la vicomté (II): de Madic à Brivezac

Confluent de la dordogne et de la sumene belvedere de gratte bruyere serandon

C'est la région la plus accidentée du Limousin où alternent plateaux et vallées en limite de l'Auvergne. Dans la presque totalité de son cours supérieur, la Dordogne est profondément encaissée. Tous ses affluents et sous-affluents, qu'ils descendent de la montagne ou bien des plateaux limousins intermédiaires incisent profondément la roche pour la rejoindre. Les gorges de la Diège, de la Triouzoune, de la Luzège ou du Doustre en rive droite, présentent toutes un profil en V très fermé, seule la Souvigne s'élargissant, créant un relief compartimenté caractérisé par des pentes très fortes isolant entre elles des plateaux souvent de petites dimensions. Les plateaux de Neuvic et Bort-les-Orgues étagés entre 600 et 800 mètres appartiennent au domaine de la Haute-Corrèze, tandis que ceux de Lapleau, Marcillac-la-Croisille, la Roche-Canillac élevés de 500 à 600 mètres, appartiennent plutôt à la moyenne Corrèze. Après, de Sainte Fortunade à Brivezac, les niveaux s'abaissent et l'on frôle le bas pays. C'est aussi la topographie marquée qui rend les climats variés et plutôt cléments entre les fonds de vallées très encaissées et les plateaux élevés. Côté auvergnat ou (X)Saintrie limousine, moins de sillons creusent le plateau, hormis la Sumène et l'Auze. C'est aux portes de Beaulieu sur Dordogne, là où le fleuve s'étend dans une vallée élargie, presque au coeur de la vicomté de Turenne ce qui est très ignoré, que s'arrête la limite de Ventadour.

De Roche le Peyrou à Miremont

Relief ii

page en construction  merci pour votre patience 

- à Senc Estienne los Peyrou - Saint Etienne la Geneste 

-le bourg près du château de Peyrou (de la Roche voisine) n'avait pas de château en propre, les Peyrou, les pierres étant celles des ravins de la Dordogne et de la Diège. Le seigneur du lieu était le prieur dont l'établissement était rattaché au monastère de Mauriac depuis au moins le IXème siècle. Le titulaire était devenu un membre du clergé séculier et possédait la basse justice.

Laveix, un repaire au pied de l'Artaude se transforma en petit castel dont on ne sait rienUssel st etienne la geneste de laveix jusqu'au XVIIème siècle. Il ne dut pas être de grande importance. Un corps central et ses deux pavillons le rendent harmonieux. 

Il avait pour seigneurs les Loyac puis au XVIIIème s., par mariage, les Douhet d'Augères. Le comte fut appelé en 1789 pour diriger la défense de Saint Angel menacé selon une rumeur. Il se précipita avec 70 hommes mais fut confondu avec les émeutiers imaginaires. Le notaire de Saint Angel était chef de la garde municipale; il prit peur et alerta les citoyens de Meymac. Lorsqu'ils arrivèrent, le notaire, le comte et le seigneur de Marèges, Mr de Bélinay, dinaient tranquillement ensemble, la confusion étant dissipée. Les gens de Meymac étaient abrutis de haine et certainement d'alcool et voulurent les occire. Les malheureux furent enfermés, envoyés à Limoges et il fallut une intervention de Mirabeau "tonneau", député de Limoges et frère du grand orateur, pour les faire libérer par décision de l'Assemblée Nationale. M. de Douhet comprit et émigra vite avec sa famille. Ses biens furent confisqués et vendus.

Le château actuel a été reconstruit en 1615 et restauré au XIXème siècle. Ne se visite pas.  illustration : carte postale ancienne du château de Laveix ©SHAV

- prieuré de Val Beynete : Val Beneyte était surement autrefois un passage entre le Limousin et l’Auvergne (en l’occurrence entre Roche le Peyroux et Saint-Pierre). La vallée très étroite possèdet une baie qui apparait juste en aval de la confluence de la Diège dans la Dordogne. L'endroit est d'une grande quiétude, perdu au milieu des ravins 130 mètres en dessous du bourg (vallis benedicta : la vallée bénite). Un article d’un arrêté municipal datant de 1902 vient d’ailleurs confirmer l'usage fluvial. Il stipulait : « Le bateau effectuant le passage des voyageurs à Val Beneyte, d’une rive à l’autre de la Dordogne, doit être tenu en bon état d’entretien ». Au XIXème siècle, d’autres embarcations (les gabares) s’arrêtaient ou passaient à Val Beneyte , mais seulement lorsque la Dordogne était flottable (ou navigable) c'est-à- dire quelques jours par an, en automne et au printemps, même s'il est dit qu'en eau basse on pouvait remonter du lieu sur plus d'un kilomètre en barque. Cette navigation descendante de la haute Dordogne devait cependant être très limitée, l’essentiel du transport fluvial s’effectuant plus en aval. Le prieuré prit peut-être la place d'un hermitage. Il fut fondé au XIIIème siècle probablement par les Ventadour, seigneurie dont dépendait en partie la paroisse, même si plusieurs abbayes revendiquèrent des droits à nomination des prieurs. Les deux seuls titulaires (curés) connus sont Hugues de Valon en 1320 dont la famille n'est pas encore liée au Beynette seigneurs d'Ambrugeac (l'homonymie ne semble pas liée au site, les premiers étant vraisemblablement d'origine anglaise) et Philippe du Bac du Coudert en 1770. Ce prieuré dépendait de l’archiprêtré de Saint-Exupéry et était placé sous le vocable (patronage) de Saint Léobon. Ce saint Creusois, qui vivait au VIème siècle, fut très honoré dans le bas Limousin et le Quercy, sous le nom de Saint Liaubès. On l’invoquait contre le mal des ardents (ou feu saint Antoine) qui fut au moyen-âge, parmi les fléaux qui décimaient les populations l’un des plus meurtriers. Cette maladie à laquelle on attribuait un caractère surnaturel (on parlait de sorcellerie ou de possession démoniaque), résultait d’un empoisonnement suite à l’ingestion d’alcaloïdes produits par l’ergot du seigle (champignon parasite qui infecte le seigle et d’autres céréales). On a prétendu à tort que Saint Léobon était venu à Val Beneyte, qu’il y mourut et que son tombeau attirait de nombreux pèlerins. Le prieuré de Val Beneyte était redevable au XVème siècle de 15 livres au titre des décimes. Ces décimes instaurées au Xème siècle par Philippe Auguste étaient des taxes levées sur les biens ecclésiastiques (égales au dixième de leurs revenus) pour contribuer au financement des croisades. A titre Jb serrescomparatif, l’église de Roche devait s’acquitter de 35 livres. Beaucoup plus tard, en 1864, les parcelles où se situaient le prieuré ainsi qu’une grange (propriétés à l’époque de Jacques de la Croix de Castries, maire de notre village et résidant au château d’Anglars) furent achetées par le père Jean Baptiste SERRES. Cet homme d’église, originaire de Mauriac, consacra sa vie à restaurer églises et chapelles dans le périmètre des gorges de la Dordogne (la Thébaïde, le couvent de SaintProjet, l’abbaye de Valette,…) pour essayer de recréer un tissage de lieux de culte. Surement séduit par ce fond de vallée propice à la méditation et à la vie spirituelle, il remit en état les deux bâtisses où il vécut en ermite quelques années avant de quitter le site en raison d’une santé chancelante. Le lieu était parait-il enchanteur et beaucoup de promeneurs en profitaient pour aller en excursion à la chapelle puis au bord de la Dordogne torrentueuse pour pécher ou prendre le frais. A partir de 1935 la Dordogne corrézienne vit beaucoup de ses fonds de vallée disparaitre sous les eaux des barrages et avec eux une partie du patrimoine local, particulièrement le patrimoine culturel, bâti et religieux. En effet, on assista à l’engloutissement, en l’espace de 20 ans et sur 70 kms de gorges aménageables, de trois ensembles sacrés d’importance notable (le monastère de Saint Projet et les deux prieurés de Valette et Val Beneyte) et de deux d’importance secondaire (églises de Combe Noire et Nauzenac). Val Beneyte appartenait à l’histoire de la vicomté et à ce petit patrimoine rural dont il ne reste malheureusement aujourd’hui que quelques bribes.

Val beynette

Val beneyte les vestiges ressurgissent du litVal beneyte 4

illustrations : l'abbé J.B. Serres - le passage en barque entre les deux rives de la Diège - la vallée encaissée de Val Beynette - ©SHAV - les vestiges engloutis de l'abbaye de Val Beneytte ressurgissent du lit de la Dordogne en 2016 avec les constructions prieurales à gauche © le Populaire - Agnès Gaudin 2016

- à Senc Maria la Panosa - Sainte Marie Lapanouze (bas Limousin),

Anglar - Anglards (avec s ou d ou ds en terminaison) domine les gorges de la Dordogne de 160 m. initialement, 1km en dessous de Val Beneyte. Sur son flan ouest, l'Artaude se jetait en cascade spectaculaire de plus de vingt mètres dans le fleuve 

Anglarset ​​ne revit aujourd'hui que lorsque le lac se vide. Bâtie sur un rocher qui surplombe actuellement la retenue du barrage de Marèges, le château semble suspendu sur les gorges sauvages d'où émane un bruit sourd d'eau qui se mélange à celui de l'air frémissant. Le repaire bâti sur un rocher avancé donne l'impression qu'il est détaché du promontoire. Une grande tour carrée servait de défense en fermant l'accès au castel et devait être le donjon de construction ancienne (XIIIème?). Certains prétendirent qu'il fut propriété directe des Comborn-Ventadour dès l'origine, dans les premiers temps. Un corps de logis fut ajouté plus tard ou reconstruit vers le XVIIème s. à côté d'une tour carrée plus petite, avec escalier à vis et fenêtres à meneaux peut être du XVIème siècle. L'obituaire de Bonnesaigne mentionne un chevalier, qui pouvait être seigneur d'Anglard. Le fief relevait en tous cas directement de Ventadour. Dans les premières années du XIVème siècle, une famille de Lachassagne occupe ce fort.

Ensuite, les d'Ussel y font leur entrée avec Hugues 1er qualifié avant 1326 de seigneur de Sainte Marie Lapanouze. En 1385, les d'Ussel deviennent aussi seigneurs de Saint Victor, où s'installe une branche de cette maison. En 1458 un conflit opposa Anglard et la ville d'Ussel au sujet de droits de péages non payés par les usselois (comme d'habitude pourrait-on dire, tant leurs récriminations furent nombreuses pour ne pas payer les droits dus). Georges d'Ussel, d'Anglard, marie sa fille à Claude de Montfaucon, dont la fille se marie au XVIème siècle à un Lacroix de Castries, puis se Anglard nouveauremarie à François de Saint Agnant, seigneur de la Gastine et de Confolens. Anglard, passe ainsi dans la famille célèbre des Lacroix de Castries qui se flatte de compter parmi ses ancêtres Saint Roch, fils du gouverneur de Montpellier. On va les retrouver dans de nombreuses demeures seigneuriales de la région d'Ussel. 

A cette famille se rattache aussi la duchesse de Magenta veuve du Maréchal de Mac Mahon. La dernière représentante de cette maison des Lacroix de Castrie d'Anglard, Marie comtesse de Thémines, dont le père avait été maire de la commune, est décédée dans un état voisin de la pauvreté. La famille de L'Ebraly est alors devenue propriétaire. Le comité d'entreprise de la RATP le racheta après guerre et construisit une cantine hideuse à la place du noble donjon certes en ruine, ouvert et écrêté depuis plus d'un siècle, qui fut écrasé à l'époque. Il n'en reste qu'une carte postale. La RATP ruina consciencieusement le site. Notre Société historique proposa aux élus de Neuvic, lors de la mise en vente du site dans les années 2000, de sauver ce dernier exemple de repaire pour en faire un lieu historiographique de mémoire du duché et de la haute Dordogne féodale. Des influences négatives regrettables s'ajoutèrent au manque de vision des élus locaux et rien ne fut entrepris pour nous soutenir. Mais il est bien connu que la Corrèze bénéficie d'un nombre suffisant de touristes, lieux culturels et sites d'envergure ! C'est aujourd'hui une demeure privée heureusement rénovée. Anglard se situe juste en face de Saint Pierre, paroisse templière méconnue dominant le bord de la Dordogne et faisant face au Limousin... et à Anglard. illustrations : Anglards vers 1914 avec le vestige du donjon, et vers 2010 - ne se visite plus

- à Liginiac (bas Limousin),

la paroisse est située en dessous de celle de Saint Marie, face à la "péninsule" de Charlus Champagnac s'enfonçant au nord ouest vers le Limousin. Le petit bourg fut plus important que Neuvic car il abritait la principale seigneurie du Peyrou.

- Peyrou. Le Peyrou était une des châtellenies les plus importante de la vicomté, à tel point que Neuvic fut mentionné au XVème s. comme Neuvic près Peyrou ! Peyrou liginiacEtablissement très ancien selon toute probabilité, le castrum se situe​ sur une motte rocheuse juste au dessus de l'ancienne route de Bort à Neuvic et Egletons. Il semble plus là pour la route, pour une fois, que pour la Dordogne toute proche à 2kms. Il est mentionné au XIVème siècle et alors habité par un bailli de la vicomté devant lequel les usselois viennent régulièrement pour viser les actes et se plaindre pour demander diminution des taxes. La résidence accueille souvent les vicomtes et comtes qui semblent apprécier ce climat propre au pays de Neuvic, si proche de la Dordogne, moins venteux et nuageux que Ventadour situé à l'ombre des Monédières. Peyrou est en plus à mi-distance de Ventadour et de Charlus et se révèle bien commode. Catherine de Lévis Ventadour y réside régulièrement et elle y meurt en 1505. Ce repaire fut modernisé vers le XIIème s. avec une tour donjon centrale et une chapelle notée, puis réhabilité aux XVème (par les Ventadour dont on possède les contrats) et au XVIème siècle (par les Lévis Ventadour) en raison des fenêtres et cheminées renaissance. Le plan adopté fut de type auvergnat traditionnel (faut-il s'en étonner ?). Le corps central possédait quatre grosses tours de 3 étages avec un parvis devant l'entrée. Le tout avait fière allure même si cela n'était plus à la mode au XVIIIème siécle. A cette époque, Peyrou était encore habité par l'intendant - le fermier Lacombe (du moins résidait-il dans la ferme en face) et l'inspection de Treilhard en 1771 constata le mauvais entretien réalisé et l'état dégradé des toitures, pour conclure à la nécessité urgente de réparer. On ne sait si cela fut fait.

Léon Billet pensait que tout le château avait été ruiné Peyrou 5en 1792 après sa vente comme bien national au prix de 5481 francs, mais M. de Saint Félix qui habitait dans le manoir de Liginiac en face affirma au XIXème siècle les avoir vues debout en 1802, selon Jean Bordes. Elles n'auraient croulées qu'après, faute d'entretien.  ( in "Neuvic et son canton" - 1954 /et  Léon Billet - "les Quatre troubadour d'Ussel" - Orfeuil 1982)

Une église très typique est dans l'axe du château (décrite dans la page sur les établissement religieux à venir). 

illustrations : ruine en 1890 avec groupe de visiteurs - état actuel © SHAV  - ne se visite pas

 

- Marèges - Egalement édifié dans la même paroisse, Marèges était un ancien repaire en poste avancé sur la rive ouest, probablement situé sur un chemin conduisant par gué vers la rive orientale. Le château actuel avec ses quatre tours  est assez récent (XVIIème). Aucun élément n'est disponible concernant l'histoire antérieure. Mention la plus ancienne en 1462 du seigneur de "Marejoul".

- à Champanhac - Champagnac (haute Auvergne),

Charlus-Champagnac. Charlus Champagnac se situe en Auvergne, dans l'actuel département du Cantal, sur un promontoire extraordinaire dominant les monts de d'Auvergne et la vallée de la Dordogne et de la Rhue lorsqu'elles sortent momentanément de leurs gorges initiales après Bort et s'apaîsent quelques lieues avant de retourner dans des ravins profonds entre Auvergne et Limousin.

La famille de Lévis et la seigneurie de Charlus

Charlus est un poste frontière avancé en vicomté d'Auvergne. Après avoir été possession des Beaufort, vicomtes de Turenne, Charlus revint pour plus de deux siècles dans celle des comtes de Ventadour. La motte bénéficie d'une vue remarquable et l'on comprend que les Lévis Ventadour aient aimé ce site prodigieux.

Charlus, est châtellenie et fief dont 18 paroisses relevaient, couvrant un territoire qui s'étendait de Bouissou, à l'Est de Champagnac à Valette (en aval de Spontour, Corrèze). Charlus qui fut propriété des plus grands noms et dont l'histoire rejoint, tout simplement, celle de la France.

Alors que certains historiens évoquent une famille de Charlus, le Docteur de Ribier pensait que les seigneurs du fief ont été, dès sa construction, de la maison de Ventadour, descendants de celle de Comborn : «Les seigneuries de Comborn et de Ventadour sont le résultat d'un démembrement de la vicomté de Limoges ». Pour preuve, l'évocation de Jourdain, vicomte de Limoges, seigneur de Charlus, Madic et Champagnac en 895. En 1050, la forteresse reçoit Étienne V, évêque de Clermont, qui profite du transfert des reliques de Saint-Mary à Mauriac pour consacrer la chapelle du château, dédiée à Sainte-Barbe. Nous sommes d'accord avec cette analyse. Terre ventadorienne et même comborienne, Charlus voit se renconter Limousin et Auvergne, évêques de Clermont et seigneurs de la Vézère comme en tant d'autres lieux d'outre Dordogne. L’illustration de Claude Touzeau présente ce que pu être la citadelle de Charlus. © David Yveline 

Les seigneurs de Ventadour vont conserver la citadelle jusqu'en février 1351, date à laquelle Bernard la vend à Guillaume III Roger de Beaufort, vicomte de Turenne. Noble maison s'il en est dont deux papes seront issus : Clément VI et Grégoire XII. Le nouveau seigneur de Charlus est marié à Aliénor de Comminges et leur seul fils Raimond, né en 1352. Raymond va plus tard défrayer la chronique en luttant contre les papes Clément VII et Benoit XIII. Il sera connu comme le "fléau de Provence". L4 avril 1402, à Brantes, au pied du Ventoux, il organise une transaction entre Odon de Villars, époux de sa nièce Alix des Baux, et Philippe de Lévis dont on voit apparaître le lignage - rappelons que la cousine de Raymont VIII, Marguerite Roger de Beaufort se maria avec Géraud de Ventadour, les Lévis arrivant à Ventadour en 1472, ce qui confirme les Beaufort Turenne comme étant les entremetteurs de l'union Ventadour Lévis. 

La lutte entre la France et l'Angleterre est, plus que jamais, d'actualité et, en 1360, le pitoyable traité de Bretigny livre le tiers du royaume aux godons d'Édouard III. Le traité signifie la paix mais également le « chômage » des soldats. Bon nombre d'entre eux se regroupent et forment les grandes compagnies de routiers qui vont ravager la terre de France, pendant près d'un siècle.

La position et la configuration de Charlus lui permettent de résister courageusement mais la Charlus champagnac vueforteresse tombera néanmoins, à plusieurs reprises, son suzerain Raimond étant le plus souvent occupé ailleurs. Ainsi, Aymérigot Marchès se rend-il maître du fief de 1383 à 1387, date à laquelle le duc de Berry obtient, contre rançon, le départ du routier. À cause de son épouvantable caractère et de son esprit d'indépendance, Raimond est plutôt mal en cours et Charlus ne lui sera rendu que dix ans plus tard. Entre-temps, en 1393, sa fille Antoinette a épousé le célèbre Boucicaut (Jean II le Meingre), mais le maréchal refuse d'aider son beau-père à récupérer son fief. 

Quand il l'obtient enfin, le vicomte de Turenne offre le gîte aux anciens routiers qui continuent leurs exactions auprès des populations. C'est la goutte d'eau…

À l'automne 1408, Bernard d'Armagnac, vicomte de Carlat et connétable de France, se présente sous Charlus et, après plusieurs mois d'un siège meurtrier, défait la garnison et reprend la place-forte qui est confisquée à Raimond. Décrit comme « un chef de guerre cruel aussi sauvage qu'un loup et aussi fort qu'un ours », le vicomte s'éteint en 1.413.

En 1432 Pierre de Beaufort et son épouse, Blanche de Gimel, sont seigneurs de Charlus, en Sumène-Artense. Leur fille Catherine va faire revenir un ancien nom, bien connu, en épousant le comte Louis de Ventadour en septembre 1445. Le couple entreprend la restauration de la forteresse qui a été malmenée pendant le siège de 1408, mené par Bernard d'Armagnac contre Raimond de Turenne (lire notre édition du 7 décembre). Une véritable petite cour féodale voit le jour et les fêtes sont nombreuses. Chancelier et chambellan de Louis XI, le comte a les moyens de redonner le faste à sa seigneurie et son épouse, charmante, s'emploie à le seconder.

Au temps des guerres de religion

Charlus champagnacLe nom des Ventadour Beaufort va pourtant s'éteindre à Charlus et se continuer avec les Lévis Ventadour. Le comte de Ventadour meurt en 1500, ne laissant qu'une fille, Blanche, qui s'est unie à Louis de Lévis en juillet 1472, les Lévis étant apparentés aux Beaufort depuis un siècle. Illustre famille que celle de Lévis dont les ramifications franchissent les horizons. Originale et orgueilleuse aussi, puisqu'elle se prétend issue de la même tribu que la Vierge Marie, en Palestine. Ne disent-ils pas d'ailleurs : « Je vous salue, ma cousine… » lorsqu'ils récitent l'Ave Maria ? Ils étaient alliés aux Beaufort Turenne, les voila mariés à l'héritière des Ventadour.

Louis et Blanche vivent peu à Charlus, lui préférant le château de Granges (près Tauves). Leur fils cadet, Jean, meurt en 1519, avant son père, laissant un fils unique : Charles 1er qui, adulte, deviendra grand maître des eaux et forêts du royaume. Claude de Lévis, son fils, va devoir affronter les guerres de religion. Brillant capitaine que Charles IX qualifie de « nostre cher et bien aimé cousin », il a épousé Jeanne de Maumont dont la famille employait les Rogers quelques siècles avant. Elle devient dame d'honneur de la reine en août 1559. Alors que les troupes huguenotes, menées par l'amiral de Coligny, font une percée vers Bort, en 1569, Claude lance ses hommes à l'assaut de la plaine de Saignes où se sont réfugiés les calvinistes et les défaits. Il sera ensuite de tous les combats qui opposent Henri de Bourbon-Malause, réformé et gendre de la célèbre Madeleine de Saint-Nectaire, à Gilles de Montal, catholique acharné. Il installe, par ailleurs, un poste permanent à Vendes, pour surveiller les allées et venues entre Mars et Sumène. Un traité, signé à Salers en septembre 1589, mettra fin aux guerres de religion dans la prévôté de Mauriac. Claude de Lévis meurt à Charlus quatre ans plus tard et son épouse, Jeanne, fait établir par Aymon de Textoris, notaire, un inventaire qui apporte de précieuses indications sur le château de Charlus. On y apprend, en effet, que la plate-forme écrêtée du pic est alors d'une superficie de 2.890 m2 sur laquelle le château occupe 948 m2. On y découvre la double enceinte de remparts dont la plus basse est jalonnée de tours de guet et fermée par une poterne avec herse et pont-levis. Construits en pierres reliées par un ciment très résistant, les deux corps de logis parallèles sont clos par un gros donjon carré au sud-est et par un portail voûté dominé par la chapelle, à l'opposé. Le rez-de-chaussée abrite les prisons, les cuisines et les logis des soldats. L'étage est composé de nombreuses chambres (de Monsieur, de Madame, de l'abbé), du cabinet du trésor et d'une immense salle aux plafonds très hauts et à la cheminée monumentale. Des portraits familiaux ornent ses murs. On y voit le pape Clément VI (oncle de Guillaume de Beaufort) et le maréchal de Boucicaut. Le mobilier est riche : baldaquins, tapis de Turquie, coffres précieux et tapisseries ornent la pièce. Autant de preuves qui attestent que l'art de vivre, au fin fond de l'Auvergne, n'était pas un vain mot pour les seigneurs de Charlus.

Nota sur les possessions des Ventadour en haute Auvergne : le Dr Deribier explique que "Charles de Ventadour, tuteur de Louis, seigneur, comte de Charlus, reçut l'hommage pour le repaire de Vedde de Salers et le domaine, acquis d'Hugues Morand, damoiseau, seigneur de Courdes".

- à Sérandon (bas Limousin),Plan vernejoux

-Vernéjoux : le village de Vernéjoux bénéficie d'une vue splendide sur les monts de haute Auvergne tout proches. Le plateau limousin descend doucement vers la Dordogne qu'il surplombe d'un à pic à peu près parfait de 200 mêtres.

Faut-il s'étonner qu'un repaire soit mentionné avec ses rapport de ténements. Il a totalement disparu mais on peut aisément le deviner par une observation de la carte relief et de celle du cadastre indiquant le chemin des côtes, ancienne route vers Charlus Champagnac et passage à gué (ou pontage) sur la rivière. Il était sur une colline à 545m juste sur le ravin.

La surveillance de ce chemin stratégique entre Limousin et Auvergne et entre deux châtellenies ventadoriennes obligeait à posséder un point fort contrôlant les passages et certainement les péages, pouvant donner l'alerte en cas d'intrusion et marquant la frontières entre vicomtés. Ces repaires furent généralement abandonnés après le XVème siècle et tombèrent en ruine pour finir par disparaître écroulés et récupérés par les habitants des lieux.

- la Charlanne : adossée à un petit hameau, la Charlanne est une véritable forteresse du XIVème Charlannes. avec un corps central d'habitation et deux grosses tours encorbellées dont une seule subsiste mais écrêtée. Les murs sont de 2 à 3 mètres d'épaisseur !

La vocation forte est évidente. Les linteaux des baies sculptées annoncent le début de la renaissance.

Elles sont le signe d'une période de rénovation postérieure d'un établissement plus ancien, un des fameux repaires de cette région d'avant-postes. Une chapelle domestique appartenait aux Combarel de Saint Martial d'Entraygues (manoire du Gubanel) à l'époque de Louis XIII. Joachim était seigneur de la Charlanne, de Bellegarde et de Vernéjoux lorsqu'il épouse demoiselle de Pommerie en 1612. Il fait aménager le château. Il quittèrent la Charlanne après alliance avec la maison de Marèges.

En bas du castel, un pont en bois noté au Moyen Age, nommé pont des Monges, reliait un couvent de la rive gauche à Sérandon. Il s'écroula et nécessita des subsides du comte de Ventadour mais il fut détruit avec le couvent par les protestant armés par Coligny, certainement, selon nos recherches, en 1570, lors de sa remontée du Languedoc vers Saint Etienne.

Le pont des Monges devait conduire au lieu dit actuel de "la forêt de la Chapelle". Ce promontoire de 570m d'altitude domine la confluence de la Sumène avec la Dordogne (ajustan en limousin), juste en face de la Charlanne qui domine la rivière de 240m de haut, ce qui n'est pas rien !

-les Ages : très ancienne notation de ce village, du repaire et de la famille du même nom dès le XIIIème siècle. Le castrum domine non seulement la Dordogne mais son ajustan (confluence en français) avec la Triouzoune qui vient de Neuvic et Saint Angel. Une fois encore un site stratégique d'autant qu'un chemin descendait à la Nau. Ce lieu prenait son nom de la barque qui servait de passage de la rivière et offrait un port sur la Dordogne. Ce hâvre au creux de la vallée était un petit paradis pour ses habitants, au climat doux, protégé des affres climatiques et des frimats depuis des siècles. Il y a moins de 100 ans les projets de construction des grands barrages ont mis un terme à cette quiétude. A côté était la chapelle de Peyrecrabe dont il subsiste une croix et un bénitier en bord de route.

La nau arches

- Bellegarde : repaire imprécis paroisse de Sérandon, plus dans les terres et derrière la Charlanne, il appartenait aux Combarel du Gibanel, seigneurs de Charlanne et de Vernéjoux. Leur descendant Louis Charles sera grand Sénéchal du duché de Ventadour, Gouverneur de la place, Lieutenant des Maréchaux de France. Il était seigneur de Sartiges en haute Auvergne et de la Rebeyrotte de Sarran en bas Limousin, lieu qu'il habitait quand il ne résidait pas à Ventadour.

- à Bassinhac - Bassignac (haute Auvergne),

Antique maison forte ou castel fortifié, Bassignac surveillait les gorges de la Sumène, affluent important de la Dordogne qui "ajuste" face à la Charlanne, pour assurer la sécurité des pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle.Séparée par la nationale 122 qui rallie Toulouse à Clermont-Ferrand, la commune de Bassignac s'étend sur une vaste superficie qui s'étend jusqu'à Vendes. Bassignac cantal

«In villa Bassiniaco ». C'est sous cette dénomination que l'on trouve Bassignac dans la charte dite de "Clovis", datée du IX e siècle. En 920, elle devient prieuré du monastère Saint-Pierre de Mauriac, tout comme Vendes, par donation le seigneur Artaud de Charlus, doyen. La composition du village se résume au strict minimum : une église, une ferme et, probablement, un château. L'église est alors placée sous le vocable de la Vierge. Elle passera plus tard sous celui de Sainte-Radegonde, princesse thyringienne devenue reine des Francs en épousant Clotaire 1er. Au XII e siècle, une église romane à nef unique remplace la primitive et deux chapelles l'agrandiront trois siècles plus tard, dont l'une est dédiée à Saint-Barthélémy. Le château actuel de Bassignac est un édifice du XVIème siècle remplaçant une construction beaucoup plus ancienne.
En effet, les archives du clergé et de la noblesse locale montrent l'occupation du lieu depuis le XIIIème siècle par le paiement des taxes et les serments d'allégeance.Les chroniques racontent que, dès 1217, une famille de Bassignac existe et, en 1228, Rodolphe de Bassignac rend hommage de son fief aux seigneurs de Charlus dont la forteresse s'élève en face, de l'autre côté de la Sumène. En 1352 le château ancien reçoit la dépouille mortelle du pape Clément VI. Le convoi funèbre, qui cheminait depuis Bordeaux, dut s'arrêter à Bassignac, l'état du corps-cousu dans une peau de vache suivant l'usage de l'époque ne permettant pas d'aller plus loin. On fit donc bouillir la dépouille, et les ossements pieusement conservés furent inhumés à l'abbaye de la Chaise-Dieu, où ils reposent encore. Le nom de Bassignac s'éteint en 1390, lorsque Hugues marie sa fille Françoise à Jean III d'Anglars. Noble maison limousine s'il en est, qui porte le nom d'un ancien fief sis sur la commune de Sainte-Marie la Panouse, dans le canton de Neuvic. Une maison qui se scindera en trois branches, celles de Bassignac, de la Garde et de Combes. La maison d'Anglars va demeurer à Bassignac jusqu'en 1872 et fournir au royaume de France un quota impressionnant de militaires. Ainsi, Bernard, qui en 1533 marchera au service de François 1er, Antoine, qui partira dans le sillage de Jean de Lévis, comte de Charlus en 1587, sous le règne d'Henri III, ou Antoine II, nommé Chevalier de Saint-Louis par Louis XIV. Les femmes de la maison d'Anglars ne seront pas en reste et, dès le XVe siècle, se tournent volontiers vers la religion. Il y aura Dauphine, abbesse de Bonnesaigne de 1365 à 1380, Eglenette et Isabelle, soeurs de Jean III, qui entrent à leur tour dans les Ordres ou Françoise, qui prend le voile au XVIIIe siècle.

A chaque génération, un mâle de la maison de Bassignac (souvent l'aîné), reprend le flambeau et conserve le fief, dépendant toujours de Charlus. A la fin du XVIsiècle, un château fortifié a remplacé l'ancien, tout en conservant ses fondations. L'un des personnages les plus marquant reste Guy, qui épouse le 2 septembre 1606 Catherine de Ribier. Il sert dans la compagnie de gendarmes de Gaston d'Orléans et est désigné par le comte de Charlus pour administrer une partie de ses biens. Constatant l'état de délabrement du prieuré de Bassignac, il en décide une restauration qui est réalisée en 1633. Désireux, sans doute, de laisser sa marque, il fait réaliser un tableau votif sur lequel son épouse et lui sont représentés. Ce tableau, qui figure toujours dans le choeur, derrière l'autel, représente la Crucifixion et met en scène Sainte-Radegonde, Saint-Barthélémy et Sainte Marie-Madeleine.

Catherine meurt en 1650, suivie huit ans plus tard par son noble époux. Le couple laisse cinq enfants dont François qui voit le jour vers 1612. Comme ses aïeux, il fait carrière dans l'armée et entre dans la compagnie des gendarmes du roi. Il est nommé, en 1638, capitaine-lieutenant de 200 hommes d'armes, sous les ordres du comte d'Estaing.  Quelques années plus tard, en mai 1642, il prend pour épouse Gabrielle de Tautal, fille du seigneur Jean de Chanterelles dont le fief s'élève dans la vallée du Mars. Elle lui donne trois fils, assurant la continuité du nom. Le cadet, Guy, sera à l'origine de la branches de Combes, dans le canton d'Allanche.

Un épisode va marquer l'histoire de François d'Anglars de Bassignac. Depuis la mort de Louis XIII, en 1643, la France est confiée à la régence d'Anne d'Autriche qui, peu habituée des affaires politiques, s'appuie sur le cardinal Mazarin. Le futur Roi Soleil n'est encore qu'un enfant. Parmi les grands du royaume, le prince de Condé, qui déteste le ministre de la reine et le qualifie de "faquin écarlate". La rivalité pousse le prince à la révolte et il sympathise avec un mouvement : la Fronde, qui va rester dans l'Histoire comme l'une des plus grandes révoltes nobiliaires. Arrêté en janvier 1650, le Grand Condé est emprisonné pendant 13 mois. A sa sortie, il prend la tête de la Fronde et part en Auvergne pour recruter des partisans. Le prince et sa troupe se sont déguisés en domestiques du marquis de Levis, seigneur de Charlus.

C'est sous cette livrée qu'ils se présentent, le 27 mars 1652, au château de Chavaniac, près de Sauvat, propriété de Guy de Ribier. Ce dernier les conduit à Bassignac mais François d'Anglars est absent. La mémoire populaire veut que le prince ait attendu son hôte assis sur la pierre du tourne-broche, dans la cheminée de la cuisine. Lorsque François arrive, il n'a aucune idée de l'identité de son visiteur. Il le convie à souper mais, au fur et à mesure des libations, les propos dévient sur la politique et les esprits s'échauffent. Les deux hommes sont au bord d'en venir aux mains quand le Grand Condé se dévoile. D'Anglars, confus, s'agenouille et s'excuse.

Les siècles et la Révolution passent sur Bassignac et les d'Anglars sont toujours là. Camille, né en 1787, porte le titre de comte et devient maire de la commune en 1830. Parmi ses treize enfants, Jean-Pierre Eugène, né en 1813 et devenu vicaire de Notre-Dame-des-Champs à Paris, conserve le domaine. En 1872, il institue Antoinette Borg d'Orschwillers héritière de la propriété, sa propre soeur, Adélaïde-Fernande (épouse Thoury) l'ayant refusée. Treize ans plus tard, Antoinette lègue à son tour à la baronne de Brousse qui vend finalement le château à Antoine Besson, en janvier 1898.in "Dictionnaire statistique du Canta" de Deribier. "La prévôté de Mauriac" du Dr de Ribier. "Saignes et sa région" de Jean-Claude Moulier. "Eglises romanes de Haute-Auvergne"de Pierre Moulier. "Généalogie de la maison d'Anglars" de Louis de Ribier. Recherches personnelles de Daniel Charbonnel. reportage La Montagne Yveline David

Vendes de Bassignac,Vendes cantal

Très peu d'éléments permettent de retracer l'histoire du château de Vendes, paroisse de Bassignac, dont les chevaliers rendaient hommage à Charlus Champagnac. On sait, en revanche, que le terrible routier Aymérigot Marchès y est intervenu.

De fait, l'écorcheur se rend maître de la forteresse de Charlus en 1383 et va la tenir pendant quatre ans. Des chroniques révèlent qu'il aurait, alors, occupé et fait fortifier le château de Vendes, fortement délabré. La tour carré serait, d'ailleurs, la seule partie médiévale de la bâtisse. 

D'autres documents font état d'un remaniement, avant la Révolution et l'adjonction probable, à cette époque, du corps de logis.

Madame Lampre est l'actuelle propriétaire

 

- à Arches (haute Auvergne),

les deux châteaux ne semblent pas directement en  rapport avec Ventadour et ses seigneurs mais il semble bien hasardeux qu'ils n'aient pas été en situation de petit hommage au moins vis à vis de Charlus Champagnac en raison de leur situation avancée et coincée entre Miremont et Charlus ! 

- Arches : il existe, au chef-lieu, une grosse tour remarquable par sa solidité. On a tenté de la démolir; mais, après l'avoir abaissée à 18 mètres de hauteur, l'entreprise a été Arches tourabandonnée. Plusieurs maisons du bourg sont construites de ses débris. Ronde à l'extérieur, elle est hexagone au-dedans et bâtie de grosses pierres volcaniques. L'escalier, qui communique aux étages supérieurs, est pratiqué dans l'épaisseur du mur et fort étroit. Les marches sont en dalles brutes. Le dernier étage était voûté, et au centre de la voûte se trouvait une ouverture ronde, à laquelle on appliquait une échelle pour arriver à la plate-forme, qui servait de toit. La sentinelle de garde retirait cette échelle, afin de se ménager la faculté de descendre à son gré; elle pouvait, de là, signaler à une grande distance l'ennemi. Un escalier de quelques marches conduit à la porte d'entrée.

On assure qu'un souterrain, partant de la tour, traverse le village de Jarrige et conduit au communal dit d'Orset. En 1475 cette tour faisait partie d'un château qui fut cédé par le doyen à la famille de Battut, alors investie de la seigneurie de Montfort.

Catherine de Sartiges, femme de N.-Géraud de La Roche, seigneur de Soubrevèze, habitait Arches en 1439. Elle traita, avec noble Guy de Montclar, au sujet de Bière.

In Dictionnaire statistique du Cantal, de Ribier.

- Montford. Ancienne commanderie de l’Ordre du Temple, la propriété de Montfort a traversé le temps avec grâce et conserve aujourd'hui un charme indiscutable.

L'histoire connue du repaire de Montfort commence en 1293. À cette époque, Bertrand de Sartiges, chevalier du Temple, est commandeur de l'Ordre à Carlat (lire notre éditionArches montfort du 1 er février 2015 ) et l'inventaire de Jean de Trie répertorie Montfort en tant qu'annexe. Lorsque la confrérie est dissoute par Philippe Le Bel, en 1312, le domaine appartient à Pierre d'Autressal, damoiseau de Mauriac. En 1329, il en vend une partie à un autre Bertrand de Sartiges (en fait, le neveu du premier). Les deux seigneurs accolent le nom de Montfort à leurs patronymes respectifs. Le fief féodal prend l'allure d'un castel d'agrément… La généalogie reste quelque peu floue jusqu'à ce que la maison de Las Vaysses, alias de Battut, apparaisse en 1349, avec Guillaume, chargé de tous les revenus de la cure de Jaleyrac (sur la paroisse de laquelle est alors Montfort, avant de revenir à celle d'Arches).  En 1349 Galeane de Bort de Pierrefitte, femme de Guillaume de Las-Vaisses, qui avait aussi des droits sur Montfort, fit son testament dans la chambre de Bertrand de Sartiges ou de Montfort.

Quand commence la guerre de Cent Ans, la seigneurie dépend de la maison de Miremont. Leur situation géographique n'est pas sans se ressembler, toutes deux placées sur les hauteurs de la Dordogne, frontière naturelle entre les royaumes de France et d'Angleterre. Les informations sur les propriétaires suivants sont plus nombreuses. En 1527, Gabrielle de Battut, dame de Montfort, épouse Gabriel de Murat-Rochemaure, seigneur de Serres et de Tissonnières, en Limousin. La noble famille conserve le repaire pendant 220 ans.

Comme dans d'autres cas, l'absence de descendance change la donne et, en 1747, Antoine de Murat-Rochemaure, major au Régiment d'Orléans Dragons, institue son neveu Guillaume d'Humières comme légataire. D'Humières, un nom que l'on retrouve tout près à la même époque, puisque Marie-Charlotte de Scorailles a épousé, deux ans plus tôt, Bertrand III d'Humières, avec lequel elle va transformer le château de La Vigne, lui faisant perdre son aspect médiéval pour lui donner son apparence actuelle. C'est probablement ce qui se passe aussi à Montfort et le fief féodal prend l'allure d'un castel d'agrément. Un point étonne : ses trois tours sont carrées, détail architectural rare en Haute-Auvergne. Le corps de logis, à l'avant, est encadré par deux tours d'angle dont l'une a probablement été remaniée, comme la façade, au XVIII e siècle. La tour arrière, en revanche, ornée de mâchicoulis et couronnée par un chemin de ronde, rappelle les origines du château.

Confisqué à la Révolution, Montfort est racheté par les d'Humières en 1795. Un siècle plus tard, leur descendant, ruiné, en est exproprié. Le domaine est acquis par Pierre Lafon, qui le sauve de la ruine et dont les arrières-arrières petits enfants en sont, aujourd'hui encore, propriétaires.

in La prévôté de Mauriac, gentilhommières et châteaux, du docteur de Ribier. Sur les pas des Templiers en Auvergne, d'Andy Pinoteau. Recherches et témoignage de Charles Lafon.

à Chalvigniac en haute Auvergne,

- Miremont. Miremont reste assez mystèrieux pour une lecture non ventadorienne : il a été mêlé de très près pendant plusieurs siècles à la vicomté et au duché. Miremont rendait hommage à Charlus Champagnac autant qu'à quelques autres seigneurs. Mais dès le XIème s. on voit Ventadour intervenir en emprisonnant l'abbé Arnaud afin de soutenir Aymar (ou Adémar) de Miremont dans sa dispute avec l'évêque de Clermont ; au XIVème on retrouve  les troupes de routiers de Geoffroy qui prennent le château et s'en servent pour étendre leurs attaques depuis Ventadour ; à la fin du  XVIème s. enfin Claude de Lévis Ventadour et son épouse Jeanne de Meaumont achètent mi partie principale du château pour confirmer leurs droits cetainement face aux évêques de Clermont et contrôler la route stratégique de Mauriac à Tulle, Egletons, Neuvic et Ussel.

texte repris d'auteur non cité : Les ruines encore imposantes du château, sa proximité de la ville de Mauriac, les souvenirs historiques qui s'y rattachent ont donné a Miremont une certaine célébrité. Sa situation sur un plateau élevé qui dominait les plaines voisines et qui commandait les deux ports de Naugenat et de St-Projet, sur la Dordogne, en faisait une place très-importante. Cette importance augmenta encore après le funeste traité de Bretigny (1360), par lequel le Limousin fut cédé au roi d'Angleterre. Miremont se trouva alors sur l'extrême frontière et devint l'une des barrières opposées aux incursions ou aux ravages des Anglais; barrière impuissante, ainsi que nous le verrons bientôt.

Miremont cpLe plateau basaltique de Miremont forme un carré long, assez régulier, qui se dirige de l'est à l’ouest. Bordé de toutes parts par des escarpements ou des pentes rapides, il se rétrécit vers l'ouest. C'est dans cette partie que le fort avait été construit; il n'occupait qu'une faible partie du plateau qui formait, en avant des fortifications, une magnifique esplanade; il était défendu à l'est par un rempart en maçonnerie qui existe encore et qui ferme toute la plaine. A l'extrémité méridionale du rempart était la porte d'entrée, protégée par un fossé et un pont-levis, et surmontée par une tour carrée. Les écuries étaient adossées à l'intérieur du rempart; elles étaient voûtées.

Un espace vide où se trouvaient peut-être les jardins, séparait les remparts, d'un fossé profond, entièrement creusé dans le basalte; les fondations du château étaient assises sur l'un de ses bords. Ce fossé était protégé à l'extérieur par un mur ou contrescarpe. Le pont-levis était, dans les derniers temps, remplacé par un pont en pierre.

Au midi, l'enceinte se composait d'un mur en terrasse fort élevé et d'une solidité telle qu'il existe encore en entier; à l'ouest, le mur d'enceinte formait des angles saillants et rentrants; il s'appuyait d'un côté à une tour et allait se relier, au nord, à une autre forte tour isolée qui servait de donjon et commandait l'entrée du fossé. Des cours et des jardins assez vastes s'étendaient entre le château et l'enceinte occidentale

Il ne reste plus du château que quelques pans de mur et deux tours ruinées. Autant qu'on peut en juger par ces restes et par les fondations, le château devait être flanqué de tours à chacun de ses angles. Hors de l'enceinte et à l'aspect du nord, on voit les substructions d'un bâtiment fort exigu que la tradition désigne sous le nom de Chapelle des Huguenots.

En 1760, le château de Miremont était encore entier; comme il était d'un entretien coûteux, un intendant persuada au marquis de Simiane, seigneur de Miremont, qu'il y aurait plus de profit â le démolir et à en vendre les matériaux. Ce conseil fut suivi; en 1770, on découvrit le château et on en vendit la tuile. Cette œuvre de destruction fut continuée pendant plusieurs années, et ne s'arrêta que lorsqu'il ne resta plus une pierre de taille dans les murs.

Dans l'une des tours qui se sont conservées, il existait des peintures à fresque représentant divers sujets mythologiques et notamment Daphné changée, en laurier. Au-dessus de la cheminée, on avait représenté le siége du château avec cette légende : Siége de Miremont. 1574. J'ai conservé un croquis de cette peinture aujourd'hui détruite. Il paraîtrait que la place aurait été attaquée du côté de l'ouest, et qu'une brèche considérable avait été pratiquée dans la tour isolée ou donjon.

L'origine du château de Miremont remonte aux époques les plus reculées du régime féodal; il fut assiégé en 1105 par Pierre Leroux, évêque de Clermont. - Pierre Aimar, qui enNauzenac était seigneur, prétendait exercer sur l'église et la terre de Mauriac des droits qui ne lui étaient pas dus. Arnaud, abbé de St-Pierre-le-Vif, de Sens, étant venu à Mauriac pour installer Pierre de St-Balderic, qu'il avait nommé doyen en remplacement de Gausbert, déposé au concile de Troyes, avait opposé une vive résistance aux prétentions d'Aimar. Celui-ci, soit qu'il voulût se venger de l'abbé, soit qu'il voulût lui arracher des concessions , le fit arrêter, avec toute sa suite, par des soldats appelés Robertins, au moment où il se mettait en route pour retourner à Sens. Arnaud fut conduit au château de Ventadour, en Limousin, où il fut retenu prisonnier. En ce temps-là, l'évêque de Clermont était dans les environs d'Aurillac , à la tête d'une armée nombreuse, pour combattre les ennemis qui ne manquent jamais à l'Eglise. Guy et Raoul de Scorailles, vassaux de l'abbé, donnèrent avis à l'évêque qu'Arnaud venait d'être fait prisonnier à l'instigation de Pierre Aimar. Aussitôt, le prélat prend la résolution de le délivrer; il marche sur Miremont à la tête de ses troupes. Aimar, voyant que la résistance était inutile, rendit la liberté à Arnaud et à sa suite, et leur fit restituer tout ce qu'on leur avait pris (Chronic. » S. Pétri civi, spicil.,1. it, p. 751, édit. in-4°).  illustration : passage de Nauzenac entre Chalvignac et Limousin

Pierre Aimar ou Adémar est le premier des seigneurs de Miremont dont le nom soit parvenu jusqu'à nous; il avait des frères qui formèrent probablement la branche qui prit le nom de Mauriac, et deux fils, Bernard et Guy.

Bernard mourut en allant en Palestine fin itinere hierosolimitano). Il est peu probable que Bernard ait fait partie de la première croisade; il aurait pu suivre, en 1105, le comte de Poitiers dans son expédition contre les infidèles; mais je trouve encore cette époque trop reculée. Il paraît, d'après le traité passé entre Pierre de Mirabel, doyen de Mauriac, et Guy de Miremont, frère de Bernard, que ce dernier avait secondé Pierre Aimar, son frère, dans sa lutte contre le monastère de Mauriac. Or, c'est en l'année 1105 que cette lutte était dans toute sa force. Si Bernard n'a été en Palestine qu'après l'année 1105, il y serait allé en pèlerinage, comme beaucoup d'autres chevaliers qui, à leur arrivée, quittaient le bourdon pour prendre l'épée. NB : on sait qu'Archambaut de Ventadorn meurt lors de la la seconde croisade dans le désastre de 1101 avec 200 000 de ses compagnons ! Bernard n'aurait-il pas fait partie de ses hommes ?

Sous le règne de Louis VI et sous le pontificat de Calixte II, par conséquent avant l'année 1130 , Guy , qui prend le nom de Miramont, cédant aux instances de Pierre de MirabelMiremont, doyen de Mauriac, et touché par la grâce divine, confirme tous les dons que Pierre Adémar, son père, ses oncles et ses proches avaient faits au monastère de Mauriac : il s'oblige à servir la rente de deux sols que Bernard, son frère, mort dans le voyage de Jérusalem, avait léguée au monastère ; il reconnaît que la moitié du Mas-du-Faët, principal objet des longues contestations qui avaient existé entre le monastère de Mauriac et les seigneurs de Miremont, appartenait aux religieux. Cet acte fut fait en présence de Pierre, archiprêtre; d'Armand des Vaysses, de Bernard d'Artiges, de Rigal de Sots, de Géraud Benedicti, de Rotbert, du doyen et des religieux de Mauriac.

En 1140, Guy de Miremont et les hommes de Chalvignac donnèrent à l'abbé d'Obazine, pour la fondation du monastère de Doumis, tout ce qu'ils possédaient à Doumis.

En 1201, Hugnes de Miremont donna le Mas-del-Bousquet à l'abbaye de Valette. Le même fit don à la mémo abbaye, en l'année 1205, d'une métairie située à la Besse.

La maison de Miremont s'éteignit au commencement du XIV° siècle, et les terres qu'elle possédait passèrent dans les maisons de Saint-Exupery et de Saint-Chamand, par les mariages de Marthe de Miremont avec Elie de Saint-Exupéry et de Marguerite de Miremont avec Olivier de Saint-Chamand.

Avant 1336, Olivier de Saint-Chamand prenait le titre de co-seigneur de Miremont

Au XIII° siècle, le fief de Miremont, comme la plupart des autres grands fiefs de la Haute-Auvergne, était indivis entre des seigneurs différents. Le mercredi avant la St-Jean 1284, Olivier, Arnaud et Pierre d'Albars, chevaliers, et Guy d'Albars , damoiseau , reconnaissent tenir du roi, en franc fief, la tour appelée d'Albars, située à Miramon , paroisse de Chalvignac ; ils déclarent que leurs prédécesseurs n'avaient fait aucun aveu au sujet de ladite tour, si ce n'est au comte de Poitiers (Arch. imp.. j. 271). Le même jour, Olivier d'Albars reconnaissait tenir du roi un alberg annuel, avec huit cavaliers, sur les maisons de D de Teulet et de Guillaume de Mallesec, sises à Miremont (id.). Ces deux actes sont passés sous le sceau des consuls d'Aurillac.

Cette partie de la seigneurie de Miremont passa dans la maison de St-Exupery. Dans un acte de foi et hommage du 27 mai 1516, François de St-Exupery reconnaît tenir du seigneur de Charlus, son château de Miremont et une tour comprise dans ledit château, appelée d'Albars.

En 1398, Guillaume Besseyras, damoiseau, était co-seigneur de Miremont. Pendant les XIII°, XIV°,  XVe et XVI° siècles, une maison fort ancienne, celle de Mauriac» possédait la co-seigneurie de Miremont; ses membres prenaient indifféremment le nom de Mauriac ou de Miremont. En 1255, Guy de Mauriac était co-seigneur de Miremont et de Tournemire.

Par une transaction du 3 mai 1515, Jean d'Apcher, chevalier, seigneur de Montbrun, mari de Jeanne de Mauriac, et Bernard de Miramon ou de Mauriac, seigneur de Pradines, concèdent pour son douaire à Louise de Rillac, veuve de Guillaume de Mauriac, en son vivant seigneur de Miremont et de Scorailles, les rentes d'Ally y et de Scorailles, la jouissance pendant sa vie de son habitation dans le château et place de Miremont.C'est à savoir une chambre à la tour neuve, une autre chambre à ladite maison, la cave de la tour neuve et la moitié du jardin grand qui est par devant ladite maison, la tenue d'un bœuf pour engraisser et une pipe de vin chacun an.

L'indivision et le voisinage devaient être la source de fréquentes contestations. François de Mauriac et Guy de Miremont n'en furent pas exempts; ils eurent un procès qui fut terminé par un arrêt du Parlement de Paris. François de Mauriac le perdit. Cela résulte d'une quittance à la date du 4 juin 1559, donnée par noble dame Magdeleine de Senetaire, consorte de puissant seigneur messire Guy de Miremont, chevalier, seigneur dudit Miremont, Favar, le Doignon et le Cheyrol, de la licence, congé et consentement dudit Miremont, à noble François de Mauriac dit de Miremont, co-seigneur dudit Miremont, seigneur d'Ally etco-seigneur de Scorailles, de la somme de 97 livres 2 sols parisis, valant la somme de 121 livres 7 sols 6 deniers tournois, pour raison de certains dépens auxquels ledit de Mauriac avait été condamné par la Cour de Parlement, à Paris.

Miremont planEn 1580, François de Mauriac et autre François, son fils, vendirent leur part dans la seigneurie de Miremont, château , maison environnée de fossés, rentes, domaine, à Claude de Levis, chambellan de Monsieur, frère du roi, comte de Charlus, et à Jeanne de Maumont, sa femme, au prix de 18,000 livres. Un règlement fut fait entre les deux seigneurs, Claude de Levy et Henri de Bourbon, vicomte de Lavedan. Le comte de Charlus eut dans son lot un corps de logis flanqué de deux tours, l'une carrée, l'autre ronde, la boulangerie et une cour séparée de celle du vicomte de Lavedan par un mur élevé. Une tour placée dans la cour du vicomte demeurait commune entre les deux seigneurs. L'entrée du château se trouvait dans la cour du seigneur de Charlus; il y avait un grand portail avec un pont-levis. La chapelle appelée d'Entremont, située hors du château, demeurait commune. Chaque seigneur avait sa cloche. Les bois demeuraient indivis, à l'exception de celui de la vigne, qui était la propriété exclusive du baron de Charlus, de même que le droit de four à chaux et d'extraction de la pierre de marbre. (Déribier.)

Le seigneur de Charlus était encore co-seigneur de Miremont en 1585; cependant, cette seigneurie ne tarda pas à être aliénée; à la fin du XVI° siècle, elle était possédée sans partage par Françoise de St-Exupery, vicomtesse de Lavedan.

Guy de St-Exupery, le dernier de son nom , chevalier, bailli royal des montagnes d'Auvergne, en 1562, épousa, le 29 mai 1548, Madeleine de St-Nectaire, fille de Nectaire de St-Nectaire et de Marguerite d'Etampes, et sœur d'Antoine de St-Nectaire, abbé d'Aurillac et évêque du Puy. Ils n'eurent de leur mariage que deux filles, Françoise, mariée en 1571 à Henri de Bourbon, et Rose, mariée en 1585 à Louis, seigneur de Rilhac. Henri de Bourbon était arrière-petit-fils de Charles, fils naturel de Jean II, duc de Bourbon, connétable de France; il était baron de Malauze, vicomte de Lavedan et baron de Chaudesaigues; il eut pour tutrice Jeanne d'Albret, reine de Navarre, mère d'Henri IV. Il servit fidèlement ce prince, qui n'attendit pas son avènement à la couronne de France pour le récompenser; il le nomma lieutenant de sa compagnie d'hommes d'armes, alors qu'il n'était encore que roi de Navarre. Le vicomte de Lavedan mourut en 1611, et laissa pour lui succéder Henri, deuxième du nom, son fils, filleul d'Henri IV, qui érigea en sa faveur la baronnie de Malauze en marquisat.

Louis fut son héritier; quoiqu'il professât la religion protestante, il n'en jouit pas moins, pendant trente-cinq ans, de tous les revenus de la cure de Chalvignac. La cour des Grands-Jours trouva cette perception peu justifiée et encore moins orthodoxe, et elle condamna le seigneur de Miremont à 4,000 livres parisis d’aumône, et à restituer, pour les fruits de la cure de Chalvignac, depuis le10 mars 1630, 54,000 livres, à raison de 1,500 livres par an. Antoine Ferval, curé confidentaire, fut condamné à 400 livres d'aumône et privé de son bénéfice. L'arrêt fut prononcé le 16 janvier 1666 (Origine des Grands-Jours, m. s., Archives imp., section judiciaire).

Louis-Auguste de Bourbon fut le dernier de cette famille. Il était, en 1719, colonel du régiment d'Agenais ; il fut tué en 1744 au siége de Montalban. Il laissa pour héritière Marie-Geneviève, sa sœur, qui avait épousé Ferdinand, comte de Poitiers. Etant devenue veuve, elle vendit, avant 1747, la seigneurie de Miremont à Louis-Hector , marquis de Simiane , dont la famille l'a possédée jusqu'à la Révolution.

La seigneurie de Miremont relevait en fief de Charlus et en arrière-fief de l'évêque de Clermont.

Nous avons parlé d'un premier siége soutenu par le château de Miremont en l'année 1105. Pendant la longue lutte entre la France et l'Angleterre, les Anglais, ou plutôt les pillards qui tenaient leur parti, ne pouvaient négliger un château qui leur assurait le passage de la Dordogne, et qui protégeait les communications entre le château de Ventadour, leur principale place, et la Haute-Auvergne. Suivant M. Déribier, Robert Knol s'en serait emparé par surprise, en 1360, et aurait choisi pour y commander Mandonet de Badafol; suivant le Nobiliaire d’Auvergne. Mandonet de Badafol aurait pris Miremont en 1357, en aurait été chassé peu de temps après et l'aurait repris en 1374. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'en l'année 1374, Mandonet Badafol ou de Badafol tenait le château de Miremont.

Il est probable qu'il l'occupait depuis quelque temps, et qu'il avait commis assez de ravages dans la contrée pour contraindre l'évêque de Clermont, seigneur suzerain de Miremont, à faire les plus grands sacrifices pour l'en chasser. Il emprunta pour cela du comte d'Armagnac 5,000 liv. qui furent apportées de Rodez a Clermont par Aymar de Jouy, et passées en compte à Bona et Noël par Beraud, comte de Clermont, dauphin d'Auvergne, Guy de La Tour et Guillaume d'Apchon, qui avaient la charge des finances. (Savaron. Origines de la ville de Clermont.)

Les guerres de religion furent moins désastreuses pour la Haute-Auvergne que les guerres des Anglais. Cependant, peu de localités furent à l'abri des ravages des troupes des Miremont f3 1deux partis. La plupart des villes et un assez grand nombre de châteaux furent attaqués ou pris. Le château de Miremont fut de ce nombre. — Henri de Bourbon, vicomte de Lavedan, qui avait épousé l'héritière de la maison de Miremont , était le chef des protestants dans la Haute Auvergne. Seigneur de Chaudesaigues et de Miremont, aux deux extrémités opposées de la province, il donnait la main, d'un côté, aux huguenots du Rouergue et des Cévennes, et de l'autre, à ceux du Limousin et du Quercy. Elevé par Jeanne d'Albret, possédant toute la confiance du roi de Navarre, il exerçait une grande autorité dans son parti. Le 15 avril 1574, il s'était emparé de la ville de Mauriac; celle de Pleaux avait été prise le dernier mars précédent. Le vicomte de Gourdon, général des religionnaires du Quercy et du Limousin, tenait Beaulieu, Argentat et St-Céré. Le haut-pays tout entier s'émut en voyant les religionnaires maîtres de cinq villes placées à quatre ou cinq lieues l'une de l'autre, et dont les garnisons pouvaient mutuellement se secourir. Les Etats furent assemblés à Murat, le 4 mai 1574. et une somme de 80,000 livres fut votée pour la délivrance des places prises par les huguenots. St-Hérem, gouverneur de la province; Montal, son lieutenant dans la Haute-Auvergne, et le baron de Cornusson, gouverneur du Quercy, appelèrent sous leur bannière toute la noblesse catholique.

Le 28 juin, Montal écrivait à Noailles que M. de St-Hérem, M. de Cornusson et lui, joignent leurs forces et comptent avoir deux mille hommes de pied et plus de cinq cents chevaux avec cinq pièces d'artillerie; il l'engage à venir les joindre, et lui donne rendez-vous à Pénière.

Les religionnaires, avertis de ces préparatifs, n'attendirent pas l'arrivée des troupes du gouverneur d'Auvergne; le 29 juillet, ils abandonnèrent la ville de Mauriac, après l'avoir démantelée et se retirèrent à Miremont.

La délivrance de Mauriac n'était pas le seul but de l’expédition de M. de St-Hérem ; il avait pris envers les Etats l'engagement d'assiéger le château de Miremont ; il y était en outre poussé par Montal, qui nourrissait une inimitié profonde contre Madeleine de St-Nectaire, dame de Miremont, et qui espérait, en s'emparant du château, la faire mourir et ruiner sa maison (Mêm. de Bouillon). St Hérem, n'ayant point d'artillerie, laissa à Mauriac deux cents arquebusiers et prit le chemin du Rouergue où il fut chercher les pièces nécessaires pour assiéger Miremont. Il était accompagné par les sieurs de Vezolles, juge de Mauriac; Lacarrière, consul d'Aurillac, et par quelques autres délégués du pays, qui s'engagèrent envers les Etats du Rouergue à la restitution des pièces qu'onavait empruntées.

Les forces réunies par St-Hérem étaient considérables. Henri de Latour, vicomte de Turenne , qui avait quitté la cour et qui était sur le point d'abjurer la religion catholique, avait réuni des troupes destinées à soutenir la cause des religionnaires; mais comme il ne voulait pas se démasquer encore, et pour donner le change sur ses projets, il se fit inviter par St-Hérem à assister au siége et s'y rendit à la tête de trois cents gentilshommes et de quelque infanterie (Mém. du duc de Bouillon). Les troupes réunies par St-Hérem s'élevaient à six mille hommes. Celtes qui défendaient le château étaient moins nombreuses, mais elles étaient aguerries, déterminées et commandées par le vicomte de Lavedan. Leur ardeur était excitée par Madeleine de St-Nectaire, qui n'ignorait pas que si la place était prise, l'avenir de sa maison était compromis et sa vie en danger.

Le siége fut mis devant la place; elle fut battue de 900 coups de canons; le donjon était en partie démoli; les courtines avaient beaucoup souffert; la brèche avant paru praticable, les assiégeants donnèrent l'assaut; mais ils furent vigoureusement repoussés par l'intrépide garnison. Le vicomte de Turenne perdit vingt de ses meilleurs gentilshommes qui avaient voulu établir un logis sur une contrescarpe. D'une autre part, les vivres et les munitions manquaient, l'un des canons avait éclaté, un autre était éventé. (Compte de Biaise de Vernye. Archives de la maison de Bargues.) Il fallut donc lever le siége, et cette expédition, entreprise à grands frais, n'eut d'autre résultat que la délivrance de Mauriac. Elle laissa les huguenots maîtres de la campagne, enrichis par le pillage et par les rançons qu'ils avaient fait payer aux bourgeois de Mauriac et de Pleaux, et plus audacieux que jamais. Le siége fut levé dans le courant du mois d'août. (Compte des consuls de Mauriac.) Il avait duré sept semaines. (De Vernye.) , ,

Les hostilités continuèrent entre le lieutenant du haut-pays et le vicomte de Lavedan. Elles se ranimèrent avec une nouvelle ardeur dans l'été de 1575. Cette fois ce fut Gilles de Montal qui fut l'agresseur. Il avait à venger les échecs de la campagne précédente. Les religionnaires s'étaient emparés de la ville et du château de Laroquebrou dont il était seigneur : il était d'ailleurs encouragé par le roi Henri III et par Catherine de Médicis, qui lui écrivait de Paris le 15 juin 1575.

« Monsieur de Montal, pour respondre à celle que vous m'avez escripte des vingt sixième et vingt septième du mois passé, j'employrai la despèche que présentement vous envoye, le roi monsieur mon fils, par le contenu de la quelle vous verrez son intention et mesme le contentement grand qu'il a de vous et de vos bons déportements pour son service; vous priant de les continuer et estre certain qu'où je pourrais faire pour vous selon les occasions, ce sera bien volontiers; priant Dieu, monsieur de Montal, qu'il vous ayt en sa sainte garde. » 

Montal fit tous les préparatifs nécessaires pour ouvrir la campagne. Le 12 juillet, il écrit à Noailles :« Qu'il saura empêcher que le vicomte de Lavedan ne lui lève ses dixmes, et le prie de se tenir prêt pour défendre Mauriac. » (De Sistrière. Notes sur l'histoire d'Auvergne, m. s.)

Le même jour, il adressait aux consuls de Mauriac des lettres ainsi conçues: « Gilles de Montailh, chevalier de l'ordre du roy, gentilhomme ordinaire de sa chambre, gouverneur, lieutenant-général pour sa majesté en l'haust pays M d'Auvergne, aux consuls de la ville de Mauriac; salut. Nous avons advizé de mettre une compagnie de cent arquebusiers au lyeu plus proche, et à la veue du château de Miramont, pour garder que les ennemis y estant puyssent s'avitailler, et fournir d'aucuhgs vivres pour munir ledit chasteau, et aussi qu'ils ne ravagent et pilhent, et que ung chacun en la prévôté de Mauriac puysseaisément faire la recette et perception de ses fruicts et vivres. Pour la nourriture et l'entretènement desquels cent soldats, est besoing de dresser estape et magasin de vivres, attendu qu'ils seront logés à la campagne, et qu'ils n'auront moyen estant la de recouvrer vivres si on ne leur apporte. Pour ces causes et voyant en l'establissement desdits cent soldats entièrement pour le service du roy et sollacgement de tous ces pais, et particulièrement à toute la prévôté de Mauriac; vos dressiez promptement tant sur votre ville que sur les paroisses circonvoisines, à vous et sur icelles imposer ez le fortpourtant le faible et le plus esgallement que faire se pourra pour le prochain d'aoust, pour chacung jour deux cents pains bis, trente pains blancs, D du poids de XIIII onces estant cuits, cent trente pintes vin , deux moutons et une demye uchelle; tous lesquels vivres vous mettrez en une maison de votre ville à ce destinée, pour après estre départis auxdits soldats par cellui et tout ainsi que par nous il sera advizé. Lesquels vivres vous seront payés et remboursés ensemble esdites paroisses, des deniers provenans de l'impôt de quatre-vingt mille livres que les gens des trois Estats dernièrement assemblés a la ville de Murat ont accordés être imposés et levés sur ledit pays pour la reprise des forts de Meallet, Laroque et Miramont, et de ce que vous montrerez et ferez appareoir avoir légitimement payé et frayé. Au paiement desquelles choses voulions les compris à bref commission estre contraincts comme pour les propres deniers du roy, attendu que c'est pour le service de sadite majesté et solacgement dudit pays. Faict Aurillac, le 12 juillet 1575. » Ainsi signé Montal et scellé aux armes dudit seigneur, à cire rouge; et après est écrit : par mandement de mondit seigneur Cavanac. >

Miremont reconstitution 1D'après ces lettres, Montal se proposait seulement de contenir la garnison de Miremont, de l'empêcher de se livrer au pillage et de troubler les habitants de la prévôté dans la levée des récoltes. Mais un événement qui semblait devoir lui assurer le succès qui lui avait échappé pendant toute l'année précédente, lui fit concevoir un projet plus hardi.

Dans un combat qui avait eu lieu au Puy-Quinsac, dans la commune de St-Julien-aux-Bois, sur les frontières du Limousin et de l'Auvergne, le vicomte de Lavedan avait été fait prisonnier par François de Lignerac, seigneur de Pleaux et de St-Chamand, enseigne des gardes de la reine. (De Luguet, p. ! '18. m. s., bibl. imp.) Les religionnaires découragés n'avaient plus à leur tête ce chef brave et expérimenté, qui avait résisté l'année précédente à toutes les forces de la province. Tout semblait donc concourir pour donner à Montal l'espoir de forcer les religionaires à se retirer de cette partie de l'Auvergne; il croyait toucher au moment où le château et la dame de Miremont tomberaient en son pouvoir. illustration : dessin de reconstitution

Il établit auprès du château un camp pour surveiller la garnison et mettre un terme à ses courses désastreuses. Madeleine de St-Nectaire, qui avait sous ses ordres une compagnie de cavalerie de soixante gentilshommes qu'elle avait formée elle-même, faisait de fréquentes sorties et avait défait dans une rencontre deux compagnies de gens de pied. Montal, de plus en plus irrité et voulant mettre à profit la témérité de Madeleine, réunit deux mille hommes de pied et trois cents chevaux, et envoya une compagnie faire du ravage à une lieue de Miremont, sachant, dit d'Aubigné, que cette amazone serait aussitôt à eux, sans marchander. Elle sortit du château avec sa compagnie, prit avec elle quinze coureurs, laissa le reste de sa troupe en arrière, en leur disant : «  Faites » comme moi, et elle partit au galop pour aller attaquer la compagnie de Moutal. Les ennemis, qui étaient au nombre de quarante et auxquels une montagne cachait le gros de la troupe de la dame de Miremont, ne voyant que quinze chevaux les attendirent de pied ferme. Madeleine marchait, suivant son usage, vingt pas devant les siens, connue de tous a sa longue chevelure qui flottait sur sa cuirasse Elle engagea le combat : aux premiers coups de feu que sa troupe entendit, elle accourut à son secours, fit une nouvelle charge et mit les ennemis en déroute.

Cependant, Montal, dont le stratagème avait réussi, sachant que le château était dégarni de ses meilleures troupes , qu'il n'y était demeuré que peu d'hommes et des moins aguerris, investit de près la place avec des troupes qu'il avait fait marcher toute la nuit et en ferma l'entrée à Madeleine.

C'est surtout dans les dangers que se révèlent les grands caractères. Le courage de notre héroïne ne fut pas ébranlé : supérieure aux revers qu'elle venait d'éprouver, elle comprit que Miremont ne résisterait pas s'il n'était promptement secouru. Elle court à Turenne, elle n'y trouve que quatre compagnies d'arquebusiers à cheval, commandées par d'Alagnac. En attendant un plus grand secours, elle résolut de jeter cinquante arquebusiers dans Miremont. Montal, averti, s'avance sur leur chemin à la tête de 120 hommes de pied bien choisis et d'un pareil nombre de cavaliers. Il arrive dans un défile resserré entre deux montagnes. D'Alagnac charge avec résolution l'infanterie et la force à se replier. Montal s'avance pour la soutenir; la dame de Miremont qui n'avait que cinquante chevaux prend la charge et renverse toute la cavalerie. Montal, frappé d'un coup à travers le corps, fut tomber dans la foule de son armée qui accourait à l'alarme. Le lieu étant fort étroit, les gens de pied ne perdirent que fort peu d'hommes; ils furent obligés de lever le siége tout en sauvant leur chef qui fut transporté dans un château à une demi-lieue de là. Il y mourut quatre jours après. La captivité du vicomte de Lavedan et la nécessité de se défendre avaient mis les armes à la main de Madeleine de St-Nectaire; elle les déposa après la mort de Montal et ne prit plus aucune part aux guerres religieuses qui se prolongèrent pendant plus de quinze ans. D'Aubigné dit dans son histoire: « Quelquefois nous reprochions par jeu aux gentilshommes de ce pays (l'Auvergne), qu'ils avaient été soldats à la dame de Miremont; et eux à nous, que nous ne l'avions pas esté".

De Spontour à Brivezac

Relief iii

à Sorsac ou Soursiaco - Soursac (bas Limousin)

-Es Pontours-Spontour avait seigneurie au XIIIème siècle et jusqu'au XVIIIème s.. Spontour pont sur l auze dit des anglaisLe chateau a disparu, il surveillait le passage sur la Dordogne, mais pour les Turenne. Soursac était dans les 20 villages hommageant et un testament de Raymond de Roger de Beaufort vicomte de Turenne à son fils naturel, Claude, en 1399 dit : "legua... los chastels et chastellanias de...la Bastida et de Sorsac".

- Durfort : imbrication des suzerainetés ou limite d'appanage, Durfort, place forte comme l'indique son nom, est situé à la confluence de la rivière du Pont Aubère venant de Soursac et de la Dordogne. Durfort semble bien ne pas dépendre de Ventadour mais uniquement de Turenne dont les seigneurs se déclarent de Soursac Durfort ! Pourtant, plus bas, les Ventadour retournent en hommage ... Alors, Durfort en vicomté de Turenne. Mais les hommages de certains fiefs de Soursac se font pour partie à Ventadour...

illustration : pont des Anglais sur l'Auze entre Auvergne et Limousin - cop SHAV  - détruit

- Abbaye de la Vallette : encore un lieu de rencontre des influences parfois inextricables entre seigneurs laics limousins de Ventadour et de Turenne, auvergnats de Scorailles et religieux des deux provinces. Etienne, de retour de la Grande Chartreuse de Grenoble pour étudier la discipline de Saint-Bruno, trouva à Obazine plusieurs nouveaux disciples. Ces chevaliers, venus comme curieux, étaient restés comme croyants. Bégon de Scorailles, après une vie entière de dissipation, de débauche et de combats dans les guerres de l'époque, était venu avec sa femme et ses enfants chercher la pénitence à Obazine. Il montra tant de piété que Saint-Etienne voulut l'envoyer dans un nouveau monastère dans son pays natal pour y donner l'exemple des bonnes mœurs. L'ancien chevalier devenu moine alla se plonger  dans un ravin des bords de l'Auze sur le territoire de la paroisse de Tourniac dans le Cantal, diocèse de Clermont. Bégon était le fils de Raoul, seigneur de Scorailles, canton de Pleaux. C’est au Pestre (Pistre, ou lo Pestres : les prêtres) ancien Doumis-Soutre (Doumis-bas), petit village situé dans la vallée encaissée et solitaire de l’Auze, que fut d’abord fondée l’abbaye de Valette en 1130. Elle fut érigée en abbaye en 1143. Jugé bientôt trop étroit et inhospitalier,  à l’instigation de l’Evêque de Limoges, Gérald de Cher, on procéda à un transfert. C'était non loin de là, mais sur les terres du Limousin, à Valette, (Vallis Loeta), “petite vallée“ boisée au bord de la Dordogne, face à Spontour sur la paroisse d’Auriac, un lieu clément au climat doux, proche du village natal d’Etienne de la paroisse d'Auriac. Valette se trouve à faible distance du lieu d’origine d’Etienne (Le Vielzot, proche de Bassignac-le -Haut). La Dordogne y fait une boucle typique et un vallon riant et ensoleillé permet la culture. C’est ainsi qu’en 1143 fut fondée l’abbaye de Valette, dédiée à la Sainte Vierge. La terre ou l'église fut bâtie avait Valette1été donnée autrefois à l'abbaye de Tulle par Gui de Brassac (1116) en faveur du moine Guillaume de Plas qui avait remis à celui-ci deux écus d'argent pour son voyage en Palestine. Ce monastère cistercien était dédié, comme tous ses frères de Cîteaux, à la sainte Vierge. Dom Boyer qui s'y rendit en 1712 de Mauriac  en trouva le chemin : "des plus rudes" …" pour moi, qui y suis descendu du chef-lieu de la paroisse par un beau jour de mai, je n'ai gardé que le souvenir de pentes pittoresques, coupées de ravins moussus, de filets d'eau, de cascatelles, vous déposant, au bout de leurs lacets, dans un des plis de la rivière, sur un chemin de rive des plus tranquilles et des plus doux. C'est le long de ce chemin, en face d'une route de Tulle à Mauriac occupant l'autre bort, que se déroulent les bâtiments et les propriétés de l'ancienne abbaye."

Lorsqu’Obazine entra dans l’ordre cistercien (ordre de Cîteaux) en 1147, ce fut avec ses deux premières abbayes-filles, Bonnaigue près d'Ussel et Valette d'Espontor. Les grandes familles de la noblesse firent des dons : Turenne, Ventadour, Scoraille, Apchon …. Begon d’Escorailles dota richement l’abbaye de Valette ainsi que les seigneurs de Miremont dont on connait la proximité avec Ventadour. Ces contributions sont symptomatiques de la rivalité dans la prodigalité religieuse de l'époque qui cache également un souci d'influence. En 1223 le Pape Honorius III plaça Valette sous la protection du Saint Siège maisXIVème siècle le Pape Innocent IV dut excommunier les « persécuteurs de Valette ». De qui s'agissait-il ? En 1304 le roi dut protéger l'abbaye contre les attaques diverses en lui donnant des lettres de privilège et de sauvegarde. En 1500 l’Abbé Pignot se heurta à Charles de Levis (frère de François, évêque de Tulle) qui prétendait diriger Valette, ce qui nous donne un peu plus d'indication sur la volonté des Ventadour de marquer leur Valetteprésence et leur "domination" sur la place. En 1569 les Huguenots, conduits par le fameux Vivans,  pillèrent et incendièrent Valette comme en tant d'autres lieux de la vallée. En 1601, la reconstruction du monastère était entreprise et fut édifié le vaste bâtiment que l’on pouvait voir encore avant 1940. En 1775 le Parlement de Paris  partagea en trois lots les biens et revenus de l'abbaye qui s'éteignait faute de réforme. Cela procura assez de rentes pour relever l'établissement. La chapelle conserva son architecture romane avec son clocher carré et communiquait avec le cloitre. Les lieux "réguliers" ou habitations des religieux étaient à refaire. Les travaux furent entrepris et on pouvait y admirer le rez-de-chaussée, vouté tout de son long et ouvrant à l'est sur une belle terrasse qui longe la Dordogne qui courait en dessous. Un escalier monumental en basalte noir montait à l'étage des cellules. les c ellules étaient au-dessus. Aux alentours, les moines avaient défriché et mis les terres en culture. Le climat doux de la vallée permit de bonnes récoltes. Un petit paradis avait été crée loin de l'agitation du monde. L’abbaye connut le système commendataire (un abbé commendataire est un ecclésiastique qui tient une abbaye «  in commendam », c'est-à-dire qui en perçoit les revenus et peut exercer une certaine juridiction sans toutefois exercer la moindre autorité sur la discipline intérieure des moines). Elle disposa en Auvergne d’un domaine particulièrement important, à Brocq (commune de Menet, Cantal). L’abbaye déclina pourtant et ne comptait plus que trois religieux en 1790.  L'abbaye de Brocq  semble avoir été particulièrement prospère grâce à un élevage bovin laitier de montagne, à tel point que les abbés commendataires en auraient fait un temps un lieu de séjour privilégié. Les grands domaines agricoles où travaillaient les moines cisterciens, les « convers » (frères laïques, religieux de plein droit sans être des moines, principalement destinés dans les ordres monastiques Bénédictins et Cisterciens , à l’exploitation des domaines ruraux. Ils assuraient la subsistance des moines qui menaient une vie mystique et pauvre. Les frères convers étaient majoritairement d’origine plus modeste et avaient un rang inférieur à celui des moines. Illettrés, ils ne pouvaiententrer dans la cléricature. Les convers pouvaient habiter en dehors de l’abbaye et y revenir le dimanche et aux principales fêtes pour participer à la messe). C’est en 1150 que le réseau des granges prit sa forme définitive avec 25 granges appartenant aux moines cisterciens, dans les diocèses de Limoges, Cahors, Clermont, Angoulême et de Saintes. Trois d’entre-elles étaient fortement spécialisées : une grange vignoble, une grange à sel et une grange fromagère. Les granges tenaient un rôle important dans la diversification des revenus des abbayes. Grace aux dons des grandes familles Limousines et Auvergnates l'abbaye de Valette devint un grand propriétaire et grand censier, en Xaintrie et en Haute Auvergne. La grange de Broc possédait une chapelle  et son importance était telle que l'abbé de Valette fût dit aussi parfois abbé de Broc et que le prieur dût y résider plusieurs mois par an pour la perception des revenus ou la protection des intérêts. Broc étendait sa seigneurie sur 18 villages, embrassait une montagne de 400 têtes d'herbages, la Montagne de Marlhoux, rendant 500 chars de foin plus 120 chars de blé. L’abbaye fut vendue à la Révolution à Jean-Auguste Pénières, conventionnel et régicide qui dut la quitter pour l’exil en 1816. Il y avait établi une verrerie, sans succès. Il dut  se contenter d’exploiter les noyers que les moines avaient plantés. Le marchand de bois Gabriel Chamfeuil, à qui l’exploitation des forêts et le flottage des arbres sur la Dordogne valurent sa fortune, s’établit à Valette. Ce nouveau propriétaire était une figure plein d’initiatives, c’est lui qui imagina et entreprit les grands transports de bois sur la Dordogne. Par cette activité il assurait le travail et la vie à de nombreux ouvriers. Devenu vieux et sans enfants, il résolut de « restituer à Dieu ce qui avait appartenu à Dieu ». Il offrit sa maison et tous ses domaines au Bon Père Serres releveur du couvent voisin de Saint Projet de Neuvic, en 1898. Le père y fonda un petit noviciat qui recevait les jeunes filles pauvres en offrant des garanties de vocation religieuse. Il fit réparer les toits et aménager les locaux. Dès le mois de mars 1899 on put recevoir des petites filles. Elles suivaient la classe, gardaient les troupeaux, apprenaient les travaux de ménage, et surtout se formaient à la piété. L’isolement de Valette nuisait au recrutement de l’école qui ferma en 1928. Aucun ordre religieux ne voulant s’établir à Valette, les petites sœurs vendirent. Au début du XXème siècle, une ferme s’y installa jusqu’à la construction du barrage du Chastang en 1951-1952. En 1940 on défonça les champs pour en extraire le gravier et les galets nécessaires à la construction du barrage de l'Aigle. Le bâtiment principal fut transformé en dortoir pour les ouvriers. Dès 1941 le site fut abandonné lorsque l'on su que l'abbaye serait submergée par la retenue du barrage du Chastang. L'abbaye fut livrée au vandalisme, le cadran solaire détérioré. Les maçons du pays reçurent l'autorisation de démonter la porte en arc roman et quelques balustres de l'escalier. Un monument vénérable venait d'être sacrifié sur l'autel du progrès. A cette époque l’église avait disparu. Son porche roman avait été démonté puis remonté à Auriac en Corrèze dont dépend le site de l’abbaye, où l’on peut toujours le voir. Le grand bâtiment, avec sa vaste salle voutée au rez-de-chaussée a été dynamité au moment de la mise en eau du barrage et noyé. Selon le dernier occupant, il fallut s’y prendre à deux reprises lors du dynamitage pour qu’elle cède enfin. On peut en voir les ruines lorsque le niveau du barrage est très bas. Le « grand degré » (escalier) fut réutilisé au château de Val (propriété à l’époque d’EDF sur le barrage de Bort-les-Orgues). A coté une petite maison abandonnée reste debout, elle fait partie d’une exploitation, dont le propriétaire a refusé pendant des décennies de modifier son accès par la vallée : il prenait un bateau pour traverser le lac à l’aval de Spontour. Il a fini par faire ouvrir un accès routier par le coteau, en haut de son exploitation. on consultera avec intérêt le site dont nous avons extrait beaucoup d'informations http://cheminsperdus.blogspot.com/p/le-patrimoine.html 
 
Après le château des Ages à Sérandon sur la rive gauche et celui de Miremont sur la rive droite, plus aucun castel ne couvre la surveillance du fleuve puisque Durfort est de Turenne. On peut se poser la question des repaires disparus dont les occupants n'auraient pas laissé de traces. Aucune mention du cadastre ne donne d'indication sur la rive gauche, seuls deux toponymes voisins sur le bord du plateau de St Merd de Lapleau face au village auvergnat de Redena peuvent interpeller : Tourron et Roc Charla. Est-il envisageable d'y lire "Tour ronde" et un des nombreux "Charlus" de la region ? Pendant 37 kms, ce qui est très long, plus aucune motte proche d'une structure fortifiée n'y apparaît. Sur la rive gauche, un peu plus d'implantations féodales sont répertoriées : 

- à Cerviaira - Servières (Saintrie),

-Glanic puis "Glény" fut très probablement le berceau de la commune. Au Xéme siècle, afin d’éviter les continuelles attaques de puissants seigneurs du voisinage, Géraud de Saint-Céré, abbé du Monastère, inféode ceux-ci de certains fiefs dépendant de l’Abbaye de Saint Géraud.

-au bourg, le château fait partie à l'origine des fiefs de l'abbaye mais devient possession des Vicomtes de Turenne. Du Xéme au XIIéme siècle, plusieurs seigneurs s’y succèdent : dont un A. ou R. de Servieres l ancien petit seminaireCERVEIRA. CERVEIRA devint SERVIERES. Cette mention est à rapprocher de notre rocher "Cerviaira -Servières" face à Ventadour dont nous évoquions la possibilité d'un castrum occupé préalablement par une chevalier vassal des Combor. Ne l'aurions nous pas trouvé ? Puis soit par testament, soit par alliance, la châtellenie de Servières changea souvent de mains. Servières rendait hommage aux évêques d'Aurillac et non plus aux Turenne que l'on croit trop souvent complets et seuls seigneurs de la (X)Saintrie. C'est au XIIIème s. que les Turenne s'en présentent comme suzerains (mais en second) avant que la place ne soit revendue ou donnée au neveu du Pape Clément VI, Guillaume III Roger de Beaufort, en 1350. Ensuite cela devient plus confus. Après 1445, date du mariage de Louis de Ventadour et de Catherine de Beaufort, héritière de la maison de Turenne, un procés à lieu entre les deux familles de Ventadour et de La Tour, nouveaux seigneurs de Turenne, au sujet de la possession de Servières et de son château, ainsi que de Rosiers, Margerides et Saint Exupéry. Servières fut seule attribuée aux La Tour. Sous la réforme, en 1574, les Protestants l’occupent, c'est Gilbert de Ventadour, sénéchal, gouverneur et lieutenant général du Limousin qui s'en saisit en 1574. La châtellenie sera vendue en 1739 avec le reste de la vicomté turénnoise. Servières échut à la famille de Noailles. On apprend dans l'acte de vente les limites de l'apanage : elle partait des ponts d'Argentat (mais pas toute la ville), remontait à l'abbaye de la Valette sur Dordogne (voir page sur les établissements religieux), remontait en Saintie hormis une grande part de Saint Geniez et de Saint Cirgues, Rilhac laissé hors totalement, moitié d'Auriac en Limousin, puis traversait la Rivière pour remonter (en annexe et en partie seulement) sur les paroisses de Laval la Bastide, Soursac et Saint Merd de Lapleau.

- Haute Brousse de Saint Privat : Situé sur l’ancienne route qui reliait Argentat à Mauriac,  Hautebrousse est indiqué sur les cartes de Cassini dont les relevés datent de 1773 et 1774, publiées en 1784. (carte 15 feuille 158). La route traverse le village et fait une fourche à la Croix d’Hautebrousse, une branche se dirigeant vers Rilhac une autre vers Saint Julien pour rejoindre Mauriac. Sa situation géographique en fait le passage quasi obligé pour rejoindre Servières et Saint Privat. Le premier relevé cadastral datant de 1840 montre  le détail des parcelles et des bâtiments. L’histoire de Haute Brousse commence bien avant son relevé sur les dites cartes. HauteBrousse (Altabrucia) village très ancien sur la voie romaine de Brive à Mauriac domine du haut d’un mamelon de 586 mètres d’altitude. Il y avait un château et une chapelle publique dont le clocheton sur la façade y balançait deux cloches. Un cimetière accostait cet oratoire rural. La chapelle Saint Pierre eut au 15ème siècle le titre de prieuré annexe du prieuré de Moustier-Ventadour, mais elle était servie par un chapelain qui y officiait le dimanche et les jours fériés. Le village a comme toute la région souffert des passes d’armes entre catholiques et protestants et en 1574 on trouve trace d’un interrogatoire des habitants d’Hautebrousse se plaignant de la que Gilles de Bac du Fort de Merle avait sous la menace des armes, pris la dime et les revenus appartenant au prieur de Moustier-Ventadour. Le château, dénommé Fort d’Haute Brousse,  par sa situation intermédiaire entre Servières au main des protestants et Malesse aux mains des catholiques, fut soupçonné de fournir aux protestants des asiles dangereux. Les catholiques le firent raser sur ordre donné en 1576 par le Gouverneur d’Auvergne. Une visite judiciaire en 1784 constata une tour en ruine appartenant à Monsieur Etienne de Meilhac. Le château de Bourg fut bâti après cette destruction. Il comportait un corps de logis du 18ème siècle toujours existant, avec accolé sur le pignon ouest et  lui donnant une forme de L un autre bâtiment. Cet autre bâtiment a été démoli au début du 20ème siècle et les pierres auraient servies à la construction de l’école. Ce château jugé inconfortable fut abandonné et une autre grande maison bourgeoise a été bâtie au début du 19ème siècle. Elle est inscrite sur le plan cadastral de 1840. Elle a toujours été occupée par la famille de Meilhac jusqu’en 1870, date où elle fut vendue à Monsieur Adolphe Puex. Hte Brousse semble avoir relevé des évêques de Clermont puis de ceux de Servières.

- bien d'autres repaires et castel se trouvaient autour de Servières : Eylac et la Bourgeade face au village du Pic de Saint Martin sur la rive gauche, le Coudert au dessus de Grély et face aux Puy des Fourches (limite juridictionnelle) de Saint Martial d'Entraygues rive gauche, le Mas, le Pic, le Sirieix etc. Une profusion.

Que faut-il penser à l'inverse de l'absence de surveillance du côté rive ouest ? Peut-être deux raisons peuvent êtres mises en avant :

-les précipices de la Dordogne en dessous de la Nau sont tellement abruptes que toute fortification s'évérait inutiles, il suffisait de surveiller les trois seuls points de contact aux passages de Spontour, La Vallette, Le Chambon et Glény côté rive droite. Le reste était infranchissable.

- les territoires occidentaux étaient pour grande (?) partie à Servières donc Aurillac et/ou Turenne. Ventadour avait bien essayé de les récupérer complètement au XVème mais sans succés. Cependant la grande proximité de la forteresse les mettaient de facto en position de dépendance. Seul l'ordre juridictionnel relevait d'Argentat ou de Turenne. Servière et/ou Turenne ne virent pas la nécessité de contrôler un territoire occidental lointain et sans grand intérêt pour eux, hormis le repaire de Durfort.

-Certainement une seule raison peut-être avancée : nous ne sommes plus entre Limousin et Auvergne mais uniquement en Limousin, en terres de Saintrie, sorte de pays quasi autonome, ni Auvergne ni Limousin, mais un peu des deux. Ventadour et Turenne séparés de Comborn se font face mais n'ont jamais été en situation de conflit puisque sortant du même apanage, de la même vicomté mère. Apparentés d'origine puis liés intimement les deux vicomtés se lient encore les Roger de Beaufort, devenus vicomtes de Turenne, venant de Maumont et alliés à Ventadour et aux La Tour.

à Senc Martial d'Entraigas - Saint Martial d'Entraigues (bas Limousin),

- le Gibanel : la paroisse de Saint Martial possède toujours un fragment de Saint Martial de Limoges son St patron. Elle est située en un point idéal : la Dordogne arrive par le nord-est et le Doustre venant des montagnes d'Egletons par le nord y conflue, d'ou le nom limousin d'Entraigas. Elle se situe à l'extrémité du plateau de Saint Martin la Méanne et domine de 260 mètres les eaux des deux cours rivières. A partir de là la Dordogne quitte définitivement la vallée encaissée. Les reliefs abruptes s'éloignent et ne reviennent qu'après la ville d'Argentat au Malpas, dernier lieu du duché de Ventadour. Saint Martial avait l'insigne caractéristique de posséder plusieurs castels.  

GibanelDès la fin du XIème siècle, il y eut déjà à cet endroit une seigneurie représentée par Ebrard de Saint-Martial. Dans la suite, il y eut co-seigneurie et les La Roche qui en firent partie n'y conservèrent cependant pas leurs droits seigneuriaux puisqu'un document original des Archives départementales de la Corrèze indique que le 17 décembre 1357 Géraud de La Roche vendit ses droits à Pierre de Saint Martial tout en conservant la suzeraineté, soit sur la paroisse, soit sur le Gibanel. 
Géraud de la Roche fut le père d'Hugues de La Roche. Par Clément VI, pape du bas-limousin, ce dernier fut nommé en 1342 Maréchal de la cour pontificale d'Avignon. Il devint le neveu de ce pontife en épousant en 1343 Dauphine Roger de Beaufort. Pierre de Saint-Martial ayant acquis "la montagne du Gibanel" y construisit le château. La très ancienne famille à laquelle il appartenait était aussi apparentée à celle des Roger, et Pierre fut un des familiers du pape. Il fut aussi le père du Cardinal Hugues de Saint-Martial qui testa en 1397 faisant des legs aux églises d'Argentat, de Saint-Martial, etc. Son frère, Guy, sera en 1405 dit à la fois seigneur de Saint-Martial et du château du Gibanel. 

Les plus anciens maîtres furent les Saint-Martial à qui succédèrent les Maumont qui rendent hommage à Ventadour. En 1431, Nicolas de Maumont est dit seigneur de Maumont (à Rosiers d'Egletons) et du Gibanel. En 1450, Marguerite de Maumont épouse François de Combarel et reçoit une dot de 1.000 écus d'or. Les Combarel possèderont le Gibanel sans discontinuer jusqu'en 1960 où ils le cédèrent à l'actuel propriétaire. Leur fief qualifié de baronnie au XVIIème siècle. On dit en langue limousine :
"Se la noublesso se perdio, al Gibanel se troubario". Une branche gagnera le haut pays et deviendra très proche des Ventadour jusqu'à la fin de la dernière race.

Le Chanoine J.B. Poulbrière à donne un aperçu généalogique de cette famille qui s'illustra par
plusieurs de ses membres et ce depuis les Croisades auxquelles ils accompagnèrent les Ventadour. Les Combarels vont devenir au XVIIème siècles gouverneurs de Ventadour et Lieutenant généraux de la sénéchaussée, poste qu'ils tiendront jusqu'en 1792. Leur résidence ordinaire sera ensuite, en dehors de Ventadour, leur castel de la Rebeyrotte à Sarran Entraygues roc castel(à côté d'Egletons) dont il avait acheté au milieu du XVIIIème siècle la moitié de la châtellenie.

Le corps de logis qui a fait l'objet de transformations au XIXème siècle, est orienté au Sud ; il est flanqué de deux tours carrées datant du XIIIème siècle. A l'arrière de ce bâtiment on peut voir la tour d'escalier hors-oeuvre à la toiture en pavillon. Le corps secondaire en retour d'équerre est doté d'une tour ronde d'escalier découronnée et d'une petite tour carrée à toiture en pavillon. A l'intérieur, la salle dite " du guetteur " d'ou l'on pouvait surveiller le Doustre, à la cheminée au manteau en arc bombé mouluré et à la baie en plein cintre à coussiège. A remarquer : la salle voûtée en berceau en plein-cintre dont la cheminée a son âtre arrondi et la chapelle à la voûte d'arêtes à laquelle on accède par un portail au rez-de-chaussée.

autre repaire celui de Roc Castel en hauteur au dessus de Gibanel, côté val de Dordogne. Ce fut la 1ère et principale seigneurie médiévale, celle du bourg parfois notée étant hypothétique selon nous. C'est celui noté "Gibanel supérieur" en 1450 dans l'acte de mariage de Marguerite de Maumont avec François de Combarel venant de Tulle. La dote sert à acheter Gibanel haut et bas. Roc Castel des Saint Martial dont Ebrard était seigneur à la fin du XIème s. lors de son mariage avec Pétronille de Saint Bausile (Basile).

à Monceaux (bas Limousin), 

Le malpas monceauxMonceaux est un site extrêment ancien, d'origine celtique puis gauloise comme le puy du Tour voisin sur la même paroisse mais un peu plus proche d'Argentat. L'oppidum aurait été romanisé et un chemin aurait même relié Monceaux à Tintignac à côté de Tulle (une route actuelle mène à Tulle par Albussac, Lagarde Enval, Sainte Fortunade et Laguenne, vieilles cités médiévales, ce doit être sensiblement la même). Il est vrai que l'observation architectonique est aisée : un promontoire 140m à l'aplomb de la vallée, au dessus d'un brusque changement de cap (les raysses et le Malplat) et avant une ouverture sur une vallée élargie qui ne cessera plus désormais pendant plusieurs dizaines de kilomètres. En 930 Adémar vicomte des Echelles donne des biens à l'abbaye de Tulle dont le castrum. Son fils Donarel, étant fou, s'enfuit lorsque la châtellenie lui fut restituée en cérémonie. Ce fut le vicomte de Turenne qui fut en charge, puis son gendre Archambaut de Comborn dit "Gamba putrida" qui  lui succéda pour Montceau et, par voie de lignage et de partage certainement discuté, Ebles 1er de Ventadour en hérita. Après une série de vente et d'alliance, Monceaux passa en 1625 aux Combarel du Gibanel. La co-seigneurie dépendait pour partie en premier des évêques de Tulle et en second des Ventadour, peut être par Saint Chamand, pour simplifier un écheveau d'hommages. La sénéchaussée de Ventadour déméla en appel les conflits patents devant Saint Chamant jusqu'en 1789. Aujourd'hui connu comme lo Chastel, le lieu montre des vestiges évidents : base de tour carrée, salle souterraine, fossés, murs, qui mériteraient une mise en valeur. illustration : le Malpas depuis le Chastel de Monceaux

Il est à noter que les terres de l'autre côté du fleuve relevaient de Ventadour (la plaine des Saulières). Un port exitait sur la rive gauche. C'était un point essentiel pour la vicomté que cette ouverture fluviale aquitaine. Dans cette vallée ouverte vers Beaulieu et le Quercy, le capitaine gouverneur de Tulle Jean de Veilhan (seigneur de Neuvic) et le maréchal des logis du comte de Ventadour furent envoyés par ce dernier pour empêcher les Huguenots d'une incursion en 1575. Il y eu moult morts et blessés et le maréchal des logis fut fait prisonnier.

Monceaux 1

Pendant longtemps, on pensa qu'ici s'achevaient les terres de la vicomté devenue Duché. L'absence et le manque de clarté des sources, leur mauvaise lecture parfois mais également (on nous le pardonnera) la propension des seigneurs de Turenne à exagérer leurs possessions (cf en Saintrie et en Luzèges) a conduit à ce que Ventadour se tienne en retrait, soit méconnu et mal mis en évidence. La pression mise sur l'histoire du bas Limousin par ses seigneurs mais également récemment (depuis le XIXème s.) par les auteurs et les autorités culturelles, touristiques et politiques, a très largement favorisé Turenne. Alors que Comborn n'était plus comme Ségur qu'un souvenir, une référence oubliée et mal située, Ventadour constituait une sorte de nid d'aigle du haut pays des Monédières et de Millevaches dans le froid, la neige et les montagnes, Turenne rayonnait sur le sud de la province, la rivière Dordogne et le Quercy, le soleil et la douceur de vivre, les images de carte postale... Cette forfanterie toute "coujou" (c'est une aimable vérité sans méchanceté aucune) a condamné Ventadour à une extrême discrétion pour ne pas dire à un effacement à peu près complet. A Turenne la lumière, les touristes, la réputation, la bonne chaire et les faveurs ; à Ventadour le silence, le froid, l'abandon, l'oubli hormis quelques amoureux du site et des troubadours et même quelques rares activistes locaux rongeant leurs rancoeurs occitannistes contre la France en attendant peut-être le grand soir de l'indépendance de Toulouse et de Montpellier après celle de la Catalogne ! Ceci dit, l'étude montre un duché plus étendu que l'on pensait allant par possessions et alliès en Auvergne et descendant plus au sud que l'on croyait.

- à Brivezac :

un état des vassalités et des fiefs rendant hommage fut dressé au début du XVIème siècle à la demande de Gilbert 1er. Il nous apprend que dans la paroisse de Brivezac l'un des deux chastels relevait de Ventadour, celui du Puy Chardy au sud de la paroisse. Il se situe, après plusieurs boucles de la Dordogne à seulement 4km avant Beaulieu. Ses seigneurs étaient les Montagnac (Montaignac à côté d'Egletons) , famille de prévôts du lieu par ailleurs seigneurs de Bassignac Bas de l'autre côté du fleuve. L'un d'eux, Hugues Seigneur de Montaignac, de Puychardy, de Bassignac-le-Bas, de Périgord et de Lage-Chevalier, fut marié à Marguerite de Maumont (également proche d'Egletons) en 1535. Leur fils, Jean Louis, marié à Jeanne de Beynac fut nommé chevalier de Roi puis chambellan du Duc d'Anjou en 1578. En 1586 il partit  à Tulle pour répondre à la demande des habitants faîte au Duc de Ventadour. Plus tard un de ses descendants fut lieutenant général des armées en 1692. Le manoire de Puy Chardy existe toujours. ne se visite pas

un autre chastel, de Grèze, n'apparaît pas comme rendant hommage ventadorien : parions Turenne. Refait au XVIIIème s. il accueille les hôtes

- à Bassinhac Sostra - Bassignac bas :

seigneurie en Saintrie, sur la rive droite, très stratégique car contrôlant le passage entre rives vers Brivezac et touchant celle de Monceaux au niveau du Port de Vaurs. Comme l'indique le nom, il s'agissait là du dernier port de la vicomté depuis le premier à Spontour. Elle appartient aux Montagnac-Meaumont liés à Brivezac Puychardy, passée   tardivement à d'autres familles dont, fin XVIIIème, les Sarrazin puis des Turenne de Beaulieu. Maisons fortes ou repaires anciens également à Charlus et à Chauvac. 

Brivezac en limite de la paroisse de Beaulieu, à 150m d'altitude est le point le plus au sud du Duché.

Beaulieu sur dordogne

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