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attention aux erreurs sur les panneaux d'information à Ventadorn
- Par bernartz
- Le 09/10/2026
Il y a deux ou trois ans nous avons été consultés par un créateur de panneaux d'information de Limoges missionné par les gestionnaires de Ventadour (communauté de communes) qui désiraient refaire les indications historiques sur des affichages mieux adaptés. Nous avons constitué un groupe de 3 responsables et passé un après-midi avec lui pour transmettre toutes nos connaissances utiles et lui donner en référence notre site Internet. Il semblait que nous n'avions pas été indiqués comme partenaires pour sa démarche, ce qui ne étonna pas. Mais il ne tint pas compte de cette errance. Nous-nous transpotâmes même afin de lui montrer notre découverte du fronton de Jean le Baptiste probablement démonté de la porte de la chapelle. Il posa des questions et se montra de fort bonne compagnie. Nous notâmes que plusieurs reproductions dont celle du dessin de la forteresse nous appartenant n'avait aucune mention de copyright, ne serait-ce de pure courtoisie, personne n'ayant eu l'obligeance de nous le demander. Nous lui transmirent plusieurs exemples de façades semblables datatnt de 1450. Nous insistâmes sur quelques points qui nous semblaient essentiels. Nous devions nous revoir avant leur pose mais cela n'eut pas lieu.
Depuis lors, un certain nombre de visiteurs nous alertent de points en contradiction avec nos colonnes, plusieurs étant hautement importants. Omissions, mauvaise information, volonté délibérée ? Nous ne savons que penser.
Il serait fastidieux de tout noter même si cela serait absolument nécessaire.
Exemple parmi d'autres :
Le dernier Duc de Ventadour indiqué n'est pas le bon ! Pourtant la liste fut donnée avec les portraits et la vie de ces personnages. Alors amis de Ventadour et assistants du patrimoine de la com-com, lisez notre étude...
Louis V Joseph de Bourbon-Condé (1736-1818), prince de Condé, se maria le 3 mai 1753 à Versailles avec la princesse Charlotte de Rohan Soubise au château de Versailles. Elle est la fille de Charles de Rohan-Soubise, prince de Soubise et Duc de Ventadour, ami intime du roi Louis XV, et de Anne-Marie-Louise de La Tour d'Auvergne. Elle apporte à son époux le titre de Duc de Ventadour. Elle décède en 1760.
Durant la guerre de Sept Ans, le prince sert avec une certaine distinction aux côtés de son beau-père, le maréchal de France et prince de Soubise. Il est alors nommé lieutenant général des armées du roi en 1758 et remporte quelques-unes des rares victoires françaises, notamment les batailles de Grünberg et Nauheim. À la suite de cela, il se consacre surtout à l'administration de la Bourgogne. Il est également intéressé par le bâtiment et fait ainsi embellir ses propriétés grâce à l'important legs de sa tante paternelle Élisabeth-Alexandrine de Bourbon-Condé, qu'elle avait elle-même hérité de sa cousine, Louise-Françoise de Bourbon, en 1765. La même année, il achète au roi Louis XV le palais Bourbon, autrefois propriété de la grand-mère du prince, afin d'en faire un palais monumental dans un nouveau style néo-classique..
Portrait de Louis-Joseph de Bourbon en uniforme de colonel général de l'infanterie, avec le cordon du Saint-Esprit par peintre anonyme, après 1762.
Il achète également l'hôtel de Lassay voisin en 1768 dans le but de faire les deux bâtiments se rejoindre. Cependant, le palais ne fut achevé qu'à la fin des années 1780, alors à la veille de la Révolution française. Le prince entreprit également de quitter l'hôtel de Condé, qui l'avait alors vu naître, pour le vendre au roi Louis XV, en 1770. Il est démoli au profit du théâtre de l'Odéon. Au château de Chantilly, la demeure ancestrale de la maison de Bourbon-Condé, le prince fait également de nombreux travaux d'embellissement. Il fait ainsi construire le château d'Enghien afin de loger ses invités dès 1772, les travaux confiés à Jean-François Leroy. Il fait également aménager un parc à l'anglaise, puis un hameau. Ce dernier inspirera le hameau de la Reine. Il s'oppose au doublement des Eats Généraux en 1789 et quitte le royaume pour monter l'armée des princes chargée de libérer Louis XVI avec son fils Louis VI et son petit-fils le duc d'Enghien. Il retourne en France en 1814 et fait rebâtir Chantilly totalement ruiné. Louis-Joseph de Bourbon-Condé meurt le 13 mai 1818 au palais Bourbon. Il est alors âgé de quatre-vingt-un ans. Il est inhumée en la nécropole royale de la basilique de Saint-Denis. Ce fut le dernier Duc de Ventadour en titre d'avant 1789.
Louis VI Henri Joseph de Bourbon Condé :
Il épousa le 24 avril 1770 à Versailles, Bathilde d'Orléans (1750-1822), fille de Louis Philippe d'Orléans (1725-1785), duc d'Orléans (et donc arrière-petite-fille du Régent), et de Louise Henriette de Bourbon (1726-1759). Le mariage fut fait en présence du roi de France, de Louis Auguste de France, dauphin de France, de Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence, de Charles Philippe de France, comte d'Artois, de Marie Adélaïde Clotilde Xavière de France, Marie Adélaïde de France, Victoire Louise Marie Thérèse de France et Sophie Philippine Elisabeth Justine de France, des pères des époux et de l'aïeule de l'épouse, Louise Elisabeth de Bourbon-Conti. Âgé seulement de quinze ans au moment de cette union, le prince était jugé trop jeune pour consommer le mariage. Sa femme retourna donc dans un couvent sitôt la cérémonie terminée mais il l'enleva rapidement.
Portrait par Henri-Pierre Danloux en 1797. Musée Condé, Chantilly.
Dès le 17 juillet 1789, le duc de Bourbon émigre avec son père et son fils. Lors de la campagne de 1792, il part aux Pays-Bas pour lever sa propre armée, avance sur Namur, mais doit se replier sans avoir combattu après la bataille de Jemmapes. Il combat ensuite dans l'armée de son père où il est blessé d'un coup de sabre à la main droite lors de la bataille de Berstheim le 2 décembre 1793. En 1795, il prépare l'expédition avortée du comte d'Artois en Vendée. En 1801, il s'installe à Londres avec son père.
La Restauration : en 1814, il rentra en France ; durant les Cents Jours, il chercha à organiser la résistance royaliste en Anjou avant de fuir en Espagne. Sous la Seconde Restauration, il fut nommé Grand Maître du Royaume et reprit le titre de Duc de Ventadour, régulièrement effacé par son titre princier. Il fut celui d'après 1814 jusqu'en 1830.
Le prince de Condé à la gauche du duc d'Orléans lors du sacre du roi Charles X.
À la Restauration, une maîtresse semi prostituée le suivit en France et, après avoir envisagé de s'en séparer, le prince lui fit épouser le baron de Feuchères. En 1829, il signa un testament lui léguant 2 millions de francs ainsi que ses châteaux et propriétés de Saint-Leu, Taverny, Enghien, Montmorency, et Mortefontaine, un pavillon au palais Bourbon, et le château d'Écouen à la condition d'en faire un orphelinat pour les enfants des soldats des armées de Condé et de Vendée, tandis que le reste de sa fortune colossale — dont le château de Chantilly et tous ses autres biens, représentant la somme considérable de 66 millions de francs — allait à son petit-neveu et filleul le duc d'Aumale, dernier fils de Louis-Philippe d'Orléans, futur roi des Français.
Découverte du corps du prince. Gravure extraite de l'Histoire de Louis-Philippe Ier roi des Français, 1847.
Les circonstances de sa mort : l'énigme de Saint-Leu. Au matin du 27 août 1830, peu après l'avènement de la monarchie de Juillet, le prince de Condé fut retrouvé « pendu » par le cou par un double mouchoir noué par un nœud de tisserand... mais les pieds touchant le sol, à l'espagnolette de la fenêtre de sa chambre du château de Saint-Leu, qu'il avait acquis en 1816. Rien, dans la vie du prince, qui s'était couché normalement la veille, ne pouvait laisser penser à une tentative suicidaire. Aussitôt, les légitimistes firent circuler la rumeur de l'assassinat, et accusèrent Louis-Philippe et la reine Marie-Amélie d'en être les commanditaires pour permettre à leur dernier fils de capter l'immense héritage du prince. La thèse de l'assassinat affirmait sans preuve que le prince, bouleversé par les Trois Glorieuses et demeuré fidèle à la monarchie légitime, aurait décidé de révoquer son testament en faveur du jeune duc d'Aumale, de partir en exil et de léguer sa fortune au duc de Bordeaux. Averti de ces intentions, Louis-Philippe l'aurait fait étrangler par la baronne de Feuchères et le frère de celle-ci, qui auraient maquillé le crime en suicide. Face à ces accusations, les orléanistes ont cherché à démontrer que le prince s'était rallié au nouveau régime : il avait pris et fait prendre à ses gens la cocarde tricolore ; il avait envoyé 10 000 francs pour les blessés des Trois Glorieuses ; il aurait reconnu implicitement Louis-Philippe en le priant d'excuser son absence à la cérémonie d'intronisation du 9 août 1830.
Mais si ces faits sont certains, la sincérité de ce ralliement n'est pas établie ; il semble que le vieux prince était inquiet et qu'une partie de son entourage le poussait à émigrer par précaution. La reine Marie-Amélie était d'ailleurs venue à Saint-Leu le 20 août pour le rassurer. Le confesseur du prince, l'abbé Pellier de Lacroix, déclara publiquement que le prince de Condé était « innocent de sa mort », c'est-à-dire qu'il ne s'était pas suicidé. À la suite de la parution de deux libelles en septembre 1830, Jules-Armand-Louis de Rohan demande un supplément d'enquête au tribunal qui nomme le juge d'instruction de la Huproie. Après quatre mois d'enquête, ce juge partisan des Ultras et qui instruit à charge conclut à un crime maquillé en suicide et soupçonne la baronne de Feuchères avec la complicité d'un prétendu amant gendarme d'en être l'instigatrice. La baronne étant rentrée en grâce du nouveau couple royal par l'entremise de Talleyrand, le juge est mis à la retraite d'office le 4 juin 1831, en échange de la nomination de son gendre comme juge titulaire au tribunal de la Seine. Le 21 juin, la Cour royale de Paris qui a dessaisi le tribunal de Pontoise conclut à un suicide et qu'il n'y a donc pas lieu de poursuivre.
On tient aujourd'hui pour le plus probable que le prince avait recours à la strangulation comme stimulant sexuel. La baronne de Feuchères l'aurait tenu sous sa coupe par son habileté dans cette pratique particulière. Le prince aurait succombé à une séance plus poussée qu'à l'habitude, soit accident, soit assassinat. La baronne aurait ensuite monté, avec l'aide de son frère, la mise en scène du suicide. Les milieux légitimistes, via Le Figaro, firent circuler ce bon mot : « Mme de Feuchères est une petite baronne anglaise qui ressemble fort à une espagnolette »
Louis-Antoine de Bourbon-Condé, fils unique de Louis VI, connu dans l'histoire sous son titre de duc d'Enghien, né le 2 août 1772 à Chantilly et mort fusillé le 21 mars 1804 à Vincennes, est un prince du sang français qui aurait du être Duc de Ventadour. Il est le 10e et dernier duc d'Enghien, et l'ultime descendant de la maison de Condé. Le duc d'Enghien a suivi son père et son grand père en exil en 1789. Il n'a que 17 ans. Il rejoint également l'Armée des émigrés qui se forme outre-Rhin sous le commandement de son grand-père, le prince de Condé, et de son père, le duc de Bourbon. Leur but est de marcher sur Paris pour restituer à Louis XVI les pouvoirs que lui a arrachés l'Assemblée nationale constituante. En 1792, le duc d'Enghien prend la tête de l'« Armée royale française ». Cette dernière s'engage en août aux côtés des corps autrichiens et prussiens réunis sous le commandement du duc Charles-Guillaume Ferdinand de Brunswick, expédition qui échoue en septembre lors de la bataille de Valmy. Malgré cela, Enghien se taille une réputation de chef de guerre : les soldats le surnomment le duc « Va de bon cœur », et, le 2 février 1794, il reçoit des mains du comte de Provence la croix de Saint-Louis pour son comportement valeureux.
Cependant, avec les années, le duc perd espoir :
« Je ne crois plus à la contre-révolution ; je vois avec chagrin que d'avoir fait toute la guerre dans l'armée de Condé sera avoir perdu mon temps. »
De retour à Ettenheim à quelques lieues de la frontière française, sans ressources autres qu'une modique pension du gouvernement britannique, il s'y établit dans une simple maison, entouré de quelques fidèles.
Ses projets de mariage avec la princesse Caroline de Bade ayant été contrariés par le margrave Charles-Frédéric, il vit ouvertement avec la femme de sa vie, Charlotte de Rohan-Rochefort. Tout projet de mariage paraît impossible, dans la mesure où la jeune femme, si elle est issue d'une des plus prestigieuses familles de France, n'est pas de sang royal. Qui plus est, elle est la nièce du cardinal de Rohan Soubise, autrefois compromis dans l'affaire du collier de la Reine. Selon Charles Lefeuve (1818-1882), historien de la ville de Paris, Charlotte aurait toutefois, en 1794, à la suite de sa liaison avec le duc d'Enghien, accouché de deux filles jumelles, dans l'ancien hôtel Rohan-Rochefort au 19, rue Bonaparte, par le docteur Moulin.
En mai 1803, alors que la paix d'Amiens est rompue, Georges Cadoudal, ancien général en chef de l'armée catholique et royale de Bretagne, accompagné du général Pichegru et du général Moreau, fomente un projet d'attentat contre Bonaparte, alors Premier Consul, pour restaurer la royauté. Dès mars 1804, à la suite d'une perquisition chez Armand de Chateaubriand (le cousin du mémorialiste), Napoléon Bonaparte découvre l'existence du complot et fait arrêter la plupart des conjurés. Cadoudal, arrêté le 9 mars, reconnaît que le complot attend pour son exécution le retour d'un prince de sang royal, qui doit se mettre à sa tête et qui pourrait, une fois revenu en France, se proclamer lieutenant général du royaume et préparer la restauration des Bourbons. Le futur Louis XVIII séjourne alors en Pologne avec son neveu le duc d'Angoulême, le comte d'Artois est en Angleterre avec son fils cadet le duc de Berry, et les soupçons se portent donc très vite sur le duc d'Enghien, seul à demeurer près de la frontière française. La police consulaire sait par ailleurs qu'Enghien est en relation avec les ennemis du régime, émigrés et royalistes de l'intérieur. Elle croit par ailleurs savoir, mais se trompe, que Charles François Dumouriez lui a rendu visite. Le préfet du Rhin, enfin, signale, en partie à tort, d'importants rassemblements d'émigrés autour d'Ettenheim. La correspondance de l'ambassadeur anglais Sir Francis Drake, qui est portée à la connaissance du Premier Consul vers la même époque, achève de le convaincre : elle fait également état de l'arrivée clandestine d'un Bourbon sur le sol de la République.
Dans la nuit du 15 au 16 mars 1804, le duc est enlevé dans la principauté de Bade par un groupe de soldats conduits par le général Ordener. Avant même son arrivée à Paris, un procès expéditif est préparé.
Le 20 mars, peu avant minuit, le duc fait face à un premier interrogatoire au château de Vincennes ; à une heure du matin le 21 mars, il est traduit devant un conseil de guerre présidé par Pierre-Augustin Hulin. Ce conseil a pour ordre de juger rapidement de la cause, et la condamnation à mort est déjà prévue dans l'arrêté pris par Bonaparte. Tout en se déclarant l'ennemi du gouvernement, il rejette les accusations de participation au complot royaliste en cours. Par contre, il précise qu'il attendait à Bade les instructions du gouvernement britannique qui devait sous peu faire appel à ses services dans cette région. En présence de Savary, envoyé par le Premier Consul, le conseil délibère rapidement : à deux heures du matin, le duc est condamné à mort à l'unanimité ; il est fusillé peu après, dans les fossés du château. Il n'avait que 31 ans. Son corps est jeté dans une tombe supposée creusée à l'avance au pied du pavillon de la Reine. Les soldats du peloton s'abstiennent de dépouiller le cadavre de ses vêtements et de ses objets de valeur, comme le règlement les y autorise. Après la chute de l'Empire, on retrouvera dans la sépulture des pièces et une montre en or.
Avant de mourir, le prince a eu le temps de confier à un gendarme une enveloppe à l'attention de sa fiancée, Charlotte de Rohan-Rochefort, dans laquelle il a glissé une mèche de ses cheveux et un mot. L'enveloppe ne sera jamais transmise à sa destinataire. Celle-ci, inconsolable, portera le deuil pendant 30 ans, jusqu'à sa mort. Il aurait dû devenir Duc de Ventadour mais ne le sera jamais, étant décédé quatorze ans avant son père.
Voir la page à son sujet avec l'iconographie dans la liste des ducs de Ventadour.
appel à tous : parcourez sur place, photographiez, comparez et expédiez-nous photos et remarques. Nous dresserons la liste de ces "erreurs" commises sur place, certainement involontaires.
remettre en état l'environnement
- Par bernartz
- Le 23/07/2026
Mont Ventadour a beaucoup changé depuis l'origine de la construction au XIIe siècle. On devine qu'il était à l'origine plus pointu et probablement empli de végétation misérable à base de genêts et de ronces qui se plaisent tant en notre pays avec un taillis de feuillus. Certainement y avait-il des chênes tordus et des épinettes sur ces rochers ingrats et rien de bien précis sur les parties arides. Le premier travail du jeune comtor Ebles de Comborn fut certainement de rénover la modeste fortification s'il en existait déjà une, ce qui est probable. Sinon, il fit araser un plateau, tirer la pierre et, n'en doutons pas, nettoyer les précipices afin d'éviter toute dissimulation d'un ennemi potentiel. Il fallait maîtriser les ravins en dessous et en face. Ce travail d'entretien resta parfaitement visible jusqu'à la fin du XIXe siècle. Sous les remparts et le logis la vue était dégagée, des hommes nettoyaient les repousses que les chèvres et les vaches ou les chevaux ne parvenaient pas à éliminer. Plus avant, poussaient les sarements de vigne qui donnèrent leur nom au torrent en contrebas. Notre excellent fondateur le chanoine Billet se souvenait d'en avoir vu les vestiges après la grande épidémie de phyloxéra. Aujourd'hui des arbres morts et des buissons ont remplacé le vignoble des chevaliers. Puis insidieusement, après la première guerre mondiale, la déprise commença, la végétation revint d'abord modestement puis de plus en plus arrogante. Il me souvient des derniers animaux qui arpentaient les espaces encore préservés dans les années 1970. Un modeste troupeau de chêvres à lait se promenaient dans les ruines et sur les areines rocheuses en dessous. Il y avait également quelques vaches sur les dernières pâtures de la petite Chanselve. Elles paissaient sans gêne entre les vestiges des chaumières dont l'une avait dû voir naître Bernartz lo trobair sans se douter que ces lieux avait abrité l'enfance du plus célèbre des troubadours.

le fronton de la chapelle n'était pas loin...
- Par bernartz
- Le 21/07/2026
Depuis plusieurs années, décennies même, nous passions devant un fronton de porte médiévale noyée dans une pauvre grange malmenée par le temps et les hommes qui crurent bon de la "moderniser" à leur façon. Dans les années 1980, nous allâmes avec Léon Billet admirer ce vestige, chaque fois sous un ciel chargé ou pluvieux. Il pensait qu'il s'agissait d'une des portes intérieures du logis du château ou d'une tour d'accés d'escalier. Il me semblait que cette possibilité devait être complétée, sans réellement savoir par quoi ni comment. C'est en y revenant il y a peu, accompagné par Alain Pons et Alban Brégal que cet ancien antiquaire nota immédiatement ce qui ne nous avait pas sauté aux yeux ni visiblement à personne d'autre depuis un siècle.
"C'est l'agneau de Saint Jean Baptiste" s'écria-t-il. Comme chaque chrétien un minimum éduqué le sait, Jean-Baptiste désigne Jésus comme « l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » lorsqu’il le voit venir pour être baptisé au Jourdain (Jean 1:29-34). L’agneau fait référence aux sacrifices de l’Ancien Testament, notamment l’agneau pascal, et symbolise le sacrifice rédempteur que Jésus accomplira pour le pardon des péchés. Il faut bien avouer que le temps a fait son effet et que le pauvre petit animal est moins reconnaissable que lors de la création de la chapelle probablement au XIIe s. On sait qu'elle fut agrandie et modifiée sur les bases anciennes au XVe. Cependant, il est encore reconnaissable positionné horizontalement de droite à gauche sur le tympan. La Croix qui le surmonte en dessous du triangle du fronton est également visible même si elle est plus dégradée. On peut regretter que les pierres d'encadrement de la porte aient disparu mais on ne voit pas où aurait bien pu se situer ce symbole chrétien fort si ce n'est à l'entrée de ce que l'on appelle un peu rapidement la chapelle Saint Georges, possiblement en confusion avec la tour Saint Gorges en face. Ne devrait-on pas parler de la chapelle Saint Jean Baptiste plutôt, tant il paraît étonnant que le symbole d'accés n'ait pas de relation avec la consécration du lieu au Saint. A méditer.
Denis Faugeras