la vicomté : de Herment à Madic

Puy de dome val de courre sancy panorama

la carte de la SHAV de la vicomté en Limousin (seigneuries d'Auvergne à venir)

Carte vicomte copie

Cette page est en cours de construction : les recherches et rédactions se poursuivent 

Ventadour n'est pas uniquement une forteresse, c'est aussi et peut-être surtout un espace géographique sur lequel va s'exercer le pouvoir du seigneur en sa qualité du suzerain. Ce pouvoir existe soit directement car il possède terres et châtellenie, soit par représentation de ses vassaux propriétaires des lieux et placés sous son autorité et qui lui doivent l'hommage ou bien, sinon, par alliance en mariant ses enfants et en créant ainsi un lien de sang et d'influence territoriale car il est plus puissant. Ce territoire va évoluer en six siècles d'une vicomté, puis en une comté et enfin en un Duché pairie sur décision du Roi. La Pairie est composée des grands officiers, vassaux directs de la couronne de France, ayant le titre de pair de France. Ils représentent les électeurs primitifs à la royauté à l'époque où la primogéniture n'est pas de règle, et assurent la dévolution de la couronne selon les lois fondamentales du royaume, ainsi que le choix de la régence en cas de minorité. La Pairie va peu à peu perdre sa fonction première pour devenir une distinction honorifique.

La première difficulté tient dans la cartographie du territoire : elle varie selon les sources, les époques et les auteurs. Disons-le de suite, il n'y a pas de relevés originaux de l'administration ventadorienne. Il serait surprenant que cela n'ai jamais existé après le XVème siècle, mais les cartes et relevés durent disparaître dans les fonds d'archives ducales. Ils furent détruits selon toute probabilité en même temps que le logis seigneurial dans l'incendie qui ravagea sa saisie par le comité de salut public d'Egletons en 1792. Delmas de la Rebière ou Combarel du Gibanel en avaient-ils copies en leurs domiciles privés en leurs qualités de Lieutenant Général et Gouverneur ? C'est probable. Les Rohan-Rohan puis les Bourbon-Condé également, dans leurs hôtels parisiens quittés précipitament en 1789, car ils avaient tous les documents concernant leurs domaines, comme leurs lignages et parentelle. Tout semble perdu. Aucune archive originale de la famille seigneuriale n'a jamais été retrouvée dans leur succession disparue en cette période révolutionnaire. Seuls sont disponibles quelques documents épars, des chroniques, des études et des monographies d'érudits transmetteurs de mémoires. Combien devons-nous à ces chanoines, juristes et médecins du XVIème au XXème siècles qui nous léguèrent leurs transcriptions, souvenirs et récits. Certes ce n'étaient pas toujours des exégèses universitaires (mais que faisaient nos savants de l'Université à ces époques ?) car elles comportent parfois des erreurs flagrantes et souvent des redites, mais elles sont irremplaçables. Que salut leur soit rendu en un temps où la même Université et les administrations de l'Etat ne supportent plus les chercheurs indépendants, fussent-ils universitaires eux aussi, et se déclarent seules habilitées et compétentes à la chose (voir l'excellent propos de Robert Joudoux en pages 25 et 26 de notre n° 101 spécial Ventadour de la revue Lemouzi). Pourtant qu'il est agréable de faire de la vulgate ! et il faut bien avouer que certains articles des facultés sont de simples rabachages ennuyeux et insipides...

La meilleure démonstration de la difficulté de la délimitation des espaces est donnée par les rares cartes modernes qui existent et qui ne se ressemblent pas toutes dans les détails. Il serait nécessaire que des cartes soient établies, époque par époque, en intégrant acquisitions et démembrements successifs, liens féodaux et familiaux, degrés de vassalité, alliances hors hommage, zones d'influences, ce qui est oeuvre considérable plus encore que fastidieuse. Encore faudrait-il détailler certains hommages majeurs ou mineurs en fonctions des partages de vassalité dus dans certains cas aux vicomtés voisines, en bas Limousin et en Auvergne où ce fut parfois systématique. Il y avait les biens propres, les biens propres mais sous hommage relevant, les co-seigneuries, les vassaux directs ou indirects, les fiefs et châtellenies alliés mais rendant hommage partagé ou principal à un autre suzerain, etc., etc. La territorialisation précise n'est pas encore née au XIIème siècle car le vicomte envisage la spatialisation de son pouvoir différemment de notre regard contemporain. Seules des ébauches de relations vassales et d'influence au delà de la châtellenie propre se mettent en place de manière assez fluctuante avec beaucoup de mitage évolutif en fonction des alliances de mariage par exemple. Cependant les grands lignages sont susceptibles et, sans se préoccuper des limites précises, ils vont renforcer la cohésion de leurs territoires pour conserver leur aire d'influence après le XIIIème siècle. Plus tard, après le XIVème siècle, la notion évolue et le limes se transforme en territoire défini, surtout lorsqu'il devient comtal et ducal. C'est cependant parfois inextricable et les contemporains aguerris avaient eux-même bien du mal pour s'y reconnaître, nombres de procès en témoignent car la chicane juridique fut considérable. La tentative la plus précise pour Ventadour est celle de la SHAV faite par Léon Billet en 1967 (carte publiée et reprise dans le n° 101 de "Lemouzi"), puis avec celle publiée par nos soins depuis 1988 dont la dernière version publiée au-dessus est de 2002 (en attendant une refonte en couleur prévue prochainement), avec une technologie cartographique rudimentaire et avec les précautions précédentes.

Vicomte dessin leon billet 1

illustration : 1ère carte publiée de la vicomté de Ventadour selon Léon Billet en 1967 - © SHAV & Lemouzi - cette carte un peu trop "modeste" pour le sud du territoire viscomtal (Monceaux, Brivezac, rive droite de la vallée de la Souvigne...) a le mérite insigne de faire figurer le territoire des possessions en Auvergne (hormis Montpensier et Herment).

Une perpétuelle évolution géographique des recherches impose d'ailleurs une remise à jour en extension. Les autres travaux sont plus généraux et concernent l'ensemble des vicomtés limousines : celle qui nous semble la plus exacte a été reprise par le Conseil Monarchique avec la participation d'universitaires limougeauds, une a été publiée en 1994 dans l'atlas historique du Limousin par Bernadette Barrière (Université de Limoges) et reste très proche, les autres variantes, qui nous semblent sur certains points un peu trop favorables à la version turennoise, ont été établies par M. Christian Rémy (Université de Limoges-CNRS). Et si elles se recoupent globalement, aucune n'est parfaitement identique, en particulier sur les domaines auvergnats jusqu'ici mal connus, la SHAV étant pionnière en cette matière... Certaines autres sont foncièrement inexactes ou fantaisistes à l'extrême. Même celles d'époque se révèlent douteuse, en particulier pour Turenne toujours très extensif, Ventadour apparaissant carrément sur certaines d'entre elles. En réalité, l'oeuvre semble impossible en raison des contingenses vues plus haut. 

Illustrations : essais cartographiques 1°Conseil en l'espérance du Roy Limoges - Paris 2014 - 2 °Cnrs /Université de Limoges C. Rémy (2a et 2b) -3° faculté de lettres de Limoges/B. Barrière

Carte vicomtes du limousin conseil dans esperance du roi

Cartes vicomtesCarte des vicomtes limousines ch remy 1

Carte limousin seigneurial xve siecle

Seigneuries et fiefs entiers et mouvants de Ventadour en pays du Limousin et d'Auvergne

"Adonc", Ventadour seul ne peut expliquer la vicomté puis la (le) comté et enfin le duché. 

La forteresse symbolise un pouvoir qui organisa et administra une très vaste région sur les limites des deux provinces de l'Auvergne et du Limousin. On ne peut se contenter d'admirer les merveilleuses ruines de Ventadour sans devoir tenter de connaître ce que fut l'ensemble de la vicomté et du duché, vaste espace chargé de monuments aux reliefs et paysages les plus variés et spectaculaires (voir page sur la géographie physique). Des Combrailles d'Auvergne à la moyenne vallée de la Dordogne, du pays de Tulle et de la rivière Corrèze au Massif des Monédières et au plateau de Millevaches jusqu'à l'Auze venant du pays de Salers, Ventadour régne bien plus que Turenne !

Les fiefs de la Claustre, de la Motte du Coudert (Cérilhac de Moustier), de Messence, du Boucheron et de Champier de Palisse, du Châtelet, des Horts, de Soudeilles, de Roussille, de Fontmartin et du Lieuteret constituent les maisons fortes les plus voisines de Ventadorn, dont la finalité de défense rapprochée et de secours rapide ne fait aucun doute. Elles sont remises aux plus fidèles ou déjà propriété des plus anciens. Les autres, plus nombreuses, sont des points d'appuis et d'aide. Ces châtellenies se répartissent d'Herment en Combrailles à Monceaux sur Dordogne et Sainte Fortunade, et de Madic en Auvergne aux sommets des Monédières.

Certaines appartiennent directement à Ebles où seront construites par ses enfants. Ils y résideront épisodiquement avec leur famille. Parmi ces places sont essentiellement les châteaux du Peyrou de Liginiac qui sera souvent habité, celui d'Ussel épisodiquement avant le XVème s., ceux de Charlus le Pailloux et Charlus Chabannais, Charlus Champagnac en Auvergne et de Davignac occupés en été. Beaucoup plus tard, ils feront aménager un hôtel particulier rue des portes Chanac à Tulle et vendront ou rachèteront des demeures.  Il y aura enfin les demeures parisiennes. Le reste des places fortes est propriété des chevaliers. Chacun d'entre eux effectue à sa proportion le même effort de construction, de renforcement du donjon, de fortification de ses murs et d'amélioration de ses granges. 

Ventadorn dispose dès l'origine d'un apanage fort étendu. Plus de 60 vassaux principaux en Limousin et de 40 en Auvergne sont répertoriés avec maison forte, par Léon Billet dans ses ouvrages. Les fiefs auvergnats furent longtemps présentés comme une aimable vue de l'esprit et le chanoine raillé pour son expansionnisme. "Ah ces chanoines et leur littérature..." ! Et pourtant : l'étude montre combien il avait raison d'attribuer aux Ventadour des possessions et des droits en Auvergne, même si tous ces droits n'étaient pas forcément entiers et rattachables in partibus à leur vicomté ou Duché et s'ils étaient en pratique ou théoriquement sous hommage rendu à des autorités suzeraines en Auvergne, comme les seigneurs de La Tour si proches parents et alliés aux Roger de Beaufort et aux Lévis, ou bien en second hommage du par un vassal..

Ces vassaux sont au XIème siècle soit des hommes libres, propriétaires enrichis qui pouvant rendre hommage ont été élevés chevaliers, soit des hommes affranchis (ce qui est plus rare) que l'Eglise d'abord, le seigneur ensuite, ont distingués en les élevant et en leur remettant des fiefs en garde (sauf pour les très jeunes chevaliers). Cette garde de 15 ou 16 ans est vite devenue héréditaire après le XIIIème siècle. Parfois certains deviennent aussi puissants et alliés plus que vassaux (par exemple les Comtes de Chabannes qui furent puissants et en cour). Ensuite des fiefs seront vendus comme Montpensier en Auvergne ou achetés comme celui de Donzenac et de Corrèze au XVIème siècle. Bien entendu les logis parisiens en forme d'Hôtels particuliers puis de Palais les accueilleront de plus en plus après le XVIème siècle.

Le chevalier vassal est "miles noster" du vicomte. Il est lié par un contrat moral et sacré à son seigneur. La commendatio qui remonte aux Mérovingiens des VIIème et VIIIème siècles est un lien de protection. La mémoire et le rite l'emportent sur l'écrit que bien peu de chevaliers peuvent manier de toute façon. Après le XIème siècle un clerc rédigera parfois un acte de narration. La création des chevaliers va se gripper et cesser après le XIIème siècle, signe d'un refermement qui sera fatal au renouvellement de la noblesse et l'une des causes lointaines mais essentielles de la révolution de 1789.

Le futur chevalier doit subir une initiation. A genoux il met ses mains dans celles de son suzerain, tel Ebles, debout. Il dit  en  limousin  ou  en  latin : " je deviens votre homme ". Ebles répond : "je vous reçois et prends à homme et vous en baise en nom de foi ". Ebles relève le chevalier et le baise sur la bouche. C'est l'osculum. Puis, la main sur une chasse des saintes reliques (ou sur des livres saints) il prête serment de fidélité, jure foi et sûreté (fidem et securitatem). L'engagement est celui de deux chrétiens entre eux, liés par leur foi commune dans le Christ. L'Eglise veillera par son magistère à la réalité de l'accord.

Le chevalier doit servir le seigneur. Le seigneur doit le protéger. Au début, le seigneur peut accueillir le chevalier dans son donjon. Il l'habille, le nourrit, l'arme, parfois lui donne sa fille ou sa nièce, signe ultime d'alliance. Mais l'obligation d'avoir une vassalité nombreuse et étendue va pousser le seigneur à doter ses chevaliers en fiefs. Geste indispensable mais délétère car il éloigne physiquement le chevalier du logis et du corps du seigneur et substitue insensiblement le sentiment d'intérêt au dévouement gratuit. C'est ce dévouement qu'exprime la "chanson de Roland" lorsque le roi sarrasin (musulman) Marsile demande à Charlemagne sa conversion au christianisme pour devenir son vassal : "serai sis un hum par amur et per feid ". L'obligation du chevalier est double : l'aide militaire (ost et chevauchée) et pécuniaire (les 4 cas : rançon en cas de perte de liberté du seigneur, frais d'armure du fils aîné, mariage de la fille aînée et départ en croisade) d'une part, le conseil de cour et de justice d'autre part. En cas d'irrespect de ses charges, Ebles peut et doit sanctionner le chevalier. Il peut agir d'instinct et l'attaquer pour le punir brutalement, il peut aussi prononcer la commise, c'est à dire lui retirer simplement son fief, c'est un désaveu de sa charge (dishonoratus). Ebles doit rappeler ces règles aux quelques chevaliers qu'il a à ses côtés et surtout à ceux, plus nombreux, qu'il doit créer pour mieux tenir son apanage. Partout des propriétaires ou des hommes d'armes sont choisis et élevés pour constituer l'armature de la vicomté. Bien des paroisses possèdent une ou deux familles qui vont accéder à la petite noblesse chevaleresque ce qui leur assurera, en général, garantie de prospérité.

Si les limites sont fluctuantes au gré des époques, des mariages ou des ventes, sans parler des répartitions de pouvoirs des suzerains sur les fiefs mouvants à des degrés divers, il est possible de définir ce que fut le territoire ventadorien.

La première constatation est celle du relief. Une étendue de territoire entre massif des Monédières et plateaux de Millevaches à l'Ouest, et vallée de la Dordogne avec des débords à l'Est sur les premières remontées vers l'Auvergne. Une altitude allant de 120m à plus de 900m, une orientation vers l'Est/Sud-Est, une structure tourmentée des reliefs, sont les éléments cardinaux.

La seconde est l'importance de la structure hydrologique du bassin de la haute vallée de la Dordogne, avec une amorce de la moyenne vallée à partir d'Argentat jusqu'à Brivezac. Une série d'affluents qui creusent des vallées et constituent autant de micro secteurs humains, organise le territoire en plusieurs bassins de vie. La vallée de la Corrèze constitue la barrière Ouest alors que celle de la Luzège marque le centre de la vicomté

Ventadour carte reliefs

carte du relief autour de Ventadour  entre bas Limousin et Auvergne

Carte relief vicomte 1

carte du relief et de situation autour de la haute moyenne vallée de Dordogne en Limousin et Auvergne - limite du bas Limousin (~Corrèze actuelle)

Dordogne poster

carte hydrologique du bassin de la haute et moyenne Dordogne avec ses  affluents

Les vallées    

La première idée dont il faut s'imprégner est que la colonne vertébrale de l'apanage n'est pas constituée par les routes (absentes ou périlleuses à l'origine) dont seuls quelques axes en méritaient d'ailleurs le nom, comme celle de Tulle à Clermont ou celles de Limoges et Treignac à Mauriac, de Mauriac à Aubusson et de Limoges à Ussel et Bort pour faire simple. La pénétration et la surveillance des territoires  résident dans les rivières. Ce sont elles les artères du pays. Elles forment les vallées dans lesquelles on peut pénétrer en suivant les cours d'eau. Cette méthode de circulation antique est la plus rationnelle, elle reprend vigueur après les temps mérovingiens en raison de l'abandon et de l'absence de sécurité des anciennes voies gallo-romaines. L'expérience cruelle des invasions normandes n'a pas été ignorée. Autour d'elles se concentrent forteresses, repaires et châtellenies chargées de contrôler et défendre les accès aux plateaux et aux cités.

Correze departement relief

La Dordogne est à cet effet la meilleure illustration du pays de Ventadour. Ce long sillon tortueux et abrupt est l'épine dorsale de la vicomté entre Auvergne et Limousin. Si l'on excepte les terres de Montpensier en Limagne et Donzenac proche de la Vézère, toutes les autres possessions et droits féodaux se structurent autour de cet axe et de ses affluents.

Le cours supérieur de la Dordogne et de ses affluents (Ramade, Clidane et Chavanon et plus bas Rhue, Sumènes, Diège, Triouzoune, Auze, Luzège, Doustre, Maronne et Souvigne) était contrôlé par une série de châtellenies et de repaires anciens dont l'essentiel est installé aussi bien en Limousin qu'en pays d'Auvergne. C'est un des caractères spécifique de la vicomté que de s'être positionnée à cheval sur deux provinces, un des rares exemples dans le Massif Central, même si Ventadorn est essentiellement limousin. Cet aspect a bien été mis en évidence par une étude de l'Université de Clermont sur laquelle nous reviendrons. Les terres ventadoriennes s'achèvent également beaucoup plus bas que l'on imagine, non pas aux portes d'Argentat mais à celles de Beaulieu, Brivezac étant de la vicomté.

L'histoire du Limousin médiéval est assez simple avec le partage rapide entre plusieurs vicomtés puissantes rendant hommage aux comtes de Poitiers ducs d'Aquitaine...

Au Xe siècle, le Limousin se divise en quelques seigneuries dont les plus importantes sont les vicomtés de Limoges, Ségur, Comborn et Turenne, Ventadorn arrivant à l'autonomue dans la seconde partie du XIème s. Elles se partagent le Bas-Limousin alors qu'une grande partie du nord de la région est dominée par le comté de la Marche. Trés vite, dès le XIIIème siècle, seules restent d'importance en bas-Limousin Turenne (mais géographiquement à cheval sur deux provinces) et Ventadour. L'évêque de Limoges est lui aussi un grand seigneur qui domine une bonne partie du cœur de l'actuelle Haute-Vienne et encore pour quelques temps autour de Tulle. D'autres petits seigneurs se battent pour le reste, c'est à dire pas grand chose. A Tulle, l'abbé du monastère puis l'évêque n'ont qu'un territoire bien étriqué. De nombreuses abbayes se créent et maillent la province.

Le Limousin passe aux mains des Plantagenêts en 1152 par le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II, futur roi d'Angleterre. Dès lors, la région est soumise à l'autorité anglaise, bien plus que l'Auvergne, laquelle participe pour une bonne part à l'essor artistique et religieux du Limousin. Ainsi, le jeune ordre de Grandmont fondé par Saint Etienne de Muret se propage dans tout le domaine des Plantagenêts depuis le royaume d'Angleterre jusqu'aux Pyrénées. D'autres ordres religieux sont créés ou s'installent en Limousin : l'abbaye d'Obazine fondée par l'ermite Etienne est affiliée à l'ordre de Cîteaux alors que près de Saint-Léonard-de-Noblat est fondé un ordre érémitique, dont le cœur est le prieuré de l'Artige. Les Ventadour fondent ou dotent plusieurs établissements en principal ou en commun : Meymac, Bonneval, Bonnaigue, Bonnesaigne, Port Dieu, Val Beynete, Saint Projet, la Valette, Moustier etc.

Avec la guerre de Cent Ans, le Limousin connaît une crise profonde qui fait entrer la région dans une période de déclin économique grave et d'incertitude politique. De nombreuses cités et d'innombrables villages sont pillés par les bandes de routiers ou les soldats des armées française et anglaise. Les hommages royaux varient et les féodaux jouent avec les influences autant qu'ils les subissent.

L'histoire médiévale de l'Auvergne est plus complexe. 

Les terres d'Auvergne

L'Auvergne relevait aussi du Duché d'Aquitaine et par vassalité de la vicomté de Montferrand à l'origine, mais à partir ​du début du XIIIème siècle elle se trouve morcelée en quatre entités politiques aux statuts inégaux, suite à l'usurpation du comté. La dynastie des comtes d'Auvergne connaît une crise majeure lorsque Robert III, qui a pris part à la deuxième croisade, accompagné de son fils et légitime héritier Guillaume, meurt en Terre Sainte en 1147. À son retour en Auvergne, quelques années plus tard, Guillaume, surnommé « le Jeune », se trouve dépossédé par son oncle Guillaume « l'Ancien », frère de Robert III, à qui ce dernier avait confié ses biens et prérogatives pendant son absence. Il s'agit en réalité d'un épisode de l'affrontement entre capétiens et Plantagenets. Le roi d'Angleterre Henri II épouse en effet Aliénor, héritière du duché d'Aquitaine, en 1152. Il devient donc duc d'Aquitaine et, par conséquent, suzerain direct des comtes d'Auvergne. Le différend dure de nombreuses années, et Guillaume le Jeune, se considérant lésé, adresse sa plainte à son suzerain direct Henri II d'Angleterre. Guillaume l'Ancien choisit quant à lui de se réfugier auprès du roi de France Louis VII. Il provoque un détachement de l'Aquitaine et une difficulté pour les Ventadour concernant leurs possessions en Auvergne.

Le conflit aboutit, dans des circonstances mal connues, à un partage des terres du comté :

- la plus grande partie revient à Guillaume l'Ancien (ou Guillaume VIII) et à sa descendance, qui porte le titre comtal. Ces terres conservent le nom de comté d'Auvergne ;

- Guillaume le Jeune (ou Guillaume VII) conserve d'abord Montferrand, la capitale comtale, ainsi que Rochefort-Montagne, Pontgibaud, Herment, Saint-Germain-Lembron, Champeix, quelques terres en Limagne et Vodable qui devint sa résidence. Ayant conservé le Velay, il est aussi comte du Puy. Guillaume VII et ses descendants, qui se donnent d'abord le titre de comtes de Clermont, prendront à partir des années 1290 le titre de « dauphins d'Auvergne ». Leurs terres prennent pour nom "dauphiné d'Auvergne".

Après une campagne victorieuse contre Henri II d'Angleterre, en 1188, Philippe-Auguste, qui a succédé à Louis VII, s'approprie directement le comté d'Auvergne. Les guerres se poursuivant entre les rois de France et d'Angleterre, Richard Cœur de Lion ayant succédé à Henri II, les seigneurs auvergnats se voient contraints de prendre position. Le comte d'Auvergne Guy II, petit-fils de Guillaume VIII l'Ancien, se range derrière Richard Cœur de Lion, tandis que l'évêque de Clermont, Robert, frère de Gui II, prend parti pour Philippe-Auguste.

La réaction de ce dernier ne se fait pas attendre. Il envoie une armée en Auvergne en 1212, qui dépouille Guy II de presque tout son comté, à la suite du siège du château de Siege de clermont par les troupes francaises louis vi le gros recoit l hommage de l eveque aimericTournoël, ne lui laissant que la région autour de Vic-le-Comte. Les territoires confisqués, qui représentent la plus grande partie de l'Auvergne, sont annexés au domaine royal et nommés « Terre d'Auvergne ».

Ainsi, à partir du début du XIIIéme siècle, l'ancien comté d'Auvergne se trouve morcelé en quatre entités politiques aux statuts inégaux :

- Le comté d'Auvergne centrée sur Vic-le-Comte, qui représente désormais à elle seule, et jusqu'au XVIIème siècle, le comté d'Auvergne. Guy II, du lignage usurpateur, et ses successeurs conserveront des liens avec les rois d'Angleterre, dont ils recevront quelques subsides. Ils ne consentiront jamais à aucun traité avec les rois de France susceptible d'admettre leur dépossession.

- Le Dauphiné d'Auvergne : région située à l'ouest d'une ligne Clermont-Issoire, qui comprend cependant à l'origine la capitale comtale Montferrand (la ville sera perdue en 1224). Robert-Dauphin, qui succède à Guillaume VII le Jeune, comte légitime, s'installe à Vodable, où il entretient une riche cour. Mécène, amateur des arts et des lettres, il est lui-même poète  (troubadour). Ses œuvres personnelles et celles de ses protégés contribuent largement à la renommée de la poésie médiévale auvergnate en langue d'oc. Il épousa Guillemette de Comborn, comtesse de Montferrand, morte le 2 mai 1199. Elle était la fille d'Archambaud, vicomte de Comborn et de Jourdaine de Périgord. Les Ventadour ne durent pas se priver de tenter un rapprochement avec ce proche seigneur désormais allié à leur famille.

- La seigneurie épiscopale de Clermont : propriété de l'évêque de Clermont, comprenant surtout la ville de Clermont elle-même, ainsi qu'un grand nombre de petits fiefs laïcs ou ecclésiastiques disséminés relevant de l'évêque. Elle s'agrandit, après la confiscation des terres du comte, de possessions situées à l'est de Clermont, dont les villes de Billom et Lezoux, offertes par Philippe-Auguste.

- La Terre d'Auvergne, qui devient en 1360 le duché d'Auvergne : terres confisquées par le roi, qui comprennent la majeure partie de la Haute-Auvergne et une large part de la Basse-Auvergne. Elle est administrée par un bailli royal. Territoire très vaste, elle est découpée administrativement avec la création, en Haute-Auvergne, vers 1260, du bailliage ducal des Montagnes, qui précède le découpage du diocèse, en 1317, avec la création du diocèse de Saint-Flour. Le roi Louis VIII la donne en apanage à son fils Alphonse de Poitiers, qui gouverne ses domaines de loin. Ce dernier n'ayant pas d'enfant, la Terre d'Auvergne revient à la couronne en 1271. Elle est remise en apanage à Jean de Berry, et érigée en duché, en 1360, avant d'être transmise par mariage aux ducs de Bourbon. Le duché d'Auvergne a pour capitale la ville de Riom

- À ces quatre divisions politiques, issues des vicissitudes de la dynastie comtale, il convient d'ajouter une cinquième région qui faisait partie de l'Auvergne, mais qui était toujours restée indépendante de l'ancien comté : le Carladès, vicomté dont le territoire comprend la plus grande partie de celui de l'abbaye d'Aurillac dont il mouvait.

Le XIVème siècle, époque sinistre et mouvementée, marque une rupture dans l'histoire de l'Auvergne, et la réunion de la Haute et de la Basse Auvergne. Le comte Jean II d'Auvergne se voit confisquer sa terre par le roi Jean II qui la donne à son fils Jean (1340-1416) duc de Berry, marié en 1360 à Jeanne d'Armagnac. Il rachète en 1392 le Carladès qui se trouve pour la première fois réuni dans les mêmes mains que le comté d'Auvergne.

L'Auvergne est surtout durement touchée par le long conflit franco-anglais et ses conséquences. Le pays passe d'une ère de vitalité et de prospérité à une époque de désolation.

Dans une telle situation, les relations entre seigneuries de part et d'autre de la Dordogne vont avoir tendance à se distendre. Seul Ventadour conserve un lien entre les deux rives, quasiment seul exemple du genre démontré dans une étude de l'Université de Clermont (Auvergne et Limousin au Moyen Âge : analyse historique d'une « relation de basse intensité » article de  -   Année 2006  37  pp. 103-116). Citons quelques lignes qui montrent le lien Limousin Auvergne par Ventadour, lien qui existait depuis non seulement le haut moyen âge mais  bien avant :

"...Depuis l'Antiquité, la cité des Arvernes et celle des Lémovices participent du même ensemble provincial, celui de l'Aquitaine, puis de l'Aquitaine première, du même royaume subordonné d'Aquitaine (778), et, sur le plan de l'organisation ecclésiastique, de la province de Bourges. La présence du duc aquitain - très présent à Limoges, la ville de son couronnement - est encore patente en Auvergne, quoique peu à peu affaiblie avec la fondation ducale, en pleine Limagne, du chapitre d'Ennezat vers 1 070 et l'inhumation de Guillaume X à Brioude en 1137 ; elle connaît une reviviscence très nette avec le mariage d'Aliénor, fille de Guillaume X, et d'Henri Plantegenêt (1152). Henri tient cour solennelle à Montferrand en 1073 et, face aux ambitions capétiennes, obtient de la part des nobles auvergnats la reconnaissance de leur dépendance féodale envers lui : Limousin et Auvergne, tous deux participant de la culture d'oc, comme le montrent les échanges littéraires entre leurs trobadors, appartiennent encore, en la seconde moitié du XIIe siècle, à la même entité politique supérieure."

Cependant tout va changer avec l'irruption du conflit dynastique au début du XIIIème siècle.

"Une campagne militaire victorieuse de Philippe Auguste en Berry, Auvergne et Velay, les traités d'Azay et de Gisors (1189), la commise générale des fiefs de Jean sans Terre (1202), la mainmise philippienne sur l'Auvergne (1211-1212), la victoire capétienne de La Roche-aux-Moines (2 juillet 1214) et le ralliement du Limousin à Louis VIII en 1224 bouleversent la situation en quelques décennies. L'Auvergne est désormais solidement arrimée au domaine royal, tandis que le statut du Limousin, que le traité de Paris (1259) rend au Plantegenêt Henri III, reste incertain. Le Plantegenêt reçoit, en hommage-lige envers le Capétien, les fiefs et domaines que ce dernier détenait dans les trois diocèses de Limoges, Cahors et Périgueux. Mais le roi de France préserve les privilèges des vassaux directs de sa couronne (ainsi le vicomte de Limoges) et des villes (ainsi Brive). Le Capétien conserve de plus toute souveraineté sur la Marche, intégrée au domaine royal en 1308. La cohérence de l'Aquitaine première semble définitivement brisée. Une frontière se crée, sur la limite des diocèses de Limoges et de Clermont, qu'un siècle plus tard les débuts de la guerre de Cent Ans et le traité de Brétigny (qui abandonne au roi anglais Quercy, Limousin et Marche - Tulle et Limoges repassent sous souveraineté française de fait dès 1370) rendront plus sensible encore, non seulement parce que chacun des deux territoires devient pour une dizaine d'années base de départ pour des expéditions militaires contre l'autre (on peut signaler en outre, à la suite de Josiane Teyssot -op. cit., p. 94, n. 12-, l'envoi d'un espion par les consuls montferrandais dans la région d'Egletons pour recueillir des nouvelles des Anglais), mais plus profondément parce que, sous le poids financier de la guerre, les nouvelles formes de dialogue entre gouvernants et gouvernés (États du « pays d'Auvergne » versus États de « Bas-Limousin ») favorisent la prise de conscience des identités provinciales.  Les États du pays d'Auvergne se réunissent peut-être dès 1337, à coup sûr à partir de 1348; la première réunion des États de Bas-Limousin a lieu en 1370 à Tulle". 

Dans ce schéma de séparation d'une entité politique et territoriale soumise aux influences extérieures de souverains introduisant une organisation différenciée, un lien subsiste et c'est Ventadour qui le maintient :

"Plus significatives sont, en Bas-Limousin, les alliances des lignages vicomtaux limousins de Turenne et, surtout, de Ventadour : si les liens avec les Turenne se révèlent tardifs et épisodiques, les Ventadour sont indubitablement À la fin de 1346, Tulle tombe aux mains des Anglais, qui échouent devant Uzerche en 1352 et devant Beaulieu-s/Dordogne en 1355, tandis que Brive, se fortifiant, devient « la Gaillarde ».  par l'Auvergne voisine et de façon insistante. Fille d'Eble V, Alix de Ventadour épouse en 1232 Robert II, dauphin d'Auvergne; son frère Eble VI reconnaît en 1236 devoir l'hommage à l'évêque de Clermont pour des biens sis à Mauriac; le même épouse en 1240 une La Tour d'Auvergne, fille de Bernard VI ; la célébration de l'anniversaire de son père Eble V est mentionnée en 1249 à l'abbaye Saint-Pierre de Mauriac. À la génération suivante, une fille du vicomte Eble VII épouse un Mercoeur. Au tournant des XIIIème et XIVème siècles, les Ventadour subissent l'attraction des sires de Beaujeu, seigneurs de Montgascon et de Montferrand. Ainsi, Eble VIII épouse en 1290 Marguerite (ou Marie) de Beaujeu; héritier de sa mère, Bernard Ier de Ventadour (1329-1389) se voit en 1346 adjuger les seigneuries de Montpensier et Aigueperse, que le roi Philippe VI érige en comté en 1350; il séjourne à Clermont en octobre auprès du comte d'Auvergne Jean de Boulogne. Cette implantation en plein cœur de la Basse-Auvergne ne sera cependant pas durable et Bernard revendra son comté de Montpensier, entre 1384 et 1400, au duc Jean de Berry. Ces situations féodales croisées frisent parfois la confusion : à la Toussaint 1299, le Parlement royal déclare qu'Ussel, possession des Ventadour en vertu du mariage ci-dessus évoqué, dépend féodalement de l'Auvergne, au titre du château d'Herment, mais du bailliage de Brive et de la sénéchaussée de Périgord pour le reste... 

Ainsi peut-on distinguer une « période aquitaine » de l'Auvergne qui, depuis l'organisation provinciale du Haut-Empire conduit jusqu'aux premières années du XIIIe siècle. Cependant, la solidarité ecclésiastique au sein de la province de Bourges, quoique persistante jusqu'aux années 1960 sur un strict plan organisationnel, compte de moins en moins et les croisements de possessions temporelles des églises et monastères sont limités dès le haut Moyen Âge et limitrophes (rien qui équivaille à la situation connue entre Lorraine et Champagne). La conquête royale et l'organisation administrative de plus en plus divergente qui en découle (la frontière Limousin-Auvergne finit par être la limite de ressort des parlements de Paris et Bordeaux), les courants de solidarité économique et sociale placent, de plus en plus, le Limousin et l'Auvergne dos à dos : seuls dans l'aristocratie bas-limousine, les Ventadour ont une réelle et précoce attirance pour l'Auvergne ; pour le reste, Auvergnats et Limousins finissent par être absorbés dans le service du roi et celui du pape d'Avignon, essentiellement attirés vers le nord, mais de façon parallèle".

Anglois, routiers, compagnies et tuchins

La guerre de Cent Ans n'a, en Auvergne, que rarement impliqué de véritables anglais. Ceux qui sont parfois désignés par ce terme sont le plus souvent des routiers, hommes d'armes français recrutés sur les terres soumises à l'Angleterre, souvent dans le sud-ouest de la France, groupés en grandes compagnies, qui pillent et rançonnent les villes auvergnates. Montferrand est ainsi prise en 1388 par la compagnie du routier « Perrot le Béarnais ». Les villes se fortifient, et vivent dans la terreur des compagnies qui sévissent dans le pays, comme les bandes de bretons de Thomas de La Marche, qui ravagent le Brivadois, Geoffroy Tête noire ou Aymerigot Marchè qui viennent du duché de Ventadour en Limousin et pillent et rançonnent haute et basse Auvergne autant que vicomté de Ventadour. La tentative d'occupation de la Basse-Auvergne par le duc de Lancastre, chassé du pays en 1375 par les seigneurs auvergnats et bourbonnais, représente la seule incursion anglaise conséquente en Auvergne. En revanche, après 1375, les routiers s'implantent solidement en Haute-Auvergne, menés par leurs capitaines, qui occupent les châteaux et se conduisent comme les nouveaux seigneurs. Ils ne seront chassés que par une forte expédition royale en 1392. La limite provinciale ne les concerne pas et ils se répandent selon le schéma ventadorien des vallées affluentes de haute Dordogne, d'une rive à l'autre jusqu'aux Monédières.

C'est vers les années 1370 que naît le mouvement, un peu énigmatique, des Tuchins. Même l'étymologie du mot n'est pas sûre : il pourrait signifier « Tue-chiens ». Il s'agit de fortes bandes, cultivant le secret, menant des actions violentes, dirigées contre les Anglais, leurs alliés, et les nantis. Le mouvement, qui sévit principalement en Haute-Auvergne, est populaire, patriotique, à caractère social. Les Tuchins refusent en particulier toute trêve avec l'envahisseur, mettant volontairement en danger tous les traités de paix. Cependant, en s'attaquant de plus en plus aux riches, ils ressemblent de plus en plus à de simples brigands. Le duc de Berry lance contre eux une expédition, et les écrase en 1384, ne laissant que de petites bandes survivantes.

La peste noire

Terme très employé dans les textes de l'époque, la peste noire semble désigner toutes sortes d'épidémies, dont la peste proprement dite. Répandue partout en France, elle frappe très durement l'Auvergne et le bas-Limousin, en particulier en 1348-1349, en 1360 et en 1383. La mortalité très élevée a un impact considérable sur l'activité de la région, totalement démunie contre ce mal, devant lequel toute médecine est impuissante.

Les Bourbons

La puissante maison de Bourbon, est née au Xe siècle, à Bourbon-l'Archambault. Ses domaines grandissent rapidement au cours des siècles suivants, au détriment des provinces voisines, jusqu'à constituer une grande province, au nord de l'Auvergne, dont le roi Charles le Bel fait un duché en 1327.

En 1371, le duc Louis II de Bourbon, épouse Anne, dauphine d'Auvergne, fille du dauphin d'Auvergne Béraud II, et hérite ainsi du dauphiné d'Auvergne. Son fils, Jean Ier, duc de Bourbon et dauphin d'Auvergne, épouse quant à lui la fille de Jean de Berry, duc d'Auvergne, et hérite du duché d'Auvergne en 1416. Ainsi, à partir de 1416, la quasi-totalité de l'Auvergne est commandée par les Bourbons, et le restera pendant un siècle. Seule la seigneurie épiscopale de Clermont leur échappe, ainsi que le petit comté d'Auvergne, lequel passe par mariage en 1437 à la famille de la Tour, vieille famille auvergnate et limousine par les Rogier de Beaufort, qui prend le nom de la Tour d'Auvergne. Madeleine de La Tour d'Auvergne, fille du comte Jean III, épouse en 1518 Laurent II de Médicis, et donne naissance à Catherine de Médicis, qui hérite du comté en 1524, et devient donc comtesse d'Auvergne avant de devenir reine de France. Devenue reine, elle profitera d'ailleurs de sa position pour déposséder l'évêque et ajouter la seigneurie de Clermont à ses biens en 1551. Depuis le XIIIème siècle les La Tour, Beaufort et Ventadour sont alliées par mariage, les Rogier étant d'anciens vassaux. Rapidement les familles vivaraises de Lévis et Tournon, également liées aux Rogier de Beaufort, les rejoignent. Une statégie d'alliance permet ainsi de contrecarrer la puissance royale et celle des anglos poitevins.

La fin de la guerre de Cent Ans permet la reprise économique et la reconstruction des villes et des campagnes, et même, au cours du XVe siècle, un certain essor commercial et agricole. Les villes commencent à jouer un rôle politique important, en particulier les treize bonnes villes de Basse-Auvergne, mais aussi quelques villes de Haute-Auvergne. Les Bourbons s'opposent régulièrement aux rois de France au cours de ce siècle. Le conflit culmine lorsque le connétable Charles III de Bourbon, duc de Bourbon et d'Auvergne, trahit François Ier, et passe au service de son ennemi Charles Quint. Ses domaines sont confisqués, et l'Auvergne retourne au domaine royal en 1527.

Les guerres de religion

La doctrine luthérienne fait son apparition en Auvergne vers 1540, à Issoire, ville qui devient rapidement un foyer de la Réforme. Après l'échec de la politique de tolérance, commencent, comme partout en France, les persécutions, l'opposition entre les communautés, et les troubles, en particulier dans la région d'Issoire, mais aussi en Haute-Auvergne. Le massacre de la Saint-Barthélemy n'a pas été conduit en Auvergne, mais sa nouvelle exacerbe les bandes armées catholiques et protestantes, qui massacrent et pillent. Le capitaine Merle, chef de partisans huguenots, est en particulier la terreur de toute l'Auvergne. Il parvient à prendre Issoire en 1575, et seule l'armée royale parvient à le déloger en 1577. Les troubles s'intensifient encore lorsque, aux divisions religieuses, s'ajoutent les divisions politiques, une bonne partie de la noblesse auvergnate ayant rallié la Ligue. Après l'avènement d'Henri IV, la guerre civile se poursuit, et les royalistes obtiennent au prix de longs sièges et tractations la soumission des villes ligueuses (Riom, Ambert et Saint-Flour sont les principales). La fin des guerres de religion laisse l'Auvergne très appauvrie, ravagée par les combats et les épidémies, et toujours en proie à l'insécurité66.

Les Temps modernes : l'Auvergne sous la monarchie

La politique centralisatrice menée en France à partir du début duXVIIème siècle, et visant à restaurer partout l'autorité royale, se traduit par la mise au pas d'une noblesse qui se montre parfois oppressive à l'égard des populations, en organisant les Grands jours d'Auvergne et en procédant à la destruction, entre 1633 et 1634, d'un grand nombre de forteresses et de châteaux, y compris royales comme celle de Carlat.

Pour la tenue des Grands Jours d'Auvergne de septembre 1665 à janvier 1666, à Clermont-Ferrand, des conseillers sont envoyés à Aurillac, et plus de 1200 affaires sont examinées avec solennité. Accueillis très favorablement par la population qui voit les premières condamnations à mort frapper des hobereaux aux habitudes tyranniques, parmi lesquels beaucoup prennent la fuite. Au total, le tribunal prononce 349 condamnations à mort (dont beaucoup par effigie), 96 au bannissement, et 28 aux galères.

La province est réorganisée fiscalement avec la Généralité de Riom, et judiciairement avec la rationalisation des bailliages comme celui des Montagnes dont le siège est transféré à Salers, et celui du Carladès qui est définitivement fixé à Vic. L'action des intendants d'Auvergne, qui développe le réseau routier, l'agriculture et l'industrie, prend le relais de celles des abbayes que la mise en commende et le pillage par les calvinistes a fait entrer dans une mouvement inexorable de déclin. L'État modifie aussi l'organisation politiques locale en amputant l'Auvergne, au nord, de 80 paroisses, qui sont ajoutées à la Généralité de Moulins; dans l'édit de Troyes, pris par Louis XIII le 3 avril 1630, les villes rivales de Clermont et de Montferrand sont réunies pour former Clermont-Ferrand.

Ventadour et l'Auvergne

Depuis l'an Mil et certainement avant, les territoires de la haute vallée de la Dordogne intéressent les féodaux limousins de Comborn. L'avènement de Ebles 1er à Ventadour en un lieu avec une vue directe sur les terres auvergnates raffermit certainement un appétit de contrôler les rives à l'Est. Les puissantes familles seigneuriales locales d'Auvergne, livrées à elles-mêmes, se mènent des guerres privées incessantes et pillent la région sans relâche, n'hésitant pas à rançonner les monastères et à se livrer au brigandage. L'Auvergne se couvre de châteaux et de forteresses. L'insécurité permanente dans laquelle se trouve la province, qui a des conséquences désastreuses, semble culminer au Xème siècle. Elle est à l'origine de la réaction de l'Église et du mouvement de la « Paix de Dieu », qui naît en Auvergne au milieu de ce siècle, et qui aura un retentissement formidable dans le monde occidental et fondera les bases morales de la société médiévale.

Gouvernée jusqu'alors par les ducs d'Aquitaine, qui portent aussi le titre de comte d'Auvergne, pouvoir lointain exercé sur place par des vassaux, l'Auvergne connaît un Montferrand armorial d auvergne de guillaume revelchangement politique majeur à la fin du Xème siècle, lorsque Guy, vicomte de Clermont et d'Auvergne, se proclame comte d'Auvergne (comes arverniae). Il est à l'origine de la dynastie comtale héréditaire, qui se choisit pour capitale la ville de Montferrand crée par le comte Guillaume VI d'Auvergne, au tout début du XIIème siècle, dans le contexte de conflits avec la ville voisine de Clermont, cité de l'évêque et son allié le roi de France. Théoriquement encore vassaux des ducs d'Aquitaine, eux-mêmes vassaux des rois de France, les comtes d'Auvergne s'affranchissent en réalité de plus en plus de leurs suzerains directs, tandis que se renforce l'idée royale, propagée par les clercs, qui donne aux rois capétiens des droits sur toute l'ancienne Gaule. Ainsi, à mesure que l'autonomie des comtes d'Auvergne s'affirme, l'Auvergne s'intègre progressivement au royaume de France. Les comtes sont eux-mêmes suzerains de nombreux seigneurs auvergnats, comme les seigneurs de La Tour liès plus tard à Turenne (les Rogier de Beaufort) que les Ventadour vont choisir eux aussi comme parents alliés. Cette dilution de la relation avec la cour de Poitiers tombe au moment exact ou Ebles 1er de Ventadour construit sa vicomté. Son fils Ebles II lo chantador est un ami proche  du comte Guillem, duc d'Aquitaine. Est-il impossible qu'il ait chargé son vassal et ami de s'infilter en Auvergne dissidente, d'y consolider ou établir les têtes de pont les plus utiles pour surveiller le pays arverne, contrôler les passages par la Dordogne et montrer son influence aux marches des deux provinces vassales ? Cette hypothèse nous semble assez pertinente pour être retenue et nous aider à lire la position stratégique et "politique" qu'ils vont développer pendant plusieurs siècles sur ces terres. Il en allait de leur propre sécurité et de l'influence ducale de l'Aquitaine sur l'Auvergne.   illustration : vue de la ville de Montferrand

Cette action va être mise en oeuvre par la possession ou par le contrôle par vassaux ou alliés en basse et haute Auvergne, autant qu'en bas Limousin.

Les possessions des Ventadour en basse Auvergne au long de la haute Dordogne : elles dépendent de leurs propres seigneuries en terres auvergnates pour lesquelles ils rendent hommage, de leurs vassaux de châtellenies et des possessions obtenues par alliance de mariage comme celles de Montpensier et Herment.

Les droits suzerains sur Montpensier glissèrent vers les Ventadour après le mariage de Ebles Hélie avec Marguerite de Beaujeu en 1290. Son père, Louis, était Seigneur de Montferrand et Montepensier. Puis les Lévis Ventadour leur succéderont comme il sera vu. Herment fut aussi un territoire essentiel en terre des Combrailles d'Auvergne et constitue la 1ère part d'apanage sur la rive orientale de la Dordogne. Il leur appartint jusqu'à la révolution alors que Montpensier sera confisqué ou vendu pour financer la rénovation de Ventadour après l'épisode de l'occupation par Geoffroy Tête Noire.

- le comté de Montpensier

Montpensier carte ancienne 2

Montpensier vue generaleMontpensier est situé en Haute Auvergne (même si nous sommes dans la plaine de la Limagne), au nord de l'actuel département du Puy-de-Dôme, entre Riom "la chaude" et Vichy, proche de Gannat. Cinq communes paroisses faisaient partie de la vicomté : VensatSaint-Genès-du-Retz au Nord, Effiat à l'Est, Bussières-et-Pruns et Aigueperse au Sud. 

Montpensier a pris le nom de la colline autour de laquelle le village s'articule, le Mons Pancherii, littéralement « Mont de la Panse », évocation de la forme naturelle de la butte au sommet de laquelle fut édifié le château de Montpensier. La colline occupe une position stratégique au nord de l'Auvergne qui lui a permis d'être le théâtre d’événements historiques importants. ce château dominait un vaste panorama, avec à l'Ouest les hautes montagnes indiquant les terres du Limousin et la vicomté de Ventadour. D’une altitude de 440 mètres, ce site naturel offre en effet à son sommet un panorama à 360° avec de nos jours ses tables d’orientation : vue sur Aigueperse, la Limagne, la Chaîne des Puys, les Monts du Forez, le Livradois et le Bourbonnais. Sur sa butte, la forteresse contrôlait la porte nord de l’Auvergne. Une double enceinte enserrait la butte dont une haute cour comprenant corps de logis et chapelles.

A partir du XIème siècle on trouve trace de la seigneurie de Montpensier, qui passe de la maison de Thiers à la maison de Beaujeu en 1176. Le 8 novembre 1226, le roi de France Louis VIII dit "Louis le Lion" meurt au château de Montpensier à la suite de fortes fièvres contractées lors de la croisade contre les Albigeois. Aigueperse - Guipars en auvergnat, en fut la cité comtale. Cette seigneurie du comté d'Auvergneva intégrer selon certains auteurs la seigneurie des Ventadour après la conquête française de 1213 suite au siège de Tournoël. Nous n'avons rien trouvé qui permette de le confirmer. En revanche, en 1290 à lieu le mariage de Marguerite de Beaujeu, fille de Louis seigneur de Montferrand​ et selon certainesMontpensier gravure sources de Montpensier, avec Ebles Hélie fils d'Ebles VII. Elle aurait apporté avec elle la châtellenie de Montpensier après le décès de son père en 1280, mais pas celle d'Herment à la mort de son oncle Eric à Tunis en 1270 au côté du Roi Louis IX,  tous deux victimes de la peste.  C’était la forteresse d’une puissante seigneurie regroupant Aigueperse et La Roche Chaptuzat. Montpensier sera élevé en même temps que Ventadorn en 1350 au rang de comté. Bernard et son fils vont souvent dans leurs terres auvergnates et en leur ville d'Aigueperse, ainsi que toute la famille. Ils s'y réfugient en 1379 lorsqu'ils sont chassés de Ventadorn par la félonie de Pons du Bois qui les vend à Geoffroy Tête Noire. Ils y habitent dix ans. Lorsque Bernart et Robert reviendront à Ventadour en 1390 ils constatent certainement des dégradations et comprennent en tous cas qu'il leur faut engager de vastes réparations et modernisations. En plus il faut rembourser les frais de délivrance car les troupes royales menées par le Duc Jean de Berry et d'Auvergne ont coûté cher. Le marché aurait été présenté de manière plus aimable au vieux comte Bernard ou plus probablement à son fils Robert. Il aurait été invité à accepter la vente au Duc de son comté de Montpensier et il aurait reçu 40 000 écus en échange. Si l'on admet qu'un écu valait 3 livres tournois et la livre de 1390 valait 11 euros, cela représente à peu près 1 million deux cents mille euros de 2019. La somme assez conséquente mais certainement en dessous de la valeur réelle, servit en Montpensier gravure 20partie à payer les rénovations. Les uns disent que cela se passa après la libération de 1389, d'autres avant en 1384.  illustrations : Montpensier vue du castrum et gravure du château au XVème s. © SHAV

C'est du moins la version donnée par les grands historiens tels Baluze, Moreti, La Thomassière. Cependant dans les "Tablettes historiques de l'Auvergne" de Jean-Baptiste Bouillet, (Bibliothèque du Palais des Arts, Collège Saint-Joseph de la Compagnie de Jésus, Bibliothèque des Fontaines - Clermont 1840) une version bien différente est donnée. Ebles Hélie n'aurait pas reçu Montpensier lors de son mariage avec Marguerite car elle ne possédait pas la châtellenie. Sa cousine Jeanne, fille de Ymbert VI (Humbert) seigneur du lieu en aurait hérité en 1285. Elle était mariée à Jean II comte de Dreux. A la mort de leur fils  Pierre en 1345 et de leur petite fille enfant en 1346, ce fut Bernard, vicomte de Ventadour qui en hérita par sa mère Marguerite, nièce de Ymbert. Deux ans plus tard, effectivement, Bernard fut élevé vicomte de Ventadour et Montpensier le 2 avril 1350 par le Roi Philippe de Valois. Il commit dans les années qui suivirent une grosse bévue qui lui coûta cher. Cela se serait passé en 1373. Il fit piller sa ville comtale d'Aigueperse qui avait refusé de payer la contribution aux quatre cas, peut être à l'occasion d'une cérémonie officielle religieuse. Son fils Robert exécuta la manoeuvre et confisca même actes et archives. Pourtant des franchises existaient mais Bernard et Robert n'en avaient pas tenu compte. Hélas pour eux, Philippe était mort, son fils le roi Jean prisonnier et son petit-fils Charles V était sourcilleux. On ne sait exactement quand cela se passa mais il convient de ne pas oublier qu'à cette époque le Royaume était en pleine tourmente. Jean le Bon est avait été fait prisonnier par les anglais en 1356, Charles assurait la régence depuis ses 18 ans. Etienne Marcel menaçait son trône, les grandes compagnies dévastaient le pays et le sud-ouest en particulier. Le Roi Jean le Bon fut libéré pour conclure le traité de Brétigny en mai 1360 qui marqua la victoire anglaise. Jean mourrut en 1365. Charles revint en qualité de Roi. Il va mater les anglais, rétablir la monarchie absolue et faire preuve d'autorité. Il meurt en 1380. C'est dans cet espace de temps que les Ventadorn semblent perdre leur comté d'Auvergne. Affaiblis par l'occupation de leur citadelle en 1379, ils se réfugièrent bien semble t'il à Montpensier mais certainement en qualité d'ex comtes, d'invités, plutôt qu'en celle de titulaires de la seigneurie, contrairement à ce qui fut raconté. Ils auraient été dessaisis de leur possession comtale confisquée par la Couronne et remise au Duc Jean, par ailleurs frère du Roi Charles. La vente serait en réalité un dédommagement suite à confiscation royale ou à une obligation pressante. Cela semble indiquer une période où Charles est Roi, c'est à dire en 1373 qui paraît être la date de la folle chevauchée. En effet, en janvier 1374 Jean de Berry confirme les privilèges d'Aigueperse en sa qualité de Duc de Berry et d'Auvergne et de seigneur du comté. Il fit ensuite agrandir la cité, construire la Sainte Chapelle et le palais de Riom.

Un témoin du passage de troupes royales a été trouvé par une bergère sur le site de la butte, en 1866. Il s’agit de l’anneau du Prince Noir, Prince de Galles, actuellement exposé au Musée du Louvre, à Paris

Ce château était, en cas de trouble, une menace pour l’autorité royale aussi Richelieu commanda-t-il sa destruction en 1633 ; aucun vestige n’est visible aujourd’hui. se visite - table d'orientation ©SHAV

- à Chaptuzat

Le château de la Roche est une des principales forteresses du comté de MChateau de la roche de montpensierontpensier, principauté féodale du nord de l'Auvergne. Il a été construit entre 1250 et 1270 à l'initiative de Guichard IV et/ou Humbert de Beaujeu, Seigneurs de Montpensier, probablement à partir d'une tour de guet du XIIème siècle, avant poste du puissant château de Montpensier perché sur une colline environnante, qui contrôlait l'accès à la plaine de Limagne. En arrivant, les vicomtes de Ventadour trouvèrent un château en parfait état. Une enceinte fortifiée en forme de fer à cheval édifiée vers 1250 composée d'une première tour ovale en extrémité du ravin exposée Nord, puis d'un donjon circulaire exposé Sud. Le donjon rectangulaire actuel a lui été édifié au XIVème siècle sur les fondations du donjon circulaire très endommagé à la suite du siège de la forteresse à la fin de la guerre de Cent Ans. Le logis et les autres bâtiments ont été construits au XVème siècle, adossés à l'enceinte surmontée d'un chemin de ronde et se répartissent autour d'une cour. Une seconde enceinte édifiée au XVIème siècle dont il reste des parties de murailles et deux tours rondes coiffées de créneaux et de mâchicoulis récents abritait la basse-cour, et un fossé formait la défense extérieure. Les jardins du château de la Roche ont gardé leur dessin du Moyen Âge et le parc comporte un bassin qui a été noté au pré inventaire des jardins remarquables. La Roche fut érigé en fief au XVème siècle pour Louis de Bosderon, et sont alors construits un logis car de simple fortification il devient une habitation seigneuriale. Le château reviendra ensuite à Jean de l'Hospital, conseiller de Charles de Bourbon, Comte de Montpensier puis à son fils, le chancelierMichel de L'Hospital qui y était né. Il le transforma au XVIème siècle, édifiera une seconde muraille avec deux tours d'entrée en façade Sud et sa famille le conserva jusqu'au XVIIIème siècle. se visite - Ouvert tous les jours de mai à octobre de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h 30 - Le reste de l'année sur R.V. au 04 73 63 65 81

Montpensier la roche nb

illustrations : La Roche de Chaptuzat  ©Gérard Ducher en haut et SHAV en bas 

- la Baronnie de Herment (Basse Auvergne - actuel Puy de Dôme),

Les terres de cette baronnie sont positionnées sur la rive droite de l'affluent le plus nordique de la Dordogne : le Chavanon (ou la Ramade dans sa première partie). La rivière trouve sa source à Crocq, seigneurie d'Auvergne bien que la ville soit aujourd'hui en Limousin, qui relevait d'Herment et d'Ussel. Elle établie sur 54kms une limite naturelle entre les deux provinces et permettait le contrôle de la vallée de la Dordogne et de ses points de passage par le nord. C'est indubitablement le territoire de contacts le plus évident entre les deux provinces.

Plusieurs fiefs de la châtellenie d'Ussel transmise à la branche puinée de Ebles III fondée par son frère Archambaut, nè après 1101 et co-seigneur d'Ussel, seigneur de Charlus le Pailloux après 1150, faisaient anciennement partie de la baronnie d'Herment en Combrailles. Cette place forte titrée baronnie était située au point le plus haut des territoires ventadoriens en Auvergne du nord désignée comme la basse Auvergne, dans l'actuel département du Puy de Dôme. 

Dès 1341, Hugues d'Ussel fit l'acquisition des fiefs et arrière-fiefs de la ville d'Ussel relevant du baron d'Herment, la ville souffrant de droits extrêmement morcelés, ; il s'engagea à lui acheter ce qu'il restait lui devoir en hommage sur le château de Charlus le Pailloux. Les Ventadour touchait le territoire d'Herment en bien des lieux et l'on a cru qu'ils en furent propriétaires dès la vicomté ce qui est inexact. Le mariage avec Marguerite de Beaujeu en 1290 aurait pu le laisser penser, puisque sa famille comprenait le seigneur de l'endroit. Il fallut pourtant attendre le début du XVIIème siècle pour qu'Herment fut intégré au Duché. Lucrèce, épouse de Charles d'Apchon, seigneur d'Herment mort ruiné, dût vendre plusieurs seigneuries pour payer ses créanciers ; c'est ainsi qu'elle aliéna en 1610, à Anne-Louis de Lévis, duc de Ventadour, la baronnie d'Herment. La famille des ducs la conserva jusque peu de temps avant la révolution lorsque Charles de Rohan Soubise la vendit en 1783 au marquis de Bosredon-Combrailles dont les ancêtres en avaient été seigneurs.

La série des vassaux d'Hugues de Bosredon, baron d'Herment en 1450 et de Guillaume son fils en 1455, a été publiée dans l'Histoire de la Maison de Bosredon , pages 78, 79, 83, 84, 85. Les fois-hommages rendus au prince de Rohan-Soubise, en 1698, sont conservés dans un registre in-folio, entre les mains de l'auteur de la monographie "histoire de Herment". Voici la série de ces hommages précis :

"HOMMAGE DES VASSAUX DE LA BARONNIE D'HERMENT EN 1698 - Le chapitre d'Herment. — Pour les cens, rentes et dîmes dudit chapitre.
2. Jean Bouyon, bourgeois d'Herment —Seigneurie de Feix, paroisse de Briffont.
3. Marie-Filamine de Brion, prieure de Giat. — Prieuré de Giat.
4. François Besse, demeurant à Meymon. — Coseigneurie de Feix, en Limousin. (nb. certainement paroisse de Laroche près Feyt)
5. Hubert Lacot, notaire à Perol, agissant au nom de Louise de Langeac, v* de Maximilien
de Bouillé. — Cisternes, paroisse de Saint-Etienne-des-Champs.
6. Philippe Dupuy, chevalier. — Baronnie de Mirambel.
7. Georges Neyron, prieur de Briffont. — Droits au village de Ribeyroux.
8. Anne Tixier, ve de François du Breuil. — Léo-Fardeix et le Mas-Brugier, paroisse de
Saint-Georges-Nigremond et de Saint-Maurice,
9. François Granchier, conseiller du roi, docteur en théologie, maire perpétuel de Felletin.
— Le Mazel, paroisse de Saint-Maurice.
10. Antoine Coudère, avocat à Felletin. — Coseigneurie de Servareix, Léo-Fardeix.
11. Charles Besse, prêtre, demeurant à Feix. — Le Laboureix.
12. Jean Gallichier, sr de Fretel. — Fretel.
13. Annet Brunei, bourgeois d'Herment; Etienne Gaignon; Anna Brunel, femme de Jean
Verny; Nicolle Poirier, v* de Louis Fillias. — Sourdaval.
14. JV. de Pressat, prieur de Saint-Germain. — Prieuré de Saint-Germain.
15. Jeanne de Gouzolles, ve d'Alexandre-François de Chaslus. — Prondines en partie.
16. Guillaume de la Forest-Bulhon. — Anchard, paroisse de Briffont.
17. Jean de Lestranges, écuyer, sr de Sannes. — Le Chier et les Chaumettes.
18. Le chapitre d'Orcival. — Laval, paroisse de Perpezat.
19. François Autier de Villemontêe, chevalier. — La Grange.
20. Jean de Bosredon, écuyer. — Tix et Saint-Avit.
21. Antoine Boutiniergues, sr de la Vialle, conseiller honoraire en la sénéchaussée de Guérel.
— Le Teil.
22. Antoine de Pondions, commandeur de Saint-Romain en Galles — Commanderie du
Montel au Temple.
23. Martin-Joseph de la Barre, écuyer, seigneur de la Feuillerade, lieutenant dans la grande
Fauconnerie de France. — Saint-Germain, Lavaux, Clergon.
24. Henri de la Velle, écuyer. — La Forest, près Saint-Fargeot.
25. François Bastide, avocat en Parlement à Uzerche, époux de Marie Besse — Le Malcornet
et Jarasse.
26. Claude de Lestang, commandeur de Tortebesse.— Commanderie de Tortebesse.
27. François de Veyny de Marsillac, écuyer — Baronnie de Fernoël.
28 Jean-Marie d'Aubusson, écuyer. — Chalusset.

Ambroise Tardieu raconte l'histoire de Herment : "En considérant la position si avantageuse de cette butte, qui domine la Creuse, la Corrèze et toute la partie occidentale du Puy-de-Dôme, le comte Robert n'hésita pas à se décider à reconstruire un donjon au XIIème siècle. Ceci se passait en 1140. Peu d'années suffirent pour l'achèvement du manoir. L'oeuvre du grand feudataire respirait puissance et richesse. Située sur des blocs basaltiques, au sommet du plateau, elle réunissait tous les besoins belliqueux des temps. L'enceinte était entourée de fossés larges et profonds. On pénétrait dans la basse-cour par trois ponts-levis. La grande entree se trouvait en face de l'église. Le château était placé sur la motte. Au sud était le donjon,Herment plan construction de neuf mètres carrés, s'élançant majestueusement à trente mètres dans les airs ; au-devant apparaissait un grand escalier avec êchiffre, permettant de monter à la principale porte du manoir. Le château proprement dit, attenant au donjon, était flanqué de tours dans les angles. Il était éclairé par de rares ouvertures à plein cintre, ornées de minces colonnettes surmontées de chapiteaux. Le monument, avec son air imposant, ses épaisses murailles à grand appareil, avait l'aspect de l'architecture militaire du XIIe siècle. La façade principale regardait l'Orient ; celle de l'occident donnait sur la place d'armes, au milieu de laquelle était la citerne. Le manoir ne manquait de rien ; machicoulis au donjon, créneaux surmontant les murs, meurtrières avec ouvertures circulaires, grilles en fer aux croisées, etc. L'intérieur offrait des appartements spacieux : la cuisine, dont l'âtre immense consumait des arbres entiers ; la chambre du baron, plus loin celle de la baronne. La grande salle, dont parlent des actes de 1476-1506, était tendue de tapisseries à haute lice et ornée de meubles en chêne artistement sculptés; c'est là que le seigneur, assis sur un siège élevé, recevait les fois- hommages de ses vassaux et donnait hospitalité aux chevaliers ; la cheminée était décorée du blason de rigueur, celui-ci avait ses supports, son timbre et son cimier.  Le château avait ses souterrains, qui servaient en cas de  siège à faire évacuer les troupes de la place ; l'un se dirige au sud-est, 1 autre à l est. On dit que ces souterrains communiquaient avec l'église.   illustration : plan de Herment avec emplacement du château en demie-lune face à l'église

Le château d'Herment fut réparé et agrandi par les successeurs du comte Robert, notamment par Hugues et Guillaume de Bosredon, dans le XVe siècle. Il fut pris par les Anglais en 1383, 1407, 1435, et par les Religionnaires en 1588, 1592. Les Anglais l'endommagèrent beaucoup. Gaspard Le Loup, chevalier, seigneur de Préchonnet, grand ligueur, le détruisit complètement en 1592, en le livrant aux flammes. Les seigneurs confiaient la garde de ce château à un guerrier vaillant, qui portait tantôt le titre de gouverneur, et plus souvent celui de capitaine. nous savons que sa maison d'Herment fut pillée par les émissaires de François 1er. Le baron Jean de Bosredon tomba en disgrâce ; ses biens furent sur le point d'être confisqués ; Antoine de Bosredon, son fils, fut forcé de vendre sa baronnie d'Herment en 1559, au maréchal de St-André, qui, moyennant le don de 15,000 livres tournois le fit rentrer dans les bonnes grâces du roi. 
Le château d'Herment, habité par les seigneurs de la maison de Bosredon, de 1418 à 1559, offrit pendant cet intervalle de 141 ans, le personnel féodal le plus complet. En 1588, au témoignage de M. Imberdis (Hist. des guerres religieuses en Auvergne), il était encore en très-bon état « la place (la ville), dit-il, bâtie sur des prismes de basalte, était dominée par un ancien et très-fort château » La demeure de nos barons, prise en 1592 par Gaspard le Loup, seigneur de Préchonnet et de Monfan, fut livrée aux flammes par les Ligueurs, qui accompagnaient ce gentilhomme ; depuis lors, complètement abandonnée, ses crénaux, ses tours, ses murailles s'écroulèrent insensiblement; elle était même tellement en ruines en 1613 qu'il n'y avait aucun appartement capable de recevoir son propriétaire. Marguerite de Montmorency, épouse d'Annet de Lévis, duc de Ventadour, baron d'Herment, venue dans cette ville pour représenter son mari auprès des vassaux dont elle devait recevoir l'hommage, accepta le toit d'un riche bourgeois, celui de Gaspard Gaignon. En 1633, Richelieu jugea inutile de comprendre Herment dans la liste des châteaux d'Auvergne dont il ordonna la démolition. On imagine cependant que les ducs de Ventadour ne désiraient pas attaquer leur roi. Déjà en 1644, les habitants ne désignaient plus l'oeuvre du comte Robert que sous le nom de vieux fort. La pierre de taille, dont ce château était entièrement construit à l'extérieur, contribua beaucoup à sa démolition. Les seigneurs, pour lesquels ces ruines n'avaient pas grande valeur, cédèrent insensiblement leur emplacement pour la construction d'habitations particulières ; les fossés furent comblés; la basse-cour fut occupée par les maisons qui firent suite à l'alignement de la grand'rue. Le donjon, démantelé en 1592, existait encore en 1793. Le baron de Val de Saunade le dit d'une hauteur prodigieuse (nous savons qu'il avait 90 pieds) ; il servait de prison au moment de la Révolution. M. Léger Pélissière, médecin, chargé par la commune d'acquérir les débris du château, se rendit à Combrailles, où résidait Mlle Anne-Françoise de Bosredon, connue sous le prénom de Pauline, fille du dernier baron d'Herment, lui fit entendre facilement, dans des moments si malheureux, qu'il lui serait avantageux de vendre une tour « construite, disait-il, en mauvaisespierres de taille du pays. » Mademoiselle de Bosredon céda pour une somme minime, pour 600 francs les restes de la demeure de ses ancêtres, de cette demeure où reposaient tant de souvenirs ! L'acte de vente, reçu, Me Pierre Mazuer, notaire, est conservé dans les minutes de Me Démonteix. Il est daté du 22 ventôse an VII (12 mars 1799). Au sujet du château, la vente s'exprime en ces termes : « une tour quarrèe (sic) et un petit pré y attenant ledit pré de la contenue de cent cinquante toises de superficie ou entour, les fassades de cette tour sont construites en mauvaises pierre de taille du pays, celles aux aspects de Nord et de Midi ont vingt-cinq pieds de large chacune, et les autres vingt-trois pieds, laquelle tour n'a aucune espèce de couverture ni portes. » 
Le sieur Pelissière, ainsi devenu propriétaire des ruines du château, ne rendît aucune réponse à la commune ; il se hâta de faire démolir le donjon, dont la construction était si solide qu'on dut employer la poudre ; une partie de la pierre de taille fut vendue par lui pour la construction de la halle, le reste servit à la maison qu'il éleva près du chevet de l'église (aujourd'hui l'hôtel Verny-Bouyon). 
Qu'est devenu ce château qui a vu les Anglais, les Protestants et tant de riches barons, tant de vassaux ? Je cherche vainement cette tour gigantesque, dont l'ombre planait jadis sur la ville ; je voudrais voir ces portes à ogive chargées du lion des Beaujeu, de l'échiqueté des de Dreux, ou des fleurs de lis des Bourbons ; j'évoque en vain l'ombre de ces chevaliers devant lesquels se baissèrent les trois pont-levis du manoir. Le peuple même a tout oublié ; on n'entend plus parler de ces châtelaines, qui jadis habitèrent ces vastes salles, où de jeunes pages allaient au devant de leurs désirs. Le château d'Herment a fait son temps ! . in Histoire de la ville, du pays et de la baronnie d'Herment, en Auvergne / par Ambroise Tardieu (1840-1912). Éditeur :  C. Estienne (Clermont-Ferrand)-1866.

Herment


CHATELLENIE D'HERMENT - Arminc : Elle s'étendait selon des actes du XVe siècle sur 21 mandements ou châtellenies qui faisaient partie de la baronnie d'Herment : 1° Herment ; 2° Murat-le-Quaire ; 3° Bains (Mont d'Or); 4° La Roche-Marchal ; 5° Les Chirouzes ; 6° Trizac, en partie ; 7° Préchonnet, en partie ; 8° Chavanon , en partie ; 9° Chazeron ; 10° Giat; 11° Le Puy-Saint- Gulmier ; 12° Egurande ; 13° Mirambel ; 14° La Courtine ; 15° Magnac ; 16° Murcent ; 17° Fernoël ; 18° Chaslus ; 19° La Garde-Ferradure ; 20° Montagut-Vaires ; 21° Saint-Avit. Des acquisitions successives l'augmentèrent peu à peu comme Eygurande et la Roche puis les fiefs se réduisirent par effet de concentration par rachat et parfois aussi disparitions des seigneurs. Sous Louis de Bosredon, en 1408, la baronnie d'Herment avait trois à quatre cents vassaux, presque tous gentilshommes ; le chiffre des hommages rendus au baron G. de Bosredon, en 1455 s'élève à  156 ; il est parlé de 300 fiefs ou arrière-fiefs en 1559 (un seul propriétaire parfois); le registre de 1698 en renferme 106.  En Limousin plusieurs seigneuries y étaient également rattachées.

Les Ventadour en furent barons, répétons-le, bien des commentateurs ventadoriens ayant nié cette affirmation du chanoine Billet, notre prédécesseur. On en apprend un peu plus dans l'Etat de la Généralité de Riom dressé en 1697. "Madame la princesse de Rohan Soubise, doirière de Turenne et fille unique de monsieur le duc de Ventadour, a la terre et baronnie d’Herment, qui est une petite ville dont la seigneurie estoit autrefois à la maison de Beaujeu ; Eric de Beaujeu baron d’Herment, mareschal de France, frère du connestable Guichard de Beaujeu, comte de Montferrand, dont il a esté parlé dans ces mémoires, mourut au sièges de Thunes où il avoit accompagné le Roy Saint Louis, en l’an 1470. Cette terre a passé depuis dans l’ancienne maison de Ventadour, tombée dans celle de Lévy ; la baronnie d’Herment a quantité de fiefs qui en relèvent. Le comte de Charlus, de la même maison de Lévy, lieutenant général pour le Roy au gouvernement de Bourbonnais, père du marquis de Lévy qui vient d’épouser mademoiselle de Chevreuse, a en Auvergne la comté de Charlus et dans l’élection de Clermont, les terres, seigneuries, de Tauves, Saint Jail ( Gal), Vèze, Single et Saint Sauves ; les barons de Coussens (Couzan) sont de la mesme maison ainsi que les seigneurs de Caylus. Couzan est un lieudit sur la rive droite du Soulon, affluent de la Rhue". in Mémoire sur l’état de la Généralité de Riom en 1697 dressé par l’intendant Lefevre d’Ormesson – Université de Clermont – texte établi par Abel Poitrineau

- à Préchonnet : Rochefort, chevalier, seigneur de Murat, de Châteauvert et du château-fort (castri) de Préchonnet en 1286, laissa comme successeur Bertrand, seigneur d'Eygurande et de Préchonnnet, l'un des députés de la noblesse d'Auvergne aux Etats-Généraux de 1357; Louise de Rochefort, sa petite-fille, dame de Préchonnet, épousa Main Le Loup, sénéchal d'Auvergne; elle contribua largement avec son fils Jacques à l'établissement des cordeliers de la Celette en 1445 et mourut en 1474; son descendant, Gaspard Le Loup , seigneur de Préchonnet, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, capitaine de 50 hommes d'armes en 1591, s'empara de la ville d'Herment en 1592 ; sa fille unique, Anne Le Loup, dame de Préchonnet, épousa, en 1608, Gilbert IV de Langeac, seigneur de Dallel ; sa postérité a possédé Préchonnet jusqu'en 1789. En 1460, Jean de Lespinasse , écuyer, seigneur des Gombers, était châtellain de la terre et châtellenie de Préchonnet ; Henri Arnauld, notaire d'Herment, l'était en 1534. Le château de Préchonnet, proprement dit, relevait de Rochefort; la Garde-Ferradure, Chavanon ( comprenant Bourg-Lastic), Corne, Chalussel et Messeix, dépendances de Préchonnet, devaient l'hommage au baron d'Herment et aux Ventadour.

- à Verneughéol (Auvergne)

Barmontet

La maison de Barmontet remonte à plus de huit siècles d’ancienneté. Elle portait la fière devise « niBarmontet verneugheol l’âpre, ni le dur ne m’émeuvent » digne des temps chevaleresques qui la concernent. Le château féodal fut détruit en 1440 par Charles Duc de Bourbon, Jean et Claude de Villelume ses propriétaires n’ayant pas voulu tremper dans une conspiration ; après la cessation des troubles, le même Duc de Bourbon autorisa ses deux vassaux victimes de leur attachement à la cause royale à bâtir des tours à la maison de Barmontet, à la fortification des fossés, pont-levis, etc… Cette maison était un point d'appui rendant hommage à Herment.
Cette reconstruction a disparu, le comte Amable d’Autier a démoli le restant des vieilles tours, comblé les fossés, ôté le pont-levis en sorte qu’il ne reste rien du manoir féodal.
Les constructions récentes de Barmontet lui donnent le cachet des résidences bourgeoises de l'époque (1871).
Barmontet a été possédé successivement par deux nobles et illustres maisons :
- Les de Villelume de 1200 (au moins) à 1710
- Les d’Autier de Villemonté depuis 1710
Les d’Autier de Villemontée se sont adjoints par alliance les Larochebriant du château de Villossanges en 1758.

- Verneughéol

Le château de Verneugheol situé sur la place au devant de l’église fut vendu nationalement en 1789.
Ce château a appartenu à la famille Chaslus depuis au moins 1329 jusqu’au 5 décembre 1481, date à laquelle la famille le vendit 240 louis à Guillaume de Dayac, maître des requêtes de Louis X|. Celui-ci le revendit en 1510 à la dynastie de Bosredon. Le commandeur Joseph de Bosredon était seigneur de Verneugheol. Il a ensuite été acquis par Gaspard Dubois de Saint Etienne le 23 février 1786. Vendu lors de la révolution, il est devenu en dernier lieu la propriété de Léger Chaput.
Cette résidence a perdu son cachet primitif. La couverture à quatre pentes à dalles schisteuses a disparu et remplacé par un toit de chaume ; les pierres de taille du premier étage ont été enlevées et remplacées par des chassis en bois ; le bel escalier en pierre a disparu, la cave comblée, le salon converti en écurie. 
Les maisons Roche et Arnaud faisaient partie des bâtiments d’exploitation du château.
Le commandeur de Bosredon avait encore à Verneugheol le domaine de Chantagril (Chantagris) et le domaine de Collanges. Il en a joui jusqu’en 1789. Monsieur de Bosredon était également seigneur de Giat à  cause de sa propriété seigneuriale de Cigny (paroisse de Giat).

Teyssonnières

Teyssonnières (appelé Teyssonneyres en 1350) avait un château féodal. Ce château appartenait en 1330 à Pierre de la Roche Chevalier.
"Le château de Teyssonnières ne sera bientôt qu’une ruine; les tours ont été abattues, les fossées comblés. Ce qui reste est tellement lézardé que l’on craint pour la vie des fermiers qui l’habitent " disait-on au milieu du XIXème siècle !...

- les Aymards

Le château des Aymards fut bâti en 1684 par Gabriel de Bosredon sur l’emplacement d’un hameau détruit appelé Villevaleix.
La moitié du château est démolie, ce qui reste est dans un état de complet délabrement (en 1871).
La famille des Aymards (ancienne sans être anoblie) a donné son nom au village où elle habitait. Elle possédait la majeure partie du village. Cette maison comptait parmi ses membres des prêtres, des notaires. Joseph des Aymards nommé commandant de l’armée de la Loire, chevalier de la Légion d’honneur était un descendant de cette famille. Leur maison bourgeoise (appelée le château en 1980) a été construite à la place d’un village appelé chez Fargent.

- Chatonnier : Le nom auvergnat de ce village, traduit en français par château noir, rappelle un manoir féodal totalement détruit. Il n’en reste qu’un amas de pierres.

- à Giac - GiatMotte giat

Vers l’an Mille, le seigneur de Giac fait érigé une motte castrale, avec un château en bois : ce sont les premières fortifications féodales auxquelles succèderont les châteaux forts en pierre dont on retrouve de nombreux vestiges partout dans la région, et plus près, les tours de Crocq ou la tour de Sermur en Creuse témoignent de cette évolution. 

On peut encore voir cette construction de terre et de pierre, la plus grande motte féodale d’Auvergne, haute de plus de 10 mètres.

Giac rendait hommage à Herment, comme celui de Ronzer dont le château nouveau, grande demeure XVIIè/XVIIIème existe toujours. Illustrations : motte de Giac et château de Chazelles

 

 

- à Laroche près Feyt (Merlines en Bas Limousin) sur le Chavanon Motte de laroche pres feyt

Le Chavanon est un des principaux affluents de la Dordogne et le premier de taille à s'y jeter. Il ne marque pas la limite de la baronnie d'Herment.

-Rive gauche, côté Limousin, au bourg de la Roche, une possible motte castrale est de très petite dimension, donc antérieure à l'an Mille. 

Un peu plus loin, à 300m, un autre semble avoir existé, à moins que ce ne soit un tumulus.

-Au village de Meymont reste une motte sur ravin avec un vestige d'établissement en bois. Il aurait érigé par les Anglais selon la mémoire collective. illustration. cop OT

- à Merlines, sur le Chavanon, (Limousin)

La châtellenie de Chavanon, est en partie en Limousin, dont le château, en partie en Auvergne. Ce fut une des places importantes du duché. Le château, baigné par la rivière à laquelle il a donné son nom, était situé sur un roc escarpé, aux limites des départements de la Corrèze et du Puy-de-Dôme. L'accès en était délicat, avec une longue arête conduisant au surplomb du cingle. Les ruines du château sont précisemment décrites par Léon Billet : "un fossé de 6m de largeur sur 7 ou 8m qui isolait le château et était garni d'un pont-levis; au-delà du fossé sont les ruines d'un mur... de 12m de longueur, 2m de hauteur et 1m d'épaisseur; venaient ensuite la barbacane, puis une cour intérieure de 30m de long et de 20m de large; au bout de la cour était creusé un deuxième fossé, muni probablement d'un pont qui donnait accès au donjon circulaire de 30m de diamètre intérieur et entouré de terrasses protégées par des courtines; venait encore un troisième fossé qui séparait le donjon d'une tour plus petite, entourée elle aussi d'une terrasse et dont le mur avait 1m d'épaisseur. C'était la tour du guet, du haut de laquelle on surveillait l'ancienne voie romaine et de la rivière. La longueur du château était de 260m...". Le château avait un procureur, un sergent, une prison et un bailli. illustration dessous : plan du cingle de Chavanon, cop SHAV

ChavanonEn 1218-1236, nous trouvons Hugues et Timohard de Chavanon, damoiseaux, seigneurs en partie de Verneugheol. Jean, comte de Dreux, baron d'Herment, vendit la moitié de la terre de Chavanon en 1329 à Aubert de Châlus, dit le Boyer, seigneur du Puy-Saint-Gulmier et de Tauzelles ; le prix fut de 3,000 livres tournois ; Jacques, puis Louis, Robert et Christophe Le Loup étaient seigneurs en autre partie de Chavanon en 1540 , Gaspard Le Loup en 1611, etc. ils représentèrent Albert de Chaslus avant transmission aux Langeac jusqu'en 1789 pour Gilbert Alyre de Langeac. L'autre moitié appartenait alors à Raoul de Vichy, seigneur d'Abret ; son fils l'aliéna vers 1350 à Guillaume Roger, baron d'Herment, (de Rosier, frère du Pape Clément VI); celui-ci eut pour arrière petite-fille Anne, dame de Chavanon en partie, mariée en 1444 à Agnel V de la Tour, seigneur d'Olliergues ; sa postérité possédait Chavanon en 1607, elle aboutit aux Rohan dont Charles, duc de Ventadour, vendit le 6 août 1784 ses terres d'Eygurande, Charboudèche et Chavanon au comte Nicolas d'Autier, marquis de la Rochebriand, baron de Clairaveaux, seigneur de Barmontet, qui fit une bien mauvaise affaire car cinq ans après son bien ne valait plus rien et fut saisi en 1792, comme l'autre moitiée et vendu...

Chavanon fut pris en 1356 par les troupes du Prince de Galles. En 1357 le Roi de France Jean II ordonna aux baillis d'Auvergne et du Limousin de visiter les châteaux pris et d'y remettre des troupes. Mais Chavanon tomba à nouveau après un siège. Il était au pouvoir d'une bande anglaise en 1382 ; les Etats provinciaux furent convoqués à Clermont pour Limousin et Auvergne (souvent ignoré) le 29 juillet 1382 et furent présidés par Robert de Châlus. Ce dernier était Sénéchal de Carcassonne et seigneur d'Entraygues, son père avait épousé Louise, veuve de Pierre de Maumont. A ces états, participait Raymond de Turenne. Louis de Sancerre, Maréchal de France, fut chargé de reprendre les forteresses prises par les Anglais moyennant 26 000 livres payées par les trois états. Les anglais partirent ensuite mais le rocher du château en a conservé le nom. Chavanon fut compris dans les châteaux rasés par ordre du roi, à la fin du XIVe siècle, pour éviter à l'avenir les malheurs qu'ils avaient engendrés. Il ne resta ensuite que le titre. >Se visite à pied en randonnée pour le site et les rares vestiges. (Difficile). Racontez-nous votre découverte !

la Garde, au village du même nom, en dessous du bourg et face à Messeix, le repaire était sur motte, entouré de palissade, car la forme de la parcelle reste, et dominait, à 744m, le Chavanon de 120m. Un tas de quelques pierres ruinées subsiste. La vue sur les monts d'Auvergne d'un côté, sur le plateau de Millevaches de l'autre, sur la Marche au nord, en faisait un observatoire impressionnant. Les anglais le détruisirent en 1382, le donjon fut rétabli et resta occupé jusqu'à la révolution.En 1783 le castel avait été amélioré et était "presque neuf" selon Léon Billet ! Vendu en 1794, il fut acheté et démoli pour ses pierres servant aux maisons et granges du lieu. Les premiers seigneurs furent des Guillotin, "Guillouty", puis les d'Ussel dès 1160, rendant hommage à leurs cousins Ventadour. Guillaume en sortait, il était 1er co-seigneur d'Ussel, et ses trois fils troubadours Pierre, Ebles et Guy y seraient peut-être nés vers 1160. La Garde est rattaché à Herment un court temps au XVIème s. Du XIVème au XVIIIème siècles les d'Ussel ne sont plus que co-seigneurs avec les Ligneyrac, puis de la Salle enfin aux Salvert. La seigneurie de la Garde possédait des droits sur 18 fiefs.

- à Bourg Lastic (Auvergne),

dépendant de Herment, au XIIIème siècle, la paroisse de Bourg était de grandes dimensions et le peuplement s'organisait à partir de deux centres. Dans la moitié méridionale, au début du XIIIe siècle, un membre de la famille de Rochefort reçut ou reprit en fief de Dauphin et de son fils, qui appartenaient à une branche de la famille comtale,

-le château de Préchonnet, situé dans la partie orientale de la paroisse (nb : hommageant à Herment selon le fameux décompte). Il était également seigneur de deux autres châteaux, qui paraissent avoir été allodiaux ou du moins furent exclus de la reconnaissance précédente, la Garde (au nord de Préchonnet) et Chalucet (dans l'angle sud-ouest de la paroisse). Le seigneur de Préchonnet semble également avoir été le principal seigneur du village appelé Bourg, installé à moins de trois kilomètres à l'ouest du château, dont le noyau était une église paroissiale dédiée à saint Frigion et dépendance du prieuré casadéen du Port-Dieu (dans le diocèse de Limoges) : l'église, de construction homogène, est un édifice roman. La moitié septentrionale de la paroisse, autour de Lastic, relevait de la commanderie de Tortebesse qui en était seigneur et qui, au moins tardivement, y posséda une chapelle, annexe de l'église paroissiale de Bourg. Chacune de ces deux unités de peuplement s'inscrit encore sur le sol sous forme d'une clairière, limitée par des bois qui soulignent les marges de l'ancienne paroisse. Entre les deux clairières de Bourg et de Lastic s'étend une troisième clairière, délimitée, au nord et au sud, par des rivières encaissées, affluentes du Chavanon, et traversée par une ancienne route appelée le "Chemin de César". in Villes et villages neufs au XIIIe siècle en Auvergne : à propos des fondations d'Alfonse de Poitiers - & -  Année 1985.

-On apprend ainsi que Chalucet (ou "ss") semble détaché de l'hommage aux comtes d'Auvergne, cela donne une indication en faveur de Herment. Chalucet est en face de La Garde de Merlines Chavanon et au dessus de Single et Aix, il s'insère dans un ensemble défensif cohérent. Jean Marie d'Aubusson, seigneur de Chalusset est d'ailleurs inscrit dans la liste de 1698 pour Herment. Pour La Garde de Bourg Lastic rien ne vient le confirmer dans les hommages à Herment. Ruiné.

 - à Aix (Limousin),

 La seigneurie avait les Rochefort comme chefs au XIVème siècle, puis la maison passa aux le Loup de Beauvoir début XVème s., aux Beaufort (toujours eux, partout) qui revendirent à Isabelle de Vendat, dame de Ventadour, leurs biens d'Aix, Ussel, Saint Exupéry et Saint Fréjoux au XVème s. Le château était au dessus du bourg, avec enceinte, fossé, tour ronde et corps de logis regardant les monts d'Auvergne. Ruiné.

- à Saint Sauves (Auvergne),

-Au Moyen Âge, Saint-Sauves est un fief appartenant à la maison de La Tour d'Auvergne. Chateauneuf st sauvesDes châteaux sont construits à Méjanesse, Châteauneuf et Choriol (aujourd’hui disparus). Pendant la guerre de Cent Ans, le bourg, situé près de la voie stratégique Clermont-Aurillac, souffre des privations et des pillages de troupes de passage. Sous l'Ancien Régime, le territoire de la paroisse de Saint-Sauves, rattaché à la sénéchaussée de Riom puis de Clermont, est partagé entre les seigneuries de Granges (Tauves), avec notamment la maison de Lévis-Ventadour et la famille de La Croix de Castries, du Planchat, de Murat et de Bains (Mont-Dore). En effet, au XIII ème siècle, le bourg et la moitié ouest du territoire de la paroisse de Saint-Sauves appartenaient à la baronnie de La Tour (d’Auvergne). Bertrand de La Tour, premier du nom, seigneur d'Olliergues, de La Tour (1206-1212), d'Orcet, de Montpeyroux, de Coudes, marié à Judith de Mercoeur en 1190, obtint par une transaction passée avec son frère aîné, Bernard, seigneur de La Tour et mort sans postérité, qu'il reçoive la seigneurie de Saint-Sauves. Pierre de CROS, Chevalier, seigneur du Cros, de la Tartière et de Saint-Sauves, fut inscrit comme tel à l’armorial de Revel en 1450 ; il donna le fief à son neveu Jacques, seigneur de la Tartière, Marchal, Orcival et époux de Charlotte de Rochebaron, fille d'Antoine, écuyer, seigneur de La Tour, d'Aurel, de Val, de Marsac et de Dauphine de Thiers. Saint-Sauves passa ensuite à Charles de Rochebaron, lequel en fit sa déclaration au Roi, en 1540, comme fief relevant de la famille alliée de La Tour. Celui-ci passa à Jean de Rochebaron, chevalier seigneur de La Tour et Val, puis successivement à ses descendants Antoine et François ; ce dernier, n'ayant pas eu d'enfants, fit donation de Saint-Sauves le 14 septembre 1578 à son neveu Jean de La Salle, chevalier seigneur du Colombier. Guillaume de La Salle vendit la seigneurie en 1595 à Jean de LEVIS, seigneur de Charlus, baron de Granges et Tauves.

Gorges de chateauneuf st sauves-La butte de Châteauneuf est un verrou glaciaire qui domine de plus de 100 m le bassin de St Sauves. Un château-fort occupait son sommet au XIIIème siècle, possession des La Tour d'Auvergne, qui leur fut ravie par les barons des Granges, prés de St Sauves. 

Il fut ensuite détruit et la population y construisit une croix enfermant en son socle une statue de St Roch. Le Saint y est représenté avec son bâton et son Chien. Il inspira des dictons :" inséparables comme st Roch et son chien" et  "peigné comme st Roch" pour dire mal peigné. Un pélerinage lui était consacré autrefois car il est trés populaire en Auvergne. En 1714, année de disette et de mauvais temps, une épidémie se déclara dans la région de St Sauves. " Fièvre putride vermineuse" dirent les médecins. Le curé organisa une procession à St Roch. Quelques jours plus tard, il annonçait au subdélégué de l'Intendant d'Auvergne que le mal avait miraculeusement disparu. Il faut grimper à 915 mètres d'altitude sur le pittoresque rocher pour découvrir la croix et la statue de Saint-Roch, lieu ancien d'un pélerinage. 

Il reste des traces des fondations d'une construction ayant appartenu vers 1240 à Bertrand de la Tour.                                        illustration : vallée de la Dordogne à Saint Sauves avec le Mont Châteauneuf et le sommet de Chateauneuf   

 

- à Avèze (Auvergne),Chazelles aveze

Un château de Chazelles rendait hommage à la baronnie de Herment.

Il était important car il contrôlait comme ses voisins l'accès à la Dordogne limousine. 

Du repaire il ne reste plus grand chose car une demeure XVIIème l'a remplacé.

C'est aujourd'hui un château-hôtel confortable.

>http://www.chateaudechazelles.fr/?lang=fr

 

 

 

 

 

- à Tauves (Auvergne) avec la châtellenie de Granges  

Granges était situé sur un grand monticule au sud du village. Granges tauvesIl fut qualifié de baronnie en 1494 et 1675. Existant déjà en 1255, il n'en reste plus aujourd'hui qu'une partie de la tour circulaire construite en pierres de taille assez brutes. De taille modeste, il était entouré de diverses constructions à l'usage des seigneurs et dont on voit les murs démolis à fleur de terre. Louis de Lévis et Blanche de Ventadour, son épouse préféraient y habiter plutôt qu'à Charlus Champagnac selon certains souvenirs d'érudits. Depuis 1595 (?) il appartenait aux mêmes seigneurs que Saint Sauves et Tauves, les Lévis Ventadour Charlus. On sait par ailleurs que Michel BELLET en était le capitaine en 1649-1660 et que les baillis furent successivement Jacques RAVEL (avocat au Parlement) en 1644, Michel BOUYON (bourgeois d'Herment) en 1651-1661, Antoine BOUYON (frère du précédent), en 1668-1675, Pierre MABRU (notaire royal à Saint-Sauves) en 1681 et Michel MABRU (frère du précédent, avocat au Parlement, notaire royal) en 1711. Ainsi, il était apporté le 20 janvier 1722 par mariage de Marie-Françoise de LEVIS, dame de Granges, à Joseph-François de LA CROIX, marquis de CASTRIES, baron des états du Languedoc, lieutenant du Roi dans cette province comme "fidèle à son Roi et à l'honneur", gouverneur de Montpellier, chevalier d'honneur de la duchesse d'Orléans. Saint-Sauves passa à leur fils Charles-Eugène Gabriel de LA CROIX, marquis de CASTRIES, maréchal de France et ministre de la marine. La terre et seigneurie de Granges fut vendue le 25 mai 1789 à Michel de LA SALLE DE ROCHEMAURE, chevalier seigneur de Puy-Germeaud, lieutenant-Colonel au régiment de Royal-Auvergne, moyennant 200.000 livres. Malheureuse initiative pour l'acheteur !

- à Beaulieu en haute Auvergne et à Saint Julien près Bort en bas Limousin, 

Tinières et Lic-Tinières : la châtellenie de T(h)inières est typique des fiefs fort compliqués du Moyen Age : elle se situe sur deux provinces, des deux côtés d'un même fleuve faisant frontière en certains temps de guerre, en rendant hommage théoriquement à deux vicomtes différents quand ce n'est pas à deux rois, et dont les propriétaires scindent les domaines et changent perpétuellement mais plus ou moins dans la même famille ou entre alliès ! Tinières avaient un statut très important pour ses possesseurs, certainementThynieres 15 sentimental en souvenir des temps stratégiques, et figure toujours en bonne place dans les transmissions par leg. Lisons le Dr Deribier : "Thinières, hameau, avec les ruines d'un château fort qui était le chef-lieu d'une ancienne baronnie. Il ne reste plus aujourd'hui que des pans de murs et la moitié d'une tour carrée occupant la cime d'un mamelon peu élevé, si ce n'est du côté de la Dordogne, où il est coupé à pic et domine la rivière. On trouve, dans les souterrains du château, des brillants semblables à ceux dits cailloux du Rhin.

La baronnie de Thinières était tenue en fief par une famille du même nom et de la maison de La Tour-d'Auvergne. Une partie de cette baronnie, qui se trouvait en Limousin, fut démembrée du corps principal sans doute vers le XIII° siècle, par le mariage de Delphine de La Tour avec le vicomte Ebles VI de Ventadour (< 1260); elle portait aussi le nom de Thinières". NB : plus précisemment Lic Tinières. En repérage sur place en 1982, le chanoine Billet nous désigna l'emplacement sur un sommet en face de la place forte limousine. Un peu plus loin, de chaque côté de la Diège la même configuration vaut pour les deux Charlus Rocher et Pailloux".

Le plus ancien seigneur de Thinières connu est Arbert de Thinières, qui vivait en 1166. Son frère, aussi du nom d'Arbert, était prieur de Bort en 1167. Pierre de Thinières , en 1201 , fut seigneur de Val, près de La Nobre. En 1262 la terre de Thinières appartenait a Robert, dauphin d'Auvergne. Dans un partage fait en 1276 entre Bertrand de La Tour, chanoine de Clermont, et Bertrand, son neveu, l'oncle eut pour lui le fief et la baronnie de Thinières, avec le château et les dépendances. Il fut convenu que N.-Pierre do Thinières lui ferait son hommage.

En 1280 Bertrand fit son testament et donna Thinières à son neveu, baron de La Tour, et à Delphine, vicomtesse de Ventadour, sa nièce , dont il vient d'être parlé. En 1508 Arbert de Thinières, frère mineur, figura dans l'interrogatoire que subirent les Templiers à Clermont, où présidait Arbert, évêque de cette ville. En 1309 Guillaume de Thinières, seigneur de Val, fit hommage à Bernard de La Tour, suivant le traité passé en 1303, sur l'arbitrage d'Ithier de Bréon, Sr de Mardogne , et qui portait que le château et forteresse de Val relevait de Bernard de La Tour et de Béatrix d'Oliergues, sa mère, dame de La Tour. (Voyez La Nobre.)

La baronnie de Thinières resta dans la famille de La Tour de puis le XIII° siècle jusqu'à la fin du XVI°. Elle advint, par succession, au dauphin de France, Henri II, et Catherine de Médicis la vendit, en 1683, 3,000 écus à M. François de Chabannes, marquis de Curton. Cette vente fut maintenue en 1669 par des commissaires nommés à cet effet. En 1779 M. le baron de St-Etienne acquit Thinières du marquis de Chabannes. Suivant la tradition du pays, Marguerite de Valois aurait séjourné quelque temps à Thinières; mais il se pourrait que ce fut une autre reine de France, Catherine de Médicis. (Voyez Lanobre.)".

à Sarroux (bas Limousin)

- Pierrefitte : un texte de présentation a été publié lors d'une visite savante. Nous le reprenons avec plaisir.

Pierrefitte qui veut dire : pierre fichée, pierre dressée, nom de nombreux lieux-dit dont l'un existe encore sur la Commune de Poussanges (région d'Aubusson Felletin), où en 1370 Dauphine de Lestrange épousa Roger-Hugues de Bort. Les deux familles sont d'extraction chevaleresque et s'illustrent dans la région depuis plusieurs siècles. Les Bort sont de très ancienne chevalerie, plusieurs ont été chevaliers des ordres du Roi. Ils ont participé à la 4° Croisade, ont fondé le monastère de Bort, et donné de nombreux chevaliers du Temple (ils ont témoigné lors du fameux procès intenté à l'Ordre par Philippe le Bel). Ils jouissent dans la région d'une situation considérable : ils ont contracté des alliances illustres, se sont distingués dans les nombreuses guerres de leur époque et tirent des bénéfices importants de la situation privilégiée de la ville de Bort, le Pierrefitteplus gros centre commercial de la région (le produit annuel de la Leyde s'élèvera en 1482 à 200 livres tournois). Les Lestrange, quant à eux, possèdent de très anciens droits seigneuriaux en Marche et en Limousin (issus du repaire éponyme des environs de Lapleau), et en 1370, Dauphine compte parmi ses frères trois prélats éminents (Guillaume à Rouen, Elie au Puy, et Raoul, Légat de Grégoire XI (dont le médecin s'appelait Jean de Tournemire), lui même neveu de Clément VI, pape Limousin qui avait promis d'installer dans sa province "un rosier qui fleurirait à jamais". Les Bort sont installés dans le château de Ribeyrolles dont il reste quelques vestiges sur la rive droite de la Dordogne en face du château de Madic. Mais les jeunes mariés décident de remettre en état une vieille forteresse qui était située ici, au milieu de la prairie en dessous du château actuel, à qui ils donnent probablement le nom de Pierrefitte, du nom de l'apanage limousin de Dauphine. Il deviendra désormais la résidence de la famille car ils avaient été conquis par la beauté du site : de l'Est à l'Ouest les monts d'or, dominés par le Sancy, la Banne d'Ordanche qui seul nous masque le Puy de Dôme à quelques 90 km., puis la vue porte sur les collines de la Marche et du Limousin. Une centaine d'années plus tard, le vieux château de Pierrefitte devait menacer ruine, ou ne plus être en rapport avec la fortune de la famille et Charles de Bort, gentilhomme de la Chambre de Charles VIII, époux d'Antoinette de Saint Avit, ordonne la construction en cet emplacement du nouveau château de Pierrefitte que vous avez sous les yeux. Les travaux commencés en 1471 (une trentaine d'années après la construction du château de Val que nous apercevons d'ici), dureront sept années et Antoinette se plaint de ce que les denrées fournies par ses propriétés sont insuffisantes pour nourrir les ouvriers payés par ailleurs de 10 à 20 deniers par jour selon leur capacités (un mois de salaire équivalait au prix d'un cochon gras). Les fondations du château furent construites par Robert Rigal, maître maçon. Les travaux furent ensuite arrêtés pendant deux ans pour laisser se produire les tassements. En 1474 la maçonnerie fut reprise, et les bois de charpente furent coupés dans la forêt de Pierrefitte. Pierre Bahut était alors maître maçon et Peyrat, maître charpentier. En 1478 la construction était presque terminée. On recouvrit les toits de tours avec des feuilles de fer blanc cimentées avec un mastic dans la composition duquel rentrait de la poix. Le principal corps de logis, qui pendant la construction, avait été protégé avec de la paille, fut couvert en schistes. (Notes du Dr. Longy) Ce splendide "paquet de chandelles" est à l'origine plus élancé qu'il ne l'est aujourd'hui. Les tours, couronnées de superstructures crénelées et mâchicoulées, dont on note encore les vestiges, ont cinq mètres de plus en hauteur; les pieds des tours du Sud sont dégagés et protégés par des fossés aujourd'hui comblés. Sur la façade Sud, seules existent les ouvertures du premier étage. La porte d'entrée, au Nord, donne dans la tour centrale qui abrite l'escalier en colimaçon desservant les trois étages et les terrasses. Les lettres patentes de Louis XI, datées de 1483, indiquent que Charles de Bort, seigneur de Pierrefitte, "Possède, en raison de son château, haute et basse juridiction" et que "le château est ancien et de très ancienne fondation par gens de geante et noble maison". Charles de Bort jouissait d'une considération telle que le Pape Sixte V (celui qui fit construire la chapelle Sixtine) lui accorda en 1474 un bref lui conférant le droit d'avoir un autel portatif, et d'y faire célébrer la messe pendant ses voyages, pour lui, sa famille et ses serviteurs. Les puissantes relations de Charles vont lui être très utiles pour résister aux menées de son voisin, cousin, suzerain et néanmoins rival, Gilbert de Chabannes qui possède le puissant château de Madic dont les ruines (propriété de nos amis Couturon) dominent encore la Dordogne, à 6 Km. d'ici, en contre-bas des Orgues de Bort. En 1481, Gilbert de Chabannes pour attirer les populations sur ses terres aux environs de Madic et détourner à son profit l'activité commerciale de la ville de Bort, profite d'une absence de Charles de Bort pour faire construire (avec les bois de Pierrefitte !) un pont sur la Dordogne ainsi qu'un port au pied de son château. Ces ouvrages furent démolis l'année suivante sur instructions royales (lettres patentes données à Tours le 27 janvier 1482) et la ville de Bort redevint le centre incontesté des transactions commerciales du Pays. Pendant 300 ans, dix générations de Bort se succèderont à Pierrefitte. Au moment de la Révolution, Léonard-Antoine de Bort, propriétaire de Pierrefitte, est incarcéré à Ussel, puis relaxé. Il mourra en ne laissant que des filles et une situation matérielle précaire. En 1861 s'éteindra le dernier descendant de la branche ainée de cette famille, Octavien de Bort, frère du précédent, célibataire, chevalier de Malte, fait prisonnier par les troupes de Bonaparte en 1798 au siège de La Valette. Il sera Maire de la ville de Bort sous la Restauration, de 1816 à 1830. En 1793 Pierrefitte, dont le propriétaire est en prison, va devenir une proie facile pour une équipée de voyous révolutionnaires qu'on appelait les "Marseillais". Probablement excités par l'aspect féodal du bâtiment, ils investissent les lieux, montent sur les toits et mettent bas les éléments les plus fragiles des toitures et des superstructures. Le Docteur Longy dit qu'ils durent renoncer à leur œuvre de destruction en raison de la solidité des murs. La maison restera inhabitée pendant près de 40 ans. Elle avait été vendue dès 1822 par Sophie Antoinette de Lagrange, fille de Léonard-Antoine cité plus haut, à Antoine Delamas, Conseiller de préfecture du Puy de Dôme, pour être enfin rachetée (moyennant 42 500 F) en 1830 par la jeune Eléonore Clara Ruel de La Motte qui venait d'épouser un vieux Monsieur de Bailleul, Marquis de Croissanville, de 40 ans son aîné. Il est probable que sur la fin de sa vie, le vieux Marquis n'ait vu dans ce mariage qu'une occasion de doter la jeune Elèonore Clara, dont il connaissait probablement les sentiments pour un jeune homme de la région, Henry-Louis de Tournemire, dont la famille, plusieurs fois alliée aux Bort, vivait noblement mais pauvrement sur la commune de Margerides. Le vieux marquis meurt en 1833 et deux ans après, Eléonore épouse son Henry-Louis. La cheminée du salon porte au centre les armes du jeune ménage, à gauche celles du Marquis de Bailleul, et à droite celles de la famille de Bort. En 1961 le château était encore solide certes, mais sans confort exagéré, sans eau, ni électricité ni téléphone, ni chauffage .... Il a depuis été entièrement rénové. Ne se visite pas.

Un second groupe plus au sud, verrouillait la haute vallée, essentiellement dans l'actuel département du Cantal

- à Champs sur Tarentaine (haute Auvergne), ce groupe est délicat à définir pour les possessions et hommages aux Ventadour, subodorées plus que prouvés dans certains cas, mais souvent en relations étroites. Le limes y est incertain, les alliances probables ou certaines, l'influence évidente et le territoire au moins partagé, parfois établi.

- château de Brousse - Il était une résidence appréciée par la famille de Chabannes. Selon le docteur DERIBIER  "On y voit les ruines d'un ancien château dont la chapelle est encore debout; c'était le chef-lieu d'un fief qui relevait de la vicomte de Laroche. Ce fief appartenait à Henri d'Escorailles, en 1298; en 1322, Pierre de Sarran en était seigneur; une Jeanne de Sarran Tour de brousse champsl'apporta en dot, dans le cours du XV° siècle, à un sieur Géraud de Lascostes, originaire des environs de Bort; elle ne laissa qu'une fille qui épousa en premières noces Mathelin, seigneur de Lamothe, et en secondes noces Guillaume de Montceaux, qui devint ainsi à son tour possesseur de la terre de Brousse et la transmit à ses descendants. L'un d’eux, François de Montceaux, consentit, à Maurice de Chalus, seigneur de Couzans, un acte de société par suite duquel ce dernier on hérita après lui; il la vendit, en  1599, à François de Chabannes, et elle est restée dans la famille de celui-ci jusqu'à la cession qui en a été faite de nos jours à un propriétaire de la ville de Bort.

La plupart des maisons qui ont possédé Brousse ont compté des hommes remarquables par leurs hauts-faits d'armes et leurs services ; des d'Escorailles et des Chabannes sont devenus des personnages historiques dont il sera parlé à d'autres articles, et un François de Montceaux a laissé des souvenirs qui ne, sont pas sans célébrité : il fit avec distinction la guerre en Normandie contre les Anglais, devint l'agent confidentiel du duc d'Albanies et fut envoyé comme tel en Ecosse et à Rome pour y négocier le mariage de Catherine de Médicis, nièce et pupille du duc et du pape, avec le dauphin de France; et plus tard, le capitaine-châtelain de Ruines, pour le baron de Mercœur, étant parti pour l'Italie avec le connétable de Bourbon dont il avait embrassé la cause, il mérita d'être commissionné en son lieu et place et fut immédiatement investi de son autorité.

Aux environs de Brousse, quelques localités, telles que Petra-Fossa, La Tour, portent des dénominations qui semblent indiquer d'anciens monuments dont il ne reste plus de vestiges. La chapelle qu'on y voit encore fut bâtie en 1608 par Henri de Chabannes, vicomte de Laroche, qui en habitait alors le château."

Ambort, "village situé sur la rive droite de la Rue, dans nue vallée fertile mais de peu de largeur. Ambort a été le chef-lieu d'une seigneurie de quelque importance; elle appartenait, en 1550, à Françoise de Gimel, et en 1596 elle était devenue la propriété de la famille de Gouzel, anoblie par Henri III, pour la vigoureuse résistance qu'opposa en 1574 Gabriel de Gouzel, aux huguenots qui voulaient s'emparer d'Allanche dont il était gouverneur. Un Jacques de Gouzel la vendit, en 1605, à Maurice de Chalus, et elle passa ensuite successivement à Antoine Legrand, à Etienne Dubois et enfin à la maison de Chabannes".

- Laforce : "La terre de Laforce appartenait dans l'origine à la maison de Roussillon; elle passa dans celle de Dumolier par le mariage de Catherine de Roussillon avec Gabriel Dumolier, sieur du Monteil et gendarme de la garde du roi, et puis, par celui de Françoise Dumolier avec Edmond-Mathieu do Volpy, dans la famille Mathieu de la Force. Cette dernière famille a été anoblie par lettres-patentes du 14 juillet 1628, en récompense d'une suite de hauts-faits d'armes d'un de ses membres qui méritent d'être mentionnés.

Lors du mariage de Louis XIII avec la fille de Philippe III, on sait qu'il fallut une armée pour conduire à travers la révolte le jeune roi à la frontière et ramener l'infante à Paris. Dans le cours de ce voyage, qui ne ressemblait guère à celui d'un souverain, la Cour faillit d'être enlevée à Castel-Jaloux et ne dut son salut qu'à la bravoure d'un Jacques-Mathieu de Chabannes, lieutenant-général de la ville de Latour, qui s'avança hardiment au-devant de l'ennemi, tua d'un coup de pistolet un de ses capitaines de gens de pied, à la tête de sa compagnie, et par cet acte de vigueur donna, disent les lettres-patentes, tel étosnement à toute leur troupe qu'ils quittèrent le dessein qu'ils avaient fait d'enlever ledit quartier. Le même, en 1617, à la tête d'une brigade de vingt maîtres, combattit courageusement contre trois cents maîtres et autant de mousquetaires du duc de Nevers qui tentaient d'enlever le quartier de Raineville où s'était retiré le roi et sa mère, les repoussa et les força à se retirer après leur avoir tué sept gendarmes et leur avoir fait huit prisonniers. Jacques-Mathieu se distingua encore au siége de La Rochelle, en 1622, et particulièrement en 1628 à la prise de ce redoutable boulevard de la Réforme. S'étant trouvé alors, disent les lettres-patentes, à une sortie de cinquante cavaliers ennemis qui fut faite sur lui, où le champ de bataille lui demeura, quoiqu'il ne fut que lui, treizième, et blessé de deux coups d'épée". On peut donc certainement rangerLaforce dans les fiefs de Madic avec un Chabannes permettant l'ennoblissement. Quant au lien avec Herment ? 

-Haute-Roche, où on voyait autrefois un château dont il ne reste aujourd'hui que quelques traces, était le chef-lieu d'un fief relevant de la baronnie de Tynières qui appartenait, vers la fin du XVI° siècle, à la famille de Montceaux, et qui passa dans celle de Fontanges par le mariage d'une demoiselle de Montceaux avec Raimond de Fontanges, souche des Fontanges-d'Haute-Roche, qui l'ont possédé jusqu'à la fin du siècle dernier (XIXème).

- La Roche : On voit à la Roche les ruines d'un château qui était le chef-lieu d'une vicomté Champs hauteroche ruine 1considérable.

Elle appartenait primitivement à la maison de Latour-d'Auvergne et relevait de la baronnie d'Herment; elle passa, en 1469, dans la maison de Chabannes, par le mariage de Françoise de Latour, à qui elle fut donnée en dot, avec Gilbert de Chabannes; elle fut cédée plus tard à M. Ignace Dubois, baron de St-Etienne, qui devint ainsi vicomte de la Roche ; sa famille en a joui jusqu'à la fin du siècle dernier. 

On voit près de la Roche, sur une élévation et à l'aspect du midi, une enceinte formée de terres jectices et qui a l'apparence d'une redoute, c'est la motte du Suc de la Frausse. Aucune tradition ne se rattache à cette sorte de camp retranché qui remonte certainement à une époque fort reculée, et qui demanderait à être étudié avec soin.

 illustrations : ce qui reste du château de Brousse (cop. AD Cantal)

 

 

 

- à Marchal (haute Auvergne),Marchal motte

- seigneurie auvergnate très liée au bas Limousin également tant par les d'Anglard que par les Chabannes, donc aux Ventadour au moins par influence sinon par vassalité directe .

Selon le Dr Deribier : "La terre de Marchal appartenait dans l'origine aux seigneurs de Merdogne; l'un d'eux la céda au comte de Boulogne, et la famille de Marchal, qui en était en possession au XIII° siècle, ne la tenait qu'en arrière-fief. Elle entra ensuite dans la maison de Cros-la-Tartière; c'est ce qu'établit un acte de 1490 par lequel Jacques de Cros, seigneur de la Tartière, St-Sauve, Orcival, etc., en disposa en faveur de son fils Guillaume. Elle passa plus tard, d'abord dans la famille de Roche-Baron, puis, en 1518, dans celle d'Anglards de St-Victour. Antoine de St-Victour en céda une partie, en 1522, à Charles de Malroche, originaire de la ville de Bort et prieur dans le Bourbonnais, et le surplus fut acquis par François de Montceaux, seigneur de Brousse et homme de confiance du duc d'Albanie. Peu après, ce dernier en devint unique propriétaire et en fit comme tel, en 1526, hommage au duc Jean, en sa qualité de tuteur de Catherine de Médicis, duchesse d'Urbain et dame de la Tour. Cette terre entra eu dernier lieu, par voie d'alliance, dans la maison de Fontanges, qui en a conservé la propriété jusqu'en 1789.                                                      illustration : OT commune de Marchal Champs

à Madic (Haute Auvergne),

Madic 1Quand on considère les ruines du château de Madic, on est frappé de leur grandeur. On peut encore mesurer la hauteur considérable des énormes tours, dont les murs ont plus de trois mètres d'épaisseur. Des chemins souterrains et Youtés suivent à l'intérieur l'enceinte du château. On voit les embrasures des canons et les niches creusées dans l'épaisseur des murs pour mettre l'artilleur à l'abri du recul. Du côté du nord, le château et la grosse tour St-Yves étaient suspendus sur une roche escarpée dont la base plonge dans les eaux de la Dordogne. Il y avait en Auvergne des châteaux dont l'assiette était plus forte, il n'y en avait pas où les dispositions militaires eussent été prises avec plus de soin; c'était un modèle de la fortification féodale. Aussi, au XVI° siècle, était-il regardé comme presque imprenable. (in de Vernyes,Mémoires.)

On aurait une fausse idée de Madic si on le considérait uniquement comme une forteresse ; il y avait de nombreux et vastes appartements décorés avec tout le luxe du XV° siècle. Quelques pans de murs ont conservé les restes de peintures à fresque. On verra dans la suite de cet article qu'il était meublé avec une somptuosité en rapport avec la position de l'illustre famille de Chabannes qui, pendant trois siècles, en a fait sa principale résidence.

Madic est mentionné dans la fausse charte attribuée à Clovis. Etienne III, évêque de Clermont, mort en 1013, fit don de Madic au monastère de Bort. Il appartenait au XIII° s. à Hugues de Madic qui portait "d'or au sautoir de sable". Le fief de Madic a donné son nom à une famille d'ancienne chevalerie.  Pierre de Madic, chevalier du Temple et commandeur de Belle-Chassaigne, en 1273, était grand prieur d'Auvergne en 1294. L'année suivante, il donna quittance à l'évêque de Clermont pour certains droits dus à Pierre du Chambon, son prédécesseur. Un autre Pierre de Madic déposa dans le procès d'abolition de l'ordre du Temple, et déclara qu'il avait été reçu dans cet ordre à dix-huit ans. Bernard de Madic, chevalier, fut témoin, en 1369, de l'hommage fait par Astorg d'Aurillac à l'abbé du monastère de ce nom. Guillaume succéda à Bernard. Il épousa, en 1353, Alix de Charlus. Il fut père de Géraud, qui lui succéda; de Gaillarde, mariée en 1352 à Hugues de Chabannes, seigneur de Charlus-le-Pailloux. Ce mariage fit passer plus tard la terre de Madic dans la maison de Chabannes. Géraud testa en 1414 et substitua à son fils Jacques de Chabannes, petit-fils de sa sœur. Pendant qu'il vivait et avant 1375, le château de Madic fut occupé par les Anglais.

En 1480, Gilbert de Chabannes obtint du roi Louis XI des lettres - patentes portant établissement de foires et marchés au lieu de Madic; elles l'autorisaient à construire un pont sur la rivière de Dordogne et à y percevoir un droit de péage. Guillaume Doyat, commis pour l'exécution de ces lettres, se transporta au village de Ribeyrolles pour entériner les lettres du roi. Il n'y eut pas d'abord d'opposition; mais plus tard, Charles de Bort, seigneur de Pierrefitte, s'étant ravisé, interjeta appel de la sentence d'entérinement. Il prétendit que Madic  « qu'un simple village inhabitable et dépopulé; que Gilbert de Chabannes » voulait, par contrariété, y faire venir les gens contre leur gré pour frauder, annihiler et mettre à néant les foires et marchés de Bort. Il s'élevait surtout contre l'établissement d'un pont ou d'un port à Madic, comme portant atteinte à ses droits. Par des lettres données à Tours, le 27 janvier 1482 (1483), par le roi en son conseil, Charles de Bort fut reçu opposant à l'exécution des lettres obtenues par Gilbert de Chabannes. On ignore quel fut le résultat de cette opposition. Cependant, une halle fut bâtie à Madic ; elle existait encore en 1627. Un marché s'y tenait en 1565. Quant au pont, il ne fut pas construit, et, sur ce point, Charles de Bort obtint sans doute gain de cause. Depuis longtemps il n'y a plus à Madic ni foire ni marché. 

Suivant une légende qui s'est perpétuée dans le pays, sa soeur Antonia étant morte, Jacques de Madic, voulant vers 1425 marier sa fille Hélis, réunit tous les jeunes seigneurs des environs et leur fit exécuter diverses courses et tournois. Chacun s'étant surpassé, le seigneur de Madic promit la main de sa fille à celui qui, la portant sur ses deux bras et passant la rivière sur un pont de bois, irait ainsi chargé et sans désemparer, du château au pied de la Roche Gimel, rocher basaltique en forme de tour s'élevant à mi-côte de la rive opposée. Aucun des prétendants n'avait réussi et certains même avaient trouvé la mort par suite "de la rupture de quelque vaisseau". Se présenta alors le jeune seigneur de Charlus, candidat préféré du père comme de la fille. A bout de force, il dut s'arrêter en route, rendant le dernier soupir. Accablée de douleur, Hélis ne put survivre à celui qu'elle considérait comme son fiancé. Des feux follets se seraient depuis manifestés de temps à autre le long de l'itinéraire. Madic 2Ils auraient cessé définitivement vers 1870, les deux fiancés ayant apparemment fini leur temps de purgatoire et ayant commencé leur bonheur éternel.

Ce fut donc Jacques Ier de Chabannes qui hérita de Madic, le laissant par testament en 1453 à son second fils Gilbert au nom de qui sa mère, Anne de Lavieu prit possession en 1457.

"Sous la direction de Blandin BOMPART, seigneur d'AUZERS: "Pour considération que notre bien-aimé Blardin Bompart est continuellement et ordinairement occupé au service de notre amé et féal conseiller et chambellan le seigneur de CURTON, gouverneur du Limousin, l'exemptons du ban et arrière ban." Lettres de Louis XI, datées du Quesnoy, le 4 mai 1470.(/Delalo)".

Sur les soubassements de l'ancien château et ne conservant que la tour Saint-Yves (qui ne s'écroula qu'une trentaine d'années avant la Révolution), Gilbert de Chabannes en fit construire un autre aux environs de 1470. C'était une véritable forteresse avec d'énormes tours dont les murs avaient plus de 3 mètres d'épaisseur, des embrasures y étaient ménagées pour permettre de les garnir de canons. C'est par un pont-levis jeté sur le fossé qu'on avait accès à cette forteresse.

Madic avait été l'une des terres substituées sur  la Maison de Chabannes. Le 10 juillet 1794, le site du château de Madic a été vendu en 32 lots comme bien d'immigré.Le château était d'ailleurs inhabitable. Confisqué à la Révolution, il avait été acheté par un habitant du pays qui enleva d'abord tout ce qui lui convenait y compris les tuiles vernissées de la couverture. Après quoi il en acheva la démolition, ne laissant debout que les murs. L'un de ceux-ci avec sa fenêtre ogivale serait les restes de la chapelle. Son dernier propriétaire avait été Jean-Frédéric de Chabannes qui, de retour de l'immigration en 1802, est parvenu à racheter 31 lots, mais le dernier était à un nommé Verneghol qui ne voulut rien savoir. Il revendit donc les 31 lots à un marchand de biens, qui dût récupérer le 32ème lot et l'a revendu à Antoine Gilbert. J.F. de Chabannes avait décidé de tout revendre pour réserver ses moyens financiers à la restauration de La Palice.

Antoine Gilbert achèta Madic en 1817. Il avait épousé Mlle Charles (1804-1875) à laquelle il laissa ses biens lors de son décès en 1829. Celle-ci se remarie en 1830 avec le docteur Léon Antoine SPINASSE , natif d'Egletons qui le transmit à sa famille. 

Madic 3

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Les chevaliers de Madic furent avec les Chabannes très prestigieux. Leur histoire est délicate à retracer car elle est complexe et multiple en raison des branches et maisons. Malgré tout, essayons de faire une synthèse. (texte à suivre en rédaction)

Propriétaires de Madic

* Géraud Ier seigneur de MADIC ca 1325

* Jacques 1er de CHABANNES 1395-1453

* Gilbert de CHABANNES 1439-1493

* Jean de CHABANNES ca 1470-1539

* Joachim de CHABANNES 1502-1559

* François de CHABANNES 1535-1604

* Jean-Charles de CHABANNES 1569-1655

* Christophe de CHABANNES 1611-1676

* Henri de CHABANNES 1653-1714

* Jean Baptiste de CHABANNES 1688-1772

* Jacques Charles de CHABANNES 1737-1780

* Jean Frédéric de CHABANNES 1762-1836

Concernant la généalogie très complète de l'illustre famille de Chabannes nous renvoyons à l'étude exhaustive faîte par Etienne Pattou sur http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Chabannes.pdf

Ceux qui le désirent peuvent nous demander le texte intégral concernant Madic du dictionnaire du Dr Deribier - note sur les seigneurs de Chabannes

à Saignes (Haute Auvergne),

SaignesOn trouve, dans des documents très anciens, trace de Saignes qui devrait s'appeler Sagnes, avec des appellations différentes qui, pourtant, se rejoignent : Sanis, Saniaresis, Sanhas et Sanhes sont, en effet, mentionnées. Cependant Saignas apparaît bien avec Ebles de Saignas en 1150/1170. Le terme indique des terres marécageuses dans ses environs, mais la bourgade s'est édifiée sur une sorte de terrasse au sommet de laquelle un ensemble fortifié a été érigé. Accrochées au rocher, des loges et cabanes tiennent lieu de demeures aux habitants.

Le nom de Saignes, en tant que patronyme est connu, au XIIème siècle, avec Odon 1er signalé comme "comtour" en 1187 et pourtant… Entre 1010 et 1014, les écrits font état d'un Adalbert de Saignes, chevalier de l'escorte d'Ermengarde, dame d'Apchon, à qui l'on doit le transfert des reliques de Saint-Mary à Mauriac. On trouve DONC un Ebles de Saignes, troubadour du XII° siècle, dont quelques écrits sont venus jusqu'à nous par une strophe de la satire de Peyre d'Alvergne et une chanson de Garin le Brun avant 1156.  Quelques explications s'imposent quant à ce statut de "Comtor" que l'on ne trouve qu'en Aquitaine, de l'Auvergne à l'Espagne. Comtour est un titre féodal doublé d'un fief et son origine semble être « comitor », à savoir haut vassal tenu d'accompagner le comte. Au Moyen-Âge, il est classé devant tous les autres seigneurs. Ce qui peut laisser supposer que la Maison de Saignes dépendait, dès son origine, de celle de La Tour d'Auvergne. Odon 1 er se démarque en faisant don de sa villa du Monteil à l'abbaye de Valette, sise sous Spontour. En 1262, le château et les terres de Saignes apparaîssent propriété de la maison de la Tour. Mais sa famille est toujours là ...  Ses descendants s'illustrent. Par exemple, Guillaume qui, en Saignes chapelle1390, est désigné pour reprendre le château de la Roche Vendeix, tenu par le redoutable routier Aymérigot Marchès. La maison des comtours de Saignes s'éteignit assez rapidement. Las, les descendances ont une fin et en 1417, en pleine Guerre de Cent ans, Pierre de Saignes prisonnier des godons, porte la dot de sa seule héritière, Isabeau, à Astorg de Peyre qui en devient le dernier comtour. Cette comtoisie, et sa justice, s'étendait sur de nombreuses paroisses et villages. Parmi celles-ci, on peut citer Saignes, Champagnac, Chastel-Marlhac, Ydes, Auzers, Menet, Trizac, Vebret....Il faut noter que ces Comtours étaient, en outre seigneurs de la Daille, du Châtelet d'Antignac, de Trizac et de Cheyrouse.
La construction devait être en bois comme il était de coutume à l'époque. Le château primitif, qui devait être en bois, n'a pas résisté au temps ni aux attaques. Une partie habitation du castrum était  utilisée par les comtours de Saignes jusqu'en 1308, date à laquelle, ils émigrèrent au château du Chastelet, à Antignac, chef lieu de la seigneurie de la Daille.

Aux La Tour avant le commencement du XIV° siècle la châtellenie ni reste pas longtemps. Bertrand de La Tour, sixième du nom, en disposa, en 1409, en faveur de sa fille, en la mariant à Gilbert de Chabannes, deuxième fils de Jacques, grand-maître de France, et lui-même sénéchal de Guyenne et baron de Madic. Gilbert de Chabannes, qui est chambellan de Louis XI, va redonner un élan à l'économie de la bourgade. Sa famille conservera le fief pendant près de deux siècles jusqu'en 1629. Pendant la guerre de 100 ans, les Anglais ou les bandes de pillards à leur solde brûlèrent le Châtelet et prirent le petit fort de Saignes.  En 1441, Saignes est exsangue et la plupart de ses habitants se sont enfuis devant les hordes de routiers sanguinaires. On lit dans un terrier de 1441 que cette forteresse renfermait à cette époque des logements et des réduits considérables où se retiraient les habitants des environs dans les temps de trouble, et que les habitations du commandeur d'Ydes, du seigneur de la Bachelerie et de la famille de Chapiton lui étaient adossées. La plupart des maisons du bourg de Saignes tombaient alors en ruines, désertées qu'elles avaient été par suite des craintes qu'inspiraient les Anglais. En 1550, le château était, paraît-il, déjà rasé !

En 1520, Jean de Chabannes (fils de Gilbert), fait construire un hôtel seigneurial sur la place de Saignes, près de l'église. Il y fait graver sur une tour, son portrait entouré de ceux de sa femme et de son fils Joachim. Les fenêtres sont ornées de coquilles retournées, souvenirs des campagnes d'Italie auxquelles il a participé aux côtés de François 1er. Ce dernier tient la maison de Chabannes en estime et tombe sous le charme de Saignes. Il y autorise deux foires par an, manifestations qui vont donner à la commune un essor considérable. Joachim, apportera sa pierre à l'édifice en faisant construire une halle (rasée en 1895). Les descendants de Gilbert de Chabannes la vendirent à la maison de Lévis-Charlus dans le cours du XVIIème siècle. Ce sont donc les comtes de Lévis Ventadour, seigneurs de Charlus,qui  lui succédèrent puis les de la Croix de Castries et enfin en 1779 les de Pastel-Caissac. Sortie sans trop de dommages de la Révolution alors qu'elle appartenait à la famille de Pestel-Caissac, Saignes conserva en souvenir un pan du château féodal et la ravissante chapelle Notre-Dame du château.  in « Saignes, ses comtours, ses comtes… sa bourgeoisie » du docteur de Ribier. « Saignes Notre-Dame de la Nativité » (non signé). « Saignes et ses environs » d'Antoine Trin et Camille Vigouroux. Recherches d'Alain Galvaing - Yveline David LM

à Antignac (Haute Auvergne),

-Le Châtelet, petit village sur la rive gauche de la Sumène, jadis seigneurie, avec un château bâti sur une colline, et dont on aperçoit encore les ruines. Il appartenait aux seigneurs de Saignes, qui en devaient fief aux barons de La Tour. Odon de Saignes remplit les formalités exigées en pareil cas, vis-à-vis de Bertrand III et de Béatrix d'Olliergues, l'an 1280. Ce château était alors habité ; mais aucun acte n'en fait plus mention à partir du XV° siècle. Il fut démoli, sans doute, lors de la guerre avec les Anglais, qui possédaient Neuvialle.

Antignac vue sur chatelet-Non loin de là se voient les restes d'autres bâtiments dominant le lieu d'Antignac, et nommés Roche-Hubert. On croit devoir les considérer comme ayant formé le chef-lieu de la seigneurie de La Daille, dont les terres étaient assez dispersées. Elles se composaient d'une moitié environ des paroisses d'Antignac et de Salsignac, et, vers la montagne, de plusieurs villages situés dans celles de Chastel, Trizac, etc. La seigneurie de La Daille aurait appartenu d'abord aux comptors de Saignes, puis serait passée, par suite d'une alliance, dans la maison de Peyre. En 1444 Gilhert de Chabannes l'acheta de N.-Astorg de Peyre, baron de Pierrefort; et la vente fut ratifiée en 1462 par un autre Astorg, fils du premier. La Daille est restée long-temps dans la famille de Chabannes.

- une charte de Clovis renferma le passage suivant : « Et castrum Avenno cum appendiciis suis. » Il a donc existé un château sur le rocher du Vignon. Ce qui vient à l'appui de cette opinion, c'est qu'en parcourant la plate-forme au-delà d'un pli de terrain qui sépare de l'église, on remarque dans le roc, qui est un gneiss ou schiste micacé, des entaillaillures destinées à recevoir les fondations d'un bâtiment, ainsi que la place d'une porte avec un chemin assez large, bien, tracé et taillé aussi dans le rocher. Il se trouve , en outre, non loin de là, encore dans le roc, une excavation de6 à 7 mètres de côtés qui, nettoyée en partie, a laissé voir des masses de granit et de basalte mises en fusion, vitrifiées et mêlées avec une grande quantité d'ossements agglutinés. Au-dessous de cette couche on aperçoit d'autres ossements non brûlés, parmi lesquels des ossements humains, puis du charbon, des fers de mule, des fers de flèche, des pieux de bois brûlés et d'autres objets, enfin une couche de cendres de 2o centimètres d'épaisseur. Il a été impossible, jusqu'ici, de s'expliquer historiquement cet amas confus de matières. Cependant, de pareilles découvertes, jointes à celles de briques romaines et de silex pour lames ou garnitures de flèches dans les alentours, doivent amener la conviction qu'un bâtiment a occupé ces lieux, et que ce bâtiment n'était autre que le « castrum Avenno. » Les matériaux qui le composaient servirent, pendant-le XI° siècle, à la construction de l'église actuelle et du couvent, dont elle formait l'appendice. Ce fut un seigneur  du pays ou peut-être saint Robert lui-même qui le fit ériger. On rapporte, de ce saint, qu'il était venu présider à la consécration de l'église, et qu'il y prêcha. Comme il avait laissé ses sandales au bas du rocher des enfants voulurent jouer avec elles; mais un rayon du soleil les enleva et les tint suspendues en l’air, jusqu'à la fin de la cérémonie. Plusieurs auteurs disent aussi que Seguin, troisième abbé de la Chaise-Dieu, se trouvant dans ces montagnes, vint coucher à Vignonnet, où il se proposait de célébrer l'Epiphanie. Fatigué par les neiges et les mauvais chemins, il se mit au lit, fut pris de la fièvre et mourut. Le couvent a maintenant disparu; l'église seule reste debout. On remarque, dans la sacristie, un caveau rond et voûté bien conservé; les matériaux le comblent à-peu-près; cependant, quelques inscriptions en lettres cursives se distinguent encore sur ses murs, quoique assez difficiles à lire.

La tradition, qui se charge volontiers de retenir toutes les anecdotes relatives au clergé, semble expliquer l'existence et la destination de ce caveau, en racontant, de la manière suivante, les causes qui amenèrent la destruction du couvent de Vignonnet. Une jeune personne avait disparu. Sa famille, considérée dans le pays, fit faire de grandes recherches; elles n'aboutirent à aucun résultat. Cependant, quelques soupçons s'élevèrent sur les moines du Vignon, et prirent peu-à-peu de la consistance; enfin, la justice fit faire des perquisitions dans le couvent; on y trouva la jeune fille; un moine l'avait enlevé à l'insu de ses frères, et l'y tenait cachée; il fut arrêté et condamné, par ordre du roi, à être attaché à une poutre et précipité du sommet de la roche (80 mètres de hauteur). Le couvent fut alors démoli; une des poutres, celle probablement qui servit pour le supplice du coupable, se voit encore dans une vieille maison du village, et porte le nom de l'Avennau. in- Document tiré  du Dictionnaire Statistique du Cantal de Déribier-du-Chatelet  Edition  (1852) Volume 1/5.

à Vebret (Haute Auvergne),

-La seigneurie de Vebret faisait partie de celle de la Daille, bien que le prieur du bourg et le seigneur du Couzans y eussent quelques droits; elle appartenait, en 1551, à la famille de Peyre; la basse justice en fut vendue, en 1572, pour acquitter l'impôt du clergé, à la maison de Chabannes de Madic.

La paroisse de Vebret fut taxée, en 1439, à 230 livres pour sa part des frais de guerre. 

-Le plateau de Chastel-Marlhac domine le bourg de Vebret. Il surplombe directement les hameaux de Serres et de la Salvinie. On peut y accéder par une ancienne voie romaine. Parvenu au sommet, le voyageur peut voir à ses pieds la vallée de la Sumène et la suite des maisons du bourg de Vebret, prolongée par les hameaux de Couchal, des Lempadrets et de Montpigot. Sur la droite, on peut admirer les gorges du Violon et la Monselie. Chastel Marlhac a complètement disparu.

-Couzan était le chef-lieu d'une Baronnie. Une famille éteinte au XV° siècle portait le nom de Couzan. En 1202, Magdeleine de Couzan a fondé une chapellerie à Bort. En 1280, on trouve le nom de Robert de Couzans dans une sentence rendue entre lui et le comtour de Saignes par le prieur du Vignonnet. En 1397, Delphine de Couzans reconnaissait être vassal de Guillaume Comtour de Saignes (c'était l'Aveu) portant sur le lieu de Couzans, les villages de la Benetie, de la Ganette, de la Pestelie et de la Rodésie (villages aujourd'hui disparus). A cette époque, il est question du "Château Fort" de Couzans en partie ruiné. Delphine de Couzans et son mari Pierre de Gibiac vendirent la terre de Couzans en 1428 à Jean d'Ydes dit d'Auteroche. La fin du 14° siècle fut particulièrement grave pour la région, les épidémies, le passage des armées régulières et les bandes de routiers avaient provoqué une diminution importante du peuplement. On peut en déduire que Couzan devant hommage à Saignes dépendait pour partie de Madic. La mention ultérieure des Veaublanc implantés à Darnetz constitue-t-elle aussi une piste ?

Couzan vebretXV° et XIX° S. Suite à cette désastreuse fin de siècle, il s’en suivit une période de reconstruction au début du 15° siècle. C’est ainsi que se bâtirent et rebâtirent les châteaux d'Auzers, de Chavagnac, du Châtelet, de Madic et de Couzans. Ce denier fut reconstruit en 1435 par Antoine de Curières héritier de Jean d'Ydes d'Auteroche. Il consistait en une grosse tour carrée, construite sur un rocher, et flanquée de deux corps de logis qui formaient avec elle une cour fermée par un portail en fer que surmontait un corps de garde. Une chapelle reliait la tour principale avec les corps de logis. De ces constructions ne subsiste que la tour sur cinq niveaux dont une cave et un de défense. De ce dernier, on peut voir les corbeaux à triple ressauts. Le parapet ciselé et le chemin de ronde n'existent plus.

Antoine de Currières d'Auteroche, denier mâle de ce nom, resté célibataire, donc sans postérité légitime, était père de six bâtards, auxquels il légua par testament en 1511 la moitié de la terre de Cheyssac. Par le même testament, il fit héritier de Couzans son neveu, Maurice de Chalus. Et c'est ainsi que la maison de Chalus arriva à Couzans où elle s'est maintenue jusqu'au 18 février 1765 date où cette terre passa à la famille de Fontange par le mariage d'Antoinette de Chalus avec Charles de Fontanges (lequel fut maire de Vebret de 1840 à 1848 et de 1848 à 1854). Leur petit-fils, le capitaine de Frégate Henri de Fontange, mort à Couzan en 1875 laisse deux filles qui se marient aux deux frères Roger et Max Vienot de Vaublanc. Mme Roger de Vaublanc reste attributaire de la terre de Couzan. Ce n'est là qu'une énumération très succincte des propriétaires de Couzan au cours de ces quatre siècles. Chose curieuse, l'héritage a rarement eu lieu en ligne directe par une descendance mâle.

Au 16° siècle, Couzan a été le théâtre de nombreux actes de violence. L'histoire raconte qu'en 1536, Maurice du Chalus, seigneur de Couzan, était en mauvais termes avec les seigneurs de Chabannes et du Monestier. Ce dernier se rendit à Couzan à la tête d'une bande de brigands. Il envoya un des siens demander l'hospitalité pour la nuit, ce qui lui fut accordé. Introduit au château, il en ouvrit les portes et le seigneur de Monastier se saisit de Maurice de Chalus et de sa femme, et le poignard sur la gorge leur fit remettre l'argent en leur possession (10 000 écus, somme considérable à l'époque) et leur fit subir les plus odieux traitements. L 'affaire fut instruite par ordre du Roi et jugée à Bordeaux. Mais on ne sait pas quel sort a été réservé aux assaillants. En 1590, le château fut pillé par une bande de malfaiteurs. En 1596, le vicomte de la Roche vint s'y établir par la force, y fit des dévastations considérables qu'il dut par la suite payer de ses deniers.

XIX° SIÈCLE . C'est en 1896 que M. Roger de Vaublanc estimant à juste titre qu’il était nécessaire de moderniser les installations datant du 15° siècle, entreprit la construction du château actuel, ne conservant que la tour carrée.
Il eût été intéressant de connaître quelques détails concernant cette construction, mais les propriétaires actuels de château n'ont rien en leur possession et c'est bien dommage. On sait simplement que l'architecte était un de Vaublanc et que cette réalisation aurait été son oeuvre la plus importante.
Le château comporte trois belles tours rondes dont l'une sert de donjon avec mâchicoulis. La chapelle qui autrefois reliait la tour carrée au corps du logis était incluse à l'intérieur du bâtiment. Une grande terrasse domine la vallée du Soulou. Le nouveau château, logis et chapelle, est du "style troubadour". 

(in Deribier - extraits): 

Couzans, village situé sur les bords du ruisseau du Soulou. On y voit un ancien château bien conservé, qui a été le chef-lieu d'une baronnie dont avait tiré son nom une famille éteinte dans le XV° siècle en la personne d'une Delphine de Couzans, qui porta cette terre en dot à Pierre de Gibien qu'elle épousa. La baronnie de Conzans fut plus tard échangée par les descendants de Pierre de Gibien, contre des propriétés situées en Limagne et appartenant à la maison de Currières, et cette dernière maison, en ayant ainsi acquis la possession, en fit reconstruire le château en 1435. Son dernier descendant mâle, Antoine de Currières, ne s'étant pas marié et n'ayant pas de postérité légitime, en disposa, en 1485, en faveur de sa sœur Marguerite, épouse de Gabriel de Chalus, seigneur de Maurianges, qui devint à son tour baron de Couzans et forma la souche des Chalus de Couzans.

On raconte qu'un des descendants de cette dernière famille, Maurice de Chalus, eut avec les seigneurs de Chabannes et du Monestier des démêlés graves et qui finirent souvent par des actes de violence. Le seigneur du Monestier, dont il avait épousé la sœur, irrité des nombreuses condamnations qu'il avait obtenues contre lui et des sommes considérables qu'il l'avait contraint à lui paye , se porta un jour aux plus graves excès a son égard. Dans la soirée d'un dimanche de l'année 1556, il se rendit à Couzans à la téte d'une bande de brigands armés et masqués, enveloppa silencieusement le château, puis envoya un des siens y réclamer l'hospitalité de la nuit comme étranger. L'hospitalité de la nuit, la retirance ne se refuse jamais dans les montagnes. Cet homme fut accueilli sans difficulté, et introduisit à son tour, la nuit, la troupe à laquelle il appartenait. Devenu maître de la place par cette surprise, le seigneur du Monestier se saisit de Maurice de Chalus et de sa femme, les força, le poignard sur la gorge, à lui remettre l'argent qui se trouvait dans le château et qui s'élevait à la somme énorme pour le temps de dix mille écus, et leur fit subir les plus odieux traitements. Pendant que les choses se passaient ainsi à Couzans, Charles de Chalus, fils  aîné de Maurice, attiré à St-Exupery sous prétexte d'affaires à traiter, sans doute parce qu'on redoutait sa présence, y fut arrêté et jeté en prison, et ne fut rendu à la liberté que le lendemain, après que le pillage eut été consommé. Cet acte d'audacieux brigandage méritait un châtiment exemplaire; Maurice de Chalus se pourvut, en 1540, aux Grands-Jours; l'affaire fut instruite, et, par ordre du roi, les coupables durent être saisis morts ou vifs pour être jugés à Bordeaux; mais l'histoire ne dit pas quel fut le jugement.

Charles de Chalus succéda à Maurice dans la propriété de la baronnie de Couzans. Il mourut, en 1589, sans enfants, laissant un testament par lequel il affectait 30,000 liv. à la dotation de trente orphelines pauvres, léguait une somme égale à l'hospice d'Ussel, entendant que son portrait et celui de son père y fussent déposés comme en étant les fondateurs, et disposait du surplus de ses biens en faveur de son neveu, Maurice de Chalus, fils de François, seigneur du Monteil. Charles mourut en 1622, et, ne laissant pas non plus de descendance mâle, transmit la baronnie de Couzans à son frère puîné, François, seigneur de Marchai et du Colombier.

Cette terre passa ensuite dans la maison de Fontanges, en 1705, par le mariage d'Antoinette de Chalus avec Charles de Fontanges, fils de Pierre-Hugues de Fontanges, seigneur de la Clidelle, qui a été la souche du rameau de cette maison, connue sous le nom de Fontanges de Couzans.

Le château de Couzans a été pillé, en 1590, par une de ces bandes de malfaiteurs qui couraient alors le pays, et, en 1596, par le vicomte de La Roche, qui vint s'y établir de vive force et y commit des dévastations considérables, que, du reste, il fut obligé plus tard de payer de ses deniers. Ce château consistait en une grosse tour carrée, assise sur un rocher, et flanquée de deux corps de logis qui formaient avec elle une petite cour fermée par un portail en fer que surmontait un corps-de-garde. Une chapelle reliait cette tour principale avec les corps de logis. Toutes ces constructions existent encore ou a peu de choses près; mais elles ont pris le caractère d'une habitation moderne, grâce aux élégantes transformations que leur a fait subir M. le baron de Fontanges, propriétaire actuel de la terre de Couzans.)

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