant à elle mourut à Paris en 1660 à 88 ans. Dans son testament daté du 13 décembre 1650, elle déclara souhaiter être enterrée à La Voulte. Elle fît de nombreux legs particuliers dont un de 4.000 livres pour l'église de La Voulte. Elle fît don de son cœur aux Ursulines de la rue Saint-Jacques. Son corps fut ramené à La Voulte et “les chemins estans tous ruinés et rompus par l'inondation des grandes eaux pluviales, il fut trouvé bon, pour faciliter le passage, de les faire accommoder en divers endroits…”.

Leur fief du Vivarais étant mal en point, on imagine fort que Ventadour ne devait pas être dans un état parfait, n'étant pas la résidence la plus fréquentée.

dont

Diane (†18 ans à Paris) - Charlotte-Catherine (+1616 à Just-Henry de Tournon, †1619 à 21 ans) -  Felice-Marguerite (†1619 à l'âge de 7 ans) - Henri de Lévis (né en 1596, mort le 14/12/1680) - Charles de Lévis (mort le 19/05/1649) - François de Lévis, évêque de Lodève puis ayant repris l'habit séculier (†1625 dans un combat naval contre les Rochellois)  - François-Christophe de Lévis, comte de Brion (†9 septembre 1661 peu après sa mère) - Anne de Lévis, archevêque de Bourges, ancien prieur de Rompon en 1638, (†17 mars 1662) - Louis-Hercule de Lévis, évêque de Mirepoix (†1679) - et une seule fille vivante à sa mort, Françoise-Marie de Lévis (†1630), qui fut religieuse et abbesse d'Avenay puis de Saint Pierre de Lyon.

HENRI (1596 - 1622 - retiré 1631 - † 14 10 1680)  fils

marié à Marie Liesse de Luxembourg retirée 1629 (†1660)

Henri de Lévis (1596-1680), 3ème duc de Ventadour (et non 13ème) et pair de France, prince de Maubuisson, comte de la Voulte, seigneur de Cheylard, Vauvert et autres lieux, lieutenant général du roi Louis XIII en Languedoc, allié des Condé, est nommé vice-roi de la Nouvelle-France (1625-31).

Fils d'Anne de Lévis-Ventadour et de Marguerite de Montmorency, Henri de Lévis-Ventadour naît au château de Ventadour en 1596. Henri de Lévis-Ventadour épouse au château de La Voulte en Ardèche, en avril 1623, Marie Liesse de Luxembourg, née en avril 1611. Elle est la fille de Henri de Luxembourg qui a épousé le 19 juin 1597 Madeleine de Montmorency (1582-1615). Sa soeur, Marguerite Charlotte de Luxembourg (19 janvier 1607-26 novembre 1680), épouse en 1620 Léon d'Albert de Luynes et en 1631 Charles-Henri II de Clermont-Tonnerre.

Henri et Marie Liesse n'auront pas d'enfants.

Anne de Lévis-Ventadour meurt le 8 décembre 1622. Henri de Lévis-Ventadour devient 3ème Duc de Ventadour.

Après avoir été soldat, il entre dans les ordres,  et en mars 1625 il achète à son oncle, le duc Henri II de Montmorency, la vice-royauté de la Nouvelle-France, dans le but de financer des missions jésuites.

La ville de Lévis est issue de la fondation du premier village de la Rive-Sud nommé Saint-Joseph-de-la-Ville de levis02Pointe-Lévy qui était situé dans le secteur est de la seigneurie de Lauzon à l'époque de la Nouvelle-France. Le territoire de la Rive-Sud de Québec reçut diverses dénominations avant sa colonisation officielle par Guillaume Couture en 1647. Sa première appellation territoriale européenne fut le Cap de Lévy en 1629 par Samuel de Champlain, en hommage à Henri de Lévis (1596-1651), duc de Ventadour et vice-roi de la Nouvelle-France de 1625 à 1627. Le Cap de Lévy situé à la grève Jolliet (près du chantier maritime Davie) devint par la suite le lieu de départ de la seigneurie de Lauzon en 1636. Cette seigneurie appartenait à Jean de Lauzon (Lauson), qui fut gouverneur de la Nouvelle-France de 1651 à 1656. Dès les débuts de sa colonisation en 1647, le territoire reçut le toponyme Pointe-de-Lévy et il fut adopté par la paroisse-mère Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy. La seigneurie sera démantelée en 1836 lors de la faillite de Sir John Caldwell et de là vont naître plusieurs petites municipalités et villages sur la Rive-Sud de Québec. C'est en 1861 que fut fondée officiellement la ville de Lévis quelques années après la fondation de la paroisse Notre-Dame-de-la-Victoire (ne pas confondre avec celle de Québec) par MgrJoseph-David Déziel. Les premiers villages et municipalités de la Rive-Sud de Québec ont fusionné avec Lévis en 2002 pour former un territoire qui correspond presque aux dimensions territoriales de l'ancienne seigneurie qui a existé de 1636 à 1836. La ville est située en face de Québec, de l'autre côté du Saint Laurent. Elle abrite plus de 150 000 habitants.

Il est chanoine à l'église de Paris en juin 1627.  C’est également un des fondateurs de la compagnie du Saint-Sacrement, en 1627 En 1631 il cède ses droits à son frère Charles. Henri de Lévis-Ventadour meurt le 14 octobre 1680. Il est inhumé dans la nef, au devant de la chapelle de la Vierge à Notre-Dame de Paris. Son épouse Marie Liesse de Luxembourg, duchesse de Ventadour, meurt le 18 janvier 1660.

CHARLES II  (1600 -~1631 - †1649)  frère

marié 1° le 26 mars 1634 à Suzanne de Laurières Thémines (†<1645) 

marié 2° le 8 février 1645 à Marie de la Guiche (1623 -†23 07 1710)

dont

Louis Charles Marguerite Félicie de Lévis (1648-1717) - Susanne de Lévis-Ventadour (†1647)

Charles de levisFils d'Anne de Lévis, duc de Ventadour, il succède à son frère Henri.

Il a eu pour précepteur François Morin. - Il fut Comte de Montbrun et marquis d'Annonay et siègea au Parlement dès 1619. - Il commande des troupes contre les réformés vers 1629. - Charles devient duc de Ventadour, comte de Charlus et pair de France par la cession de son frère aîné Henri de Lévis entré dans les ordres en 1631. - Chevalier des ordres du roi en 1633. - Gouverneur du Limousin en 1633, après s'être démis de sa charge de lieutenant du Languedoc héritée de son frère. Il meurt le 19 Mai 1649 à Brive-la-Gaillarde.

 

 

 

 

 

LOUIS-CHARLES (1649 - † 18 09 1717)  fils

marié le 14 03 1671 à Catherine-Eléonore de la Mothe Houdancourt (†1774)

Louis Charles de Lévisduc de Ventadour et pair de France (1647 – ) est un aristocrate français du XVIIème siècle. Sa femme, Charlotte-Éléonore de la Mothe-HoudanLouis charles de levis par pierre mignardcourt (1654 - ) surnommée « Madame de Ventadour » est gouvernante des enfants royaux et en particulier de l'infant Louis XV. Leur fille unique Anne Geneviève fera deux mariages prestigieux, au sein de deux des plus grandes familles aristocratiques de l'époque, les La Tour d'Auvergne et les Rohan.

Fils ainé d'une famille de trois enfants, il est le fils de Charles de Lévis, comte de Vauvert, marquis d'Annonay, duc de Ventadourpair de France et de sa seconde épouse, Marie de Guiche.

Sa sœur cadette Marguerite Félice de Lévis (1648–1717) épousera Jacques Henri de Durfort de Duras et était la belle-sœur du Maréchal de Lorges.

Du côté paternel, il descend de la riche et puissante Maison de Montmorency. Il épouse à Paris le  Charlotte de La Motte Houdancourt, fille de Philippe de La Mothe-Houdancourt et de Louise de Prie.

Le Duc était généralement considéré comme quelqu'un de « terrifiantMadame de ventadour nicolas mignard » très laid, physiquement déformé et à la sexualité débauchée. Cependant, les privilèges liés au rang de duchesse compensaient ce mariage malheureux, comme le tabouret.

Il a, avec sa femme, une fille unique Anne Geneviève. Charlotte Eléonore, maltraitée par un mari publiquement débauché, quitte le domicile conjugal peu après 1673 pour s'installer à Paris. Elle n'en sera définitivement libéré qu'à sa mort en 1717. En 1685 elle hérite d'une partie des biens de son oncle, Henri de la Mothe Houdancourt : la terre de Roberval (Oise) estimée à 52 800 livres, les terres de Rhuis et de Saint-Germain-lès-Verberie (Oise) estimées 40 000 livres et 2 846 livres 13 sols 4 deniers en argent, ce qui portait son tiers de succession à 95 646 livres 13 sols 4 deniers. Louis-Charles de Lévis-Ventadour devient donc seigneur de Roberval.

Louis Charles décède le  pendant la Régence de Philippe d'Orléans. Sa femme était dame de compagnie de la Duchesse d'Orléans et fut choisie par Louis XIV comme gouvernante du futur Louis XV qui l'appellait "maman".

Titres et honneurs :  Duc de VentadourPair de France, Marquis d’Annonay, Seigneur de La Voulte, Beauchastel, Tournon, Serrières et Roussillon     (portrait par Nicolas MIGNARD)

au sujet des enfants royaux...

lorsque le 26 mars 1704 Mme de Ventadour est nommée suppléante de sa mère
comme Gouvernante des Enfants de France...
raconté par l'historien Christophe Levantal

A partir de la fin du XIIème siècle, tous les enfants royaux jusqu'à la révolution furent confiés à la même famille des Lévis Ventadour -  Rohan via Catherine Eléonore, puis sa fille Anne Geneviève de Rohan Ventadour puis sa petite fille Marie Isabelle duchesse de la Baume Tallard qui appelera à son tour sa nièce Victoire-Armande-Josèphe de Rohan, Princesse de Guéménée (1743-1807), fille du Maréchal de Soubise et de la princesse de Carignan.

Portrait de Catherine Eléonore, duchesse de Ventadour (extrait portrait conservé à La Wallace collection de Londres)

A la date du 26 mars 1704, à Versailles, le marquis de Dangeau, nous informe que "Le matin, avant que d'entrer au conseil, le Roi appela madame la maréchale de Lamotte, qui vient presque tous les jours lui faire sa cour, et il lui dit : « Nous nous sommes si bien » trouvés de vous dans la charge de gouvernante des enfans de France, que vous ne pouviez pas douter que nous ne vous la continuassions avec plaisir; mais comme vous pouvez être incommodée quelquefois, j'ai cru que vous ne seriez pas fâchée que je vous donnasse , pour vous soulager dans les fatigues que donne cet emploi, madame la duchesse de Ventadour, votre fille »

A son tour âgée, la duchesse de Tallard l'aidera dans sa tâche d'élever les princesses. On sait en effet, que la maréchale de La Motte Houdancourt, née Louise de Prie, Gouvernante en titre qui avait élevé tous les petits fils de Louis XIV à la suite de la duchesse de Montausier, était devenue fort âgée (80 ans !) pour exercer une telle charge et responsabilité, c'est sa fille, la duchesse de Ventadour ( 53 ans ) qui élèvera réellement les arrières petits fils de Louis XIV, dont le futur Louis XV .

Jolie, elle s'était faite remarquer par le roi qui en fit sa maîtresse vers 1681 mais pour de très courte durée. Le roi se lassa très vite d'elle lorsqu'il se rendit compte que les lettres qu’elle lui envoie ne sont pas rédigées par elle-même. Grâce à sa mère, elle obtient en 1684 la charge de dame d’honneur de la nouvelle duchesse d’Orléans (connue sous le nom de la princesse Palatine), belle-sœur du roi. Madame Palatine l'appréciait beaucoup : « Mme de Ventadour est devenue ma dame d’honneur il y a au moins seize ans, et elle m’a quittée deux ans après la mort de Monsieur. C’était un tour que me jouait la vieille guenipe (Mme de Maintenon) pour me faire enrager, parce qu’elle savait que j’aimais cette dame ; elle est bonne et agréable mais ce n’est pas la femme la plus adroite du monde ». On la dit alors maitresse de François de Neufville, duc de Villeroy. En 1691, sa fille unique, Anne-Geneviève, épouse le 16 février, Louis-Charles de La Tour d’Auvergne, prince de Turenne, qui ne tarde pas à la laisser veuve l’année suivante. Elle se remariera en secondes noces avec Hercule-Mériadec de Rohan, prince de Soubise et de Maubuisson, gouverneur de Champagne et de Brie (fils de la fameuse Anne de Rohan-Chabot, princesse de Soubise). Ils auront un fils, prénommé Louis-François-Jules, en 1697. Anne Geneviève ne semble pas avoir beaucoup participé à la garde des enfants royaux auprès de sa mère, d'ailleurs elle vécut moins âgée et disparut avant elle en 1727.

La duchesse de Ventadour veille depuis 1704 sur les Enfants de France.

Charlotte Eléonore Magdeleine de la Mothe Houdancourt, duchesse de Ventadour, a la cinquantaine lorsqu'elle obtient en 1704 la charge fort convoitée de gouvernante de Enfants de France. Cadette des trois filles d'un pair du royaume, Philippe de la Mothe Houdancourt, duc de Cardone et maréchal illustre, elle a succédé dans cette fonction à sa mère, Louise de Prie, marquise de Toucy. En outre, sa nomination a été favorisée par son amitié avec l'épouse secrète de Louis XIV, Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon. "Madame de Maintenon, par raison de ressemblance, aimait bien mieux les repenties que celles qui n'avaient pas fait de quoi se repentir", rapporte le duc Louis de Saint Simon dans ses Mémoires. C'est qu'une même dévotion, un rien tardive après quelques écarts de jeunesse, rapproche les deux femmes. Et la Cour, dont elle est l'une des figures les plus charmantes et les plus séduisantes, s'accorde, pleine de compréhension, à trouver des excuses à la duchesse de Ventadour, qui a certes épousé un homme bien né mais a fait un mariage malheureux.

Pour son malheur, Charlotte de la Mothe Houdancourt a été mariée le 14 mars 1671 à Louis Lévis, duc de Ventadour et gouverneur du Limousin. Elle a vite été atterrée par les mœurs scandaleuses de son époux. Si bien qu'elle l'a quitté pour venir s'installer à Paris peu après la naissance en 1673 de leur fille unique, Anne de Lévis Ventadour. Les contemporains sont unanimes : le couple est fort mal assorti, et les chansonniers s'en amusent :

"Sa femme, par sa prudence,
L'a quitté depuis vingt ans,
N'a souffert que trop longtemps
Son importune présence;
Je n'en dirai pas le nom,
Elle a soin des fils de France."

"Madame de Ventadour était fort belle et fort agréable, écrit Saint Simon, son mari très laid et très contrefait (...). On se soucia peu du mari, dont la débauche et une absence continuelle à la Cour ne lui donnaient pas grande considération". Le duc de Ventadour quittera opportunément la scène en mourant en 1717. En revanche, dès son accession à la charge de dame d'honneur de Madame Palatine, duchesse d'Orléans et belle-soeur de Louis XIV, la duchesse de Ventadour est appréciée de tous. Evidemment, quelques mauvaises langues prêtent des amants à cette épouse trompée qui montre par ailleurs un net engouement pour les plaisirs de la vie mondaine. On murmure même qu'un tendre penchant l'attache depuis longtemps au duc François de Villeroy, futur gouverneur de Louis XV, qui l'a introduite auprès de madame de Maintenon.

En 1704, la duchesse de Ventadour devient la gouvernante de Louis, premier duc de Bretagne et premier fils du duc de Bourgogne (petit-fils de Louis XIV) et de Marie-Adélaïde de Savoie, grâce à l’épouse morganatique du roi, la marquise de Maintenon, avec qui elle s’est liée d’amitié (sa mère, Louise de Prie, était devenue trop âgée pour s’occuper des Enfants Royaux).  En 1705, le premier duc de Bretagne étant mort, Charlotte-Eléonore devient la gouvernante de Louis, deuxième duc de Bretagne né en 1707 et trois ans plus tard celle de Louis, duc d’Anjou, dauphin de France et futur Louis XV (1710-1774). En 1709, la duchesse de Ventadour perd sa mère, Louise de Prie, et lui succède à sa charge en tant que Gouvernante des Enfants de France. Les dernières années du règne de Louis XIV sont des années de malheur et de deuil pour la famille royales : en 1711, le Grand Dauphin, fils unique du Roi-Soleil, meurt de la variole (il n’avait que cinquante ans), en 1712, Marie-Adélaïde de Savoie, son époux, le duc de Bourgogne et dauphin de France ainsi que leur deuxième fils, le duc de Bretagne, meurent aussi de variole successivement à courte période. La duchesse de Ventadour est très affligée quand elle apprend la mort du duc de Bretagne, saigné par erreur par les médecins, malgré son jeune âge (il n’est âgé alors que de cinq ans).

Madame de ventadour et le futur louis xvLes médisances concernant sa vie privée n'empêchent pas madame de Ventadour de se montrer une gouvernante remarquable. Lors des maladies fatales qui, en février et mars 1712, emportent le dauphin Louis de Bourgogne, la dauphine et leur fils aîné, le duc de Bretagne, elle sauve la vie du dernier descendant direct de Louis XIV. Eplorée par la mort du duc de Bretagne, la duchesse de Ventadour n’entend pas à donner le dernier fils du couple delphinal, le duc d’Anjou, qui a aussi attrapé la petite vérole. Désormais, Louis XIV n'a plus pour héritier que le futur Louis XV, né le 15 février 1710. Celui-ci, est très jeune (il est âgé de deux ans) et le seul héritier direct qui reste du roi de France. La duchesse de Ventadour décide de le soigner, elle-même, allant même jusqu’à goûter sa nourriture avant qu’elle la lui donne de peur qu’on ne l’empoisonne. Cela réussit et le jeune duc d’Anjou se remet très vite de sa maladie.  A deux ans, le futur Louis XV ne se rend pas encore compte de la dette qu'il a contracté envers elle. Mais spontanément, et pour toujours, il l'appelle sa "chère maman" ou "maman Ventadour". Charlotte-Éléonore continue à élever avec soin le nouveau dauphin de France. Des liens indéfectibles vont se tisser entre l'enfant et sa gouvernante. Le régent décide du départ de la cour de Versailles, le jeune roi vivra à Vincennes et Paris accompagné de sa gouvernante. En 1715, Louis XIV meurt, le duc d’Anjou devient Louis XV roi de France. Même après la mort de Louis XIV, la duchesse de Ventadour continue à prendre soin du jeune roi et sous les conseils de Madame de Maintenon. Consciente de ses lacunes en matière d'éducation, la duchesse s'en remet aux conseils avisés de madame de Maintenon, pédagogue avertie qui n'est pas avare de conseils et qui, ​conformément aux dernières volontés de Louis XIV, mort en septembre 1715, lui dispense aide et soutien de bonne grâce, tout en restant dans l'ombre, par souci de discrétion. Ses directives concernent d'ailleurs moins l'instruction que la santé de l'enfant roi. Et, dans ce domaine, les deux amies sont d'accord : il faut ménager le jeune Louis.
Du point de vue affectif, leurs conceptions diffèrent. "Ne vous attachez pas trop à lui", recommande madame de Maintenon à la gouvernante. Mais ce souhait est irréalisable. Madame de Ventadour ne peut pas faire autrement que de donner son coeur à ce petit garçon d'une beauté et d'un charme étincelants, qui l'aime et ne veut pas se passer d'elle. En échange, elle lui offre la plus douce et la plus choyée des enfances. Chacun, dans l'entourage royal, est témoin de cet attachement exclusif. Même la très critique Madame Palatine, si elle reproche la permissivité de cette éducation, doit se rendre à l'évidence : "Le petit roi semble n'aimer personne, si ce n'est peut-être sa gouvernante, madame de Ventadour", note-t-elle dans sa correspondance. La duchesse de Ventadour et le jeune Louis XV se séparent officiellement en février 1717, lorsque le garçonnet "passe aux hommes". Mais leurs existences restent liées à jamais. Quand il s'apprête à devenir père à son tour, le Bien-Aimé ne conçoit pas de donner à ses enfants une autre gouvernante que "maman Ventadour". Par la suite, elle en aura en charge tous les 10 enfants de Louis XV et de Marie Leczinska, jusqu'au départ d'un certain nombre de filles de France pour l'abbaye de Frontevrault en 1738 et restera à la Cour jusqu’à sa mort en, 1744 auprès des filles ainées du roi : Madame Henriette et Adelaîde, élevées par sa survivancière et nièce, la duchesse de Tallard.​​ En août 1727, à la naissance des jumelles Elisabeth et Henriette, la duchesse est en effet déjà septuagénaire. Qu'à cela ne tienne! Puisque sa fille meurt cette année là, c'est sa petite-fille, Marie Isabelle Angélique Gabriele de Rohan, duchesse de Tallard, qui est chargée de la seconder en tant que "survivancière". Mais la gouvernante garde son titre et les honneurs qu'il confère. Elle sera toujours là, aux naissances comme aux cérémonies solennelles, gâtant les nombreux enfants de Marie Leszczynska et de Louis XV. Et à sa mort, à l'âge de quatre-vingts dix ans, en décembre 1744, elle laissera le roi définitivement orphelin.

La charge de Gouvernante des Enfants de France, resta dans la famille de Rohan, de tantes en nièces, depuis la maréchale de La Motte sous Louis XIV jusqu’à la princesse Victoire Armande de Guéménée sous Louis XVI qui prirent soin ainsi de plus de 25 enfants de France sur plus d'un siècle ! Cela s'acheva en 1782 dans le scandale de la banqueroute du Prince de Guéméné. À la veille de la Révolution française, Henri-Louis-Marie de Rohan-Guéméné duc de Montbazon, l'ainé de cette branche réalise une colossale faillite qui ruina bien des gens en 1782 mais qui fut épongée, en partie par le cardinal de Strasbourg Louis René Édouard de Rohan qui sera en 1785 victime de l'escroquerie de l'affaire du collier de la reine. L'historienne britannique Antonia Fraser, biographe de Marie Antoinette raconte l'affaire :"L'annonce de la banque-route aussi inattendue qu'horrifiante qui frappa une famille aristocratique à l'automne 1782 l'inquiéta particulièrement parce qu'elle touchait la gouvernante de ses enfants, la princesse de Guéméné, si heureuse l'année précédente de parader avec le dauphin nouveau-né devant les courtisans enthousiastes...

Les Rohan-Guéméné étaient très en vogue et il fut difficile au premier abord de croire leur brillant avenir en ruine. Le prince, Princesse de guemene​âgé de trente-deux ans en 1782, était le neveu de la comtesse de Marsan, l'ancienne gouvernante des enfants royaux, et il était apparenté au cardinal de Rohan. Sa femme était issue d'une autre branche de la famille, les Rohan-Soubise, dont le chef, son père, était maréchal de France et avait été un intime de Louis XV. Leur couple était très représentatif de l'époque. Lui était beau et courtois, avait été l'amant avéré de la charmante Madame Dillon, morte peu de temps auparavant de tuberculose à tout juste trente ans. Elle était, de son côté, amusante, intelligente et quelque peu excentrique: l'amour qu'elle portait aux chiens la conduisait par exemple à croire que ces animaux la mettaient en rapport avec les esprits.
Ils avaient tous deux largement bénéficié de la faveur royale. Au moment du couronnement, sept ans plus tôt, Marie-Antoinette avait elle-même négocié l'accession du prince au poste de grand chambellan. Le duc de Bouillon, son oncle maternel, qui occupait ces fonctions, aurait préféré les conserver jusqu'à sa mort et ne permettre à son neveu de lui succéder qu'alors. Mais Guéméné avait eu gain de cause et il avait reçu confirmation de son éminence lorsque la famille royale tout entière avait signé le contrat de mariage de son fils, le duc de Montbazon, ainsi que celui de sa fille Joséphine, qui, en vraie Rohan, avait épousé un cousin, le prince Charles de Rohan-Rochefort.
Quant à la princesse, il sembla un temps que la catastrophe ne lui ferait pas perdre sa place, pour la simple raison que, comme toutes les personnes titulaires de charges officielles à Versailles, la gouvernante des enfants du roi était inamovible. Elle vivait en plus séparée de son époux.  Il était cependant impensable à l'époque - comme à toutes les époques - qu'un poste de confiance et d'autorité soit occupé par quelqu'un dont la réputation avait été aussi salie, même si les rumeurs concernant son incompétence en fait d'administration étaient fausses. Dans son cas, la démission était la seule solution possible, et cette démission fut l'objet de délicates négociations. La princesse de Guéméné renonça finalement à son poste un an jour pour jour après la naissance du dauphin, moment de son plus grand triomphe. Le roi se montra aussi correct et généreux qu'il le put envers elle et envers son mari, et Marie-Antoinette fit de même en dépit des conseils de Mercy et de Vermond qui lui recommandaient d'éviter d'être mêlée à une si déplorable affaire. La reine fit en sorte que la princesse reçoive une énorme pension, et le roi acheta la propriété que les Guéméné possédaient à Montreuil pour l'offrir à Madame Elisabeth. Le prince fut lui aussi récompensé lorsqu'il quitta ses fonctions de grand chambellan, lesquelles furent rendues à son oncle, le duc de Bouillon. La famille Rohan serra les rangs et fit des efforts désespérés pour rembourser les dettes de l'un des siens, mais toute cette affaire eut des effets fâcheux qui ne manqueraient pas d'avoir des répercussions plus tard. Le cardinal avait eu une très utile alliée en la personne de la gouvernante des enfants du roi à laquelle il était apparenté à la fois par le sang et par des liens matrimoniaux ; lorsqu'elle perdit son poste, le sentiment d'exclusion qu'il ressentait s'intensifia. Les autres courtisans accueillirent quant à eux avec une joie sardonique la chute des Rohan, que leur arrogance et leurs préten-tions extravagantes concernant l'indépendance de la principauté sur laquelle ils régnaient rendaient impopulaires. Un membre de cette famille ayant, dit-on, déclaré un jour: "Seul un roi ou un Rohan peut faire une telle banqueroute", s'était entendu répondre: "J'espère que c'est le dernier acte de souveraineté de la maison de Rohan." La tache que toute l'affaire laissa sur leur nom fut longue à s'effacer. Lorsque le vieux duc de Bouillon mourut enfin, six ans plus tard, Louis XVI était encore animé de sentiments assez vifs pour refuser de confier le poste de grand chambellan au fils de Guéméné. Victoire Armande partit en exil lors dde la révolution et revint après, elle put récupérer l'Hôtel de Soubise et mourrut en 1808.

dont

Anne Geneviève

ANNE-GENEVIEVE  (février 1673 - †20 mars 1727)  fille

mariée à Hercule Mériadec de ROHAN

Anne-Geneviève est la fille unique de Louis-Charles de Lévis et Charlotte de La Motte Houdancourt. Ses parents se marient à Paris en 1671. Son père, le duc de Ventadour, est Anne genevieve de levis par nicolas de largillieregouverneur du Limousin (1647–1717). Le duc était généralement considéré comme « terrifiant », très laid, physiquement déformé et à la sexualité débauchée — cependant, les privilèges liés au rang de duchesse, comme le « tabouret », compensaient ce mariage malheureux.

Dans une lettre à sa fille, Madame de Sévigné décrit un incident qui eut lieu au château de Saint-Germain-en-Laye pendant une audience avec la Reine : « Il vint ensuite bien des duchesses, entre autres la jeune Ventadour, très belle et jolie. On fut quelque moment sans lui apporter ce divin tabouret (NB : auquel les duchesses avaient droit pour s'asseoir en présence du Roi et de la Reine). Je me tournai vers le grand maître et je dis, “ Hélas! Qu'on le lui donne. Il lui coûte assez cher ”. Il fut de mon avis. » selon une lettre de Madame de Sévigné à Madame de Grignan, en date du 1er avril 1671

Surnommée « Mademoiselle de Ventadour » avant son mariage, elle hérite de tous les biens de son père en 1717 en tant qu'enfant unique, lui succédant sur ses terres qui passent à la Maison de Rohan. En 1689, selon les Mémoires du marquis de Dangeau, Anne-Geneviève est promise à Jacques-Henri II de Durfort (1670-1697), le fils du maréchal de Duras et de Marguerite-Félice de Lévis - cette dernière tante d'Anne-Geneviève du côté paternel, ce qui faisait de Jacques-Henri son cousin. Le mariage n'eut jamais lieu en raison de l'opposition de la mère d'Anne-Geneviève et de sa grand-mère, Louise de Prie, à cette union, certainement trop proche.

Anne-Geneviève finira tout de même par épouser à Paris le 16 février 1691 Louis-Charles de La Tour d'Auvergne, prince de Turenne, fils et héritier de Godefroy Maurice de La Tour d'Auvergne et d'une des nièces du cardinal Mazarin, Marie-Anne Mancini. Étant donné que les membres de la Maison de La Tour d'Auvergne possédaient le rang de prince étranger à la Cour de Versailles, cela leur conférait le titre d'Altesse. En guise de dot, elle reçoit seigneurie de Roberval qui passa à la Maison de La Tour d'Auvergne.

Les maisons de VENTADOUR et de TURENNE se trouvaient une seconde fois réunies depuis l'an 1000. Une nouvelle lignée prestigieuse du bas Limousin pouvait fusionner la Vicomté et le Duché. Mais le sort en décida autrement...

Le couple n'eut pas le temps d'avoir enfant. Louis est appelé quelques mois plus tard à prendre part à la bataille de Steinkerque en 1692 pendant laquelle il est mortellement blessé. Veuve à l'âge de dix-neuf ans, elle se remaria le 15 février 1694 avHercule meriadec prince de soubise 1669 1749ec Hercule-Mériadec de Rohan, fils de François de Rohan, prince de Soubise, et d'Anne de Rohan-Chabot qui sera pendant un temps la maitresse de Louis XIV. En tant que princesse de la Maison de Rohan dont les membres avaient également rang de princes étrangers, Anne-Geneviève put continuer à se faire appeler Altesse. De ce second mariage naitront cinq enfants, dont trois auront une descendance. Elle perd son fils unique Jules, emporté par la petite vérole en 1724 ainsi que sa belle-fille, Anne-Julie de Melun.

(portrait par Nicolas de Largillierre en 1695)

Son petit-fils, Charles, prince de Soubise nait en 1710 et, à la mort de ses parents, il est confié à ses grands-parents, Hercule-Mériadec et Anne-Geneviève. Charles sera plus tard un ami proche de Louis XV et l'arrière-grand-père du duc d'Enghien, assassiné sur ordre de Bonaparte, par sa fille ainée Charlotte. Sa deuxième fille, Charlotte-Armande, deviendra abbesse de Jouarre en 1721 en succession de sa tante Anne-Marguerite de Rohan.

Anne Geneviève meurt à Paris, rue de Paradis dans la nuit du vendredi 20 au 21 mars 1727 à l'âge de 54 ans. Elle est enterrée le 23 mars en l'église de la Merci. Son mari, Hercule Mériadec, se remarie en 1732 à Marie-Sophie de Courcillon et meurt en 1749.

Anne Geneviève fut la dernière des LEVIS VENTADOUR de la seconde race. Mais le lignage continua sur une nouvelle race : les ROHAN - ROHAN puis enfin les BOURBON.

Descendance :

Louise-Françoise (4 janvier 1695 – 27 juillet 1755) mariée à Guy-Jules-Paul de La Porte Mazarin, petit-fils d'Armand-Charles de La Porte de La Meilleraye et d'Hortense Mancini, dont descendance. Ils sont les grands-parents de Louise d'Aumont ; en tant que tel Albert II de Monaco est un descendant d'Anne-Geneviève de Lévis Ventadour et des Ventadour ;

Charlotte-Armande (19 janvier 1696 – 2 mars 1733), abbesse de Jouarre ;

Jules-François-Louis (16 janvier 1697 – 6 mai 1724), prince de Soubise ; il épouse Anne-Julie de Melun, fille de Louis de Melun et d'Élisabeth-Thérèse de Lorraine ;

Marie-Isabelle-Gabrielle-Angélique (17 janvier 1699 – 15 janvier 1754); elle épouse Marie-Joseph d'Hostun de La Baume-Tallard, duc d'Hostun, duc de Tallard, fils de Camille d'Hostun), sans descendance. Elle est gouvernante des enfants royaux.

Louise-Gabrielle-Julie (11 août 1704 – après le 12 mars 1741) elle épouse Hercule-Mériadec de Rohan-Guéméné, avec qui elle a, entre autres, le prince de Guéméné.

Titres et honneurs : février 1673 – 16 février 1691 : Mademoiselle de Ventadour - 16 février 1691 – 4 août 1692 : Son Altesse la Princesse de Turenne - 4 août 1692 – 15 février 1694 : Son Altesse la Princesse douairière de Turenne - 15 février 1694 – 18 décembre 1714 : Son Altesse la Princesse de Maubuisson - 18 décembre 1714 – 20 mars 1727 : Son Altesse la Duchesse de Rohan-Rohan, Princesse de Soubise. (source Wikipédia)

des ROHAN aux BOURBON CONDET

Image associéeJules-François-Louis de Rohan (Paris - Paris, )

marié à Anne-Julie de Melun (1698 - 1724)

Jules-François-Louis de Rohan (Paris - Paris, ), troisième prince de Soubise est un noble français membre de la maison de Rohan. Il meurt de la variole à l'âge de 27 ans.

Fils d'Hercule-Mériadec de Rohanduc de Rohan-Rohan puis prince de Soubise et de sa femme Anne-Geneviève de Lévis, fille unique de Madame de Ventadour, il possède, en tant que membre de la maison de Rohan, le rang de prince étranger.

À l'âge de 16 ans, il épouse à Paris le  Anne-Julie de Melun. Sa femme est la fille de Louis Ier de Melunprince d'Epinoy, et d'Élisabeth-Thérèse de Lorraine, elle-même arrière-petite-fille d'Henri IV. Dame de Boubers de son propre chef, le fief et la pairie qui y étaient attachés passèrent, par elle, à la maison de Rohan, qui les conserva jusqu'en 1789. Anne Julie fut sous-gouvernante des enfants de France et travailla avec « Madame de Ventadour », grand-mère maternelle de son époux. Anne Julie et son mari étaient cousins au second degré. Jean François Louis fut nommé capitaine-lieutenant des gendarmes de la garde du roi.

De cette union naitront cinq enfants. Il ne sera jamais Duc de Ventadour. En effet, en mai 1724, lui et sa femme contractent la petite vérole. Jules est le premier à succomber à sa maladie en , suivi par sa femme le 18 mai. Ils avaient 26 et 25 ans. Leur fils aîné Charles fut élevé par ses grands parents, Hercule Mériadec de Rohan Rohan et Anne Geneviève de Lévis Ventadour. Il succéda à son père comme prince de Soubise. Lors de la disparition de son oncle, en octobre de la même année 1724, la principauté d'Épinoy fut également donnée à Charles.

Descendance :

Charles (), prince de Soubiseduc de Rohan-Rohan ; il épouse Anne-Marie-Louise de La Tour d'Auvergne(1722–1739) d'où descendance, puis la princesse Anne-Thérèse de Savoie-Carignan (1717–1745) d'où descendance, et enfin la landgrave Anna Viktoria de Hesse-Rotenburg (en) (1728–1792), sans descendance ;

François-Armand-Auguste (), cardinal de Soubise, prince de Tournon ;

Marie-Louise () épouse Gaston-Jean-Baptiste de Lorraine, comte de Marsan (en), sans descendance ;

François-Auguste (), comte de Tournon, sans descendance ;

René (), abbé de Luxeuil.

 

Charles de Rohan​ (Versailles 1715 -Paris 1787)

marié à Anne Marie Louise de La Tour d'Auvergne (1722 - 1739)

Charles de ROHAN, duc de Ventadour et de Rohan-Rohan, prince de Soubise, comte de Saint-Pol, maréchal de France, dit le maréchal de Soubise, né en1715 et mort en 1787 est un militaire et un ministre français du XVIIIème siècle.

Premières années

Le prince de Soubise naît à Versailles le 16 juillet 1715. Il est le fils de Jules de Rohan, prince de Soubise, capitaine-lieutenant des gendarmes de la garde du roi et de Anne-Julie-Charles de rohan prince of soubise duke of rohan rohan marshal of france by an unknown artistAdélaïde de Melun. Ses parents meurent à Paris de la variole en 1724, Soubise est donc orphelin à l'âge de neuf ans. Il est alors confié à son grand-père Hercule Mériadec de Rohan, duc de Rohan-Rohan, et à sa granf mère Anne Geneviève de Lévis Ventadour qui l’élèvent à la Cour où Soubise est compagnon de Louis XV, qui a cinq ans de plus.

Carrière militaire et politique

Soubise entame bientôt une fulgurante carrière : mousquetaire gris à dix-sept ans, capitaine à dix-huit ans, brigadier à vingt-cinq, maréchal de camp à vingt-huit. Aide de camp, intime de Louis XV et protégé de madame de Pompadour, il participe à la bataille de Fontenoy en 1745 et il est nommé lieutenant général en 1748, un an avant d’hériter de la seigneurie de Roberval, Rhuis et Saint-Germain.

Il reçoit « en survivance » de son grand père Hercule Mériadec de Rohan-Soubise, le titre de Gouverneur de Champagne le 6 juillet 1734 qui lui est confirmé le 1er juillet 1741 et qu'il porte jusqu'en 1751.

Très attaché à sa seigneurie de Roberval, il y entreprend de nombreux travaux d'embellissement. Dans le même temps, Louis XV le nomme gouverneur général de la Flandre et du Hainaut, gouverneur, chef et grand bailli de Lille (1751). Il s'est démis durant cette année du gouvernement de Champagne, hérité de son grand-père. En 1755, Louis XV le nomme ministre d’État, en le faisant asseoir au Conseil d'en haut.

En 1756, l’Autriche déclenche une guerre en voulant reprendre la Silésie à Frédéric II de Prusse. Le prince de Soubise est envoyé par Louis XV pour aider l’Autriche mais il se fait tout d’abord battre par la Prusse à Rossbach en 1757. Soubise s’y montre incapable de coordonner l’action de ses troupes devant la rapidité des manœuvres prussiennes ; il y perd trois mille hommes, morts et blessés, tandis que six mille autres sont faits prisonniers. L’annonce de ce lourd revers donnera lieu à de vives attaques contre la marquise de Pompadour dont Soubise était le protégé.

Ce dernier prend sa revanche en 1758 à Sondershausen et à Lutzelberg et reçoit pour ces faits d’armes le titre de maréchal de France, pair. En 1761, Soubise commande l’armée du Rhin qui compte cent dix mille hommes. Il bat Brunswick à Johannisberg en 1762, mais en est néanmoins chassé de la Hesse. La guerre de Sept Ans se termine par le traité d’Hubertsbourg, signé entre la France, l’Autriche et les princes allemands et donne la Silésie à Frédéric II. Après cette guerre, Soubise est très en faveur auprès de madame du Barry. Protégé par les favorites du roi, il bénéficie de toutes les faveurs de la cour. En 1774, à la mort de Louis XV, le nouveau roi Louis XVI confirme Soubise dans son poste de ministre d’État.

Il ordonne une inspection de son duché de VENTADOUR au triste Theillard de Brive en place depuis 1771 qui prévoit la fin programmée du château et entreprend son dépouillement. Le Maréchal revient sur certaines décisions en 1784 et renouvelle même la fonction de lieutenant général à Ventadour. Il  y maintient une activité minimum dans le duché. Le Gouverneur habite ainsi encore régulièrement le château où il dispose de servants et d'un concierge, même si sa demeure familiale est à Sarran. Très ébranlé par la banqueroute de son gendre le prince de Guéméné, puis éclaboussé lors du scandale de l'affaire du collier de la reine qui touche un autre parent, son cousin le cardinal de Rohan, le prince de Soubise se retire des affaires et doit quitter le conseil des ministres. Il vend en 1784 la terre et la seigneurie de Roberval (dans l'Oise) à Achille René Davène, seigneur de Fontaine (1745-1828) qui donnera naissance à la branche subsistante Davène de Roberval, titulaire du Château de Roberval. On notera qu'il ne vend pas ses vastes domaines du duché de Ventadour, malgré l'urgence du besoin. Il reste un Ventadour ! Ceux qui parlent d'un désintérêt complet se trompent.

Il meurt à Paris trois ans plus tard, le 1er juillet 1787, frappé d'apoplexie à l’âge de soixante et onze ans. De ses trois mariages, il eut deux filles. Madame de Guéméné et Charlotte, épouse de Louis V Joseph de Bourbon-Condé, duc d'Enghien. La branche de Rohan-Soubise s'éteint donc avec lui. Il fut aussi Grand-croix de l'ordre de Saint-Louis.

Personnalité à multiples facettes

Le prince de Soubise fut un homme de grand courage dans sa carrière militaire. Bien qu'il se révéla n'être qu'un piètre stratège, il fut brave, infatigable, exact sur la discipline. Il fut humain envers ses soldats. Il écrit par exemple en 1755 : « je crains que les troupes ne s'en ressentent » ; « ce serait grand dommage de les exposer aux maladies » ; « les troupes sont belles et pleines de bonne volonté » ; « veiller de préférence avant tout à la conservation des troupes » …

Il maniait élégamment l’euphémisme : pour décrire une fuite de son armée devant l’ennemi, il écrit « l’infanterie combattit sans empressement et céda à son inclination pour la retraite… ». Il ne fut pas toujours apprécié par les militaires, le général Dumouriez écrivait en 1791 : « le prince de Soubise est le plus riche seigneur de la France. Ce général est un fléau national, rien ne le rebute ; il a beau être déshonoré et flétri par les chansons, les brocards et les malédictions, il a une ambition constante et inaltérable. Les injures et les plaisanteries ont été poussées jusqu'à l'indécence, on en a fait un gros recueil, intitulé la Soubisade » !

Vie de famille

Soubise a mené une vie sentimentale agitée. Il se maria trois fois :

Il épouse en 1734, à dix neuf ans, Anne Marie Louise de La Tour d'Auvergne (1722-1739), une enfant de douze ans descendante également des Ventadour, avec laquelle il a une fille, Charlotte (1737-1760). Celle-ci épousera en 1753 un prince du sang, Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé.

Il perd son épouse, qui meurt en mettant au monde un garçon, cinq ans plus tard et se retrouve veuf pour la première fois à vingt-six ans.

Il se remarie brillamment deux ans après (1741) à une princesse issue d'une branche cadette de la Maison de Savoie, cousine du roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne et âgée de vingt-quatre ans, Anne-Thérèse de Savoie-Carignan (1717-1745), dont il a une fille, Victoire (1743-1807). Celle-ci sera gouvernante des enfants royaux, et épousera en 1761 un cousin Henri de Rohan, prince de Guéméné.

La seconde princesse de Soubise meurt, elle aussi en couches, à l'âge de vingt-huit ans après quatre ans de mariage.

N'ayant toujours pas d'héritier mâle, le fils issu de son premier mariage étant mort à l'âge de trois ans, le prince convole sans attendre en troisième noces (1745). Il épouse une autre princesse issue d'une maison souveraine, cette fois-ci de la Maison de Hesse, alliée aux Maisons Royales de France et de Sardaigne, Victoria de Hesse-Rotenbourg (une nièce de la duchesse de Bourbon). Ils n'eurent pas d'enfant.

Comme son époux, cette dernière a une vie amoureuse très libre. En 1757, elle est arrêtée à Tournai par ordre du roi, alors qu'elle s’enfuyait avec neuf cent mille livres de diamants et de bijoux pour aller rejoindre son amant. Soubise, excédé, la renvoie chez ses parents avec vingt-quatre mille livres de pension.

De ses deux filles, l'aînée deviendra par mariage membre de la famille royale et mourra en couches comme ses mère et belle-mère, la cadette épousera le plus proche héritier mâle de son père, un cousin Rohan, à qui elle apportera les biens et certains titres des Soubise. En effet, le prince ne laissant pas de fils, le titre de duc de Rohan-Rohan s'éteint avec lui tout comme la branche des Rohan - Rohan, celui de prince de Soubise passant à son cousin et gendre Henri de Rohan, prince de Guéméné.

Soubise ne fut pas un mari très fidèle envers ses trois épouses successives, il fut un grand séducteur de femmes et de très jeunes filles : il entretenait mademoiselle Guimard, et mademoiselle Zacharie, alors âgée de quinze ans, devint sa maîtresse alors qu'il en avait soixante-neuf.

Culture et savoir-vivre

Libertin, donc, le prince de Soubise était aussi un grand bibliophile. Il représenta fort bien l’esprit du siècle des Lumières, comme l’atteste la correspondance de Voltaire qui ne craignait pas de faire passer à Soubise des exemplaires de libellés irréligieux qui se fabriquaient à Ferney.

Mélomane, c’est Soubise qui fit installer le premier kiosque à musique de France (inventé par Lord Ranelagh en Angleterre), dans les jardins du château parisien de la Muette, dont il était gouverneur. Au temps où il était élégant d'être cuisinier, le gastronome Soubise se fit une gloire avec la sauce aux oignons dont il agrémentait ses canetons. La sauce Soubise accompagne aussi bien les œufs durs que certains rôtis de veau ou des légumes. Son hôtel parisien abrite aujourd'hui les Archives nationales, rue des Francs-Bourgeois.

Titres et honneurs : Duc de Ventadour, Prince de Maubuisson4e prince de Soubise (1724), Prince d'Épinoy (1724-1739 puis 1742-1787), Marquis de RoubaixComte de Saint-Po,  2e Duc de Rohan RohanPair de France (1717 et1749, Grade de Maréchal de France, commandement Armée duRhinMinistre d'État, Premier « Ber », Connétable héréditaire de FlandresSénéchal de Hainaut.  (sources Wikipédia et SHAV)

 

Charlotte Godefride Elisabeth de ROHAN - ROHAN (Paris 1737 - Paris 1760)

mariée à Louis Joseph de BOURBON (Paris 1736 - Chantilly 1818)

Charlotte Godefride Élisabeth de Rohan est née le 7 octobre 1737 à Paris. Elle est la fille de Charles de Rohan, prince de Soubise et Duc de Ventadour, proche de Louis XVCharlotte de rohan et, par sa mère Anne Marie Louise de La Tour d'Auvergne, descendante des ducs de Bouillon, petite-fille de Marie Anne Mancini.

Elle épouse au château de Versailles le 3 Mai 1753 Louis Joseph de Bourbon, prince de Condé qui reçoit ainsi un duché supplémentaire.

Elle lui donne trois enfants :

Elle meurt en 1760, des suites d'une longue maladie selon le duc de Luynes, à seulement vingt-deux ans. Son époux héritier du Duché se remariera près de quarante ans plus tard, avec Marie-Catherine Brignole.

Louis V Joseph de Bourbon-Condé, 8ème prince de Condé (1740), prince du sang, est né à Paris le  et mort à Chantilly le . Fils de Louis IV Henri de Bourbon-Condé (1692-1740), duc de Bourbon puis 7ème prince de Condé et de la princesse née Caroline von Hessen-Rheinfels-Rotenburg (1714-1741). Enfant, Louis-Joseph porte le titre de duc d'Enghien. À la mort de son père, en 1740, il devient Grand maître de France. Il n'a encore que 5 ans lorsque sa mère décède à son tour, un an plus tard. Il est alors confié à la garde de son oncle paternel, Louiscomte de Clermont. De quatre ans l'aîné du marquis de Sade, né lui aussi à l'hôtel de Condé (sa mère étant parente et dame d'honneur de la princesse), élevé avec lui jusqu'à l'âge de huit ans, il est le parrain de son fils Louis-Marie, baptisé dans la chapelle privée des Condé à Chantilly.

Le  il épouse donc à VersaillesCharlotte de Rohan (1737-1760), fille de Charles de Rohan, prince de Soubise, duc de Ventadour et Rohan-Rohan (1715-1787) et Louis joseph de bourbon prince of conded'Anne Marie Louise de La Tour d'Auvergne (1722-1739). Louis-Joseph n'a encore que 13 ans et sa jeune épouse est de trois ans son aînée. La marquise de La Ferté-Imbault raconte dans ses mémoires qu'elle rencontra le prince quand il avait 16 ans, et se montrait d'une timidité telle qu'il se tenait toujours à l'écart, "n'osant parler à personne". Elle le prendra sous son aile, et le prince en sera touché. Son attachement pour madame de La Ferté-Imbault s'accrut de sa reconnaissance et il cherchera toujours auprès d'elle des conseils, des secours et des consolations. La marquise le dépeindra comme "sûr, loyal, et chevaleresque dans toute la conduite de sa vie", et écrira au seuil de la veilliesse "après avoir passé ma vie à frequenter et à voir de près les autres princes, celui-là est le seul qui m'intéresse et que j'aime."

Durant la guerre de Sept Ans il sert avec une certaine distinction aux côtés de son beau-père le prince de Soubise. Il est nommé lieutenant général des armées du roi, en 1758 et remporte les rares victoires françaises à Grüningen et à Johannisberg (1762). Entre temps son épouse est décédée. Il administre ensuite la Bourgogne. En 1764, il rénove et agrandit le Palais Bourbon et quitte l'hôtel de Condé où il est né. Il fait également embellir le château de Chantilly. En 1765, il hérite de sa tante paternelle Élisabeth Alexandrine de Bourbon, et reçoit les généreuses pensions qu'Élisabeth Alexandrine avait elle-même rachetées à sa cousine Mademoiselle du Maine. En 1770, il marie son fils à Bathilde d'Orléans, fille de Louis-Philippe, duc d'Orléans et sœur de Philippe Égalité. Le mariage est censé guérir les relations entre les Condé et les Orléans, tous descendants des filles illégitimes de Louis XIV et de Madame de Montespan. Par l'ordonnance du 5 avril 1780, le roi Louis XVI recrée à son intention le grade de Colonel général de l'infanterie.

En 1787 il hérite du duché de Ventadour à la mort de son beau-père et devient ainsi le dernier Duc ventadorien sous la monarchie absolue. 

À la Révolution française, bien que passant pour libéral, il s'oppose au doublement du tiers état. Il est un des premiers à quitter la France, et émigre  aux Pays-Bas puis à Turin en juillet 1789, juste après la prise de la Bastille. Il organise une armée qui porte son nom, à Worms, sur les bords du Rhin tandis que les frères du roi établissent leur quartier général à Coblence .

Soucieux de contrôler étroitement les mouvements des émigrés, les Autrichiens et les Prussiens le tiennent à l'écart des opérations militaires en 1792 et le subordonnent à un général autrichien en 1793. Stationnée sur les bords du Rhin en 1794 et 1795, l'armée de Condé passe ensuite sous le contrôle de la Grande-Bretagne, de l'Autriche qui assurent successivement son entretien. En 1797, après le traité de Campo-Formio, l'armée de Condé passe au service du tsar de Russie. Après le traité de Lunéville, avoir fait en pure perte des prodiges de valeur à Wissembourg, à Haguenau, à Bentheim, le prince est obligé de congédier son armée et se retire en 1800 en Grande-Bretagne avec son fils. Ils logent à Wanstead, servis par des domestiques dont les gages ne sont payés qu'irrégulièrement mais continuant d'observer le cérémonial de l'Ancien Régime. Ils reçoivent de George III une pension de 675 livres pour deux. De Londres, il envoie à son petit-fils, le duc d'Enghien des instructions belliqueuses sans comprendre que les temps ont changé. Celui-ci est enlevé, condamné à mort et exécuté en 1804 sur les ordres du consul Bonaparte. En 1814, il revient en France avec Louis XVIII et retrouve, malgré son grand âge (78 ans), sa charge de Grand maître de la Maison du Roi, ce qui lui vaut d'être assidu à la cour des Tuileries, que son fils déserte. Il meurt à Chantilly en 1818, à l'âge de 81 ans. (source Wikipédia et SHAV)

 

Arms of Henri de Conde.svgLouis VI Henri Joseph de BOURBON CONDE (Paris 1756 - Saint Leu 1830)

marié à Bathilde d'ORLEANS (1750-1822)

Louis VI Henri Joseph de Bourbon-Condé était un prince de sang royal français, né le  à Paris et mort le , au château de Saint-Leu. Il fut le 9éme duc d'Enghien (1756-1772), puis duc de Bourbon (1772-1818) et enfin, à la mort de son père en 1818, le 9ème– et dernier – prince de Condé.

Fils unique de Louis V Joseph de Bourbon-Condé (1736-1818), prince de Condé et de la princesse née Charlotte de Rohan (1737-1760), Louis Henri Joseph de Bourbon épousaLouis vi henri de bourbon conde en 1770Bathilde d'Orléans (1750-1822), fille de Louis Philippe d'Orléans (1725-1785), duc d'Orléans (et donc petite-fille du Régent), et de Louise Henriette de Bourbon (1726-1759). Âgé seulement de quinze ans au moment de cette union, le prince était jugé trop jeune pour consommer le mariage. Sa femme retourna donc dans un couvent sitôt la cérémonie terminée mais il l'enleva rapidement. Ils eurent un fils Louis Antoine de Bourbon-Condé (1772-1804), duc d'Enghien, que Napoléon Bonaparte fit enlever dans le Grand-Duché de Bade par sa police secrète, puis fusiller, à la suite d'un procès expéditif, dans les fossés du château de Vincennes le . La cause de cette exécution était la préparation d'un complot royaliste, que Louis Antoine de Bourbon-Condé préparait avec Dumouriez. Cet épisode est appelé l'affaire du duc d'Enghien.

En 1779, à l'occasion d'un bal masqué, une altercation eut lieu entre la duchesse de Bourbon et le comte d'Artois, frère du Roi. Pour venger l'insulte, le duc de Bourbon se battit en duel au bois de Boulogne avec son cousin. Deux ans plus tard, en 1781, il se sépara d’avec son épouse, coupable d'avoir persiflé les Condé dans une pièce de théâtre qu'elle avait montée.

Il eut ensuite deux filles naturelles avec une chanteuse de l’Opéra, Mlle Marguerite Catherine Michelot :

En tant que Pair de France, il fut gouverneur de Franche-Comté.

Dès 1789, il émigra avec son père et son fils. Lors de la campagne de 1792, il partit aux Pays-Bas pour lever sa propre armée, avance sur Namur, mais doit se replier sans avoir combattu après la bataille de Jemmapes2. Il combattit ensuite dans l'armée de son père. En 1795, il prépara l'expédition avortée du comte d'Artois en Vendée. En 1801, il alla s'installer à Londres avec son père. En 1814, il rentra en France; durant les Cent-Jours, il chercha à organiser la résistance royaliste en Anjou avant de fuir en Espagne. Sous laSeconde Restauration, il fut nommé Grand Maître de France.

Alors qu'il vivait en émigration à Londres, où il menait grand train, en 1810 le duc avait rencontré dans une maison close de Piccadilly, Sophie Dawes, simple servante dont il avait fait sa maîtresse, et à qui il fit donner une éducation soignée.

La Restauration

À la Restauration, elle l'avait suivi en France et, après avoir envisagé de s'en séparer, il lui avait fait épouser le baron de Feuchères. En 1829, il signa un testament lui léguant 2 millions de francs ainsi que ses châteaux et propriétés de Saint-LeuTavernyEnghienMontmorency, et Mortefontaine, ainsi qu'un pavillon au Palais Bourbon, et le château d'Écouen à la condition d'en faire un orphelinat pour les enfants des soldats des armées de Condé et de Vendée, tandis que le reste de sa fortune colossale - dont le château de Chantilly et tous ses autres biens, représentant quelque 66 millions de francs - allait à son petit-neveu et filleul le duc d'Aumale, dernier fils de Louis-Philippe d'Orléans, futur roi des Français.

Les circonstances de sa mort : l'énigme de Saint-Leu

Au matin du , peu après l'avènement de la monarchie de Juillet, le prince de Condé fut retrouvé « pendu » par le cou par un double mouchoir noué par un nœud de tisserand... mais les pieds touchant le sol, à l'espagnolette de la fenêtre de sa chambre du château de Saint-Leu, qu'il avait acquis en 1816. Rien, dans la vie du prince, qui s'était couché normalement la veille, ne pouvait laisser penser à une tentation suicidaire. Aussitôt, les légitimistes firent circuler la rumeur de l'assassinat, et accusèrent Louis-Philippe et la reine Marie-Amélie d'en être les commanditaires pour permettre à leur dernier fils de capter l'immense héritage du prince. La thèse de l'assassinat affirmait sans preuve que le prince, bouleversé par les Trois Glorieuses et demeuré fidèle à la monarchie légitime, aurait décidé de révoquer son testament en faveur du jeune duc d'Aumale, de partir en exil et de léguer sa fortune au duc de Bordeaux. Averti de ces intentions, Louis-Philippe l'aurait fait étrangler par la baronne de Feuchères et le frère de celle-ci, qui auraient maquillé le crime en suicide. Face à ces accusations, les orléanistes ont cherché à démontrer que le prince s'était rallié au nouveau régime : il avait pris et fait prendre à ses gens la cocarde tricolore ; il avait envoyé 10 000 francs pour les blessés des Trois Glorieuses ; il aurait reconnu implicitement Louis-Philippe en le priant d'excuser son absence à la cérémonie d'intronisation du .

Mais si ces faits sont certains, la sincérité de ce ralliement n'est pas établie ; il semble que le vieux prince était inquiet et qu'une partie de son entourage le poussait à émigrer par précaution. La reine Marie-Amélie était d'ailleurs venue à Saint-Leu le 20 août pour le rassurer. Le confesseur du prince, l'abbé Pellier de Lacroix, déclara publiquement que le prince de Condé était « innocent de sa mort », c'est-à-dire qu'il ne s'était pas suicidé. À la suite de la parution de deux libelles en septembre 1830, Jules-Armand-Louis de Rohan demande un supplément d'enquête au tribunal qui nomme le juge d'instruction de la Huproie. Après quatre mois d'enquête, ce juge partisan des Ultras et qui instruit à charge conclut à un crime maquillé en suicide et soupçonne la baronne de Feuchères avec la complicité d'un prétendu amant gendarme d'en être l'instigatrice. La baronne étant rentrée en grâce du nouveau couple royal par l'entremise deTalleyrand, le juge est mis à la retraite d'office le , en échange de la nomination de son gendre comme juge titulaire au tribunal de la Seine. Le 21 juin, la Cour royale de Paris qui a dessaisi le tribunal de Pontoise conclut à un suicide et qu'il n'y a donc pas lieu de poursuivre.

On tient aujourd'hui pour le plus probable que le prince avait recours à la strangulation comme stimulant sexuel. La baronne de Feuchères l'aurait tenu sous sa coupe par son habileté dans cette pratique particulière. Le prince aurait succombé à une séance plus poussée qu'à l'habitude, soit accident, soit assassinat. La baronne aurait ensuite monté, avec l'aide de son frère, la mise en scène du suicide. Les milieux légitimistes, via Le Figaro, firent circuler ce bon mot : « Mme de Feuchères est une petite baronne anglaise qui ressemble fort à une espagnolette».

son épouse, Bathilde d'Orléans, une femme libre au XVIIIème siècle

Fille du duc d'Orléans et de Louise Henriette de Bourbon, Bathilde descend de Louis XIII par son grand-père et de Louis XIV par sa grand-mère. Louis-Philippe endossa la paternité malgré le doute sérieux qui pesait sur cette naissance du fait de la liberté de mœurs des deux époux.

Orpheline de mère à l'âge de neuf ans, elle n'a que son père qui, accaparé par une maîtresse jalouse, la fait élever chez les religieuses.

Le mariage malheureux

Proposée en vain par le duc de Choiseul pour épouser l'empereur Joseph II du Saint-Empirepuis, en 1770, au duc de Parme, petit-fils de Louis XV, alors âgé de vingt ans, on lui fait finalement épouser Louis-Henri de Bourbon-Condé, son cousin, âgé de quinze ans.

Louis-Henri étant jugé trop jeune pour consommer cette union, Bathilde est renvoyée dans son couvent mais, si dans un moment d'exaltation romantique, le jeune duc l'enlève, il finit par l'abandonner au bout de six mois.

Leurs rapprochements épisodiques permettent tout juste au couple de donner naissance à un fils Louis-Antoine, duc d'Enghien (1772-1804), ainsi prénommé en l'honneur du dauphin et de la dauphine ;

En 1779, au cours d'un bal, une altercation oppose la duchesse au comte d'Artois, frère du roi. Au mépris du scandale et de l'autorité du roi, les deux jeunes princes du sang se Bathilde d orleans by a member of the ecole francaisebattent en duel, ce qui n'empêcha pas l'épouse bafouée d'écrire et de faire représenter deux ans plus tard une pièce dans laquelle elle se moque ouvertement de sa belle-famille. L'adultère de son mari éclate au grand jour en 1781, le scandale est immense et retombe entièrement sur la duchesse. Le duc demande la séparation de corps.

En tant qu'épouse séparée, la duchesse de Bourbon n'est guère reçue à la Cour et doit réorganiser sa vie dans la solitude dorée duchâteau de Chantilly.

Elle donne discrètement le jour à une fille, Adelaïde-Victoire, née d'une liaison avec le chevalier Alexandre-Amable de Roquefeuil, jeune lieutenant de vaisseau, un des héros du combat de la Surveillante contre le HMS Québec, qui mourra peu de temps après, à l'âge de 28 ans, noyé en rade de Dunkerque (22 août 1785), et fait passer cette enfant pour celle de son secrétaire, afin de la garder auprès d'elle. Cette fille illégitime est l'ancêtre de l'aviateur Georges Guynemer.

La mystique de l'Élysée

En 1787, Bathilde d'Orléans achète à Louis XVI le palais de l'Élysée, où elle fait construire des hameaux, comme la reineMarie-Antoinette au Trianon.

Elle s'éloigne du christianisme pour s'adonner aux sciences occultes, au mysticisme des chiromanciennesastrologues, interprètes de songes et magnétiseurs dans son palais, tel Mesmer. Elle devient l'amie et la pupille spirituelle de Saint-Martin qu'elle rencontre à Paris, à Strasbourg et chez Frédérique Dorothée Sophia von Brandenburg-Schwedt (de), duchesse de Wurtemberg, dans sa résidence d'été au château d'Étupes. Elle peint et idolâtre son fils. Son salon est connu dans toute l'Europe pour sa liberté de pensée et les esprits brillants qu'on y rencontre.

« Citoyenne vérité »

À la Révolution, Bathilde d'Orléans se découvre animée d'une foi en la République, comme son frère, Philippe Égalité. Elle se fâche avec son mari et avec son fils, qui choisissent l'émigration. Quand les choses se gâtent pour ces aristocrates avec lesquels elle ne sent plus rien de commun, elle prend le nom de « citoyenne Vérité ». Menacée, elle offre ses biens à la République avant de se les voir confisquer. La malédiction familiale continue de la poursuivre. En avril 1793, son neveu Louis-Philippe, duc de Chartres, âgé de vingt ans, vaincu en Allemagne et risquant la guillotine, déserte et passe dans le camp autrichien. Par mesure de rétorsion, la Convention décrète l'emprisonnement à Marseille de tous les membres de la famille royale restés en France. Mal récompensée de sa fidélité à la République, elle survit un an et demi dans une cellule sinistre. En novembre de la même année, son frère est guillotiné. Miraculeusement réchappée de la Terreur, Bathilde d'Orléans est libérée après Thermidor et retourne s'installer au palais de l'Élysée. Elle se voit forcée d'en louer la majeure partie, qui devient un bal public à vingt sous l'entrée.

L'exil en Espagne

En 1797, le Directoire décide d'exiler les derniers Bourbons. On la fait monter dans un vieux carrosse où l'on entasse ses derniers biens, et on l'envoie en Espagne avec sa fille adultérine. À quarante-sept ans, durant le mois que dure ce voyage, elle noue une intrigue amoureuse avec un gendarme de vingt-sept ans chargé de la surveiller. Ils entretiendront une correspondance jusqu'à son retour en France.

Reléguée près de Barcelone, Bathilde d'Orléans fonde, malgré ses petits moyens, une pharmacie et un dispensaire à l'usage des nécessiteux, dont sa maison devient le rendez-vous, et qu'elle soigne elle-même. Elle devient alors tout à fait républicaine, ce qui ne met pas fin pour autant à son exil.

En 1804, elle apprend que Napoléon Ier, qu'elle admirait, vient de faire enlever et de fusiller son fils dans les fossés du château de Vincennes. Pendant dix ans, l'empereur refuse que sa mère remette les pieds en France. Bathilde reçoit sa revanche en 1814, quand le peuple, voyant en elle la mère du « fusillé de Vincennes », l'acclame tout au long du trajet qui la ramène à Paris.

Le retour à Paris

Louis XVIII lui permet de s'installer à l'hôtel de Matignon, bien qu'elle ait d'abord voulu se réinstaller au palais de l'Élysée. Sa famille, dans l'ordre moral qui caractérise la Restauration, voudrait la voir reprendre avec son mari une vie commune interrompue depuis quarante ans ; ce qu'elle refuse. Elle retrouve en revanche sa relation avec le gendarme de 1797, mais c'est pour le voir mourir de maladie trois ans plus tard.

En 1818 en hommage à son fils, elle fonde dans le village de Reuilly près de Paris, l'hospice d'Enghien, destiné à accueillir les vieillards pauvres notamment les anciens domestiques de la maison d'Orléans et où œuvrera sainte Catherine Labouré.

En 1822, alors qu'elle prend part à une procession en marche vers le Panthéon, Bathilde d'Orléans perd connaissance et pousse son dernier soupir sur le canapé d'un professeur de Droit de la Sorbonne.

Louis-Philippe fait brûler le manuscrit de ses mémoires, ainsi que le dossier du jeune gendarme aux archives de la Guerre, pour tenter de donner un air de respectabilité bourgeoise à celle dont la vie fut un combat entre ses aspirations et le poids de sa naissance. Elle repose à la Chapelle royale de Dreux.

 

Louis Antoine Henri de BOURBON CONDE  (Chantilly 2 août 1772 - Vincennes 21 mars 1804)

compagnon de Charlotte de Rohan-Rochefort (1767 - 1841)

Louis-Antoine-Henri de Bourbon-Condé, connu dans l'histoire comme le duc d'Enghien, né le  à Chantilly et mort le  à Vincennes, est Louis antoine de bourbon conde 1un prince du sang français. Il est le 10eme et dernier duc d'Enghien, et le dernier descendant de la Maison de Condé.

Louis-Antoine-Henri de Bourbon-Condé naît le  à Chantilly, il est le fils unique de Louis, dernier prince de Condé et Duc de Ventadour et de Louise-Marie-Thérèse-Bathilde d'Orléans. À sa naissance, il est ondoyé par Gérard Billet, curé doyen de la chapelle de Chantilly de 1733 à 1786. Après un début d'union romanesque, ses parents se séparent en 1781. Sa mère est confinée au château de Chantilly.

À l'âge de bientôt 13 ans, Louis-Antoine-Henri de Bourbon-Condé est baptisé, le , en présence de la famille royale en la Chapelle royale du Château de Versailles par Armand de Roquelaure (1721-1818), évêque de Senlis et premier aumônier du roi : son parrain est le roi Louis XVI et sa marraine est la reine Marie-Antoinette.

Dès 1789, quelques jours après la prise de la Bastille et devant les troubles révolutionnaires, le jeune duc d'Enghien, âgé de 17 ans, rejoint l'Armée des émigrés qui se forme outre-Rhin sous le commandement de son grand-père, le prince de Condé et de son père, le duc de Bourbon. Le but de cette armée est de marcher sur la France pour restaurer l'Ancien RégimeEn 1792, le duc d'Enghien prend la tête de l'auto-proclamée « Armée royale française ». Cette dernière s'engage dans la tentative d'invasion (avortée) de la France aux côtés des armées alliées autrichienne et prussienne réunies sous le commandement du duc Charles-Guillaume Ferdinand de Brunswick. Malgré l'échec, le , il reçoit des mains du comte de Provence la Croix de Saint-Louis pour son comportement valeureux dans l'armée de Condé.

Il se réfugie à Ettenheim, dans le margraviat de Bade, à quelques lieues de la frontière française.

Ses projets de mariage avec la princesse Caroline de Bade ayant été contrariés par le margrave Charles-Frédéric, il vit ouvertement avec la femme de sa vie, Charlotte de Rohan-Rochefort.

Arrestation et exécution

Napoléon Bonaparte, Premier Consul de France, le soupçonne d'être à l'origine d'un nouveau complot royaliste en compagnie de Dumouriez5, à la suite d'une perquisition chez Armand de Chateaubriand (le cousin de François-René de Chateaubriand) qui fut fusillé plus tard. Il le fait enlever dans le Grand-Duché de Bade, par une troupe de soldats menés par le général Ordener, dans la nuit du 15 au .

Le duc est presque immédiatement traduit devant un conseil de guerre présidé par Pierre-Augustin Hulin. Après un simulacre de jugement, il est condamné à mort et fusillé dans les fossés du château de Vincennes le . Son corps est jeté dans une tombe creusée à l'avance au pied du pavillon de la Reine. Cette exécution, presque sans intérêt politique, soulève des vagues d'indignation dans les cours européennes. Les royalistes accusent Bonaparte de s'être lâchement débarrassé du dernier descendant de l'illustre Maison de France. Mais beaucoup de ceux qui s'étaient émus du sort du duc d'Enghien se rallièrent à Napoléon dès que celui-ci parut solidement installé sur son nouveau trône d'« Empereur des Français ».

Plus tard, la Restauration fait du duc d'Enghien un des martyrs de la royauté. En 1816, Louis XVIII fait transporter les cendres du duc d'Enghien dans la Sainte-Chapelle de Vincennes, sous un monument d'Alexandre Lenoir. En 1832, le légitimiste Édouard d'Anglemont lui consacre une tragédie. Dans ses Mémoires d'outre-tombe (1848), Chateaubriand écrit des pages admirables sur l'exécution du duc d'Enghien, qui l'a profondément marqué. Antoine Boulay de la Meurthe (1761-1840), stigmatise cette exécution qui reste à ses yeux pour l'Empire, non seulement un « crime », mais pire une « faute ».

À l'image des généraux vendéens, son souvenir reste aujourd'hui vivace dans les milieux royalistes. Le bicentenaire de sa mort est l'occasion de colloques et de débats.

Louis Antoine aurait dû être élevé Duc de Ventadour au décès de son père. Il en fut le dernier héritier  ! illustrations: arrestation et exécution du Duc d'Enghien - colonne dans le fossé à l'emplacement

Execution du duc d enghien 1804 03 22

Colonne duc enghien 1

Execution of the duke d enghien 1

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