la Société Historique des Amis de Ventadour - 50 ans au service de Ventadorn

Actualité

Plaquette de promotion : bien que non associés au destin actuel du site malgré contrat notarié et belles paroles, non subventionnés par nos collectivités locales, les Amis de Ventadour viennent de publier et imprimer à leur frais une plaquette de promotion de la Forteresse  médiévale à destination des touristes venant dans notre duché ! Distribuées aux Offices de Tourisme des pays d'Egletons, Ussel et Tulle ainsi que celui d'Argentat, elles permettrons une information minimum à défaut d'autres sources.

Par ailleurs, nous avons publié en ligne un dépliant plus sophistiqué en 3 volets, avec plans et photos ainsi qu'explications, consacré au Duché. Il suffit de se rendre sur la page Documents, de cliquer sur le lien en dessous de l'image pour imprimer soi-même son exemplaire. Le coût d'imprimerie dépasse en effet nos minces capacités budgétaires.  

Voeux de prompt rétablissement : à notre ami Alain PONS qui nous a fait une petite frayeur après des mois de travail intense sur ses chers troubadours, dont Bernartz en premier, et sa rédaction pas tout à fait achevée de son imposant et didactique étude publiée sur ce site.  

Ventadour 1

Une histoire

La Société Historique des Amis de Ventadour existe depuis plus 50 ans. Au moment de la campagne de sauvegarde et de fouilles lancée par Robert JOUDOUX (†2016) dans les années soixante, le chanoine Léon BILLET (†1985) regroupe autour de lui un cercle des Amis de Ventadour, initiative qui réunit quelques passionnés d'études historiques. Après une activité réduite de l'amicale dans les années soixante-dix lorsqu'il rédige ses nombreux livres, il propose de la relancer sous une nouvelle impulsion en 1982 lorsque nous l'aidons à parcourir les lieux de sa prochaine monographie. Son actuel président, Denis Faugeras, est élu après le décès du chanoine et perpétue cette action avec les Amis de Ventadour, pour permettre une mise en évidence du patrimoine historique et culturel de l’ancien Duché et de sa forteresse. Plusieurs descendants du lignage de Comborn-Ventadorn-Ussel soutiennent et participent à l'action de la SHAV. 
La SHAV a une activité importante dans plusieurs directions en relation avec son objet : promouvoir Ventadour par la recherche, la publication et la défense par l’action sur le terrain du souvenir de la civilisation limousine du Moyen Age. Par exemple, un n°101 spécial de Lemouzi fut publié en commun en 1987 avec la Société Historique et Régionaliste du Bas Limousin, une série d’émissions radiophoniques fut enregistrée dans le début des années 1980 en archives sonores de son fondateur. C'est un témoignage irremplaçable de la culture historique du chanoine Billet !

La SHAV assuma depuis la publication de plusieurs livres dont deux consacrés à la forteresse et deux sur les troubadours dont, bien entendu, le premier d’entre eux Bernartz de Ventadorn.

Aujourd'hui un site internet apparaît, extrêmement complet faute d'être "scientifique" stricto sensu, mais au moins sans la prétention d'un maître Tartuffe.

Nos pages sont ouvertes aux amateurs éclairés et chercheurs, en particulier aux étudiants en Master et Doctorat d'Histoire, et une page de publication gratuite peut leur être réservée (après relecture de validation par un comité dirigé par un docteur d'Etat des Universités si l'auteur n'est pas titulaire d'un diplôme universitaire et en coordination avec un éventuel directeur de thèse, si l'auteur est étudiant en troisième cycle). Pour tout renseignement, veuillez nous contacter.

Un action indépendante

La Société Historique des Amis de Ventadour est fière et honorée de vous convier à cette visite apaisée, en dehors de tout esprit militant et partisan. Elle porte toutes les initiatives indépendantes pour la renaissance ventadorienne, en dépit des tentatives d'adversité qu'elle subit en permanence depuis trente ans. Des actes visant à la marginaliser et à l'exclure ont tenté d'effacer son action. La lecture de certains extraits de nos études non citées mais largement copiées, parfois mot pour mot, est édifiante. Des commentaires spécieux nous effacent également, soit en ignorant la réalité par le silence sur nos actions, publications ou même notre existence, soit en transformant les faits, comme chacun peut constater, par exemple, sur une célèbre encyclopédie en ligne américaine.

Un article paru le 11 mars 2018 dans le journal "La Montagne", prouve si besoin était combien nous sommes toujours ignorés et exclus. Dans cette publication, des autorités locales en charge soit de la représentation politique du secteur, soit de l'animation du site, déclarent avoit choisi de travailler avec une association "pour avoir une dimension plus historique et scientifique" et agir au nom de la nécessité "d"associer tous les gens dans leur diversité... pour que tous le monde s'y retrouve.". On aura bien compris dans ce texte que la Société Historique des Amis de Ventadour en n'étant pas celle citée, ni même contactée depuis quelques décennies, ne semble toujours pas correspondre à ces critères de dimension historique et scientifique mis en avant et recherchés et qu'elle ne fait pas partie des gens (sic) de la diversité devant être associés au nom de l'ouverture vers tout le monde... La SHAV n'existe donc pas. Nous avons l'habitude de ces aimables considérations depuis 30 ans. Simplement elles étaient jusque là mises en oeuvre en catimini, sans preuve publique, ce qui permettait de nier l'évidence et de nous assurer du contraire, même si les faits le prouvaient. Désormais c'est écrit. (voir l'article original du journal La Montagne mis en lien dans la page billet)

Ce n'est pas cela qui va nous anéantir cependant. De notre côté, nous qui ne prétendons certainement pas à l'exclusivité de l'action et à l'exclusion des autres, nous nous passerons des "comités Thoédule" et des "machins" politiques, comme disait le célèbre Général, qui veulent s'occuper de tout et n'aboutissent à rien, ainsi que les français l'ont bien compris. L'acte de donation que nous avons porté et négocié ne disait pas cela, prévoyait autre chose, mais la convention de gestion et les signatures ont visiblement été jetées aux orties de Ventadour. Le discours du Duc de Lévis Mirepoix lors de la cérémonie de remise du site posait des principes qui n'ont pas été entendus ni suivis. (Lire en dessous son manuscrit que nous gardons et sa transcription). Nous en avons pris acte depuis longtemps et compris notre position "en dehors", ce qui n'est pas forcément une bien grande perte à terme, même si cela ne nous fait guère plaisir. Nous imaginons déjà, avec la promotion de ce site, les menaces ou tentatives de rabibochage, si ce n'est les deux à la fois. Mais nous avons décidé depuis bien des années de laisser les hautes autorités compétentes entre elles... Qu'elles se le disent et se rassurent. Nous les embêterons point dans leur exclusive.

Même boutés en dehors des vestiges que nous déléguons à ceux qui s'y accrochent, notre esprit vogue vers le passé courtois pour transmettre vers l'avenir. Tant que cela nous est encore permis, cela nous satisfera...

Notre force à nos yeux, mais notre défaut aux yeux de certains, doit être certainement de n'appartenir à aucune coterie de recherche, aucun courants politiques ou associatifs militants qui tentent depuis des années de s'emparer soit du domaine des études médiévales, soit de celui des langues d'oc en général et des troubadours en particulier, à Ventadour probablement plus qu'ailleurs. Une sorte de connivence semble s'être mise en place entre quelques gens prétendant à des alliances locales,  tant il vrai que dans certains domaines, comme disait Henri Becque, "Il faut être d'un parti, d'une coterie et parfois d'un homme". (voir la page en billet)

Une action éminente

Pourtant, depuis 50 années, nous avons été pionniers dans l'étude de Ventadorn, notre fondateur Léon Billet ainsi que ses successeurs ont contribué en bien des manières à la transmission de l'esprit ventadorien. Nul ne peut le nier. Ce site en apporte la preuve.

A la suggestion de la SHAV, le plus beau geste pour la collectivité limousine fut la donation du site de Ventadour. On lit ici et là, sur Internet ou ailleurs, que ce serait un achat de la commune, ou bien une simple vente pour le franc symbolique qui auraient eu lieu à des dates généralement fausses. Parfois, le geste est (volontairement ?) ignoré et l'on saute allégrement cette étape. En vérité ce fut bien un don murement réfléchi qui eut lieu, malgré un contexte troublé et confus savament entretenu. Antoine, Duc de Lévis Mirepoix, descendant des Ventadour et propriétaire par héritage familial de l'ancienne résidence des Lévis Ventadour, Président d’honneur de la Société depuis 1986 lorsqu'il succéda à son grand-père, le légua à la commune du Moustier en 1988, après nous avoir demandé conseil entre création d'une fondation qu'il aurait présidé ou bien un leg qui fut choisi in fine. Notre société historique, représentée par son Président par ailleurs docteur en Droit, négocia très précisément l'accord avec l'avocat de la commune, Me Clarissou dont le professionnalisme et l'esprit rigoureux et équitable fut apprécié de notre part. La SHAV fut co-signataire de l'acte d'accord, après une période confuse de tentatives extérieures grossières que le légitime propriétaire du stopper.

L'acte définitif de la donation fut signé le 29 juin 1988 pardevant Me Vignal, ami de Ventadour et notaire en la ville viscomtale de Neuvic, par le Duc Antoine et M. Serre, maire de la  commune. Il fut établi et signé en présence de quatre représentants garants de l'accord, à savoir notre président, MClarissou négociateur avec la SHAV et président de l'intercommunalité Vianon Luzège, et M. Groussard, directeur de la Direction Régionale des Affaires Culturelles et M. Marguerin, conservateur des monuments historiques à l'époque. Eux et eux seulement...  

Le 8 octobre suivant eut lieu la cérémonie dans l'enceinte féodale, officialisant pour le public le noble acte de donation. Cet acte fut assorti de la convention d'administration du site prévue en ses clauses, fixant très précisément les conditions et limites de la gestion à venir de Ventadorn, afin que nul ne puisse jamais déclarer les avoir oubliées. Le Duc Antoine (et ses ayants Droit) ainsi que les Amis de Ventadour y furent particulièrement et spécialement associés et en furent co-signataires. Notre société possède l'original du texte à titre de conservation. La cérémonie officielle mise en place quatre mois plus tard fut co-organisée par la commune et la SHAV.

Duc entree 1988

Antoine, Duc de Lévis Mirepoix, sa fille Ysende, le Président de la SHAV, Denis Faugeras et M. Serre, Maire de Moustier, entrant dans la citadelle par la salle de garde - Le public lors de la remise officielle du site de Ventadour le 8 octobre 1988 pendant l'accueil de bienvenue et la rétrospective prononcée par notre Président. ©SHAV

Donation public duc

illustrations : dans la cour d'honneur, "la granda bailla", le nombreux public invité par la municipalité et notre Société Historique lors de la cérémonie. Après l'animation des pastoureaux de l'école Ventadour de Tulle, au premier plan M. le Duc, sa fille, M. Serre, le Dr Crouzette conseiller général, Me Clarissou et l'assistance lors du discours d'accueil du président de la SHAV. En dessous, l'allocution du président des Amis de Ventadour.

Donation denis copieNotre président intervint pour retracer l'histoire prestigieuse de Ventadorn, expliquer l'acte et remercier son Président d'Honneur légataire, Antoine, Duc de Lévis Mirepoix.

Celui-ci prononça alors son discours d'acte de transfert dont l'original manuscrit est publié en dessous. Cette adresse ducale pose les principes du geste et les limites fixées, l'appel à l'action après le refus de la dilapidation des pierres que certains voulurent instaurer symboliquement et un avertissement contre l'irrespect des conditions. "sachons tous œuvrer pour Ventadour sans entrer dans les querelles partisanes, particularistes, indépendantistes – nous savons tous où cela mène. Ne vous y trompez pas, ceci est de ma part une très claire mise en garde". La forme en est magnifique et la clareté des propos aisément compréhensible. Nul ne peut s'étonner que dans la veine de ses ancêtres, Antoine de Lévis Mirepoix soit devenu un auteur apprécié.

Notre Ami de Ventadour Alain Pons immortilisa l'évènement. Pour la première fois depuis plus d'un siècle, un Lévis descendant des Ventadour revenait à Ventadour et rencontrait les habitants de l'ancien duché pour transmettre et s'associer à l'avenir de la forteresse médiévale de ses ancêtres. 

Donation ducA cette occasion, une oeuvre d'art contemporaine fut présentée par la DRAC. Officiellement, la création financée par EdF portait symbole d'une élévation médiévale, une sorte de colonne haute et très étroite en acier rouge carmin. Une autre interprétation, qui sauta aux yeux d'un certain nombre d'invités, suggéra également une forme de guillotine couleur rouge sang. La préparation du bicentenaire de 1789 étant alors bien engagée, il pouvait s'agir d'un échaffaud allégorique en commémoration anticipée et d'un gout assez douteux. Plutôt que l'esprit des Lumières, la Terreur était elle glorifiée ? Cette discussion artistique et symbolique à double sens n'entacha pas, heureusement, la cérémonie. 

Donation oeuvreLa SHAV avait déjà engagé des démarches auprès du gouvernement de M. Jacques Chirac, traitant du sujet directement au téléphone avec le 1er Ministre, et obtenu les premiers crédits de réhabilitation par l'entremise du ministre Charles Pasqua. Hélas ils ne purent être affectés dans un premier temps en raison des conventions de travaux refusées par la commune de 1989 à 1991 pour des motifs propres. Plus tard, les crédits furent récupérés et augmentés. Notre société historique est clairement inscrite dans l'acte comme co-responsable et co-administratrice du site prestigieux, même si dans les évènements suivants, elle en fut promptement exclue au profit des acteurs institutionnels, ou d'autres, certainement en signe de reconnaissance et de comportement de gentilshommes... 

Depuis lors, soit trente ans quand même, nous ne cessons de procéder à diverses propositions d’actions et d’organisation de la gestion par des rapports et études remis aux autorités publiques politiques et administratives. (voir page sur les propositions). Il s'agit pour nous de continuer notre action de publication et de créateur d’impulsion pour la diffusion de la culture historique locale autour de l’ancien Duché de Ventadour en Limousin. Notre société proposa ainsi moultes suggestions de promotion culturelle et touristique restées la plupart du temps sans réponses à ce jour et diverses études novatrices.
Ainsi fut, par exemple, établie et publiée la première carte précise de la vicomté après plusieurs années de recherches...

Désormais, cette nouvelle démarche internet de publication et d'animation d'un site, fruit d'un long travail de recherche et de synthèse, entend également développer l'information numérique indispensable à notre époque.

Puisse votre lecture vous donnez envie de participer à nos actions, désir de nous accompagner comme Amic de Ventadorn...

Que ce site soit le plus complet pour vos recherches et vous apporte des réponses à votre curiosité ventadorienne !

La SHAV reste fidèle à son objectif : Auzor Ventadorn

Discours de remise par Antoine Duc de Lévis Mirepoix

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Adresse ducale du 8 septembre 1988

 

Aujourd’hui, solennellement, en tant que chef de la maison de Lévis, je donne le château de Ventadour à la municipalité de Moustier Ventadour.

 

Ventadour, entré en 1475 dans ma famille – voici donc plus de cinq siècles – par Louis de Lévis épousant Blanche de Ventadour, a été tour à tour assailli, habité, abandonné, vendu et racheté, construit et démoli ; il est pour la première fois de son histoire donné.

C’est un tournant.

C’est une symbole.

Bernard de Ventadour disait

« e que val viure ses amor »

« et que vaut la vie sans amour »

Pour donner, il faut aimer – Mais aimer  c’est aussi faire confiance, c’est surtout exiger.

Ce don manifeste une volonté – un esprit.

Dans « Citadelle », et nous sommes ici à Ventadour, c’est de Ventadour dont il s’agit, dans Citadelle Saint-Exupéry* écrivait : « la différence réside dans le don… car il faut quelqu’un pour recevoir… Je te le dis la grande erreur est d’ignorer que recevoir est bien autre chose qu’accepter. Recevoir est d’abord un don, celui de soi-même ».

Voilà ce que j’attends de vous, de vous tous, non seulement ceux qui sont ici présents mais tous les corréziens, les limousins qui êtes ce que vous êtes à travers une longue chaîne humaine d’habitants de ce pays, de cette terre, comme je suis moi-même et ma fille qui est à mes côtés et plus tard ses enfants – et de même pour mon fils – les descendants de la longue chaîne des Lévis Ventadour.

J’attends donc beaucoup de vous. Et beaucoup a déjà été fait avec les mains, avec le cœur. Cela se voit.

Ventadour attend beaucoup de vous.

Et rappelez-vous : au début du XIVème siècle la forteresse – livrée par trahison aux routiers – a été reprise par tous les chevaliers limousins coalisés. Tous ensembles.

Aujourd’hui, point n’est besoin de batailles.

Mais les chevaliers limousins c’est chacun d’entre vous, vous individus, vous corps constitués, vous la commune, les communes voisines, les associations, la municipalité, les affaires culturelles régionales, le Conseil Général, le tourisme, et tous ceux qui participent ou vont participer à la réhabilitation de Ventadour, au projet déjà mis en œuvre, « un projet-phare de la Région » comme le définissait son auteur et défenseur, M. Marguerin.

Mais rappelez-vous : être chevalier ce n’est pas, comme on l’a trop souvent dit, profiter de privilèges. C’est avant tout une responsabilité. Vous aurez donc plus de devoirs que de droits. Car maintenant, c’est bien vous qui êtes responsables de Ventadour.

Rappelez-vous encore : il ne faut pas livrer Ventadour aux Routiers – la tradition dont vous êtes les héritiers ne doit pas être trahie. C’est pourquoi je relèverai deux dangers :

Dilapider les pierres. Ventadour est un, il est par ses pierres assemblées, lesquelles isolées, en morceaux, ne sont plus que gravats.

Dilapider la signification des pierres. Ventadour représente des valeurs humaines de tolérance et d’autorité : Gilbert de Lévis, Duc de Ventadour est considéré par Henri III, Roi de France, comme exerçant une influence primordiale en Vivarais, Limousin et Languedoc. C’est pourquoi il est fait Duc de Ventadour en 1578. En 1591 ce même Gilbert préside à la Voulte les Etats du Vivarais, avec les gentilshommes qu’il avait ralliés à Henri IV. La France, notre pays s’est construit avec les hommes de Ventadour.

Soyons dignes d’eux et de leur mémoire, sachons tous éviter les pièges mortels de la politique politicienne toujours prompte à vouloir récupérer un symbole à peu de frais mais rarement prête à s’engager pour l’essentiel ni à respecter sa parole, sachons tous œuvrer pour Ventadour sans entrer dans les querelles partisanes, particularistes, indépendantistes – nous savons tous où cela mène. Ne vous y trompez pas, ceci est de ma part une très claire mise en garde.

A la veille de la célébration du bicentenaire, rappelez-vous aussi qu’en 1989 c’est le quadri-centenaire du rattachement de la Pairie à Ventadour. Erigé en duché en 1578, ce n’est que onze ans plus tard, en 1589, que la Pairie fut jointe à Ventadour.

Je vois là, pour ma part, beaucoup plus qu’une coïncidence. Je vous engage donc à célébrer également l’année prochaine ce quadri-centenaire.

Au moment où, après un long sommeil, les évocations du passé vont resurgir et la vie regagner les ruines, comme le manifeste cette œuvre d’art contemporain, je tiens en mon nom propre et au nom de tous les miens à féliciter et à remercier tous ceux qui m’ont aidé, tous ceux qui ont travaillé pour faire de ce jour un grand jour, une journée pleine d’âme. D’abord tous ceux que je ne connais pas personnellement, ensuite ceux que je connais. Enfin sans lesquels rien n’eut été possible, M. Claude Serre, Maire de Ventadour, M. Marguerin, Conservateur des Monuments Historiques et M. Denis Faugeras, Président des Amis de Ventadour. Quand je dis, rien n’eut été possible, je pense à rien de ce que vous voyez aujourd’hui mais aussi à rien de ce que vous verrez dans les trois années qui viennent, j’en suis convaincu.

Vous êtes, nous sommes tous responsables à partir d’aujourd’hui des Ventadour, Patrimoine National.

Ventadour, citadelle de l’histoire du Limousin, citadelle de l’histoire de France, poème de pierre.

« crois-tu au poème qui fut écrit pour être vendu ?

Si le poème est objet de commerce, il n’est plus poème. »

Ceci s’applique au château comme à Bernard de Ventadour.

Et encore :

« car seule est importante et peu nourrir des poèmes véritables la part de la vie qui t’engage, qui engage ta faim et ta soif, le pain de tes enfants et la justice qui te sera ou non rendue »

Cette seconde citation, issue comme la précédente de « Citadelle », nous concerne tous cette fois et très particulièrement, vous qui recevez Ventadour.

Rappelez-vous, enfin, la devise particulière des Ventadour :

« Duris dura frango »

"Fort, je renverse les forts".

Qu’elle vous anime, qu’elle nous anime ensemble pour accomplir la nouvelle mission que nous devons remplir pour Ventadour, nous, nos enfants, nos petits-enfants et leurs descendants. Animons le passé par le présent, c’est ainsi que nous engagerons l’avenir positivement.

Réjouissons-nous donc tous ensembles, que le mélancolique Bernard de Ventadour puisse redire en nous voyant :

« Ai ! tan grans enveya m’en ve

De cui qu’en veya jauzion ! »

" Ah, quelle grande envie me vient

De tous ceux que je vois joyeux."

Antoine, Duc de Lévis Mirepoix

(*nb Antoine de Saint Exupéry était issu d'une famille seigneuriale de la vicomté, proche d'Ussel)

REJOIGNEZ la SOCIETE HISTORIQUE DEVENEZ AMIS de VENTADOUR

La Société Historique des Amis de Ventadour vous attend.

Elle est ouverte à tous et s'interdit strictement toute influence politique et toute volonté de récupérer le site à sa faveur. Elle prohibe absolument les confusions électoralistes, activistes et sectaires.

Elle s'interesse uniquement à la transmission d'une passion et de ses connaissances sur le thème de la société limousine médiévale et classique antérieure au XXème siècle. La langue limousine est son autre préocupation.

Vous pouvez nous rejoindre par soutien, pour agir ou publier sur ce site.

Etudiants et chercheurs universitaires créez votre page "articles" sur ce site avec diffusion et publication numérique 

Ecrivez nous à notre adresse de contact ou expédiez un courriel et joignez votre cotisation qui est modique.

tarif de la cotisation: adolescent avec accord des parents : 5 € - 18-25 ans : 10 € - adultes : 15 €.  articles universitaires gratuits

Sceau 1

Attention : rien n'étant simple autour de Ventadour, la Société historique des Amis de Ventadour ne doit pas être confondue avec divers groupes portant des noms identiques ou proches, ce qui peut entraîner des confusions regrettables. Les amis de Ventadour ont enregistré leur société amicale sous le statut d'association il y a plus de 30 ans, aprés un fonctionnement associatif simple. Une confrérie des "chevaliers de Ventadour" a été initiée ensuite en qualité de filiale et a été mise en sommeil pour l'instant. Beaucoup plus récement, sont apparus des rassemblements reprenant les mêmes intitulés d'amis ou de chevaliers de Ventadour. Les uns constituent un groupe de personnes, notamment des propriétaires de terrains entourant le site (ravins pour l'essentiel), qui s'opposent aux défenseurs écologistes qui pronent leur vision de la gestion de l'écosystème. Les autres sont une compagnie de cavaliers agissant un temps au prieuré de Saint Angel, au château du Bazaneix et désormais à Cros en Creuse. Ni les uns ni les autres n'ont demandé l'autorisation d'utiliser nos intitulés ou leur adhésion à notre association. La SHAV n'a aucune relation avec eux et ne saurait être confondue ou engagée avec leurs démarches, actions ou prises de position. Divers autres groupes utilisent des appelations très proches mais distinctes, dont nos amis de Meyras en Ardèche auxquels nous déléguons volontiers le noms d'Amis de Ventadour de Meyras.

notre fondateur : le chanoine Léon Billet

in memoriam et honorem

Léon BIBillet 1LLET

1895 - 1985

prêtre et homme de lettres

historien de VENTADOUR

et des pays d' EGLETONS et d' USSEL

Président d'Honneur de la Société Historique

 

 

 

Léon BILLET a vu le jour  un  31 décembre en 1895 dans la commune de Moustier dans le petit hameau de Sounit. Son père était sabotier, un métier artisanal répandu à l'époque dans la région. Sa mère était lingère. Il a alors un frère, Michel, qui dirigera ensuite une  entreprise  de  transport  à Egletons  et  se  passionnera  également pour l'histoire en faisant la joie des touristes par son érudition, lors des excursions qu'il organisait . Sa sœur  Thérèse ne tardera pas à voir le jour.

Léon est enfant de l'école communale de Moustier où il se fait vite remarquer par la pertinence de son intelligence. A l'issue de cette scolarité Moustérienne, ses parents l'envoient au petit séminaire d'Ussel. Les convictions religieuses de la famille et la prédisposition naturelle de l'enfant permettent d'envisager des études supérieures dans cette institution. Tout naturellement on retrouve ensuite le jeune Léon élève au grand séminaire à Tulle sous les ordres du chanoine Gibiat. Sa vocation à la prêtrise est interrompue en 1914 avec le début de la grande guerre.

Il échappe  aux massacres du front sur lequel il se trouve jusqu'en 1916, année où il doit partir avec l'Armée d'Orient sur le front turc. Il vit les terribles épreuves de ce corps expéditionnaire abandonné entre Dardannelles et Asie Mineure face à un ennemi impitoyable. Lui qui est déjà imprégné par les aventures des chevaliers de Ventadour, sur ces mêmes terres où ils  passèrent, face au même ennemi mahométan, ne peut qu'être marqué par la permanence des destins de son peuple. Il va lier connaissance avec l'écrivain Henri BOSCO, provençal convaincu. Cette rencontre entre deux enfants des terres d'oc, maîtrisant parfaitement leurs belles langues et investis du sens de leurs racines millénaires, ne sera pas sans effets sur le jeune séminariste corrézien. Il termine son service par un retour via la Yougoslavie et la Hongrie. Il y découvre des pays profondément ruinés, en particulier la Serbie et Belgrade, ce qui le marquera profondément.

L'œuvre pastorale

Le 29 juin 1922, après avoir terminé son séminaire, il est ordonné prêtre en la cathédrale de Tulle par Mgr CASTEL. Il est nommé dans sa bonne ville d'Ussel le 22 septembre. Son esprit brillant et ses capacités doctrinales le désignent pour être nommé directeur spirituel du petit séminaire en octobre 1927. Sa mission délicate est de repérer les capacités, d'ouvrir les esprits aux canons et préceptes, de faire éclore les vocations mais en s'inscrivant dans une modernité sécularisée qui lui convient. En 1940, en pleine tourmente, il est nommé curé doyen d'Eygurande. De nombreux paroissiens s'en souviennaient encore, 55 ans après son départ. Puis c'est le retour à Ussel où il devient archiprêtre. Il va occuper un temps considérable pour sauver puis conforter l'enseignement catholique dans sa paroisse, au moment où beaucoup d'écoles libres ferment dans la région, plus par faute de volonté pastorale que par manque de candidats.

En avril 1963 arrive le temps d'une demie retraite, car nul n'imagine l'archiprêtre Billet au repos. Il se consacre à sa chère paroisse de Moustier, au cœur du domaine des Ventadour, là où tant de moines et de prieurs le précédèrent depuis des siècles, et à celle de St-Hilaire-Luc tellement typique et sereine. Il nous confia que sa seule vraie désillusion de prêtre provint là d'un comportement humain qui l'affecta beaucoup, lorsqu'un dévot pécheur se mit en tête de l'accuser d'infâmie verbale, lui le pasteur si bienveillant. En 1972 il avait été nommé chanoine, titre qui lui resta communément appliqué par ses ouailles, puis doyen du chapitre de Tulle en novembre 1973. L'âge avançant, les appels au ménagement restaient sans effet sur l'homme d'église qui se tournait de plus en plus vers les lettres. Mais jamais il ne cessa de porter grande attention à sa chère église de Moustier et à ses paroissiens, parfois assez éloignés de l'Eglise catholique mais toujours respectueux et bienveillants avec leur pasteur.

L'Historien écrivain

En érudit et fils enraciné à sa terre, il publie dès 1951 "Ussel, guide touristique et religieux", entre 1964 et 1972 une série d'études sur Ventadour (signée Noël CHASSANG) dans la revue Lemouzi, en 1966  "Ventadour, historique du château et de ses familles", en 1974 "Bernard de Ventadour, troubadour du XIIème siècle", préfacé par le Duc de LEVIS MIREPOIX, en 1978 un nouveau "Ventadour", en 1982 "Les quatre troubadours d'Ussel", sans noter les nombreux articles et  études  parus dans plusieurs bulletins de sociétés savantes dont  il faisait partie. Ainsi, il prit une part essentielle dans les campagnes de fouilles de Ventadour menées par la Société Historique et Régionaliste  du bas Limousin et son président Robert JOUDOUX, à partir de 1965. A cette époque il regroupe des amoureux du site autour de ses explications de chanoine historien et construit sans aucun effet de style et avec sa modestie humaniste les fondements des Amis de Ventadour.

L billet a ponsEn 1982 il enregistre une série de 8 émissions "à l'ombre du Cardo" consacrées à l'histoire locale et diffusées sur Radio Chardon à Egletons. A cette occasion il nous accompagna sur le site malgré son âge et un vent furieux, ainsi que dans bien des lieux de la vicomté. Nous étions admiratifs devant ses connaissances bien entendu, mais également devant son extraordinaire sens relationnel. Il connaissait tout le monde, avait ses entrées partout et il n'hésitait pas à pousser les portes jamais fermées devant lui. Nous vécûmes des scènes remarquables, le voyant pénétrer dans des salons sans s'inquiéter d'un accueil qui ne pouvait être que sympathique, comme on savait le faire dans nos régions en un autre temps. "Ah Monsieur l'archiprêtre, quel plaisir de vous voir !" disaient les hôtes devant l'homme en soutane qui rentrait dans leur foyer de façon autant naturelle qu'inattendue. Chez le paysan, qu'il soit cultivateur, bourgeois ou noble, Léon Billet était le bienvenu. Hélas la technique vidéo n'était pas assez démocratisée pour le filmer et nous ne pensâmes pas à plus enregistrer le seul son. De nombreux éléments de ces épisodes radiophoniques restent cependant inédits et nous les mettrons en ligne.

Il suscita la renaissance des Amis de Ventadour auprès d'un groupe de jeunes étudiants et adultes Egletonnais et des environs, alors que l'amicale était tombée en sommeil. Ce fut un de ses moments heureux que d'arpenter ces terres familières mais toujours pleines de questionnements avec une nouvelle génération d'élèves. Nous sentions bien que c'était pour lui une dernière fois, mais dans la joie et l'intrépidité. Il faisait oeuvre de passeur de mémoire.  Il travaillait à ce moment-là sur une "monographie de Darnetz et Soudeilles" en nous honorant de le suivre dans ses recherches et en regrettant de ne pas avoir le temps de rédiger celle d'Egletons. Léon BILLET se révèlait infatigable malgré une santé de plus en plus précaire à laquelle il ne prêtait guère attention. Il s'intéressait aux nouvelles technologies numériques et regrettait que l'informatique ne permette pas encore l'édition et la publication de manière pratique. Il nous posait des questions techniques auxquelles nous avions du mal à apporter des réponses précises, souvent par défaut de connaissances suffisantes de notre part sur les PC et Mac ! Affable et accueillant il fut toujours l'homme de contact et de culture que chacun se plaisait à saluer et à consulter. Il adorait plaisanter et faire des mots d'esprit dans lesquels il n'épargnait ni sa personne ni sa fonction. Attentif aux autres, c'était un esprit curieux et une mine de connaissances non seulement religieuses mais également régionales.  Il vivait ces moments  retiré chez ses nièces à Egletons.

Il acheva son dernier ouvrage quelques semaines avant de disparaître le 20 décembre 1985, proche de son 90ème anniversaire. Il fut enterré à l'issue d'une messe émouvante conduite par Mgr FROMENT en l'Eglise Saint Antoine d'Egletons, le 23 décembre, puis enseveli au Moustier, près de ce qui était encore la tombe des prêtres de la paroisse. En Octobre 1988, à l'occasion de la cérémonie de donation de Ventadour, le président de la SHAV fit son éloge dans son intervention de bienvenue, tant il était et demeure présent dans nos coeurs. Le Duc Antoine de LEVIS MIREPOIX et les AMIS DE VENTADOUR vinrent naturellement se recueillir sur sa sépulture en un hommage bien mérité à celui qui consacra une partie de sa vie à la connaissance de sa chère terre ventadorienne et fut notre fondateur.

Léon BILLET  avait reçu de nombreuses distinctions et décorations dont une médaille de l'Académie Française au titre de la fondation MOTTART,  un prix de la même académie sur la fondation BROQUETTE GONIN ainsi que la médaille de vermeille des Arts Sciences et Lettres.    

N.B. : nous consacrerons dans un prochain article une évocation de souvenirs inédits de nos recherches pour le dernier ouvrage de Léon BILLET à l'occasion des visites de prospection à Darnetz et Soudeilles. L'ouvrage au texte original n'a pas encore eu le bonheur d'être publié malgré notre aimable suggestion associative que nous renouvellons auprès de sa famille.  Illustration : Léon Billet, Président de la SHAV, dans l'Eglise de Darnetz, en mission d'étude en 1982 pour sa monographie de la commune avec Alain Pons et en présence du Maire M. Continsouza. © SHAV

Robert JOUDOUX : la passion pure

in memoriam

Robert JOUDOUXRésultat de recherche d'images pour "robert Joudoux"

1939 - 2016

limousin érudit

inventeur des fouilles de Ventadour

Président de la Société Historique et Régionaliste du Bas-Limousin et de la revue Lemouzi

dernier Gouverneur honoris de Ventadour nommé par Antoine Pierre Marie, Duc de Lévis Mirepoix

 

 

Robert Joudoux, né à Brive-la-Gaillarde le 15 avril 1939 et mort à Tulle le 21 juin 2016 est un historien et homme de lettres français, défenseur de la culture limousine et de la langue occitane. Il était par ailleurs le directeur de la revue Lemouzi depuis 1961. Il est issu d'une ancienne famille paysanne de la Basse-Corrèze. Son père Pierre, né à Ayen, érudit et historien, est ingénieur des Ponts et Chaussées et inspecteur des Transports de la Corrèze ; sa mère, née Yvonne Texier, est originaire de Coussac-Bonneval (Haute-Vienne). Il est enterré à Ayen.

Élève au lycée Edmond-Perrier, à Tulle, puis en lettres supérieures au lycée Louis-le-Grand, Robert Joudoux est très tôt attiré par « l'archéologie militante, l'histoire et les traditions ancestrales, l'originalité limousine, et la grandeur française ».

Il obtient sa maîtrise de lettres classiques, puis soutient brillament un doctorat d'études latines devant l'Université Bordeaux III. A partir de 1966, il enseigne ces disciplines au lycée Edmond-Perrier ainsi que l'occitan, ou plus précisément la langue limousine, et la civilisation régionale. Il se montrera toute sa carrière un professeur brillant et admiré par ses élèves, bien qu'il fut exigeant et élitiste, ce qu'il revendiquait, tout en sachant être bienveillant pour ceux qui le méritaient.

Professeur certifié de lettres classiques, docteur ès lettres et docteur d'études latines, Robert Joudoux est lauréat d'histoire de l'Académie française (1973), président de la Société Historique et Régionaliste du Bas-Limousin, membre du Conseil National des Langues et Cultures Régionales (représentant des Pays d'Oc). Très vite il est persuadé qu'il est inacceptable de laisser Ventadour dans l'état d'abandon où il est tenu à l'époque. Il contacte le Duc de Lévis Mirepoix, membre de l'académie française et obtient l'autorisation de lancer une campagne pluri-annuelle de nettoyage et de consolidation des vestiges avec une opération concommitante de fouilles. Ce chantier de sauvegarde permet de mettre à jour de nombreux éléments méconnus. Le chantier se fait par l'entremise de jeunes gens de la région, ou de plus loin, qui  vont se retrouver des années durant. Sans aide publique sinon des soutiens moraux, il ne peut compter que sur la collaboration scientifique du chanoine Léon Billet qui l'éclaire de ses connaissances. En bien des moments, des débats passionnés et argumentés les virent se compléter souvent, se contredire parfois, mais toujours avec un parfait esprit de gentilshommes. Il serait savoureux de raconter le prêtre en soutane venant sur le chantier donner son avis au professeur sur l'orientation des travaux qu'il dirigait. Cette période de découvertes a été reprise dans les publications de la revue Lemouzi de l'époque et dans sa livraison du n° spécial 101 consacré en 1987 à Ventadour, que la SHRBL et la SHAV rédigèrent de concert. La campagne de réhabilitation cessa au bout de quelques années, faute de soutiens locaux et d'argent, car les travaux étaient coûteux et devenaient très délicats. Au même moment commençaient ceux de Meyras -Ventadour en Ardèche, qui devaient conduire à la réhabilitation complète du site alors que Ventadour restait coi ! Il dirigea de nombreux autres chantiers (les Jaillants dans les Monédières, la Plate d'Eyrein, Le Boin, etc.). Ventadour a été une oeuvre importante dans sa vie et notre travail en commun fut un plaisir tant la vision de l'avenir du site était commune. 

Parallèlement à sa profession d'enseignant, Robert Joudoux ne se contenta pas de magistère et se montra très actif dans le milieu culturel et associatif. Il se livra à des recherches scientifiques en histoire antique et en poésie latine classique, une autre passion de sa jeunesse. Robert Joudoux n'était pas un faux lettré et il pouvait citer dans le texte des passages entiers des tragédies antiques, autant que converser dans une langue limousine qu'il était un des rares à maîtriser parfaitement, comme le faisait notre "amie de Ventadour" Marcelle Delpastre. 

Il dirigea dès 1961, la revue régionaliste et félibréenne trimestrielle LemouziRobert Joudoux y a publié un nombre considérable d'articles, d'études, de critiques et d'ouvrages (plus de trois cents) touchant à toutes les facettes de l'histoire et de la vie limousines : langue et littérature, archéologie, traditions, biographies et bibliographies, vie limousine et régionaliste.

Il reçut divers titres :

Le 29 mai 1982, à Nice, le Consistoire des Majoraux du Félibrige avait élu Robert Joudoux au titre de Majoral du Félibrige, en remplacement de Roger Barthe, décédé. C'est ainsi la première fois qu'un titre aussi prestigieux est décerné à un homme du pays de Brive, à un « simple pied-terreux », comme aime à se dire Robert Joudoux. Le dernier majoral corrézien avait été Amédée Muzac, poète et érudit d'Argentat, mort en 1943 ; avant lui, son maître Eusèbe Bombal (historien et conteur), le tulliste Johannès Plantadis et Joseph Roux (le chantre de la "chanson Lemousina") portèrent également la Cigale d'Or. À cette occasion, Robert Joudoux rappelait : « Mon rôle est, autant que faire se peut, de galvaniser la recherche limousine, d'inciter les autres à créer, à écrire !, de rappeler les vérités de notre enracinement ancestral et d'éviter, comme disait mon ami Pestour, que le Limousin devienne "un simple nom écrit sur une pierre!" ».

Le 6 août 1983, à Objat (Corrèze), le majoral Jean Monestier (président du "Bournat du Périgord) lui remettait la "Cigale d'Or de Majoral du Félibrige".

Ventadour.

Robert Joudoux était désespéré, scandalisé même, par la situation à Ventadour qui a prévalu avant et après la donation par nous mise en oeuvre, qu'il avait considéré comme une erreur de notre part. Il désirait une fondation libre des influences politiques et des pressions administratives, deux ingrédients qui selon lui étaient "les pires fléaux pour être inefficaces et dépenser beaucoup d'argent en pure perte". Nous avions écouté son avis et partagé nombre de ses arguments, mais il fallait sortir d'une situation bloquée et confuse, parier sur les évènements et les hommes, essayer d'être optimistes malgré tout. Cette amertune l'éloigna d'un coup de notre Société Historique bien que nous ayons tenu avec le Duc de Lévis Mirepoix, à l'associer de manière très étroite aux conditions de gestion du site dans son futur comité de pilotage. Cette disposition posée dans l'acte notarié, comme beaucoup d'autres, ne fut hélas jamais respectée ; cela l'incita à considérer que nous avions été naïvement floués par certains personnages du grenouillage local qu'il disait "trop connaître", partageant ainsi l'avis antérieur et l'expérience personnelle du chanoine Billet. Nous regrettâmes beaucoup cette coupure des relations, cette brouille hélas unilatérale. Robert Joudoux était sûr de ses opinions...

Robert Joudoux était en effet un homme de caractère trempé en un temps où beaucoup n'en n'ont pas. Il était attaché à la France éternelle, celle des provinces, des langues et de ses peuples. Il acceptait 1789 mais pas 1792. Son coeur était monarchiste. Il savait se montrer très "réactionnaire" au sens littéral, avec délectation souvent, considérant que notre civilisation était minée, surtout depuis 1968, par une démarche d'esprit égoïste et hédoniste, déconstruisant des traditions séculaires sans rien apporter sinon la remise en cause permanente de ce que nous sommes. Cette dilution, souvent gauchiste à ses yeux, revêtue localement d'activisme idéologique autour de Ventadour, un temps catharisant ce qui avait le don de le faire s'enflammer, nous amènerait au niveau national, selon lui, inéluctablement à la dissolution sociale et civilisationnelle de la nation dans la culture des autres, fut-elle de niveau archaïque, et sur place à une confiscation partisane et activiste de l'illustre forteresse. Il était fascinant de travailler avec lui ; parfois délicat de ne pas être d'accord. Robert JOUDOUX était un des ces rares personnages qui marquent un siècle dans leur terre natale. Il oeuvra beaucoup, s'attira les lâches combinaisons de quelques tartuffes et cultureux institutionnels qui le prirent souvent sous leurs perfides attaques, prisonniers de leurs propres insuffisances et médiocrité. Il apprit à rester seul avec des compagnons fidèles, contre vents et marée, cultivant pour ses nombreux lecteurs l'art de ne jamais plier quitte à paraître trop intransigeant.

Robert JOUDOUX restera l'un des très rares meilleurs Amis de Ventadour. Qu'hommage lui soit rendu par nous, au moment où certains de ses pires ennemis pleurent publiquement sa disparition "dans leurs sombres officines" comme il disait. Longue vie à la SHRBL et à Lemouzi !

Antoine de LEVIS MIREPOIX : notre Président d'Honneur

Antoine de LEVIS MIREPOIXAntoine duc de Lévis Mirepoix

Président d'honneur de la Société Historique des Amis de Ventadour depuis 1988

Duc de San Fernando Luis, Grand d’Espagne. Maréchal Héréditaire de la Foi.

Licencié ès-Lettres et Sciences Economiques. Maîtrise de Lettres Modernes anglais et espagnol. Mémoire de Linguistique appliquée. Cadre à Spot Image - laboratoires Pierre Fabre - Mercosur

Ecrivain.

Membre de la Société de Cincinnati.

Décoré du Mérite Libanais.

Elu en 2000 au 8ème fauteuil de l'Académie des Arts Floraux de Toulouse
 

Antoine Duc de Lévis Mirepoix est le chef de la maison de Lévis.

Ses ancêtres, originaires de la vallée de Chevreuse, sont les descendants du chevalier Guy de Lévis qui accompagna en 1209 Simon de Montford en pays d'albigeois à la demande du roi de France pour éliminer la menace de sécession des cathares et du comté de Toulouse. Sa branche, seule survivante, est celle des seigneurs de Léran et de Mirepoix.

Son arrière grand-père, Charles François (1849-1915), acheta Ventadour en 1895 après la ruine du château au XIXème siècle. Il avait épousé une descendante des Ventadour de la 1ère race, Catherine de Chabannes Lapalice, dont les aieux furent les Ventadour, les Ussel et les Chabanais de Charlus le Pailloux puis de Madic.

Son grand père, Antoine, Levis antoine afné en 1884, décédé en 1981 à l'âge de 96 ans, fut un historien auteur de plusieurs romans, monographies et études médiévales qui lui valurent d'être élu à l'Académie Française au siège de Charles Maurras en 1953. Il entretint une relation confiante avec Robert Joudoux qu'il autorisa à mener la campagne de sauvegarde dans les années 1962-1968 et qu'il nomma malicieusement "Gouverneur de notre place de Ventadour". Il appréciait les recherches du Chanoine Léon Billet qu'il fit doter d'un prix de l'Académie française pour ses études. Il accepta la présidence d'honneur de notre Société Historique à la demande de son premier président, le cher chanoine.

Son père, le marquis Charles Henri de Lévis naquit en 1912. Il entre à l'école navale. Il en sort à 27 ans, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, avec les épaulettes de lieutenant de vaisseau, ce qui en fait le plus jeune, à ce grade, de toute la marine française. Lors de la déclaration de guerre, il est affecté au sein de l'aéronavale, en poste ensuite à Washington, où il se marie fin 1940. Le gouvernement de Vichy, qui sait son père favorable au régime, le nomme attaché naval adjoint, mais c'est là méconnaître ses sentiments profondément antipétainistes. Sitôt désigné, il préfère démissionner de son poste et, sans attendre, gagne le Canada tout proche où il forme les pilotes de la Strategic Air Command, puis décide de rejoindre les Forces françaises libres à Londres. Rapidement remarqué par le général de Gaulle, il devient l'un des attachés du cabinet militaire du chef de la Levis charles henriRésistance française et se trouve, durant la fameuse «période du bunker», à ses côtés, pendant que la capitale britannique subit les bombardements allemands. De cette époque date une proximité avec Charles de Gaulle qui ne se démentira jamais et ne s'interrompra qu'avec le mort du futur Président de la République. Il n'est pas cependant de la trempe de ceux qu'un poste de salon satisfait et participe à plusieurs missions, à la tête de l'escadrille 6F (F comme France), qu'il a été chargé de mettre sur pied et de rendre opérationnelle. Ainsi, alors qu'il a atterri à Caen, parvient-il à redécoller à la barbe des Allemands, sans dommage, ce qui lui vaudra une citation et la Military Cross. A la Libération, il est détaché dans la région de Mirepoix pour apaiser certaines tensions, d'aucuns disant même que son père lui doit la vie sauve après avoir accepté de diriger la délégation spéciale de Mirepoix sous le régime de Vichy. Maintes fois médaillé en raison de son implication dans la résistance au nazisme, commandeur de la Légion d'honneur, il termine sa carrière comme inspecteur général de l'aviation civile puis s'oriente vers le secteur privé, dans les hélicoptères Bell et les Tanneries de France, du groupe Schneider, auquel il est apparenté par sa mère, Nicole de Chaponay. Lui qui fut le premier instructeur d'hélicoptères en France et un proche des trois premiers présidents de la Vème République a toujours regretté de ne s'être pas adonné à l'écriture, hormis l'ouvrage qu'il publia sur l'histoire de l'aviation. C'est après sa mort, survenue en 1987, seulement six ans après son père, que le château de Léran en Ariège sera vendu, rompant ainsi une chaîne dont les maillons plongeaient leurs racines sept cents ans plus tôt.

En 1980, le marquis Antoine nous aide dans nos actions, continuant le lien que son grand-père ne peut plus assumer. En 1986, devenu Duc et légitime propriétaire de Ventadour, il nous demande de dénouer les intrigues menées localement visant à vendre symboliquement des pierres de Ventadour afin de financer un achat qu'il refuse absolument. Il oblige personnellement au blocage des fonds et nous confie l'étude des solutions de relance d'une mise en valeur du site afin de permettre la transmission historique et morale du passé de l'illustre château. Il refuse également que le nom soit récupéré et galvaudé. Un très lointain lien ancestral avec le responsable de la SHAV établit un climat de confiance. Nous lui proposons après étude deux solutions alternatives : soit la création d'une fondation qu'il présiderait et à laquelle nous l'aiderions, soit la donation à la commune de Moustier sous réserve de sa co-participation au comité de pilotage et à notre association très étroite. Après bien des hésitations, notre ami Robert Joudoux étant "vent-debout" contre la donation, c'est cette dernière solution qui est cependant choisie de manière plus ou moins obligée au vue de l'ambiance locale. Entre-temps, il nous a fait l'honneur de succéder en 1986 à son grand-père à la Présidence d'honneur de la SHAV. Les accords sont finalisés entre nous-mêmes et l'avocat de la commune Me Clarissou. L'acte notarié est passé le 29 juin 1988 par devant notre "ami de Ventadour" Me Vignal de Neuvic, en notre présence et co-signature de l'acte d'administration, puis il nous charge d'organiser la cérémonie de transmission officielle. Elle a lieu le 9 octobre devant un très nombreux public et une belle fête populaire (voir article ci-dessus). Nous prononçons l'allocution de bienvenue et l'évocation historique, le Duc fait l'adresse publiée dans cette page et prononce des mots précis et fixe des objectifs clairs. Une conférence privée est donnée le soir. On sait ce qu'il advient de l'affaire depuis 30 ans...

Extrait d'une interview donnée à une revue de Lévis Saint Nom :

Vous êtes un homme aux multiples facettes, diplomate, enseignant, écrivain, éleveur, membre de l’Académie des jeux floraux de Toulouse, consultant international Mercosur …

Antoine de Lévis-Mirepoix : Il est vrai que j’ai exercé des « professions » très diverses. Je pense que chaque être humain, même s’il ne le réalise pas toujours, est multiple, complexe. En ce qui me concerne, ces activités se sont succédées  dans le temps : d’abord enseignant, puis diplomate, puis chargé de Relations Internationales. Actuellement  éleveur, membre de l’Académie des Jeux Floraux, auteur de romans. Écrivain, je le suis depuis l’adolescence, mais n’ai pu le mettre vraiment  en pratique qu’à l’âge de 58 ans.

Lévis Info : Vous partagez votre temps entre la France et l’Argentine

Antoine de Lévis-Mirepoix : L’Argentine est le pays d’origine de ma mère. J’y ai passé mes cinq premières années. J’y retrouve aujourd’hui une partie de ma famille argentine bien que je vive éloigné de la capitale dans un chalet en rondins près de la Cordillère,  en Patagonie. Je partage aussi par moments la vie des hommes qui mènent à cheval les moutons que j’élève non loin, sur la «meseta ».

En France, je réside près de Toulouse dans le Tarn. J’y mène une vie moins sauvage qu’en Patagonie… Et  je viens souvent à Notre-Dame de La Roche.

Lévis Info : Vous avez publié deux romans : Le Passeur,  aux éditions Le Rocher en 2008 et  Le Crabe et l’Aube  en 2011 chez Atlantica. Quels en sont les sujets ?

Antoine de Lévis-Mirepoix Le Passeur  conte  la trajectoire d’un homme, « passeur » dans la France occupée de 1940, qui devient passeur d’images, passeur d’idées, passeur d’âmes…

Le Crabe et l’Aube est le récit romancé d’une histoire vraie, celle des huit dernières années de la vie d’un ami très cher luttant contre un cancer. C’est à la fois une méditation sur la mort et un exemple d’espoir et de foi.

J’ai écrit deux autres romans, des nouvelles, des poèmes, des textes brefs, non publiés.

Lévis Info Est-ce le cadre sauvage de la Patagonie qui vous a incité à devenir écrivain ou avez-vous hérité cette passion des belles lettres de votre grand-père, lui aussi nommé Antoine de Lévis Mirepoix qui fut membre de l’Académie française ?

Antoine de Lévis-Mirepoix : Mon grand-père, Antoine Pierre Marie François Joseph de Lévis Mirepoix,  Duc de Lévis Mirepoix,  décédé en 1981, romancier, historien et essayiste, fut élu à l’Académie française le 29 janvier 1953.  Ce grand-père a été pour moi un «ouvreur», en ce sens qu’il a ouvert mon esprit à mille aspects de la vie, du monde des Lettres et du passé.

Sa sœur, sous le pseudonyme de Claude Silve,  écrivit plusieurs romans à succès, dont  La Cité des Lampes au début du XXe siècle.

Un de nos aïeux, le Duc de Lévis, fils du Chevalier de Lévis du Canada, fut aussi un « Immortel ». De lui ont été publiés  Souvenirs et PortraitsMaximes et Réflexions . Il fut l’inventeur de la célèbre maxime « Noblesse oblige ». Vient de paraître le recueil des lettres qu’il écrivit à sa femme Pauline pendant la Révolution française, une  étonnante chronique au jour le jour de cette époque à travers une émouvante relation d’amour entre mari et femme séparés par les événements de l’histoire.

Comme vous le voyez, la Patagonie, en dépit de son halo de mystère, n’a que peu de lien avec ma vocation d’écrivain… dont je ne sais démêler la part héritée de la part qui m’est propre.