le fronton de la chapelle n'était pas loin...

Depuis plusieurs années, décennies même, nous passions devant un fronton de porte médiévale noyée dans une pauvre grange malmenée par le temps et les hommes qui crurent bon de la "moderniser" à leur façon. Dans les années 1980, nous allâmes avec Léon Billet admirer ce vestige, chaque fois sous un ciel chargé ou pluvieux. Il pensait qu'il s'agissait d'une des portes intérieures du logis du château ou d'une tour d'accés d'escalier. Il me semblait que cette possibilité devait être complétée, sans réellement savoir par quoi ni comment. C'est en y revenant il y a peu, accompagné par Alain Pons et Alban Brégal que cet ancien antiquaire nota immédiatement ce qui ne nous avait pas sauté aux yeux ni visiblement à personne d'autre depuis un siècle.

"C'est l'agneau de Saint Jean Baptiste" s'écria-t-il. Comme chaque chrétien un minimum éduqué le sait, Jean-Baptiste désigne Jésus comme « l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » lorsqu’il le voit venir pour être baptisé au Jourdain (Jean 1:29-34). L’agneau fait référence aux sacrifices de l’Ancien Testament, notamment l’agneau pascal, et symbolise le sacrifice rédempteur que Jésus accomplira pour le pardon des péchés. Il faut bien avouer que le temps a fait son effet et que le pauvre petit animal est moins reconnaissable que lors de la création de la chapelle probablement au XIIe s. On sait qu'elle fut agrandie et modifiée sur les bases anciennes au XVe. Cependant, il est encore reconnaissable positionné horizontalement de droite à gauche sur le tympan. La Croix qui le surmonte en dessous du triangle du fronton est également visible même si elle est plus dégradée. On peut regretter que les pierres d'encadrement de la porte aient disparu mais on ne voit pas où aurait bien pu se situer ce symbole chrétien fort si ce n'est à l'entrée de ce que l'on appelle un peu rapidement la chapelle Saint Georges, possiblement en confusion avec la tour Saint Gorges en face. Ne devrait-on pas parler de la chapelle Saint Jean Baptiste plutôt, tant il paraît étonnant que le symbole d'accés n'ait pas de relation avec la consécration du lieu au Saint. A méditer.

Denis Faugeras